ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Live Report   

Whitesnake célèbre la vie


En ce moment le monde ne tourne tellement pas rond que le simple fait de se rendre à un concert devient presque un acte militant. Ce sont les conséquences du 13 novembre, date qui restera pour nous tous comme celle d’une nouvelle pierre noire posée sur l’immense édifice de la tristesse. Le massacre du Bataclan s’étant déroulé le vendredi, ce sont les yeux rouges que nous nous sommes rendus à la Columbiahalle de Berlin le lundi suivant, soit le 16 novembre dernier, pour assister au concert de Whitesnake.

Fort heureusement Whitesnake était, comme vous vous en doutez peut-être si vous connaissez la musique du combo, le remède idéal – même si son effet ne fut évidemment que ponctuel – à ses maux qui ne quitteront jamais notre esprit. Car Whitesnake célèbre depuis 1978 l’amour, la vie et le partage. Car Whitesnake, incarné par la perpétuelle attitude joyeuse du si talentueux David Coverdale, est un groupe qui représente à merveille la joie de vivre avec sa musique en forme de gigantesque maelstrom d’ondes positives situé aux antipodes des actualités du moment. Bref une bouffe d’oxygène dont le triptyque « Liberté – Sexualité – Fraternité » n’avait peut-être jamais été aussi nécessaire, pour ne pas dire indispensable.

Artistes : WhitesnakeThe Dead Daisies
Date : 16 novembre 2015
Salle : Columbiahalle
Ville : Berlin [Allemagne]

thedeaddaisies1

The Dead Daisies
(Source : Facebook du groupe)

Le concert de The Dead Daisies, la première partie de ce soir, n’a pas encore démarré que l’on comprend d’emblée qu’il va être placé sous le signe de la bonne humeur. Le facétieux batteur Brian Tichy n’hésitant pas quelques minutes avant le concert à se faire prendre en photos par les membres du public ou à courir comme un fou furieux devant les premiers rangs en tapant dans les mains de l’audience. Un batteur très démonstratif dont l’instrument était particulièrement en avant durant la prestation du collectif américain venu présenté Revolución, le deuxième album de ce supergroupe.

Si The Dead Daisies est un supergroupe au sens propre comme au sens figuré, de prime abord on est en fait assez surpris par l’hétérogénéité des tenues vestimentaires des zicos. Brian Tichy a un short de sportif ; derrière son clavier et ses grosses lunettes noires Dizzy Reed (Guns N’ Roses) porte un pantalon qui donne l’apparence d’être un survêtement ; Richard Fortus (Guns N’ Roses) avec sa coupe metalcore et son jean hyper slim est toujours aussi efficace à la gratte ; le chanteur John Corabi (ex-Motley Crue) en mode décontracté, et à l’allure hippie avec sa grosse barbe et ses converses, est comme un coq en patte sur scène ; sans oublier le discret deuxième guitariste David Lowy et son costard qui fait le boulot mais dont l’attitude réservée contraste avec l’incroyable Marco Mendoza à la basse qui mériterait un paragraphe à lui tout seul… privilège que nous lui accordons d’ailleurs avec plaisir de ce pas !

Marco Mendoza incarne à merveille le rock’n’roll. Et c’est d’autant plus vrai lorsque l’on analyse sa performance du premier rang, le public pouvant humer les fragrances sexuelles dégagées par ce musicien qui très franchement pue le sexe ! Cheveux longs noirs, chemise ouverte au trois quart pour laisser apercevoir un torse velu évidemment en sueur, chaînes autour du cou et grosses chevalières, maquillage noir léger autour des yeux histoire que l’audience puisse encore mieux pénétrer son regard, barbe dont la patience pour l’entretenir ne peut que forcer l’admiration, pantalon noir (en cuir évidemment, vous vous croyez où sérieusement ?) et santiags : Mendoza représente à lui seul soixante-cinq ans d’histoire du rock’n’roll. D’autant plus qu’on sent que le bougre prend sacrément plaisir dans toutes ces poses lascives, suggestives et autres mimiques érotiques. Cependant s’il est évident que le musicien est un sacré poseur et joue énormément sur ce registre (au final comment ne pas sourire face à une attitude aussi exagérée ?) il n’en demeure pas moins qu’on sent chez lui que cette façon d’envisager la scène, cette attitude, est naturelle. En fait sur scène le bassiste de The Dead Daisies est simplement fidèle à lui-même : c’est-à-dire un animal sexuel au jeu brillant.

