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Chronique   

Wovenwar – Wovenwar


Wovenwar, nouveau groupe fondé par les anciens musiciens d’As I Lay Dying – défunt suite à l’incarcération du chanteur Tim Lambesis qui a écopé de six ans de prison ferme pour avoir engagé un tueur à gage contre sa femme – en compagnie du chanteur Shane Blay (Oh, Sleeper). Autant le dire tout de suite, la musique de cette nouvelle formation se démarque nettement d’As I Lay Dying. Étonnant comme l’absence d’un seul homme, d’un hurleur/chanteur, peut à ce point changer l’identité d’un ensemble de musiciens. A moins qu’ils aient délibérément souhaité prendre leurs distances avec leur ancien groupe, et donc leur ancien frontman et ainsi dissocier leur musique du caractère violent de l’acte envisagé qui a fait condamner ce dernier. C’est peut-être tomber dans des théories farfelues que d’avancer ceci, mais c’est ce que le net recul de l’agressivité dans la musique des quatre musiciens pourrait laisser entendre. Peut-être était-ce, après tout, simplement une occasion de passer et s’essayer à autre chose. Et peut-être aussi que le metalcore, tel qu’As Lay Dying le pratiquait, commençait à s’user et être passé de mode…

Car il faut bien reconnaître que Wovenwar, en abandonnant le chant agressif et les riffs les plus virulents, emboîte le pas de la tendance actuelle des groupes de metalcore à vouloir sonner plus mélodique, plus heavy rock – avec quelques passages qui pourront faire penser à ce que Stoner Sour a produit de plus doux – voire plus pop (Bring Me The Horizon, Bullet For My Valentine). Un album donc très tendance dans ses contours. La voix de Shane Blay est bien loin des vociférations de Lambesis : lisse, sucrée, enveloppée dans des surcouches de chœurs (« Tempest »), elle attrape immédiatement l’auditeur et le caresse dans le sens du poil. Seules quelques rares poussées vocales saturées (« The Mason », « Archers ») renvoient une connexion avec le passé des musiciens. Certains riffs heavy ou rapides également, mais toujours adoucis par une couche mélodique dominante. Les ex-As I Lay Dying semblent en fait s’être focalisés sur ce qu’ils ont fait de plus accrocheur par le passé pour développer cette part de leur expression et en faire un album complet et plutôt chiadé – les Américains maîtrisent assurément leur propos, leur technique et leurs arrangements.

Il devient très vite évident que Wovenwar cultive là un terreau idéal pour y faire pousser des hits. Et des hits il y a avec des chansons comme « All Rise » qui s’enchaîne à l’intro d’album « Foreword » ambiancée et prenante, « Moving Up » (LE hit de l’album), « Profane » ou « Prophets » et son amorce délicate. Seulement, tout cela se perd malheureusement un peu dans une marée homogène. D’autant plus que l’album est long, très long avec ses pas moins de quinze pistes, dont certaines, on le devine aisément, que le groupe aurait pu se dispenser pour faire de ce premier opus un album plus concentré et consistant. C’est en tout cas tout à l’honneur des musiciens de prendre le « risque » de se démarquer de leur ancienne formation. Enfin, le risque est mesuré, car Wovenwar a véritablement tous les ingrédients du succès commercial à sa disposition.

Les titres « The Mason » et « All Rise » en écoute :

Album Wovenwar, sortie le 5 août 2014 chez Metal Blade Records.



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