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Interview   

WITHIN TEMPTATION : ENTRETIEN AVEC ROBERT WESTERHOLT


La figure emblématique de Within Temptation. est sans conteste Sharon Del Aden. Mais le vrai pilier du groupe hollandais est Robert Westerholt, le fondateur et principal compositeur de Within. L’équipe de Radio Metal l’a donc rencontré quelques heures avant le concert du combo au Zénith de Paris, le 8 octobre 2007.

Radio Metal : Vous venez de rentrer de votre seconde tournée aux Etats-Unis, après avoir donné 13 concerts à l’occasion du « Hottest Chicks in Metal Tour ». Comment était-ce ? Quels souvenirs gardes-tu de cette tournée ?

Robert Westerholt : C’était une sorte de nouveau départ, comme avec chaque nouveau pays que l’on visite. C’est toujours sympa de retrouver les petites salles, l’ambiance y est plus rock n’roll. Les Etats-Unis sont un immense pays, c’est génial de voyager là-bas et de voir tous ces endroits différents. Et nous avons eu un temps magnifique, ce qui ne gâchait rien ! Le public était génial. Beaucoup de gens nous connaissaient déjà grâce à Internet et connaissaient les paroles de nos chansons. Nous avons vraiment passé un très bon moment, là-bas.

Le public américain est donc aussi réceptif que le public européen à votre musique et au metal à chanteuse en générale ?

Le public n’a jamais posé problème. Aux Etats-Unis, ils ne sont pas habitués à voir de filles évoluer dans un groupe, que ce soit dans le metal ou même dans le rock. Il y a vraiment peu de groupes à chanteuse. Le public adore ça, mais pour les medias, c’est quelque chose de très étrange. On entend beaucoup de questions du genre « qu’est-ce que ça fait d’être une fille dans un groupe ? ». Bah… c’est comme être un homme, il n’y a pas vraiment de différence !

Aux Etats-Unis, concernant le Metal, les jeunes ont des goûts de plus en plus orientés vers les musiques extrêmes comme le Black Metal. Penses-tu que cela va rendre votre percée aux Etats-Unis plus difficile ?

Il y a évidemment beaucoup de fans de metal extrême, mais notre musique n’appartient pas à une seule catégorie. Nos fans peuvent venir du Metal, bien sûr, mais aussi du rock ou de la pop. Certains sont jeunes, d’autres plus âgés… C’est un mélange de styles, rien n’est formaté. Evidemment, aux Etats-Unis, ça l’est peut-être un peu plus : après tout, c’est le pays du formatage. Vous pouvez appartenir à telle ou telle catégorie, mais pas à un genre intermédiaire. Le public ne cherche pas à vous mettre dans des boîtes. Le problème récurrent pour un groupe est de parvenir à toucher le plus de gens possible au travers de sa musique. Bien sûr, de nos jours, Internet est une aide précieuse, et partir en tournée nous apporte aussi beaucoup. Mais on ne peut pas se permettre de tourner aux Etats-Unis pendant trop longtemps, parce que nous voulons aussi jouer en Europe ou au Japon. Pour nous, tourner aux Etats-Unis représente surtout une occasion de nous amuser. Si ça marche, tant mieux ; sinon, ce n’est pas non plus un problème.

Vous voyagez beaucoup. Le week-end dernier, vous étiez en Allemagne pour le tournage de votre nouvelle vidéo « All I Need ». Peux-tu nous en dire un peu plus ?

La vidéo a été tournée dans un endroit très bizarre, une espèce d’ancien camp militaire avec plein de vieux baraquements. Je crois que ce bâtiment date de la période nazie. C’est un très bel endroit, avec de grandes fenêtres, des plafonds impressionnants et du bois partout. Les Russes ont pris possession des lieux après les Allemands, et il y avait beaucoup de tableaux communistes représentant Staline accueilli par le peuple. L’atmosphère était vraiment étrange. Pour l’anecdote, Tom Cruise avait tourné dans ces bâtiments quelque chose comme trois semaines avant nous, pour son film sur la tentative d’assassinat sur Hitler, pendant la guerre. C’est un endroit immense, avec plein de baraquements et de ruines, mais nous n’avons tourné que dans la grande salle. Il y a beaucoup de scènes très étranges, dans cette vidéo. L’histoire tourne autour d’une personne qui a des visions, comme un rêve où des choses très étranges se produisent. Ça promet d’être vraiment bizarre.