The Dead Daisies à Paris
(Source : Facebook du groupe)

Car c’est un fait, question musique chaque membre de The Dead Daisies envoie et pas qu’un peu. Cela est d’ailleurs aussi bien valable sur le plan de l’énergie communiquée qu’en ce qui concerne la qualité des titres proposés. Des morceaux plein de feeling qui rendent hommage à la grande sphère rock puisque près d’un tiers de la setlist sera consacrée à des reprises. Après que le fameux « War Pigs » de qui vous savez ait résonné dans les enceintes berlinoises, c’est l’excellent « Midnight Moses », une reprise de The Sensational Alex Harvey Band, qui démarre en fanfare ce concert. Cette chanson étant un sacré tube accrocheur et fédérateur avec ses « héhéhéhé » c’est peu dire que l’accueil réservé au combo par le public allemand est excellent, une constante pendant la soirée. Sur le plan des covers, « Hush » (Joe South) et « Helter Skelter » (The Beatles) furent les deux autres titres interprétés. Le second nommé finissant avec brio une prestation remarquable menée avec élégance par un John Corabi en grande forme vocale et qui n’aura eu de cesse d’inciter le public à taper des mains tout au long du set. Le chanteur n’hésitant pas à présenter les musiciens qui l’entoure pour des ovations méritées. Une excellente prestation d’un groupe à revoir très vite en tête d’affiche.

Setlist :

Midnight Moses (reprise de The Sensational Alex Harvey Band)
Evil
Mexico
Hush (reprise de Joe South)
Lock ‘n’ Load
With You And I
Angel In Your Eyes
Devil Out Of Time
Face I Love
Helter Skelter (reprise de The Beatles)

David Coverdale live
(Source : Facebook du groupe)

Voir Whitesnake en salle, la France n’a ce privilège que très rarement. Certes le groupe s’est bien produit au Hellfest en 2013 lors d’un passage qui sentait bon le groove et le soufre. Pour autant le set s’était déroulé sur la Mainstage en plein après-midi, loin des ambiances tamisées que peuvent proposer les salles obscures comme lors du dernier concert sur le sol français en salle donné par Whitesnake au Casino de Paris en 2009. Ainsi comme le combo ne passait pas par l’hexagone dans le cadre de son nouveau disque, le Purple Album, c’est donc dans la Columbiahalle de Berlin et sa capacité de 3 500 places copieusement remplie que nous avons assisté à ce set.

David Coverdale, soixante-quatre ans, est le genre de personnes dont la joie de vivre est visible par tous les pores de la peau. Le chanteur respire la vie, transpire la vie, et cet enthousiasme est aussi bien salvateur que communicatif. Le public aura ainsi pu admirer pendant tout le concert délivré par Whitesnake cette perpétuelle étincelle dans le regard de Coverdale, cette flamme intérieure qui fixe les membres de son public droit dans les yeux. Cela est clairement palpable : David Coverdale jouit de chaque seconde qui défile, se fait plaisir sur scène et transmet par la même ce bonheur à une audience conquise.

Cette dernière a pu profiter au maximum des ondes positives envoyées par le frontman et ses collègues. Durant environ une heure et demi, Whitesnake a partagé avec un plaisir non dissimulé et sacrément libératoire ses hymnes à l’amour, à la liberté, au sexe… bref au rock’n’roll. Laissant la part belle à tous ses musiciens – tous les membres du groupe auront droit à leurs solis/improvisations ce qui est assez rare pour être souligné et prouve que Whitesnake est bien loin d’être seulement le David Coverdale Band -, le frontman et ses collègues auront enchanté l’audience avec des hits piochés dans sa vaste discographie. L’accent sera mis sur la période Deep Purple de David Coverdale puisque le groupe américain a récemment sorti The Purple Album, un disque qui propose des versions alternatives des morceaux de Deep Purple époque Coverdale. La setlist de ce soir sera ainsi composée à plus d’un tiers de morceaux du Purple Album.

Le concert dont on avait besoin
(Photo : Claudia Mollard)

Et honnêtement ce n’est pas pour déplaire à ce public connaisseur avec cet énorme « Burn » qui claque dans les enceintes berlinoises pour célébrer l’entrée en scène des six gaillards. Des membres du combo impressionnants de maîtrise. La performance du guitariste Reb Beach, à l’instar de celle du petit nouveau Joel Hoekstra (qui a remplacé Doug Aldrich parti vers d’autres horizons), en sont un bon exemple. Si Joel Hoekstra aime prendre des poses caricaturales de guitar hero, il n’en demeure pas moins qu’il assure ses parties comme une bête tout en étant plaisant à regarder grâce aux magnifiques lumières variées présentes durant l’intégralité de ce set. Si Reb Beach est pour sa part un peu plus discret, en tout cas moins exubérant que son acolyte de la six cordes, néanmoins lui aussi envoie sévèrement le bois en n’hésitant également pas à participer aux chœurs des chansons à l’image du claviériste Michele Luppi qui a rejoint les rangs de Whitesnake cette année.

