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Interview   

Windir : le sognametal vit encore


A bien des égards, l’œuvre de Windir est un monument. Elle témoigne non seulement d’une évolution majeure de la scène black metal, mais aussi de l’empreinte de son instigateur, Terje « Valfar » Bakken. Ce dernier ne s’est pourtant jamais directement affilié au black metal, préférant qualifier sa musique de « sognametal ». Une dénomination – dérivée de Sogndal, la ville natale du groupe, et de sognamal, le dialecte natif de Valfar dans lequel il a écrit une partie des chansons du groupe – qui fait autant écho à l’utilisation nouvelle des claviers et des instruments folkloriques qu’aux thématiques traitées au sein des compositions. Ces dernières, bien loin de l’imagerie satanique et des postures anticléricales, prenaient en effet pleinement racine dans la matière historique, folklorique et mythique de la Norvège. Windir s’émancipait ainsi des thématiques sataniques et des postures anticléricales tout en ouvrant une nouvelle voie stylistique.

Valfar et Windir définirent ainsi un nouvel horizon musical et allaient devenir pour le metal extrême ce que furent Novalis et son œuvre pour le romantisme allemand et européen : une inspiration, un catalyseur et même une figure quasi mythifiée par un destin tragique et une mort prématurée. Valfar fut en effet pris par une tempête de neige et emporté par l’hypothermie à seulement 25 ans. Pourtant, si le projet Windir s’achevait avec lui, le sognametal n’était pas condamné à s’éteindre, et des cendres du groupe allaient naître Cor Scorpii et Vreid.

C’est justement avec Jarle « Hváll » Kvåle, bassiste et compositeur de Windir et Vreid que nous nous sommes longuement entretenus à l’occasion des vingt ans de l’album 1184 et de la sortie du coffret The Sognametal Legacy. Ce dernier regroupe pour la première fois la discographie complète de Winidr en vinyle. Entre héritages et continuations, rétrospectives et perspectives, nous revenons ainsi sur l’histoire de la formation et sur le devenir de Vreid.

« Il y a quelque chose de charmant dans cette volonté, cette fierté et cette force que la plupart des gens ont entre quinze et vingt-cinq ans. […] Ça me manque un peu, mais la plupart du temps j’apprécie aussi le fait de vieillir. Vieillir est sous-estimé ! »

Radio Metal : Vous sortez un coffret vinyle spécial contenant tous les albums de Windir. C’est une bonne occasion pour célébrer et revenir sur l’histoire du groupe. Windir a été formé par Valfar qui nous a quittés en 2004. Comment décrirais-tu qui il était en tant qu’homme et artiste ?

Jarle Kvåle (basse) : Grande question ! Je l’ai connu toute sa vie. C’était mon voisin le plus proche. Nous vivions à cinquante mètres l’un de l’autre. C’était une personne très créative. Très jeune, il adorait aller dans son propre monde, surtout avec la musique et tout ce qui y était lié, et il était fasciné par l’histoire. Mais surtout, c’était une personne très drôle à côtoyer ! Il adorait rire et passer du bon temps, et simplement faire ce que les adolescents et jeunes adultes font, c’est-à-dire beaucoup faire la fête, s’amuser et écouter de la musique. En gros, c’était une personne extrêmement positive dans nos vies. Il avait un petit cercle d’amis très proches avec qui il traînait et très jeune, nous avons découvert le metal, le hard rock, le black metal et tout ce qu’il y avait autour. Il était à fond dans cet univers et il adorait être seul à créer de la musique dans sa chambre, mais il avait aussi un côté très social. Il adorait jouer au football et passer du temps avec ses amis et sa famille. Il avait besoin de son espace créatif comme, je suppose, plusieurs d’entre nous, mais il se nourrissait aussi des gens qui l’entouraient, pour partager leur opinion et faire autre chose que de la musique.

Quelle était l’ambition de Valfar quand il a fondé Windir en 1994 ?

Je crois qu’il avait commencé à jouer de la musique deux ou trois ans avant ça, il a commencé avec l’accordéon, et c’est ainsi qu’il s’est intéressé aux chansons folk. C’est là qu’il a commencé à apprendre la musique. Au même moment, nous avons commencé à jouer ensemble, lui, Steingrim, moi et quelques autres locaux, et nous jouions plein de reprises, de Metallica à Slayer, en passant par Kiss. Puis toute la vague black metal est arrivée et ça l’a vraiment touché, des groupes comme Darkthrone, Mayhem, Burzum, Enslaved et ce genre de chose. Je pense que ça lui a donné envie de créer son propre projet, mais très vite, il a voulu conserver les éléments folk qui l’inspiraient.

Windir a fait quatre albums, dont deux qui ont plus ou moins été faits en tant que projet solo, avec l’aide de quelques musiciens comme Steinarson et Steingrim. Comment vois-tu ces deux albums, quand Windir n’était pas encore un véritable groupe ?

