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Live Report   

Within Temptation : l’Hydre a bien belle allure


Soirée tricolore, bleu blanc rouge, proposée au Zénith de Paris ce soir, et la veille, le 24, à la Halle Tony Garnier lyonnaise. Sauf qu’il ne s’agit pas de notre bleu blanc rouge national (Quoi ? Il y en a plusieurs ? Fichtre !) mais de celui de l’autre pays du fromage pour reprendre une formule éculée. Célèbre aussi pour sa peinture, ses coffee shop sans oublier ses tulipes, la Hollande a d’autres attraits qui vous intéresseront plus ici. Il s’agit de Within Tempation et Delain, fleurons bataves du metal symphonique – ou pop metal c’est selon – groupes ayant chacun à leur tête une chanteuse charmante dont la voix impose le respect.

Autre point qui rapproche les deux formations : toutes deux ont un nouvel opus à défendre. Hydra pour la tête d’affiche, sorti en début d’année, et The Human Contradiction, tout récent, pour la bande de Charlotte Wessels. Allez, dernier lien entre les deux formations : chacune a un frère Westerhold dans ses rangs. Mais ne perdons plus de temps en palabres, plongeons sans attendre dans cette soirée, avec aux commandes deux éminentes représentantes de la gente féminine. N’en déplaise aux plus machistes d’entre nous.

Artistes : Within TemptationDelain
Date : 24 et 25 avril 2014
Salle : Halle Tony Garnier et Zénith
Ville : Lyon et Paris

Bonne entame de soirée avec Delain

19H30, le concert débute à l’heure dite. De ce point de vue, Lyon et Paris sont synchrones ! Une grande avancée de scène promet une certaine proximité avec le public. Pas pour Delain qui n’a manifestement pas le droit de l’exploiter, Charlotte restant sur la scène « normale » tout au long de la prestation, un orteil sur la ligne blanche servant de démarcation. Le combo démarre avec « Go Away » d’April Rain suivi du très entraînant « Get The Devil Out Of Me » de l’opus We are Others qui se taillera la part belle de la setlist de ce soir, The Human Contradiction n’étant représenté que par deux titres. Mais peut-être est-ce là une stratégie face à un public essentiellement fan de Within Temptation qu’il ne faut pas trop secouer avec les titres d’un nouvel album très récemment sorti (le 4 avril) ? Sans doute, pour une majeure partie de l’audience en tout cas (à Lyon, la salle ne sera définitivement comble que pour Sharon et ses comparses). Il sera toujours temps de promouvoir le dernier album face à ses fans lors d’éventuelles prochaines dates en tête d’affiche.

D’ici là, le groupe assure son job de chauffeur de salle haut la main… Belle présence, bonne voix, son correct (lightshow timide toutefois), communication avec le public qui répond présent, tous les ingrédients sont là pour une bonne entame de soirée. Or Delain, malgré son talent certain, manque d’un peu de peps en live et le show lyonnais traînera un peu la patte passé un « Stardust » ultra efficace sur disque mais légèrement plus fade sur scène. Cependant c’est avec une certaine logique que le groupe reçoit une belle ovation avant le dernier titre, « We Are The others », issu de l’album du même nom, que le public soutiendra par ses applaudissements. A la toute fin du concert, Charlotte filme le public et les membres du groupe. Bonne prestation qui a mis la salle dans d’excellentes dispositions.

SetList Delain :

Go Away
Get The Devil Out Of Me
Army Of Dolls
Stardust
Electricity
SleepWalkers Dream
The Gathering
Not Enough
We Are The Others

Jolie pyrotechnie pour Within à Paris.

Un rideau flanqué des têtes de l’hydre de la pochette du dernier album de Within Temptation tombe, masquant la scène. Derrière, ombres chinoises, les techniciens s’affairent pour préparer la suite qui démarrera avec « Let Us Burn » et force de pyrotechnie qui sera malheureusement absente du set lyonnais. Belle entrée en matière en tout cas, captivant immédiatement le public qui découvre une scène assez conséquente. Au fond, deux têtes d’hydre se faisant face et qui encadrent un écran sur lequel seront projetées différentes images tout au long du spectacle. Le clavier et la batterie sont répartis à mi-hauteur, de part et d’autre d’un escalier central. Petite touche industrielle dans ce décor conséquent et qui nécessite bel et bien l’ensemble des scènes.

Le groupe continue avec un autre titre – et pas des moindres – de l’album Hydra, le duo avec Tarja. Une question se posait quant à la manière de restituer les nombreux duos présents sur la dernière production des bataves. L’apparition de Tarja à l’écran, comme sur un clip, pour interpréter le morceau avec Sharon apporte un élément de réponse. L’effet est plutôt réussi. D’autant plus que ne sont (logiquement) retenus que les plans où apparaissent l’ex-Nightwish. « Faster » et « Iron » explorent The Unforgiving et « Edge Of The World » apportent un moment (relativement) plus calme suivi du plus musclé « In The Middle Of The Night » qui maintient l’ambiance au plus haut. Le titre est joliment mis en lumière et accompagné de la pyrotechnie qui refait son apparition. L’entame de set en impose !

