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Live Report   

Wednesday 13 : le visage convivial de l’horreur


C’est la même ritournelle, année après année. Arrivés à l’automne, une majorité de groupes enfin sortis de studio, présentent leur nouvelle galette sur scène. L’automne, c’est toujours une sinécure : quoi voir ? Quoi choisir ? Il arrive qu’en l’espace d’une semaine plusieurs formations viennent à jouer dans la même ville. Et malheureusement, le portefeuille n’est pas extensible. Ainsi, il faut choisir. Et bien choisir. Ceux qui ont donc fait le choix de venir se rassasier d’horror rock dans cette salle lyonnaise du Kao, au soir du 21 novembre, et ce malgré le préavis de neige, l’on donc fait par véritable choix (à la même période se produisaient Dark Tranquillity, Hypocrisy, The Gathering ou encore Shinning).

Wednsday 13, c’était lui l’homme du soir (et non Patrick Bruel, à la Halle Tony Garnier) ! Accompagné de The Defiled et de Sister, Wednesday 13 c’est avant tout un spectacle et l’assurance d’un bon moment. Or, ceux qui ont fait le déplacement sont peu nombreux. Rien qui puisse nuire à cette soirée cependant. Bonne humeur et plaisir étaient les deux vecteurs principaux de celle-ci.

Artistes : Wednesday 13SisterThe Defiled
Date : 21 novembre 2013
Salle : Ninkasi Kao
Ville : Lyon

The Defiled : un apéritif sucré et appréciable.

Court mais bien. Relativement lapidaire comme résumé, certes. Mais il n’en demeure pas moins que c’est le ressenti général après ce show des Anglais de The Defiled. Efficaces, visuellement et scéniquement intéressants (entre les coupes de cheveux montées à coup de gel et un clavier faisant voler son instrument), The Defiled ouvre à merveille cette soirée malheureusement dépouillée de son public. Le Kao est aussi vide qu’il peut l’être lors d’un quelconque tremplin Emergenza… C’est dire. Couplons à cela la méconnaissance quasi générale de cette formation et le résultat sera flagrant : un groupe plein de bons sentiments, actif et appliqué qui joue pour un public relativement passif, agréablement surpris, mais définitivement trop peu conséquent. Seul véritable point noir pour ce concert qui colle pourtant parfaitement bien en tant que mise en bouche pour Wednesday 13.

La formation évolue dans un registre industriel où les sons électroniques jonchent chaque compo, les enrobant dans une sorte de voile fin, délicat et accrocheur. Or, le son, bien que correct, ne parvient pas à rendre justice à ces ambiances. Dans un sens, cela s’avère pratique pour se concentrer sur le reste du contenu musical. Du riff percutant et des refrains « popisés » dans un chant clair propre au metalcore. A première vue, l’ensemble apparaît sacrément conventionnel. Et dans le genre, on a entendu mieux… Mais on a surtout entendu bien pire. Les Anglais, signés chez Nuclear Blast (ce qui n’est pas rien), démontrent malgré tout une réelle application et musicalement, ça tient la route. On évite donc tout élan de mièvrerie malgré un ensemble pourtant propice à.

Sister : « viens à moi public ! »

Quand les Suédois de Sister arrivent sur scène, le public n’a guère grossi. Est-ce que cela pose un problème à Sister ? En rien. Les Suédois décochent leur sleaze rock teinté (à forte dose) de punk et roulez jeunesse (lieu commun plus qu’approprié ici au regard de la moyenne d’âge du public). Sister, c’est un croisement vestimentaire entre punk à veste cloutée, coupes de cheveux et maquillages glam et des guitares toutes bien customisées. Là encore, visuellement, il y a quelque chose. Mais c’est tout ! Car que soulever de plus ? Le son incisif fait sautiller de temps à autre les oreilles ; le frontman, Jamie, affiche une grande forme… Si avec ce minimum syndical vous ne passez pas un bon moment, c’est qu’il y a anguille sous roche. Mais plus qu’une anguille, c’est un boulet que traîne le groupe à son pied : ses compos inlassablement répétitives ! Mêmes rythmiques, mêmes structures morceaux après morceaux. Trop punk pour un groupe se voulant trop sophistiqué (vestimentairement parlant) ?