Au même moment où nous étions en train de composer de la musique pour Ulcus Molle – avant que ce ne soit renommé simplement Ulcus – il a commencé à faire ses propres démos. Nous avions toujours ce bon vieux lien qui faisait que nous nous regroupions pour travailler sur de la musique et nous répétions dans la même vieille grange qui nous servait de salle de répétition. Donc déjà avec la première ou la seconde démo, il a commencé à inclure d’autres gens : Steingrim a joué sur tout à partir de la seconde démo. Plein de gens étaient impliqués dans l’album Arntor – il y avait deux ou trois guitaristes, Jørn [Holen alias Steingrim] et lui, ainsi que plusieurs invités. Pour lui, le plus important, c’était sa vision de la musique, pas forcément le fait de tout jouer lui-même. Il s’agissait de faire appel à des gens pour développer sa vision. Il pouvait jouer de plein d’instruments, mais ce n’était pas un très bon guitariste, un très bon batteur, un bon bassiste ou autre, il voulait juste avoir des gens autour de lui pour développer la musique avec lui. Il a aussi commencé à faire pas mal de concerts en 95. Nous avons donc fait des concerts avec Windir et Ulcus, avec les mêmes membres. Il était toujours très ouvert à l’idée d’amener des gens dans son monde et dans son projet, mais la composition musicale était quelque chose qu’il aimait faire seul à l’époque.

« Je n’aurai jamais de véritable réponse sur ce qui lui est arrivé. […] Nous ne savons pas vraiment ce qui s’est passé, pourquoi ça s’est passé, ce qui se serait passé s’il avait fait un kilomètre de plus, etc. Il y a plein de questions en suspens sur les raisons de sa soudaine disparition. »

Qu’est-ce qui a poussé Valfar à finalement constituer un groupe autour de Windir après ces deux premiers albums ?

Il a essayé d’établir un groupe plus tôt – comme je l’ai dit, il a fait des concerts – mais il avait l’impression de ne pas pouvoir obtenir la bonne atmosphère autour du projet. Donc il a continué et s’est concentré sur l’album Arntor en particulier, mais après la sortie de cet album, il avait le sentiment d’avoir créé un chef-d’œuvre. Il était très fier de cet album. Il avait l’impression d’avoir accompli sa vision, mais les retours n’étaient pas aussi bons à l’époque. Il était très déçu en 1998. Donc pendant quelques années après l’album Arntor, il n’a plus composé beaucoup de metal. Il a commencé à pas mal travailler sur des projets électroniques et d’autres types de projets. Au même moment, j’avais l’impression qu’avec Ulcus, même si nous avions signé sur une maison de disques et avions sorti un album, il manquait quelque chose. Du coup, lui et moi avons décidé d’arrêter respectivement Windir et Ulcus, et de démarrer un nouveau projet ensemble, dans lequel nous pouvions composer de la musique ensemble et établir un groupe. Ça a donc été le plan pendant quelques mois, mais quand nous avons commencé à composer et à avoir des chansons, nous nous sommes dit : « Bon, peut-être que ce serait mieux de continuer en tant que Windir, car ça sonne comme Windir, on a une plateforme, on a un son, il y a encore des choses à faire ensemble avec ce projet. » Nous avons décidé presque au dernier moment de ne pas faire de nouveau projet et à la place de continuer avec Windir. C’est là que nous avons commencé le processus de composition pour 1184.

Penses-tu aussi qu’il avait atteint une limite à ce qu’il était capable de faire avec la configuration précédente ?

Je pense que c’est ce qu’il a ressenti après Arntor, mais quand nous avons commencé ensemble, il était très inspiré par ce que nous avions fait avec Ulcus et cet album [Cherish The Obscure]. J’avais d’ailleurs fait une grande partie de mes démos pour Ulcus avec lui. Il ressentait un besoin de renouveler son inspiration, à bien des égards. Il était un peu fatigué durant ces années-là, mais quand nous avons commencé à composer de nouveaux riffs et ensuite à répéter les chansons avec le groupe au complet et tout… Nous n’avions jamais fait ça avant. Avant, il composait la musique, allait au studio et créait une grande partie de la musique en studio, alors que là nous pouvions travailler davantage sur la musique au préalable. Je pense que tout ce processus l’a inspiré. De même, nous étions au début des années 90, donc nous passions beaucoup de temps à nous disputer sur ce qui était bien ou pas [rires]. Je pense que ça lui a donné un coup de boost pour recommencer à nourrir sa créativité.

Comment était l’atmosphère au sein du groupe quand vous avez commencé à travailler sur 1184 ?

Quand nous avons commencé le processus qui a mené à 1184, il n’y avait que moi et Valfar. Donc nous nous sommes posés dans sa chambre et il avait ce vieux logiciel merdique sur ordinateur sur lequel il composait toute sa musique, ça s’appelait FastTracker. Nous mettions toutes nos idées là-dedans et nous avons commencé à faire des démos comme ça. Nous avons donc plus ou moins terminé tout l’album avant que les autres gars soient impliqués. J’avais quatre chansons de prêtes, il avait quatre chansons de prêtes. Ensuite, nous avons travaillé dessus ensemble, nous les avons réarrangées, nous nous sommes occupé des paroles, du concept et ainsi de suite. Le reste du groupe est arrivé sur la dernière partie du processus. Puis nous avons commencé à répéter et ça a de nouveau un peu changé certaines des chansons, et ensuite nous sommes allés en studio. Donc c’était vraiment notre petit monde à Valfar et moi pendant un certain temps, afin de créer le cadre qui est ensuite devenu Windir seconde partie ou peu importe comment on peut appeler ça.

