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Interview   

WHYZDOM : LE SYMPHO MADE IN CHEZ NOUS



Radio Metal : Pour commencer, peux-tu présenter WHYZDOM pour ceux de nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore ?

Vynce Leff : Hello ! Eh bien allons-y : WHYZDOM, c’est un groupe de metal symphonique qui a la particularité d’entremêler un orchestre avec tous ses pupitres variés, depuis les cordes jusqu’aux cuivres en passant par les ch?urs, à un metal mélodique mené par une chanteuse au timbre clair. Cette configuration de groupe n’est pas une innovation en soi, puisqu’il existe d’autres groupes de metal symphonique, mais l’utilisation de l’orchestre est très poussée chez nous : il ne s’agit pas d’une sur-couche en forme de nappe posée par-dessus une base metal, ni de sons de cordes jouées par un unique instrumentiste, mais bien d’une interaction avec tous les instruments.

Après un EP sorti en 2008, vous avez sorti votre (excellent) premier album, From The Brink Of Infinity, fin septembre chez Ascendance Records. Avez-vous délibérément choisi de signer chez une maison de disques anglaise ?

Nous avions d’autres possibilités, mais nous souhaitions avant tout avoir la possibilité de toucher le public hors de nos frontières. Le côté international d’Ascendance Records nous a semblé intéressant. Nous avions aussi des contacts en Amérique mais un tel éloignement aurait été plus difficile à gérer. Mon précédent label était aussi britannique, ce qui fait que je me suis tout de suite senti à l’aise.

Parlez-nous un peu de votre processus de composition : est-ce que tout le monde s’y met, ou est-ce plus une activité solitaire ?

Nous composons plutôt à la maison en solitaire. J’ai composé pas mal de titres pour cet album, et travaillé sur quelques morceaux que Régis (guitare) a composés lui-même. En général, je m’occupe de centraliser les idées et les enregistrements de Régis et de Marc (claviers) et je finalise l’ensemble. C’est assez logique, puisque je m’occupe de toutes les orchestrations. Ensuite, il y a un retour au travail de groupe pour fignoler et adapter différentes parties.

Au niveau musical, quelles sont vos influences ?

Les influences sont essentiellement à chercher du côté du metal progressif. Nous sommes en quelque sorte issus de la génération « Dream Theater » et avons fait nos premiers pas dans le metal en écoutant ces albums hyper-complexes et hyper-travaillés. Finalement, Régis, Nicolas (batterie) et moi, chacun de notre côté, en sommes un peu arrivés au même point : après être allés trop loin dans la complexité, nous avons fini par nous apercevoir que nous en faisions un peu trop, jusqu’à en oublier que la musique n’était pas une technique acrobatique destinée à faire de l’esbroufe, mais surtout un extraordinaire moyen de transmettre de l’émotion. Avec ces influences, il était presque logique que nous nous tournions vers du metal symphonique, comme THERION, AFTER FOREVER, EPICA, etc. Quant aux influences du côté orchestral, elles sont à chercher du côté des romantiques, de BEETHOVEN à WAGNER en passant par DVORAK, BERLIOZ… Et j’aime aussi beaucoup la musique contemporaine.

On ressent un côté fantastique assez prononcé dans les paroles de vos chansons, notamment sur « Daughter Of The Night » ou « The Witness », mais d’autres sont plus ancrées dans la vie réelle, comme « The Old Man In The Park ». Quels sont vos thèmes de prédilection ?

Oui, en effet, il y a un côté fantastique… Mais attention, pas de trolls, ni de bataille héroïque, ni de monde médiéval fantastique ! L’influence fantastique est plutôt à rechercher du côté de Borgès que du côté de Tolkien : chez Borgès, l’aspect fantastique est pratiquement ancré à la réalité ou lui est parallèle. Des chansons comme « Daughter » ou « The Witness » se situent dans une sorte de parenthèse par rapport à la réalité, dans une unité de temps et de lieu symboliques. Et même dans « The Old Man In The Park », l’imaginaire n’est pas loin. J’ai lu quelques contresens sur la signification de cette chanson, j’en profite pour l’expliquer un peu plus ici : chaque matin, depuis qu’elle est toute petite, une jeune fille voit un vieil homme dans le parc. Un jour, il disparaît. On apprend à la fin de la chanson qu’il s’agissait de son père. Toute sa vie d’enfant, elle a eu besoin de se raccrocher à une image du père. La disparition de ce vieil homme imaginaire signifie qu’enfin elle peut aller de l’avant, qu’elle n’a plus besoin de se créer cette fausse image et qu’elle a enfin réussi à faire son deuil. L’aspect fantastique de cette chanson tient dans le fait que le texte donne une vie réelle et presque tangible à ce personnage imaginaire.


L’une des caractéristiques principales de votre album, c’est l’utilisation de ch?urs et une orchestration monumentale. Comment se paie-t-on un tel luxe lorsque l’on est un groupe « débutant » ?