Mais la foule n’a que faire de ce détail et profite de l’espace laissé par les absents pour se dégourdir les pattes. Sur scène après trois, quatre titres, autant dire que l’on a déjà fait le tour du répertoire du combo et le concert s’éternise. Le public applaudit néanmoins, s’étant défoulé et commençant à sentir la chaleur de la salle grimpée. Le reste observe. Curieux ou connaisseurs. Et finalement, sans faire un véritable faux pas, Sister sort de scène en ayant malgré tout embarqué une belle part du public.

Wednesday 13 prend de la hauteur.

Enfin arrive le trublion accompagné de son orchestre. Le public se tasse subitement devant la scène, les cris de joie se font entendre. Wednesday 13, précédé de ses comparses, arrive en véritable chef d’orchestre. Les influences tirées de la littérature et de la culture cinématographique horrifiques sont évidentes dans la musique du combo. Mais, sur scène, c’est bien l’aura d’Alice Cooper, père fondateur du style horror et shock rock, qui transparaît. Notamment en fin de concert où le chanteur mimera un pantin raidi redoublant d’efforts pour atteindre le haut de son estrade. Oui, Wednesday 13 c’est tout un lot d’influences qui émanent du personnage. Mais le charisme du bonhomme lui demeure propre. Et musicalement, c’est véritablement du condensé de légèreté et de bonne humeur qui est déversé sur ce Ninkasi Kao.

« I Want You… Dead » ouvre la danse. Les titres sont de véritables brûlots chantants aux structures simples et de fait, vite assimilables : intro, couplet, refrain, couplet, refrain. Mais chaque refrain donne envie de chanter. D’ailleurs la foule ne s’en prive pas, comme sur le très bon « My Home Sweet Homicide » ou encore sur « I Wanna Be Cremated ». De plus, la communion est réelle. Les musiciens s’amusent en permanence sur scène (tirant sans cesse des tronches pour le moins humoristiques) et interagissent avec le public. La salle et la petite foule encouragent cette proximité et ces échanges de regards. D’ailleurs Wednesday 13 captive et attire à lui les yeux d’un public lyonnais de toute évidence heureux. Et la formation déroule : « The Ghost of Vincent Price », « Put Your Death Mask On » et un « Dixie Dead » extrait de l’album du même nom sorti plus tôt cette année.

Wednesday 13 : un véritable spectacle visuel, aussi.

Si le concert prend vite son rythme de croisière sans vouloir lui donner plus de relief qu’il n’en a déjà (au risque d’entrer dans une sorte de routine), le groupe maintient l’intensité de ce show qui, a contrario de Sister, parvient à fédérer l’ensemble de la salle. En effet, ce spectacle avance tout seul mais ne se risque pas à de quelconques folies. Dix-huit titres dans une setlist efficace, ratissant large et piochant dans tout le répertoire de l’artiste (y compris de sa période Frankenstein Drag Queens From Planet 13). Néanmoins, il manque un petit quelque chose. Un petit truc qui conférerait un sentiment unique à cette date qui, malheureusement et bien que d’excellente facture, manque peut-être d’originalité.

Mais ceci ne reste qu’un détail infime. Le public saute et pogotte de bon cœur. Même les spectateurs les plus en retrait finissent par se rapprocher de cette scène. Et quand « I Walked With A Zombie » s’échappe des enceintes de la salle, le public emboîte le pas au groupe sur-excité sur les planches. « Blood Sucker » suit, puis « I Love To Say Fuck ». L’occasion pour les Lyonnais d’adresser leurs plus beaux majeurs au groupe qui, de son coté, tend aussi en l’air ses belles phalanges.

Un show plus convivial qu’horrifique.

La formation dégaine alors son dernier titre de la soirée : « Bad Things ». Le public dans un dernier élan tangue vers les bords de la scène pour venir s’y échouer. Et alors que le groupe quitte les planches après avoir reçu une vague d’applaudissements, les spectateurs viennent serrer les mains des musiciens, toujours tout sourire. Bien que la salle lyonnaise a déjà vu un public plus conséquent, le groupe, lui, a assuré un set propre et carré qui aura défilé à toute vitesse. Un set particulièrement bien senti, très (trop ?) bien rodé, notamment par le temps. Pour finir, les circonstances de ce concert en ont finalement fait un show plus convivial qu’horrifique. Pour le plus grand plaisir des spectateurs présents ce soir là.

Photos : Claudia Mollard

A voir également :

Galerie photos du concert de Wednesday 13



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