Tu as dit plus tôt que Valfar aimait composer seul. Est-ce que ça a été facile pour lui à ce moment-là de partager le processus créatif ? Partagiez-vous d’ailleurs la même vision ?

Il avait encore son espace où il était seul pour travailler sur ses idées. Quand nous nous posions ensemble, c’était plus pour dire : « Cette partie est trop longue, cette partie ne marche pas, on vire celle-ci, on essaye autre chose ici… » C’était plus de l’arrangement de parties dans les chansons, mais il avait sa petite fenêtre créative avant que nous nous mettions à travailler dessus à deux. Mais je pense que le processus où nous pouvions travailler ensemble a ouvert de nouvelles portes. Il y a quelque chose dans le fait d’avoir un retour sur nos idées lors de la phase initiale plutôt que de faire des démos dans notre coin et ensuite enregistrer ; il pouvait me montrer des idées et obtenir des : « C’est nul » ou « C’est génial ». Ça nous a poussés à travailler beaucoup plus sur la musique avant que ça ne devienne des chansons finies que par le passé. Toute l’idée pour nous a toujours été de faire la meilleure chanson possible et parfois, nous nous disions : « Bon, cette chanson est peut-être sympa ou ces idées sont super, mais ça ne convient pas à ce qu’on est en train de faire là. » Ce n’est pas qu’il fallait que nous faisions quelque chose de spécial pour Windir, c’était plus une question de créer, sans se donner de limites, puis de se poser pour voir ce qui fonctionnait dans un ensemble.

« A l’époque, personne ne sonnait exactement comme Windir et je pense que ce groupe restera dans l’histoire comme étant à part. »

Dans le communiqué de presse pour le coffret de vinyles, tu as déclaré que « c’était une époque juvénile pleine de volonté, d’agressivité, de fierté, de curiosité et bien sûr d’une magnifique naïveté ». Peux-tu nous parler un peu plus de cette naïveté justement ?

Quand on a cet âge-là, on croit avoir toutes les réponses et que ce qu’on fait à ce moment précis est parfait, et on est plus sensible aux critiques. On est constamment sur la défensive. Je pense que c’est quelque chose qui change un peu avec l’âge, pour tout le monde. Avec l’âge, on n’est plus aussi têtu comme une mule et entêté, ce qui est bien à certains égards, car on réfléchit plus aux choses. D’un autre côté, je trouve qu’il y a quelque chose de charmant dans cette volonté, cette fierté et cette force qui sont uniques et que la plupart des gens ont entre quinze et vingt-cinq ans. Notre âme est en quelque sorte possédée. On croit que ce qu’on est en train de faire est la meilleure chose au monde et ça devient irrésistible. Parfois ça me manque ! Je fais encore plein de trucs stupides [rires], mais peut-être qu’en vieillissant, on réfléchit plus aux choses avant de les faire. Donc ça me manque un peu, mais la plupart du temps j’apprécie aussi le fait de vieillir. Vieillir est sous-estimé !

On dirait que pour les fans, 1184 est l’album le plus emblématique de Windir. D’après toi, qu’est-ce qui distingue cet album du reste de la discographie de Windir ?

Pour moi, c’est surtout l’atmosphère. Même si nous avons tout le temps joué, écouté de la musique et fait toutes sortes d’activités ensemble, là c’était une époque très spéciale et durant le processus, nous avions remarqué que nous étions en train de faire quelque chose de vraiment fort et spécial. Nous nous sommes focalisés à fond sur ce que nous voulions que Windir devienne. Nous avions une plateforme préexistante que nous pouvions nous utiliser comme base, mais nous voulions développer le groupe, qu’il devienne plus fort, qu’il aille plus loin. Donc tout l’album est très lié à ce qui s’est passé lors des événements de 1184 en Norvège. C’en est le résultat, mais nous ne voulions pas juste que l’album raconte l’histoire comme un livre le ferait. Il s’agissait de jouer avec les émotions et de pouvoir vivre ce que les gens ressentaient quand ils partaient combattre pour quelque chose en lequel ils croyaient. Toute cette passion nous a frappés. Nous étions fermement plongés dans notre propre monde à l’époque. C’est ce qui fait que cet album est le plus spécial de tous pour moi.

C’est aussi l’album où Valfar a commencé à chanter en anglais. Penses-tu que ça a joué un rôle dans le succès qu’a rencontré cet album ?

C’est dur à dire. On voit plein de groupes norvégiens chanter en norvégien et ces albums marchent très bien, et inversement avec des albums chantés en anglais. Pour ce type de musique, surtout dans les années 90 et au début des années 2000, je pense que c’est en premier lieu l’atmosphère de l’album et la musique qui a suscité l’intérêt des gens. Mais bien sûr, quand nous avions des paroles en anglais, ça rendait la musique plus accessible à d’autres gens en dehors de notre petit monde en Norvège, qui pouvaient comprendre sur quoi nous écrivions et voir que ça s’éloignait des thèmes peut-être plus traditionnels du black metal. Valfar avait essayé d’écrire en anglais sur plusieurs chansons avant, mais il n’en était pas satisfait. Moi, ça faisait un moment que je le faisais. Il y a eu plusieurs versions de nombreuses chansons en anglais et en norvégien… Nous suivions notre instinct : « Cette chanson sonne mieux en norvégien, cette chanson sonne mieux en anglais », donc voilà comment nous avons décidé. Ce n’était pas un grand plan. Nous avons suivi ce qui était naturel et ce qui sonnait le mieux.

