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Live Report   

Wolves In The Throne Room est pardonné


Après une première virée en Europe en début d’année, les Américains de Wolves In The Throne Room sont de retour pour défendre leur nouvel album, Thrice Woven. Perçu comme un retour aux sources après un Celestite ambient qui a laissé pas mal de fans sur leur faim, le disque est celui d’un groupe en grande forme, ambitieux et en pleine possession de ses moyens. Pour ce Thrice Woven tour, ce sont les Français d’Aluk Todolo qui les accompagnent. Si la juxtaposition de ces deux groupes à de quoi surprendre, le rock instrumental et intense du trio offre un contrepoint intéressant au black volontiers épique de Wolves In The Throne Room. De quoi piquer la curiosité de ceux qui avaient déjà vu ces deux groupes dans cette même salle (l’013 de Tilbourg) au Roadburn il y a quelques mois comme les autres.

La foule est éparse en ce soir de semaine froid et pluvieux, mais malgré tout, on verra la salle se remplir peu à peu pour ces deux performances toutes en contrastes, soufflant le chaud et le froid, et proposant deux visions différentes du live.

Artistes : Wolves In The Throne RoomAluk Todolo
Date : 29 novembre 2017
Salle : O13
Ville : Tilbourg [Pays-Bas]

Aluk Todolo

Ce n’est pas la première fois que le trio parisien se produit sur la petite scène de l’013, loin de là : habitué des festivals locaux, le concert de ce soir va donc se produire en terrain relativement connu. Si l’affluence est loin de rivaliser avec celle du Roadburn, où le groupe avait rempli cette même salle à craquer, et si le public de Wolves In The Throne Room n’est peut-être pas aussi disposé à écouter ses expérimentations que celui des Finlandais d’Oranssi Pazuzu, par exemple, avec qui il avait tourné en début d’année, Aluk Todolo propose néanmoins du nouveau à tous ceux qui les auraient déjà vu récemment : ce sont des morceaux d’Occult Rock qu’il jouera ce soir, et pas de son dernier album, Voix, comme c’était le cas quelques mois plus tôt.

Avec son entrée en matière tonitruante à base de longues minutes de blastbeat, Occult Rock, tout en humeurs ambivalentes et en successions de passages extrêmement intenses et de mélopées plus atmosphériques, s’avère être le support idéal pour une performance psychédélique et méditative. Autour de l’ampoule habituelle qui oscille doucement sur le devant de la scène, les trois musiciens, plus encore qu’investis, semblent habités – yeux révulsés, regards absorbés ou agitation frénétique –, en symbiose. Des motifs se répètent jusqu’à l’hypnose, des passages semblent s’étendre à l’infini, et l’intensité est parfois telle qu’on en a le souffle coupé. En live, la dimension ritualiste – boucles, rythmes entêtants, riffs accrocheurs – d’Occult Rock peut se déployer dans toute son ampleur, et le public, bien qu’épars, semble complètement pris dans ses pulsations. Lorsque le groupe quitte la scène après trois bons quarts d’heure et cinq titres, il laisse derrière lui une atmosphère pleine de révérence et comme électrisée.

Setlist :

Occult Rock I
Occult Rock II
Occult Rock IV
Occult Rock VII
Occult Rock VIII

Wolves In The Throne Room

Changement d’ambiance pour la tête d’affiche, Wolves In The Throne Room : entre les deux sets, on s’active sur scène pour mettre en place un décor le long des côtés de la scène et sur le micro du chanteur. Si la prestation du Roadburn s’était caractérisée par son dépouillement et ses jeux de lumière très riches, cette fois-ci, le groupe tend manifestement à une esthétique très « néo païenne » plus affirmée, à grand renfort de fumigènes et de fumigations de sauge. Ce sera cependant l’une des seules différences, la setlist étant quasiment la même qu’il y a quelques mois : après « Born From the Serpent’s Eye » du nouvel album, ce sont les mêmes titres qui s’enchaînent, piochant dans les classiques du groupe et faisant la part belle à Two Hunters. Une manière pour les Américains de revendiquer leur identité black metal après leurs incartades plus ambient ?

C’est en effet sur la dimension la plus rugueuse de leur musique que les frères Weaver et leurs comparses mettent l’accent : dès que s’achève l’introduction un peu folk du premier titre, les chevelures s’agitent, un troisième guitariste donne du muscle aux riffs, et sans la présence d’Anna Von Hausswolf, « Born From the Serpent’s Eye » est encore plus sombre et abrasif. Pour autant, le groupe ne sacrifie pas les longues plages plus atmosphériques qui émaillent ses titres, et la présence de Brittany McConnell (la batteuse-violoniste de Wolvserpent) au clavier aide à transposer en live les vastes paysages développés en studio, ainsi que la mélancolie d’un titre comme « Dea Artio ».

Malgré une setlist pensée pour les aficionados du groupe et une interprétation au poil servie par un son à la hauteur, on regrettera tout de même la distance du groupe, dont la prestation léchée semble parfois un peu froide et mécanique. Plus personne ne doute du fait que les Américains sont un groupe incontournable de l’histoire du black metal, et ils en semblent tout à fait conscient. Pour autant, le public le leur pardonne de bonne grâce, ébloui par ses titres épiques sur fond de lumières de soleil couchant. Achevant leur set sur un « I Will Lay Down My Bones Among The Rocks And Roots » grandiose, le groupe se retire ensuite rapidement, laissant le public satisfait à défaut d’avoir été bouleversé.

Setlist :

Born From The Serpent’s Eye
Dea Artio
Vastness And Sorrow
The Old Ones Are With Us
Prayer Of Transformation
I Will Lay Down My Bones Among The Rocks And Roots

Report : Chloé Perrin.
Photos : Matthis Van der meulen (Paris 2017).



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