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Chronique   

Wheel – Rumination


Depuis sa formation en 2019, Wheel a peu perdu de temps : sa discographie compte déjà deux EP et deux albums et alors que la sortie de son deuxième album, Resident Human, ne remonte qu’au début de l’année dernière, il offre déjà trois nouveaux morceaux sous la forme de l’EP Rumination. Une sortie dont l’objectif principal est de marquer d’un geste créatif le nouveau et prometteur chapitre qui s’ouvre pour le groupe avec sa récente signature avec le label InsideOut Music, écurie majeure en matière de metal et rock progressifs. Comme une suite logique à l’évolution que constituait Resident Human, les choses s’enchaînent positivement pour les Anglo-Finlandais. Avec ce contrat, ils franchissent un pas et l’entérinent avec cet EP. Alors qu’ils viennent de clore leur première tournée nord-américaine en première partie d’Apocalyptica et Leprous, Rumination vient également réamorcer l’intérêt du public à la veille de la grande tournée européenne qu’ils effectueront en 2023.

Né, comme tant d’autres formations, sous une forte influence toolienne dont il avait commencé à s’émanciper avec Resident Human, Wheel voit cette tenace inspiration affleurer de nouveau dans l’introductif « Blood Drinker ». Celui-ci combine une lourdeur peu commune chez lui avec une structure tout en attaques et replis : résolu mais pas rectiligne, il déplie ses pans selon une progression accidentée que la répétition d’un vif motif rythmique saccadé traverse tel un fil rouge. Premier des trois morceaux à avoir été distillé en amont de la publication de l’EP, ce titre en est pourtant le plus dispensable. Avec sa guitare sous-accordée, sa structure et ses contrastes vocaux à la Tool, ses riffs introductifs en à-coups assez communs et ses accents djent évoquant Tesseract et Meshuggah, il n’est pas d’une originalité marquante. Entraîné par son vigoureux tempo et un groove massif, il joue cependant parfaitement son rôle de capteur d’attention et introduit idéalement les deux pièces plus subtiles qui le suivent.

Le contraste est le maître-mot de cet EP, comme le prouve « Synchronize » qui le fait basculer dans une ambiance opposée, résolument plus calme, en optant pour l’acoustique, une facette jusque-là rarement explorée par Wheel. De sobres arrangements de guitare sèche et de violon s’étoffent graduellement par superposition de couches et par de subtils entremêlements à la guitare électrique. Invitant à l’échappée malgré son humeur chagrine, cette composition instaure une atmosphère à la fois paisible et mélancolique au sein de laquelle le chant se fait délicat et tourmenté. Puis cette douce accalmie laisse place au morceau le plus représentatif du son de Wheel. Introduit par une rythmique tout en rondeur, roulement de batterie et chaloupements de basse, « Impervious » met en avant la qualité groovy qui caractérise le prog metal du groupe. Assez direct, il laisse rapidement émerger de son atmosphère d’abord tranquille une belle force viscérale sur son refrain, entre opiniâtreté vocale et riffs de guitare forant l’adversité de leurs saccades électriques. La relative brièveté de la composition ne la prive pas d’une certaine complexité qui oppose au calme austère de ses couplets une fusion chaotique de guitares brillantes et de batterie polyrythmique.

Le format de cet EP, très court, avec ses trois morceaux d’environ quatre minutes chacun, peut surprendre de la part d’un groupe qui, suivant la logique du genre dans lequel il s’inscrit, déploie d’ordinaire son propos sur la durée. Ce choix confirme la fonction d’une publication à recevoir comme une sorte de capture de la situation artistique du groupe à un instant t, une façon de fixer son identité musicale alors qu’il se trouve à un moment pivot de sa carrière. On peut aussi voir une sorte de démonstration de compétences dans les ambiances très différentes que proposent les trois morceaux, un échantillon en forme de carte de visite. L’intérêt inégal de ces compositions et la difficulté à les situer dans le parcours de Wheel, puisqu’elles se rapprochent parfois plus de leur premier que de leur deuxième album, leur confèrent paradoxalement un effet positif : elles laissent grand ouvert le champ des possibles pour la suite de la carrière du groupe.

La chanson « Blood Drinker » en écoute :

La chanson « Synchronise » en écoute :

La chanson « Impervious » en écoute :

Album Rumination, sorti le 11 novembre 2022 via Inside Out Music. Disponible à l’achat ici



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