Likferd est l’ultime album de Windir. Quel est ton sentiment par rapport à cet album, en tant qu’adieu ?

Evidemment, au moment où nous l’avons composé, nous ne le voyions pas du tout comme un adieu. Pour nous, c’était plus que nous avions établi une super plateforme et que nous avions commencé à faire plein de concerts avec Windir. Nous avions pleins de super retours et, de façon générale, l’intérêt envers Windir a explosé en comparaison de nos précédentes expériences avec Ulcus ou les deux premiers albums de Windir. Ça nous a énormément motivés. Nous avions l’impression d’être sur une très bonne voie. Nous étions sur quelque chose en lequel nous croyions très fortement. Pour nous, il s’agissait de nous y remettre, en essayant de retrouver le même feeling que 1184. A nouveau, j’ai écrit quatre chansons, Valfar a écrit quatre chansons, puis nous avons recommencé le même processus. La seule différence, c’était peut-être que nous avons passé un peu plus de temps sur les chansons. Nous avons encore plus travaillé sur le processus de composition et d’arrangement, et nous avions plus de temps en studio. Tout le processus devenait plus confortable et plus professionnel.

« Nous faisions un metal avec des influences folk, mais plutôt en allant chercher du côté des vieux hymnes et des vieilles chansons traditionnelles ; c’était ce qui nous importait, pas ce que c’est devenu quelques années plus tard qui était plus une caricature. »

Valfar est décédé lorsqu’il a été surpris par le mauvais temps en se rendant à pied à son chalet familial. Autant vous et sa famille avez dû être dévastés par sa mort, autant penses-tu qu’il a eu une mort en phase avec qui il était, ayant été très proche de la nature ?

Je pense que je n’aurais jamais de véritable réponse sur ce qui lui est arrivé. C’est quelque chose que je trouve étrange. Je pense que c’est plus un de ces événements aléatoires et fous qui surviennent parfois dans la vie plutôt que quelque chose lié à la nature. Pour moi, ça restera l’une des grandes questions pour lesquelles je n’aurai jamais de réponse. Je veux dire que son décès est survenu à un âge où personne ne s’y attend et ces circonstances étaient totalement imprévisibles. Ça a été un gros choc pour tout le monde et nous n’avons jamais complètement su ce qui lui était vraiment arrivé. La seule chose que nous savons, c’est qu’il était en route pour le chalet, il avait fait demi-tour et il avait presque réussi à revenir à son point de départ, mais le temps était extrêmement mauvais… Donc nous ne savons pas vraiment ce qui s’est passé, pourquoi ça s’est passé, ce qui se serait passé s’il avait fait un kilomètre de plus, etc. Il y a plein de questions en suspens sur les raisons de sa soudaine disparition.

Vous avez regroupé tous les albums de Windir dans un unique coffret vinyle : est-ce pour les rendre inséparables, avec les imperfections des premiers et le côté plus accompli des derniers, pour en faire une sorte de voyage complet ?

Oui, absolument. J’ai toujours aimé l’idée de rassembler les choses. Vu que le chapitre Windir est terminé, que nous ne créons plus de musique en tant que Windir, j’ai trouvé qu’il était tout naturel de rassembler ces albums à une occasion spéciale. Surtout compte tenu du fait que c’est la première fois qu’ils sortent en vinyle, je pense que les gens vont apprécier. Ils peuvent voir les liens dans les aspects visuels et esthétiques, mais aussi voir le parcours musical complet de Windir. Ça faisait très longtemps que nous songions à faire ça. Pour nous, la musique de Windir aurait dû à l’origine sortir dans ce format, donc ce coffret est le moyen parfait de corriger ça. Nous voulions préserver la musique telle qu’elle était. Il s’agissait juste de préparer les albums du mieux possible pour un nouveau format, mais nous voulions aussi qu’ils restent exactement comme ils auraient été s’ils étaient sortis en vinyle la première fois. Nous n’avons rien voulu faire de spécial pour qu’ils sonnent différemment. Nous avons simplement réalisé la meilleure production, le meilleur mastering et le meilleur design possible pour recréer ce qu’ils auraient été en vinyle à l’origine. C’était notre intention.

Au final, pourquoi avoir attendu maintenant, dix-sept ans après la fin du groupe, pour sortir ces albums en vinyle ?

Pendant plusieurs années après la fin de Windir, il n’y avait pas de véritable marché pour le vinyle. Il n’y avait pas un grand intérêt. Il y avait quelques offres qui nous parvenaient mais c’était des labels et des offres merdiques, ça n’avait aucun sens pour nous, et puis nous ne regardions jamais vraiment en arrière. Nous nous concentrions surtout sur le fait de composer de la nouvelle musique, ce qui a toujours été mon centre d’attention au sein de Vreid, mais au fil du temps, nous trouvions que ce serait sympa d’avoir ces albums en vinyle. Quand nous avons fait les concerts de Sognametal en 2014, ça a de nouveau éveillé un intérêt et nous nous sommes dit que nous devrions le faire. Le processus s’est vraiment mis en branle en 2016. Nous avons commencé à répondre aux offres que nous avions. Nous voulions avoir un bon partenaire pour sortir ça et le faire comme il faut. Comme nous avions maintenant construit une bonne relation avec Season Of Mist, nous leur en avons parlé et ils étaient très enthousiasmés par le projet. Ça fait que le choix d’un bon partenaire était simple pour nous. Nous voulions aussi faire quelque chose en lien avec les vingt ans de l’album 1184 et ça semblait être le bon moment. Tout le groupe, la famille et tous ceux impliqués ont voulu faire ça maintenant.