Sharon et son groupe en impose !

A propos de lumière et de flammes, ce soir les Hollandais ont sorti une grosse production. Écran, têtes de dragons, flammes mais aussi mise en lumière des morceaux riche et très réussie. Within Temptation n’a rien laissé au hasard pour offrir le meilleur à ses fans. Et le résultat est vraiment convaincant. Du haut des gradins de la Halle, outre la somptueuse voix d’une Sharon qui n’en loupe pas une, le show est également visuel. Chaque projecteur est minutieusement millimétré et déclenché à l’instant ‘T’.

L’écran montre maintenant un vieil homme et un pendule. Le public applaudit « Jillian » qui démarre et qui voit Sharon apparaître en haut de la scène, vêtue de deux longs gants noirs à frange. Les paroles du titre sont affichées et de gros projecteurs blancs, placés en fond de scène, soutiennent le morceau plutôt puissant. Quand nous vous disions que les Hollandais avaient soigné leur mise en scène, « Jillian » en est une belle illustration. Pour Lyon, pas de « Jillian » mais un « Our Solemn Hour » qui verra un public s’égosiller sur ce titre au refrain pour le moins efficace ! Première vraie incartade dans le passé du groupe pour le plus grand plaisir des plus anciens et anciennes fans du combo.

Ruud et Stefan investissent ensemble l’avancée de scène, espace que Joeren n’utilisera quasiment jamais. Très discret, le bassiste restera dans l’ombre, en retrait, fuyant presque la lumière des projecteurs. Sur cet aspect, le groupe présente une formation hétérogène avec Sharon en indiscutable figure de proue, les deux guitaristes présents mais en retrait, hormis quelques incursions sur l’avancée de scène, et le bassiste qui donne l’impression que la scène n’est pas son élément. En second rideau, le clavier et le batteur aux positions ingrates du fond de scène. Une plus grande cohésion renforcerait assurément l’impact du groupe.

« Angels » continue la soirée avec son introduction au piano saluée par le public, introduction sur laquelle se rajoute bientôt la voix de cristal de Sharon. Sacrée chanteuse qui garde même en concert une voix remarquable. Et qui est aussi une excellente frontwoman sur laquelle repose l’essentielle de l’animation scénique. « Angels », titre puissant, bien mis en lumière – on se répète mais c’est vraiment agréable à voir ! – rencontre un beau succès dans le public qui manifeste son enthousiasme en tapant des pieds jusque dans les gradins. La musique se fait plus lourde et le chanteur Howard Jones (Devil You Know) apparaît à l’écran pour un nouveau duo qui voit Sharon déployer une vraie énergie de meneuse.

Within Temptation sur scène manque de cohésion.

Puis le piano calme un instant les esprits sur l’introduction du prochain morceau, soutenu par le public, et qui voit un autre invité arriver par écran interposé. Il s’agit de Xbizit qui accompagne Sharon sur « An We Run » (diable, que sont efficaces ces deux nouveaux titres au caractère pourtant si pop !). Ce système avec les invités qui apparaissent sur l’écran fonctionne techniquement très bien, montre un déploiement de moyens et une préparation conséquents pour offrir un show grandiose qui s’étend au-delà de la simple musique. Plus qu’un concert c’est un véritable spectacle offert au public, aussi bien parisien que lyonnais. Toutefois, il nécessite une synchronisation forte, les images devant forcément être calées. Et à ce moment du concert, il est légitime de se demander si un peu moins de duo par écran ne permettrait pas au concert de gagner en spontanéité et en humanité. La qualité des morceaux est là évidemment mais la précision des enchaînements est peut-être trop chirurgicale. Néanmoins le public, juge ultime, montre avec ses applaudissements nourris qu’il apprécie ce qu’il voit et ce qu’il entend alors ne boudons pas non plus notre plaisir en ergotant sur quelques détails.

Et justement, à propos d’humanité, Sharon s’adresse enfin au public dans un long discours, rappelant que lorsqu’ils écrivaient le prochain morceau, dix ans auparavant, le monde était en mouvement, le Moyen-Orient secoué par une guerre (Sharon fait référence aux événements qui ont secoué l’Irak en 2003 quand le pays a été attaqué par une coalition menée par les Américains à la recherche d’armes de destruction massive). Elle explique l’importance d’essayer de se comprendre les uns les autres, qu’aujourd’hui le monde est toujours en ébullition avec une Europe elle-même secouée. Elle évoquera même la condition des homosexuels pour conclure qu’il est important de maintenir le dialogue, de trouver des solutions. Dialogue humaniste en préambule d’un « Stand My Ground » qui arrive avec toute sa puissance symphonique, spontanément applaudit par les spectateurs venus en nombre ce soir : le Zénith est complet. La Halle aussi.