Pour ce qui est de l’orchestration, je dois dire que c’est ma passion, donc je travaille énormément dessus. Je pense que c’est le facteur essentiel : il faut pouvoir s’investir dans un véritable travail de fourmi, plusieurs heures par jour pendant des semaines, voire des mois. Et finalement, l’orchestration qu’on entend au bout du compte résulte d’idées qui ont germé et se sont développées pendant des années auparavant. Il n’est pas rare que je retrouve de vieilles idées que j’avais laissées de côté et qui se trouvent parfaitement adaptées à de nouvelles situations, permettant de nouveaux développements. Je ne pense vraiment pas qu’on puisse s’improviser orchestrateur du jour au lendemain. Il en va de même pour les ch?urs. C’est l’expérience qui joue, notamment le fait d’avoir travaillé depuis des années avec des chanteurs et chanteuses. Cela permet de savoir ce qui va sonner, ou pas, ce qu’on peut demander à tel ou tel chanteur ou pas. Après, évidemment, il faut trouver des artistes qui ont envie de collaborer sur un projet underground qui ne rapporte pas un rond (bah oui, c’est du metal quand même !). Pour cela, l’essentiel est de trouver des gens qui se retrouvent dans le projet en question du point de vue artistique.

 » L’utilisation de l’orchestre est très poussée chez nous : il ne s’agit pas d’une sur-couche en forme de nappe posée par-dessus une base metal, ni de sons de cordes jouées par un unique instrumentiste, mais bien d’une interaction avec tous les instruments. »
Votre tournée en première partie de DELAIN s’est achevée à Paris le 8 octobre dernier, après pas moins de sept concerts en France et en Espagne. Racontez-nous un peu comment vous vous êtes retrouvés à tourner avec eux…

Tout a commencé par un échange d’e-mails au moment où ils ont annoncé leur concert en avril dernier à la Scène Bastille. Ils cherchaient une première partie et nous ont proposé de jouer à ce concert, ce qui a été une très grande surprise, à vrai dire. Le jour où j’ai reçu l’e-mail de Rik, j’ai cru à une mauvaise blague… Je suis même allé vérifier sur internet que ce gars était bien effectivement le tour manager de DELAIN (rires) ! On a évidemment accepté tout de suite. Le concert s’est super bien passé et on a, comme d’habitude, fait énormément de promo, ce qui a été bien apprécié par Rik. Le soir du concert a été génial, les fans de DELAIN étaient au rendez-vous et nous ont très bien accueillis. Ça a été un régal. Du coup, le groupe nous a proposé de participer à la tournée française et espagnole, avec l’accord de leur label et du nôtre. Ça a été une tournée extraordinaire, tant du point de vue humain que musical. Les liens entre les musiciens se sont resserrés, et Telya a même remplacé Charlotte qui avait une extinction de voix sur trois chansons à Barcelone. Enfin, ça a été un plaisir inouï qu’ils nous rappellent sur scène pour le salut final à l’Elysée Montmartre. Vraiment de grands moments !

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Vous avez également assuré un concert au dernier Metal Female Voices Festival, en Belgique. Comment s’est déroulée cette expérience ?

Le Metal Female Voices Fest est indiscutablement un événement extraordinaire. On ne trouve son équivalent nulle part ailleurs, avec une affiche démente, une scène géante, des grands écrans sur les côtés… Bref, comme dans nos rêves ! C’était absolument génial. Malgré les soucis de voix de Telya et mon problème de cassage de corde, on a donné tout ce qu’on avait. C’était incroyable de voir l’Oktober Hallen déjà rempli pour notre set. Il n’y a que là qu’on peut voir ça. Nous avons également été vraiment surpris de voir autant de monde venir se faire dédicacer nos CDs et prendre des photos. On était vraiment comme des gamins, et la séance a duré une heure et demie sans discontinuer. Je pense qu’on se souviendra tous de ce MFVF toute notre vie !

En parlant du MFVF, pouvez-vous nous parler du tremplin qui vous a propulsés sur l’affiche ?

Bien sûr : c’est le Metal Female Contest, qui s’appelait à l’époque « Warm Up ». Rien que le fait de pouvoir y participer était un honneur. En fait, on n’y allait pas pour gagner, car il y avait des pointures, notamment A NEW DAWN, qui avait déjà des dizaines de concerts au compteur et qui avait tourné avec EPICA. En plus, on pensait que le public flamand voterait plutôt pour eux… Cette victoire nous ouvrant les portes du MFVF VII nous a donc surpris. Ça a été le point de départ de quelque chose, je pense.

Avez-vous reçu des échos de l’étranger concernant From The Brink Of Infinity ? Avez-vous des concerts prévus en dehors de la France ?

Pour l’instant, nous n’avons pas de nouveau concert prévu à l’étranger. C’est difficile pour un tout petit groupe comme nous de sortir des frontières, ne serait-ce que pour les problèmes de coûts de trajet… Et même si notre public est relativement international grâce à la distribution d’Ascendance Records, c’est tout de même en France que nous avons notre public le plus fidèle. On verra d’ici quelques mois si nous réussissons à jouer dans quelques festivals européens…

Pour conclure, comment voyez-vous le futur de WHYZDOM ?

Nous préparons une tournée française pour le printemps 2010. Nous avons aussi un projet de concert avec orchestre symphonique qui nous tient à c?ur… Mais il ne faut surtout pas oublier de composer le prochain album, car bien plus que de faire de la promo, c’est bien ça qui nous passionne : écrire de la musique !

Entretien réalisé en novembre 2009 par e-mail

Site Internet WHYZDOM : http://www.whyzdom.fr/indexfr.htm

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  • Interview très intéressante et qui met bien en valeur le fait que, chez Whyzdom, l’orchestre au grand complet a autant d’importance que la section métal, ce qui est loin d’être le cas chez de nombreuses autres formations où le symphonique (réduit au niveau de nappes de cordes ou de cuivres) ne sert que de décorum assez inutile au final.

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  • Enfin ça a rien de révolutionnaire quand meme

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  • Une bonne interview avec un mec intelligent…ça fait du bien.

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