Selon toi, quelle empreinte Windir et plus généralement l’œuvre de Valfar ont-ils laissée sur la scène black metal ?

J’ai l’impression que ce que Valfar a initié et ce que nous avons ensuite créé ensemble avec Windir a eu une belle influence dans l’histoire de la musique en général. Je pense que c’était une époque et quelque chose d’assez unique. Ce mélange de parties folk atmosphériques, avec pas mal de heavy metal traditionnel et d’influences black metal… A l’époque, personne ne sonnait exactement comme Windir et je pense que ce groupe restera dans l’histoire comme étant à part. Je suis très fier d’en avoir fait partie. C’était un grand plaisir de pouvoir travailler avec une personne aussi géniale que Valfar qui a été un pionnier et a créé quelque chose d’authentique, ce qui a mon avis est rare dans la scène.

« Je suis convaincu que Windir aurait suscité de plus en plus d’intérêt, mais c’est sûr que lorsqu’un événement aussi dramatique se produit, ça crée un choc chez les gens et ceux-ci ont une tendance morbide à s’intéresser aux choses lorsque quelqu’un meurt. J’imagine que c’est la nature humaine. »

Après Windir, la scène folk metal s’est développée de deux façons : la scène sérieuse que Windir a directement influencée et la scène plus légère et fêtarde. Selon toi, qu’est-ce que Valfar aurait pensé de cette évolution ?

[Rires] Je ne pense pas qu’il aurait aimé cette scène folk metal légère pour faire la fête. Ça n’aurait pas été sa tasse de thé. Il y avait quelques éléments de ce genre dans Windir mais c’était plus fait comme un clin d’œil, pour s’amuser un petit peu au milieu de tout ce que nous faisions qui était toujours hyper sérieux, mais je ne crois pas que tous ces groupes qui sont arrivés après lui auraient plu, pour être honnête. Sa passion était ancrée dans la pop des années 60 et 70, la musique électronique et le black metal, ainsi que l’atmosphère, l’obscurité, le désir, et pas les trucs de folk pirate ou je ne sais quoi. Je suis à peu près pareil. Il y a des groupes qui émergeaient déjà à l’époque dans ce style qui a plus ou moins évolué pour devenir la scène folk metal joyeuse, et nous ne nous sommes jamais retrouvés là-dedans. Selon nous, nous faisions un metal avec des influences folk, mais plutôt en allant chercher du côté des vieux hymnes et des vieilles chansons traditionnelles ; c’était ce qui nous importait, pas ce que c’est devenu quelques années plus tard qui était plus une caricature. Mais évidemment, si des gens aiment bien, il n’y a pas de souci. Ce n’est que notre opinion. Ce n’est pas du tout quelque chose que j’écoute, ce genre de musique ne m’intéresse pas vraiment, mais on dirait que plein de gens adorent et je le respecte.

On dirait que Windir suscite aujourd’hui beaucoup de passion au-delà des frontières norvégiennes. Est-ce que c’était déjà comme ça à l’époque ou est-ce un intérêt posthume ?

A partir du milieu des années 90, nous étions en contact avec des gens partout dans le monde, à envoyer des cassettes et ce genre de choses, avec des correspondants en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, en Europe, etc. Donc à l’époque, nous nous sentions même encore plus liés au monde extérieur qu’à la Norvège au niveau de la scène musicale. La scène musicale n’était vraiment pas très importante pour ce genre de musique dans les années 90. Donc nous regardions hors de Norvège, mais bien sûr, nous ne sommes jamais réellement parvenus à sortir de Norvège pour tourner. Nous avions une grande tournée de prévue pour 1184, nous étions censés partir avec Borknagar et Finntroll, mais ça a été annulé. Nous avons fait un concert aux Etats-Unis, mais nous étions encore dans la phase où nous essayions d’établir le groupe. L’intérêt ne cessait de croître, mais… Je suis convaincu que Windir aurait suscité de plus en plus d’intérêt, mais c’est sûr que lorsqu’un événement aussi dramatique se produit, il se passe ce qui se passe, ça crée un choc chez les gens et ceux-ci ont une tendance morbide à s’intéresser aux choses lorsque quelqu’un meurt. J’imagine que c’est la nature humaine. Mais je dirais que ça a été assez constant et nous l’avons constaté dans les chiffres de ventes et tout ce qu’il y a autour. Ça a toujours été bon et ça s’améliorait d’année en année, et encore aujourd’hui, tous ces albums de Windir se vendent bien.

Quels sont tes meilleurs souvenirs de cette époque ?