Sur le plan vocal la figure de proue du combo, alias David Coverdale, assure de son côté très bien ses parties. Le seul bémol vient en fait d’une voix étonnamment trop en retrait dans le mixage. A moins que ce constat ne soit simplement lié au fait d’être placé très près de la scène ? C’est en tout cas ce que tend à démontrer les vidéos amateurs du concert disponibles sur la Toile. La basse de Michael Devin est ainsi bien mise en avant et il faut reconnaître que ce n’est pas pour déplaire au public étant donné le groove du bonhomme qui s’amusera avec les fans au cours d’un solo d’harmonica réussi. « Réussie », sans doute le terme idéal pour également résumer la prestation de Tommy Aldridge à la batterie qui aura fracassé avec une grande justesse ses fûts tout au long d’un concert passé bien vite grâce à tous ces tubes que sont « Mistreated », « Soldier Of Fortune », « Is This Love », « Fool For Your Loving », « Here I Go Again » ou l’entêtant « Still Of The Night » qui aura ouvert les rappels.

La charismatique et énergique David Coverdale peut donc bien exhiber au public ses dents encore plus blanches que sa chemise pourtant immaculée : Whitesnake a délivré une prestation de haute volée et n’aura d’ailleurs pas manqué de remercier chaleureusement l’audience d’avoir fait le déplacement dans un contexte marqué par les attentats du 13 novembre dernier. « Faites attention à vous, soyez heureux et ne laissez personne vous effrayer » conclura ainsi fort à propos un David Coverdale dont la justesse ne se sera donc pas uniquement cantonné au plan vocal.

Setlist :

Burn (reprise de Deep Purple)
Bad Boys
Love Ain’t No Stranger
The Gypsy (reprise de Deep Purple)
Give Me All Your Love
You Keep on Moving (reprise de Deep Purple)
Ain’t No Love In The Heart Of The City (reprise de Bobby “Blue” Bland)
Mistreated (reprise de Deep Purple)
You Fool No One (reprise de Deep Purple)
Soldier Of Fortune (reprise de Deep Purple)
Is This Love
Fool For Your Loving
Here I Go Again

Rappel :
Still Of The Night



Laisser un commentaire

  • Le concert de The Dead Daisies aurait mérité une meilleure exposition, et pas un petit placement entre 2 concerts de Whitesnake.

    Koritni en 1ère partie dans une configuration acoustique, c’était juste le feu.
    Le show des Daisies, simple, efficace, mais surtout trop court.
    OK pour Mendoza qui est un sacré personnage, mais Fortus n’était pas en reste. Brillant, hallucinant, présent.

    Puis cerise sur la gâteau, il y avait une star dans le public… Chris Holmes. Se prêtant avec bonheur au jeu des photos jusqu’à l’intervention de sa petite grosse de femme.

    Le mauvais point de la soirée, la non organisation de la séance de dédicaces. Une partie du public est égoïste. Va pour les signatures, on fait une photo ? Les musiciens ne peuvent pas dire non. Mais de là à ce que tu racontes vie, non !!! Je t’ai vu là-bas. J’aime ci, j’aime ça… Le groupe n’a pas la nuit, et vous prenez les temps autres fans qui veulent des dédicaces. FDP que vous êtes.

    Malgré tout, Johan a pu me dédicacer l’album des Daisies et l’éponyme du Crüe. #JesuisJoie 🙂

    [Reply]

  • Arrow
    Arrow
    Tool @ Hellfest
    Slider
  • vendredi, 20 septembre 2019 à 17:18
    ETHS : les détails du DVD The Ultimate Show
    vendredi, 20 septembre 2019 à 14:23
    Klone : embarquement immédiat
    jeudi, 19 septembre 2019 à 19:04
    Alice Cooper : un méchant qui vous veut du bien
    jeudi, 19 septembre 2019 à 16:48
    Steel Panther – Heavy Metal Rules
    vendredi, 13 septembre 2019 à 16:46
    Korn – The Nothing
    1/3