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Metalanalyse   

Within Temptation : les deux têtes d’un même corps


Le parti-pris artistique de Within Temptation, depuis The Unforgiving en 2011, qui tend à évoluer aux frontières de la pop était pour les Hollandais une véritable source d’inspiration. Un terreau fertile où le groupe pouvait assumer son visage le plus efficace et accessible qui depuis toujours fait partie intégrante de ses gênes. Alors, bien qu’une partie des fans du groupe se soient retrouvés pris de court face à ce virage jugé brusque bien que logique (et déjà entamé en 2007 sur The Heart Of Everything), Within Temptation n’a depuis lors jamais plus caché ce qui semblait être son ambition.

Preuve en est en avril dernier encore avec son The Q-Music Sessions, album compilant les nombreuses reprises d’artistes « grand public » que le groupe a réalisé à l’automne 2012 pour la station de radio belge Q-Music. Le groupe y confirmait ses choix et désirs artistiques en y reprenant, notamment, du David Guetta, artiste éminemment pop et radiophonique. Toutefois, on ne se défait pas de son passé aussi simplement – si tant est qu’ils aient véritablement voulu s’en défaire. Et si la formation depuis deux bonnes années a entrepris de confirmer et jouer de son statut de pop star néerlandaise, elle parle encore majoritairement au public metal. C’est dans cet entre-deux que naît Hydra, le nouvel opus studio du combo.

Fallait-il enfoncer le clou en poussant la démarche développée sur The Unforgiving ou bien fallait-il rassurer les fans plus anciens en montrant que Within Temptation reste indéniablement le même groupe ? De toute évidence le groupe a, dans un premier temps, déployé ses arguments les plus aguicheurs en dévoilant ce duo historique et symbolique entre Sharon Den Adel et Tarja Turunen, l’ex-voix de Nightwish, sur « Paradise (What About Us?) ». Puis, dans un second mouvement, en présentant cet autre duo avec Howard Jones, l’ex-chanteur de Killswitch Engage. Agrémentés d’un clip chacun, Within Temptation a entamé la promotion de cet opus à grand coup d’armes commerciales : du clip et des duo vendeurs rien qu’à leur seule évocation. Dans les deux cas, les titres sont certes simples dans leur structures (le groupe n’a de toute façon jamais été adepte de grandes complexités) mais misent sur l’impact à l’aide d’une production léchée qui met en avant du riff basique mais efficace, des mélodies immédiates et même, sur « What About Us? », un solo – fait suffisamment rare dans le répertoire du combo pour être souligné (même si « Faster » était lui aussi ponctué d’une petite ligne soliste).

Mais au-delà du caractère « grand public » bien présent sur Hydra, cet album revient bien à certaines vieilles racines : du « Edge Of The World » féerique au plus metal et « complexe » « Tell Me Why », en passant par « Silver Moonlight » sur lequel se retrouve à nouveau du chant grunté (rappelant ainsi la période Enter du groupe) et un « And We Run » qui pour sa part couple de manière surprenante (pour ne pas dire un peu forcée) élans symphoniques voluptueux renvoyant à l’époque The Silent Force au flow agressif du rappeur Xzibit. Within Temptation démontre qu’il n’a rien perdu de son attrait « symphonique », sacralisé en ce « Paradise (What About Us?) » mentionné plus haut, regroupant deux des voix du metal symphonique les plus respectées et connues.

Avec cet opus, Within Temptation met ainsi en avant ses deux visages, celui à la fois plus metal, sombre et symphonique, et puis celui plus séducteur (les mauvaises langues préférerons le terme « racoleur ») et facile, avec ses collaborations (au nombre de quatre, dont trois en tête de tracklist) et les approches foncièrement pop rock de titres tels que « Covered By Roses » et « Dog Days », qui auraient tout deux sans difficulté pu figurer sur The Unforgiving, ou même le duo mielleux avec Dave Pirner sur un « The Whole World Is Watching » final, rappelant par moment le Bon Jovi d’aujourd’hui. Hydra est, en somme, une sorte de jonglerie entre un certain passé et le présent de la formation. Difficile néanmoins de parler d’évolution, encore moins de révolution, Within Temptation ne fait que centraliser les divers éléments qui ont fait ou font encore son répertoire. Une manière pour le groupe de relier les deux mondes auquel il appartient. Mais l’art du compromis n’est pas sans risque : Hydra sera sans doute encore beaucoup trop pop et léché pour les amoureux des premières heures et pourtant son manque de véritables hit radiophoniques et imparables à la « Faster », « Where Is The Edge » ou « Shot In The Dark » ne jouera pas en sa faveur auprès d’un plus large public.

Album Hydra, sortie le 31 janvier 2014 chez BMG



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  • Je suis vraiment déçu par ce qu’est devenu WT , ou est passer cette atmosphère mystique si particulière qui me transportais ailleur? après the heart of everithing excusez moi mais c’est devenu de la merde commerciale le group a mis les vrais fans de coté et c’est bien dommage.

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  • Twisted Brother dit :

    J’attends cet album avec grande impatience. Je les suis depuis le début et j’apprécie leur évolution. Ils ne m’ont jamais déçu que ce soit sur album ou en concert. Selon moi, le retour du chant « arch » n’était pas nécessaire (quant on dispose d’une vocaliste/frontwoman du calibre de Sharon 🙂 )mais je suis certain qu’il sera bien intégré.
    Le seul point qui m’inquiète un peu est la présence d’Xzibit… à juger sur pièce. Après tout, l’histoire a déjà prouvé qu’il pouvait y avoir des collaborations fructueuses entre rap et hard.

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  • Ca part en couille chez les groupes en tête d’affiche…ha le fric.

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