[Rires] Il faut que je me dénoue le cerveau ! Evidemment, les premiers concerts que nous avons faits et lorsque nous avons beaucoup tourné en Norvège, c’était des souvenirs extraordinaires. Je me souviens quand nous avons joué au Inferno Festival pour la première fois. C’était tellement bondé de monde que nous n’arrivions pas à le croire, et c’était vraiment intense, mais pour moi, les deux choses qui ressortent le plus, c’est les moments que nous avons passés dans la chambre de Valfar à travailler sur de la musique – c’était extraordinaire, heure après heure – et quand nous sommes allés au studio à Akkerhaugen. Nous nous sommes vraiment éclatés là-bas. Nous avons envahi les lieux dans ce petit studio, nous y sommes allés avec notre grosse remorque et nous dormions là-bas. Valfar et moi y étions tous les jours, tandis que les autres membres allaient et venaient, mais nous étions constamment là-bas. Nous faisions à fond la fête certains soirs et le lendemain, nous avions la gueule de bois. Ça a duré quarante jours, donc les jours où nous faisions la fête, nous n’arrivions pas tellement à bien bosser [petits rires], et les jours de gueule de bois, c’est là que nous travaillions vraiment à nous faire transpirer. Ce processus est le meilleur souvenir que j’ai, c’était génial.

« Nous faisions à fond la fête certains soirs et le lendemain, nous avions la gueule de bois. Ça a duré quarante jours, donc les jours où nous faisions la fête, nous n’arrivions pas tellement à bien bosser [petits rires], et les jours de gueule de bois, c’est là que nous travaillions vraiment à nous faire transpirer. Ce processus est le meilleur souvenir que j’ai. »

Vreid est né des cendres de Windir. Etait-ce important symboliquement de choisir un autre nom que Windir pour le groupe, pour insister sur le fait que Windir ne pouvait exister sans Valfar ?

Oui. C’est à peu près ce que nous avons ressenti à l’époque. Evidemment, c’était le noir total, c’était un choc, il y a plein de choses dont je ne me souviens pas de cette période, entre 2004 et 2008, mais à la fois, il y a eu instantanément une envie irrépressible de continuer à composer et à créer de la musique. Sauf qu’un facteur très important n’était plus là. Ça semblait mal de continuer sous le nom de Windir, mais malgré tout, nous savions qu’une grande partie des musiques que nous allions créer seraient dans la même veine, iraient dans la même direction que celle que nous suivions depuis dix ou douze ans. Nous étions toujours les mêmes personnes, mais il nous manquait la personne principale qui avait tout commencé. Nous autres, nous voulions continuer, mais il n’a jamais été question de le faire en tant que Windir. Nous avons donc fondé un nouveau groupe et le batteur et moi, nous nous sommes enfermés dans une petite salle de répétition merdique à Oslo pour travailler sur de nouvelles idées. Nous avons aussi fait venir Ese [Stig Ese Eliassen] à ce moment-là, car il vivait à Oslo comme nous. Il n’y avait pas de plan. Il s’agissait juste de créer de la musique et – lorsque nous avions le sentiment de tenir un album – de l’enregistrer, et nous voulions partir faire autant de concerts que possible. Nous n’avons pas vraiment réfléchi à ce qui était bien ou pas. Il s’agissait juste d’écrire de la musique et de gérer la situation.

D’un autre côté, les deux projets sont sensiblement différents musicalement parlant. Comment comparerais-tu les deux groupes ?

Nous avions quelques chansons prévues pour le cinquième album de Windir qui étaient plus ou moins prêtes et nous avions d’ailleurs réservé un studio. Nous avions prévu d’aller au Abyss Studio pour faire le cinquième album et celui-ci devait être plus épuré. C’est aussi là-dessus que Vreid a commencé. Donc les chansons « Helvete », « Wrath Of Mine », des parties de « Eldast, Utan Å Gro », etc. ont à l’origine été composées pour le cinquième album de Windir. C’était la direction que nous étions en train de prendre. Si Windir avait continué, ça aurait été – en tout cas pour l’album suivant – plus épuré. Ensuite, qui sait ? Peut-être que plus tard nous serions partis sur quelque chose de plus symphonique, plus électronique ou autre. Mais pour nous, il s’agissait juste de continuer à composer de la musique. C’est impossible de dire comment ce projet aurait vécu si Windir avait continué, mais j’ai l’impression que ce que nous faisons dans Vreid est vraiment une suite naturelle de l’esprit de Windir. Nous n’avons jamais cherché à nous démarquer radicalement. Ce qui était important, c’était de faire ce que nous voulions faire et le résultat, c’est Vreid. Tout ça, c’est notre éducation, je suppose. Toute la période de 1993 à 2004 où nous avons composé et écouté un tas de musiques ensemble, où nous avons fait des concerts et tout, c’était nos bases qui nous ont appris à faire et créer de la musique. C’était notre épine dorsale. Ça fait partie intégrante de ce que nous faisons. Pour être honnête, aujourd’hui, quand je repense aux vingt-cinq dernières années, tout fait partie d’une grande aventure, que ça s’appelle Ulcus, Windir, Vreid ou autre, pour moi, tout ça aurait pu s’appeler Sognametal, car ça vient du même point de départ et, pour la plupart, des mêmes personnes. Donc je ne vois pas ça comme des projets séparés, en ce sens.

