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Chronique   

Wolfmother – New Crown


Wolfmother émerge à Sydney en 2004 ; il est soutenu par toute une plèbe de loubards en quête du nouveau AC/DC, qui relayent l’EP et diffusent le groupe en boucle dans les radios. Après une conquête (réussie) des festivals nationaux, la bande fonce à Los Angeles en 2005 pour enregistrer son premier album éponyme. C’est un franc succès. A ce moment-là de l’histoire, Wolfmother, avec son blaze, son look et son rock’n’roll couillu s’imposait comme un digne héritier des célèbres groupes de hard aux noms invraisemblables. Mais le line-up est un vrai casse-tête chinois : en 2008, le bassiste/claviériste Chris Ross et le batteur Myles Heskett abandonnent l’aventure car ils ne supportent plus le comportement du leader despotique, Andrew Stockdale. Le gus sort de son chapeau Ian Peres (basse/clavier), Dave Atkins (batterie) et Aidan Nemeth qui l’épaule à la guitare. Le quatuor publie un second effort fin 2009 intitulé Cosmic Egg. Dave Atkins disparaît alors et laisse la place à Will Rockwell-Scott qui s’en va aussi vite qu’il est arrivé, bientôt remplacé par Hamish Rosser. Vin Steele et Eliot Hammond (multi-instrumentiste de leur état) apparaissent ; Nemeth sort, Peres reste.

2013, après un split, le groupe redevient trio et prépare New Crown qui sort en mars 2014 uniquement disponible et écoutable par téléchargement sur internet. Stockdale y est entouré d’Ian Peres et de Vin Steele. C’est à n’y rien comprendre. Même ici, avec ce son moins léché qu’à l’accoutumée qui procure la désagréable impression d’écouter un groupe en répétition ; ce disque a-t-il été produit ? Aux manettes, Stockdale a bâclé l’affaire. Heureusement, le propos est emmené par une rythmique tellement torride qu’on a dû couper le détecteur de fumée. L’obole, ce sont des riffs découpés impayable quand les gredins agitent le spectre du Black Sabbath (« Tall Ships », « Heavy Weight », « New Crown »), célèbrent les dieux du hard rock sur une accalmie zeppelinienne (« I Don’t Know Why ») ou tutoient les Rolling Stones sur un »I Ain’t Got No » qui ramène au légendaire « (I Can’t Get No) Satisfaction », martelé façon desert rock.

C’est un récital des ornemanistes du nouveau psychédélisme : parties de claviers aériennes, solos tranchants, basses girondes, batterie funéraire, étayée par un meneur qui se réclame d’Ozzy au chant. Comme sur « My Tangerine Dream », fresque au flow hypnotique, à traduire littéralement par mon rêve mandarin ; est-ce une improbable référence au groupe de krautrock allemand – Tangerine Dream, donc – ? En tout cas, truffé de surprise avec cette chute exhumant un Johnny Cash sous acide. Les gaillards meublent le reste avec des rengaines garage-punk alléchante : mimiques stoogienne, balançant vers du stoner emplâtré dans une atmosphère engourdie.

Pour résumer, Wolfmother, potentiomètre à fond, abat la carte du vintage hard en provenance des seventies. Pari à moitié réussi, car, même si c’est un joyeux capharnaüm, l’ensemble manque de style et d’excentricité.

Ecouter l’album en intégralité :

Album New Crown, sortie le 23 mars 2014 en indépendant.



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