Parlons un peu de l’album, à présent. The Heart of Everything ressemble beaucoup à un concept album. Toutes les chansons, à l’exception peut-être de « What Have You Done », semblent liées. Etait-ce intentionnel ou est-ce le fruit du hasard ?

Je ne pense pas qu’on puisse parler de coïncidence, mais ce n’était pas non plus voulu. Lorsqu’on compose un album, on le fait d’un coup, on est donc inspiré par des choses vécues à ce moment précis. Il est donc logique que les sujets soient tous plus ou moins liés. C’est plus un fil rouge qui traverse l’album qu’une histoire à part entière, mais tous les thèmes sont lies. Et puis il y a des chansons comme « What Have You Done » ou « The Howling », qui ont été inspirées par le jeu vidéo Les Chroniques de Spellborn. La plupart des autres chansons sont inspirées par des livres ou des films.

Tu viens de parler des Chroniques de Spellborn. Le premier extrait de « The Heart of Everything », « The Howling », sert de bande originale à ce jeu vidéo. Comment avez-vous été contactés pour écrire la musique de ce jeu ?

L’entreprise qui développe ce jeu est une entreprise hollandaise. Ils sont basés à La Haye, pas loin de notre lieu de résidence. Comme ils connaissaient notre musique, ils ont contacté notre management et nous ont demandé si nous voulions collaborer avec eux. Nous sommes de grands fans de jeux vidéo, à part Sharon, qui n’aime pas vraiment ça. Nous nous sommes rendus sur place et ils nous ont parlé du jeu, de l’histoire, du style. Nous avons trouvé ça très sympa, alors nous avons accepté d’écrire quelques chansons. Nous avons sélectionné dans l’histoire les aventures qui nous paraissaient faire de bons sujets de chansons, et voilà le résultat.

« The Truth Beneath the Rose » est une chanson assez épique pour votre groupe. Peut-on désormais s’attendre à des chansons plus longues et plus typées « score » de la part de Within Temptation ?

Ce côté épique est quelque chose que nous avons toujours eu. Sur Mother Earth, par exemple, nous avions « The Promise », qui est aussi une chanson épique de plus de sept minutes. La marque de fabrique de Within Temptation, c’est notre diversité. Nous ne ferons jamais d’album complètement épique, nous préférons écrire des chansons très différentes les unes des autres. Les chansons nous viennent suivant l’inspiration du moment, on essaie pas mal de choses, on ne peut donc jamais savoir ce qui va en ressortir. Ce qui nous plaît, c’est de changer de style et d’essayer chaque fois de nouvelles choses.

En France, la critique n’a pas été tendre envers The Heart of Everything. On vous « accuse » notamment d’avoir adopté un style à la Evanescence et d’être devenu un groupe commercial. Que réponds-tu à vos détracteurs ?

Ç’a été la même histoire à l’époque de The Silent Force, mais pour moi, c’est un faux problème. Il est très facile de faire des comparaisons en musique. J’ai l’impression que les gens veulent trouver des points communs à tout prix. Lorsque j’écoute EVANESCENCE, je n’ai pas le sentiment de faire la même musique. Bien sûr, certaines de nos chansons peuvent se ressembler, mais on est en droit de se demander qui copie l’autre. J’ai entendu des comparaisons entre « What Have You Done » et « Bring Me To Life », mais pour moi, ces chansons n’ont rien en commun. L’atmosphère est totalement différente. Chez eux, on ressent plus l’influence de LINKIN PARK, tandis que chez nous, l’approche est plus rock. On nous compare aussi parce que nous sommes des groupes à chanteuse. Pourtant, lorsqu’on écoute notre album de bout en bout, on se rend compte que c’est toujours du WITHIN TEMPTATION. On ne se pose pas la question de savoir si on imite la musique d’un autre groupe, on compose simplement ce qui nous plaît. Je prends généralement la comparaison avec EVANESCENCE comme un compliment, parce que je trouve que c’est un très bon groupe. On nous compare aussi souvent à Kate Bush, ou à NIGHTWISH quand nous sommes en Finlande, ou à LACUNA COIL quand nous sommes en Italie. Pour moi, l’important n’est pas là. Le principal, c’est que les gens aiment notre musique. Si c’est le cas, tant mieux, et sinon… ça me va aussi !