Vous avez effectué une tournée de reformation en 2014 en hommage à Windir : avez-vous hésité à réveiller l’héritage du groupe, qui pouvait aussi peut-être être douloureux ? Ou bien est-ce que ça s’est fait naturellement ?

C’était naturel. Je ne le voyais pas comme étant douloureux. A ce moment-là, de l’eau avait coulé sous les ponts. Le temps a tendance à atténuer les trucs merdiques et horribles de la vie. Quand je pense à Windir aujourd’hui, je ne pense qu’aux bonnes choses. Ça été très inspirant de redécouvrir ces chansons, de voir leur lien avec les nouvelles chansons qui ont été écrites, de mélanger les anciens et nouveaux membres. Ça m’a beaucoup inspiré quand j’ai ensuite commencé à composer l’album Sólverv. Cet album a été très influencé par notre propre passé, pour ainsi dire. Ça m’a donné un coup de fouet créatif et ça m’a fait du bien. Je n’avais aucun mauvais sentiment lié à ça.

« C’était le noir total, c’était un choc, il y a plein de choses dont je ne me souviens pas de cette période, entre 2004 et 2008, mais à la fois, il y a eu instantanément une envie irrépressible de continuer à composer et à créer de la musique. Sauf qu’un facteur très important n’était plus là. »

Au-delà du coffret, avez-vous prévu de célébrer le vingtième anniversaire de 1184 avec des concerts spéciaux ou même une tournée, si c’est possible, évidemment ?

Avec le coronavirus, tout est dans le flou. Quand le monde s’est arrêté, nous n’avons rien fait d’autre que de tous nous concentrer sur la créativité. Donc pendant que nous étions en train de travailler sur ce coffret, nous avons aussi longtemps travaillé sur le nouvel album de Vreid qui sortira au printemps, et nous avons travaillé sur un gros projet vidéo lié à l’album. Mais nous avons déjà décidé que nous allions faire un concert spécial pour le Karmøygeddon Metal Festival en Norvège. Nous allons être en tête d’affiche pour un concert où nous allons jouer tout l’album 1184. Il se peut que nous fassions un ou deux autres concerts, nous n’avons pas encore décidé, mais encore une fois, ça se fera en parallèle du nouvel album et d’un nouveau projet. Nous n’avions jamais mélangé ces choses à ce point avant, donc ça va être un processus très étrange : nous allons avoir une grande partie de notre attention tournée vers le passé, tout en sortant un nouvel album pour lequel nous sommes extrêmement passionnés. Nous avons décidé de tout faire, d’aller de l’avant et advienne que pourra.

Est-ce que le frère de Valfar fera aussi partie de cet événement pour fêter l’anniversaire de 1184 en Norvège ?

Bien sûr, nous allons inviter Vegard pour faire une grande partie du chant. Il représente une part très importante du concept. Même s’il ne fait pas partie du groupe, il s’est proposé pour honorer son frère et il adore faire ça. Il fait partie du gang depuis que nous étions tout petits, il a un an de plus que moi et Valfar avait un an de moins que moi. Nous traînions tout le temps ensemble. Il a donc toujours fait partie de ce que nous faisions ; quand nous faisions des concerts ou allions en studio, il venait nous voir, traîner avec nous, boire avec nous, etc. C’est extrêmement important qu’il y participe. Selon moi, il porte vraiment le flambeau de l’héritage de son frère ; le souvenir de son frère est une chose très forte à laquelle il consacre une grande partie de sa vie. Il sera donc présent et, bien sûr, nous inviterons aussi Righ, le claviériste qui a joué sur les albums de Windir. De même, il y aura Espen [Bakketeig], le frère de Strom, le guitariste ; il joue le clavier en live avec Vreid et il jouera un peu de guitare lors du concert de Windir. Donc nous faisons ça dans le pur style Sognametal !

Tu as mentionné le nouvel album de Vreid : que peux-tu nous dire à son sujet ?

Ce sera le meilleur album de tous les temps ! [Rires] Non, mais nous avons eu un très bon feeling avec cet album. Nous n’avons pas arrêté de travailler dessus. Pour moi, là tout de suite, c’est dur de me concentrer sur d’autres choses, parce que je suis totalement immergé dans l’univers du nouvel album. Je pense que ce sera un jalon majeur pour Vreid. Parfois, le puzzle s’assemble tout seul et avec cet album, je trouve que c’est vraiment spécial. Il part dans tous les sens. Les gens devront se faire leur propre avis, mais il est très varié. Il y a des côtés Windir très marqués, il y a des trucs classiques de Vreid, comme toujours il y a des éléments thrash des années 80, des références des années 70… Nous avons atteint un âge où… Nous n’avions déjà pas beaucoup de limites avant, mais maintenant il n’y en a vraiment plus aucune. J’imagine que maintenant nous avons la vieille naïveté [rires]. Non seulement ça, mais pour l’album Lifehunger, nous avions fait quelques vidéos avec un producteur local. Il a aussi fait toute la production pour notre concert en live-stream. Nous avons travaillé avec lui de manière rapprochée toute l’année dernière et nous allons en fait réaliser un film pour tout l’album. Il y aura un clip pour chaque chanson, mais ils se connecteront de manière à former un film complet. Je n’ai jamais vu personne faire ceci auparavant, et c’est clairement quelque chose que nous n’avons jamais fait. Donc je pense que ce sera intéressant : il y a la musique et les paroles, et maintenant il y aura aussi une dimension visuelle qui sera liée à l’ensemble de l’album.

