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Live Report   

WITHIN TEMPTATION : un peu de minauderie dans ce monde de brutes


Samedi 8 octobre 2011. Le Transbordeur est complet depuis des mois. Within Temptation n’aura même pas eu besoin de campagne promotionnelle pour remplir la salle. C’est dire si la popularité du groupe se suffit à elle-même. Dix ans plus tôt, la formation jouait à la même adresse, mais dans la petite salle du Transclub, face à quelques centaines de personnes tout au plus, sans les moyens scéniques d’aujourd’hui. Une ascension imparable due à une évolution musicale que les plus réfractaires qualifieront de « commerciale » et que les autres définiront comme un virage vers un style musical plus proche de la musique pop.

Le public visé n’est donc plus celui des groupes de metal symphonique ou à chanteuse, mais bien un grand public, venu de tous les horizons. Le choix a donc été fait de présenter une première partie, non pas d’un ersatz du style, mais d’un registre musical différent par souci d’éclectisme. Choix respectable.


Artistes : Within TemptationTriggerfinger
Date : 8 octobre 2011
Lieu : Lyon – Villeurbanne
Salle : Transbordeur

Triggerfinger, tout en élégance

Cette soirée démarre par une très grosse claque comme bien peu de premières parties peuvent en donner. Si Triggerfinger propose une musique très éloignée du metal symphonique, il est pourtant parvenu à convaincre sans aucune difficulté une audience complètement entraînée par son blues-rock énergique. Le trio a une telle prestance, un tel charisme et ses musiciens sont si talentueux que l’ovation finale ne pouvait être que méritée. Il est vrai que, lorsque l’on y réfléchit, on n’est pas élu groupe de l’année aux Victoires de la Musique belge par hasard…

Mario Goossens

On retiendra surtout de ce concert le sourire collé sur les lèvres des musiciens et l’élégance de Ruben Block, le fantasque chanteur/guitariste, dont on a l’impression qu’il est né sur scène tant son aisance à communiquer et à jouer avec le public est naturelle. Et puis, surtout, quelle voix ! Ruben Block est capable de monter dans les aigus tout en proposant sans difficultés, et dans la même composition, une voix grave et bluesy. Bref, le chanteur a une palette vocale vraiment impressionnante.

Triggerfinger, tout aussi énergique que chic

Par ailleurs, l’humour est également présent chez ce groupe francophone et ce ne sont pas les grimaces du batteur Mario Goossens lors de son solo qui nous contrediront ! Le batteur aura contribué, comme ses deux acolytes, à rendre ce show plein de joie de vivre, même si le bassiste Paul Van Bruystegem, l’homme aux lunettes de soleil, était le plus discret du trio. En tout cas, c’est un public conquis qui sortira de ce set avec un grand sourire.

Triggerfinger sur scène : un show aussi élégant qu’entraînant.

Sharon Den Adel, vocaliste irréprochable

Comme on pouvait s’en douter, le scénario du concept du dernier album de Within Temptation, The Unforgiving, a été intégré au show du groupe. Pour l’instant de manière très discrète, bien qu’on se doute qu’un spectacle plus travaillé, plus « scénarisé » sera probablement organisé en fin de tournée. Une vidéo projetée sur écran géant, posant le contexte et présentant le personnage principal de l’histoire, introduit le concert. Vidéo qui refera son apparition au milieu du set. A part ça, la setlist est en grande partie consacrée à ce nouvel album, dont on a presque cru qu’il serait joué en intégralité.

Stefan Helleblad, le guitariste live, remplaçant Robert Westerholt qui se consacre à sa famille

Parlons-en, justement, de cette setlist, tout bonnement imparable, volontairement axée sur les titres les plus immédiats de la formation. Exit les morceaux plus sombres ou plus épiques des premières heures, c’est un jubilatoire déluge de singles qui est offert aux 1500 personnes présentes au Transbordeur. Le répertoire n’en reste pas moins varié, quelques ballades viennent temporiser l’atmosphère. Le concert se clôture de la plus belle des manières, avec un « Stairway To The Skies » dont le final se répète à l’infini, tandis que Sharon présente un à un les musiciens ce qui distille une atmosphère de tomber de rideau réussie.

Non, nous ne céderons pas à la facilité et ne vous parlerons pas du physique ingrat de Sharon

Le décor comprend un écran géant couvrant la totalité de la largeur de la scène et derrière lequel les membres du groupe se cachent pour leur entrée sur scène, deux plate-formes avec escaliers au sommet desquels se trouvent le claviériste Martijn Spierenburg et le nouveau batteur Mike Coolen. C’est tout d’abord simplement la voix de Sharon qui se fait entendre sur l’introductif « Shot In The Dark » avant qu’elle n’apparaisse en pleine lumière devant l’écran, dominant la scène, comme si un rideau s’était ouvert sur elle. Ça fait toujours son petit effet. La prestation est irréprochable (si ce n’est l’horrible veste du guitariste live du groupe, Stefan Helleblad) en tous points : mise en place impeccable, musiciens dynamiques et bien mis en avant, aspect visuel parfaitement préparé. On ne pourrait même pas reprocher au groupe ce show préparé au millimètre près tant les sourires affichés par les différents musiciens sont ceux d’un groupe sincère, qui apprécie sa musique et le fait de l’interpréter.

« What have you done today, Lyon ? »

Ce qui prête à sourire au cours de cette soirée, c’est son côté propret. Par son évolution musicale, Within Temptation touche un public diversifié. Côté foule, les réactions sont sages et polies. On arrive à l’heure, on ne bouge pas de la salle (pas âme qui vive au bar du Transbordeur), on n’applaudit que lorsqu’un titre est terminé afin de ne pas gêner le groupe. Un public donc plutôt maniéré pour une ambiance posée, voire précieuse, qui a le mérite de nous changer.

Within Temptation, groupe établi qui a su garder sa sincérité

Setlist de Within Temptation :

Shot In The Dark
In The Middle Of The Night
Faster
Fire And Ice
Ice Queen
Iron
Our Solemn Hour
Stand My Ground
Sinéad
What Have You Done
The Howling
Angels
Memories

Rappels :

Intro
See Who I Am
Mother Earth

Seconds rappels :

Stairway To The Skies

Compte-rendus : Metal’O Phil (Within Temptation) et Doc’ (Triggerfinger)
Photos : Nicolas « Spaceman » Gricourt



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