Sharon a déclaré qu’il y avait des chances pour que vous sortiez un album live l’année prochaine. Ne penses-tu pas que ça va faire beaucoup pour les fans ?

Elle faisait probablement référence au concert que nous allons donner aux Pays-Bas en février. Nous jouerons avec un véritable orchestre. Nous verrons si nous voulons en faire un album live. D’habitude, on sort un DVD accompagné d’un CD audio du concert en guise de bonus. Mais cette fois, à cause de l’orchestre, les arrangements seront différents ; nous allons modifier pas mal de choses pour que l’orchestre soit plus présent. Je pense que cela justifie la sortie d’un album live – après tout, c’est toujours intéressant d’avoir seulement un CD. Mais pour l’instant, rien n’est encore sûr.

Le processus d’écriture de votre nouvel album commencera en décembre, lorsque vous aurez enfin un peu de temps libre…

Il commencera même ce mois-ci !

Avez-vous déjà une idée de la tournure que va prendre cet album ?

Non, c’est toujours difficile à prévoir. On peut se mettre à réfléchir et avoir soudain envie d’écrire telle ou telle chose. On prend ce qui vient. Comme l’a dit je ne sais plus quel musicien, les chansons volent à travers la pièce, et il suffit de les attraper. On ne peut jamais savoir sur quoi on va tomber. Ce qui est certain, c’est que c’est chaque fois une nouvelle évolution. Un album n’est jamais une redite du précédent.

En live, votre set-list se compose, à quelques exceptions près, de chansons tirées de vos trois derniers albums, Mother Earth, The Silent Force et The Heart of Everything. Les chansons plus anciennes ne te manquent pas ?

Pas vraiment, car nous avons déjà joué les vieilles chansons pendant trois tournées, sinon plus. A chaque nouvel album, on ajoute de nouvelles chansons à la set-list, et il arrive forcément un moment où les chansons plus anciennes disparaissent. C’est un processus naturel pour un groupe. A l’occasion, il peut nous arriver de jouer des chansons tirées de nos premiers albums. Pour le concert de ce soir, nous avons fait en sorte que le public puisse choisir les chansons qu’il voulait entendre, et ce ne sont pas des extraits des premiers albums qui ont été choisis. Je pense que les gens ont déjà entendu ces chansons de nombreuses fois, et qu’elles ne leur manquent pas tant que ça. A l’avenir, nous jouerons peut-être à nouveau les anciennes chansons, parce que nous n’avons pas eu l’occasion de les interpréter depuis longtemps. IRON MAIDEN l’a déjà fait, mais on ne peut pas se permettre de donner un concert de trois heures pour inclure les anciennes chansons. Non seulement ce ne serait pas très drôle, mais en plus tout le monde finirait par avoir mal au dos !

Ma dernière question concerne précisément ce fameux sondage lancé sur le forum officiel français. Les membres du forum ont eu la possibilité de choisir quelques chansons qu’ils souhaitaient entendre ce soir. Pourquoi avoir opté pour cette méthode ?

Le concert de ce soir est notre plus gros concert français à ce jour, nous voulions donc faire quelque chose de vraiment spécial. Et puis on nous demande souvent pourquoi on ne joue plus telle ou telle chanson. Ce ne serait pas juste de laisser les fans décider de toutes les chansons de la set-list, parce qu’il est important que celle-ci suive une sorte de logique. Dans le cas contraire, c’est le grand n’importe quoi. Mais grâce à ce sondage, nous avons pu voir quelles chansons plaisaient le plus, quelles chansons les fans voulaient nous entendre jouer. Aujourd’hui était l’occasion idéale pour une telle expérience – une expérience unique pour un concert exceptionnel.

Entretien réalisé le 08 octobre 2007 à Paris

Traduction : Saff’

Site Internet WITHIN TEMPTATION : www.myspace.com/withintemptation



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