Et là demeure la vraie surprise d’ailleurs : première Halle pour le groupe, premier carton plein. Respect. La chanteuse motive ses fans, les invite à chanter et le morceau rencontre un beau succès auprès du public qui démarre une ovation, tuée dans l’œuf par le spectacle qui continue tambour battant. Trop millimétré pour saisir l’occasion de laisser les fans exploser ? A être trop préparé sur le volet timing, le groupe ne loupe-t-il pas quelque chose avec son public ? Cet échange qui fait le sel des concerts ? C’est mal connaître les Hollandais qui ne comptent pas vraiment ignorer leurs fans. Après une succession de titres un peu moins forts que le reste (« See Who I Am », « The Cross »), Sharon se fait servir un verre de vin sur scène. La ferveur nationale du public est immédiatement piquée et les fans saluent ce symbole de notre beau pays. La chanteuse s’offre une pause et prend le temps de parler au public. Des vingt ans du groupe sur la route. Que rien n’est venu tout seul, qu’elle est heureuse d’être au Zénith, qu’elle remercie le public pour son soutien. Elle plaisante, on la sent vraiment épanouie. Elle termine en souhaitant aux fans de réaliser les rêves qu’ils poursuivent. Joli discours assurément prouvant que le groupe ne néglige pas la dimension humaine de leur concert.

Bon concert de Within !

La musique revient avec le très efficace « Covered By Roses » avant que « Mother Earth », le premier hymne des Hollandais, ne pousse le public à chanter à gorges déployées. Titre splendide que la pyrotechnie renforce visuellement. Sur l’écran, la roue zodiacale rappelle la pochette de l’album. Il est 22h05, le groupe quitte la scène et le public manifeste bruyamment, martelant du pied les gradins de la salle parisienne. Les fans ne comptent clairement pas s’en aller. Il faut dire que la prestation de Within a de quoi séduire, tout comme le charme et le charisme de Sharon.

Le groupe revient sur scène – évidemment ! – et l’introduction de « What Have You Done » est largement saluée par le public. Nouveau duo, nouvel invité sur l’écran puisque Keith Caputo (Life Of Agony) accompagne Sharon sur ce titre. L’étonnante et réussie reprise du « Summertime Sadness » de Lana Del Ray donne un air festif aux rappels avant que le groupe ne joue un « Sinead » en acoustique. Pourquoi pas, cela repose les esprits et les oreilles même s’il ne s’agit pas là du titre le plus intense de la soirée. Dans tous les cas, le public apprécie tout comme il apprécie l’arrivée de l’autre hymne de Within Temptation, « Ice Queen », qui termine une belle heure quarante-cinq de show donné par un groupe en pleine possession de ses moyens, exécutant de bien belle manière des morceaux efficaces face à un public conquis.

Les adieux sont émouvants, on sent quelque chose. Groupe et public n’ont clairement pas envie de se quitter. Le groupe immortalise cette date par une photo souvenir (a noter que Sharon aura réussi à faire hurler le mot ‘fromage’ au public lyonnais à la fin du concert. Délire de rock star certainement !) et déjà les premiers spectateurs quittent la salle, pensant à tort que la fête est finie. Or, personne n’a envie de partir et les Hollandais ont la bonne idée d’improviser un petit quelque chose, un bonus en quelque sorte, avec l’exécution acoustique de « The Whole World Is Watching ». Ruud est à la guitare, Sharon au chant et les autres musiciens assis sur les marches, une bière à la main. Le public est aux anges. Et pour que la fête soit complète, Robert rejoint la troupe et s’installe lui aussi sur les escaliers.

En conclusion, nous ne pouvons que saluer Within Temptation pour ce spectacle entier qu’ils ont offert, mené par une Sharon en grande forme, splendide, qui assume totalement son rôle de meneuse. Générosité et sincérité sont donc les deux mots clés pour traduire ce show qui aura du laisser de bien belles images dans la tête des fans.

SetList Within Temptation :

Let Us Burn
Paradise (What About Us?)
Faster
Iron
Edge Of The World
In The Middle Of The Night
Jillian (I’d Give My Heart) (Paris) / Our Solmen Hour (Lyon)
Angels
Dangerous
And We Run
See Who I Am
Stand My Ground
The Cross
Covered By Roses
Mother Earth

Rappels :

What Have You Done
Summertime Sadness (Reprise de Lana Del Rey)
Sinéad (Version acoustique)
Ice Queen
Whole World Is Watching

Photos : Lost.



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  • Helltime dit :

    Il me semble bien que « Whole World Is Watching » n’a pas été interprêté à la date de Lyon.

    [Reply]

    Cowboy

    Oui, il n’a été joué en rappel improvisé qu’à Paris ! Petit présent spécialement pour nous. 🙂

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