« Quand je repense aux vingt-cinq dernières années, tout fait partie d’une grande aventure, que ça s’appelle Ulcus, Windir, Vreid ou autre, pour moi, tout ça aurait pu s’appeler Sognametal, car ça vient du même point de départ. »

Comment avez-vous vécu votre expérience live diffusée sur internet en juin, intitulée « In The Mountains Of Sognametal » ?

C’était super, j’ai adoré, mais bien sûr, c’était très étrange d’être là et de jouer vers mon chalet familial, une petite ferme de montagne, et en gros, il n’y avait que la famille et des moutons autour de nous [rires]. C’était très étrange, mais nous étions tellement frustrés par la situation, nous étions prêts à faire plein de festivals et de bons concerts. Nous nous sommes dit que nous voyageons toujours partout dans le monde et prêchons notre histoire, notre petit héritage et notre petit pays ici dans le Nord, alors pourquoi ne pas emmener tout le monde chez nous ? C’était toute l’idée, permettre aux gens de nous voir dans notre environnement naturel. Nous avons voulu tout faire nous-mêmes. Donc nous n’avions que ce producteur, et ça a été fait par lui et par l’ingénieur du son à qui nous faisons appel depuis toujours, et il y avait plein d’amis et de membres de nos familles qui nous ont aidés pour tout le côté pratique. C’était très modeste, mais ça permettait quand même de présenter l’environnement, d’où nous venons, notre milieu naturel. Nous avons aussi essayé de couvrir autant que possible notre discographie. C’était super, mais le plus impressionnant était de voir la réaction des gens. Il y a toujours des gens qui aiment ce qu’on fait, d’autres qui détestent, mais avec ce concert, ça semblait unanime. Je pense que les gens ont vraiment apprécié de profiter de ça durant l’été. Ça faisait du bien de voir tous ces retours fantastiques pour un projet aussi étrange.

C’est probablement le genre de concert et d’événement particulier que vous n’auriez pas fait en temps normal, donc je suppose que vous avez transformé une mauvaise situation en quelque chose de positif…

C’est comme ça dans la vie : tu te retrouves confronté à des obstacles et les choses partent en vrille parfois. J’ai souvent vécu ça, par exemple la situation avec le décès de Valfar, mais aussi il y a quelques années, quand j’ai perdu ma sœur dans des circonstances étranges et difficiles, quand elle est tombée malade très jeune et est décédée – c’est arrivé plus ou moins en plein pendant le processus de Lifehunger. Puis maintenant, alors que nous commencions à essayer de passer à autre chose avec le nouvel album et à tourner à nouveau, le monde entier s’est arrêté. Mais pour ma part, l’idée a toujours été de se demander : qu’est-ce qu’on peut faire durant ces circonstances ? Il y a eu deux choses : le concert en live-stream et le fait de mettre tous nos efforts dans la création de nouvelle musique et de cette vidéo. Evidemment, la pandémie nous a offert plus de temps pour nous concentrer là-dessus. Si ça n’était pas arrivé, nous serions probablement partis en tournée et nous n’aurions pas eu le temps de faire tout ce projet. Ainsi va la vie !

Ce live-stream particulier était-il un événement exceptionnel ou avez-vous l’intention de le réitérer ?

Nous en avons discuté. Tout dépend comment le monde change maintenant. Si nous pouvons repartir dans un cycle de tournée en été ou à l’automne, alors nous nous concentrerons là-dessus, mais si ça n’est pas possible, alors qui sait ? Nous aimons l’idée d’avoir un contrôle total sur notre propre projet et de le partager comme nous le souhaitons. Donc je suis quasiment sûr que tôt ou tard, nous ferons un autre projet de ce genre, mais il faudra que ce soit complètement différent. Nous avons fait ça désormais, on ne peut pas refaire la même chose.

Interview réalisée par téléphone le 19 novembre 2020 par Gricourt Nicolas.
Fiche de questions : Nicolas Gricourt & Jean-Florian Garel.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Introduction : Erik Melkiahn.

Site officiel de Vreid : www.vreid.no



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  • « Il représente une part très importe du concept. »

    On parle bien d’import export ou d’importance 🙂 ?

    « qu’est-ce qu’on peut faire durant circonstances » humm, et j’ai du en louper, puisque je suis typiquement du genre à oublier des mots ou des morceaux dans une phrases ahah.

    Super 🙂 j’aurai tellement voulu voir le 5ème album, selon les deux titres démos sortis dans valfar, ein windir, y’avait un petit côté finntroll (pour la vraie piste et l’intro) et summoning (pour la piste intro, aspect dungeon synth) et ça préparait du bon ! J’ai moins accroché à vreid en revanche, et étonné que certaines musique qui devaient finir dans le 5ème album ont fini dans le premier de vreid.

    J’aurai tellement voulu prendre le coffret vinyle, mais il est parti si vite et j’avais si peu de sous :'(

    [Reply]

    Jean-Florian Garel

    C’est corrigé 😉 Merci

    Dypso

    Merci a vous pour l’interview 🙂

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