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Chronique    Live Report   

X Japan : le retour sur scène par le cinéma


Ce fut une grosse soirée pour l’UGC les Halles. Avant-première du dernier Marvel, avant-première avec l’équipe d’Au Revoir Là-Haut, le film français événement des derniers mois, et pourtant, la plus grande salle du plus grand cinéma d’Europe était réservée à un événement encore plus grand : l’avant-première du documentaire We Are X, qui sort dans les salles le 6 décembre. Relatant les aventures du groupe X Japan à travers les années, les fans de la formation japonaise se sont précipités sur les places. Et pour cause : Yoshiki était présent ce soir. Le batteur au parcours unique, également pianiste, co-fondateur et compositeur principal du groupe, a fait le déplacement en Europe pour promouvoir ce film qui touchera le public dans son cœur de fan.

Mais au-delà de la présence d’une star comme Yoshiki, que nous raconte le film ? Ayant comme fil rouge la préparation du concert du groupe au Madison Square Garden de New York en 2014, le documentaire nous relate le parcours du groupe, mais surtout les drames qui auront touché la formation et la santé de Yoshiki au fil des années.

On retrouve souvent pendant la séance cette impression de déjà-vu avec les images d’archives des Beatles et cette histoire limite clichée d’un groupe de rock. Et pourtant, bien que surréaliste, on est obligé de constater la vérité. Si le groupe ne donne que peu de nouvelles dernièrement, il est loin d’avoir été oublié des fans et comprend encore une communauté solide et active. On va d’ailleurs devoir se préparer à entendre des nouvelles du groupe prochainement.

Suicides de fans, morts des membres du groupe, concerts, maladie, célébrité : voilà les mots qui rythment la vie de Yoshiki et X Japan depuis le début des années 90. Car si le film marquera autant les fans, ce sont avant tout pour les passages mentionnant les morts de Hide et Taiji Sawada avec les énormes répercussions qui s’en sont suivi au Japon. De tristes nouvelles relayées aux infos qui ont provoqué des vagues de suicides, de larmes et même des émeutes devant les hôpitaux. Mais le film reste une initiative de Yoshiki donc une grande partie du documentaire se concentre sur lui, à travers une interview et plusieurs passages chez son médecin.

Car oui, ce qui force le respect avec le personnage, c’est que malgré une enfance marquée par de graves problèmes d’asthme – encore aujourd’hui, ses difficultés respiratoire l’obligent à avoir une bouteille d’oxygène à portée lors des concerts -, il a tout de même choisi la carrière de batteur. Multi-instrumentiste et sans cesse productif : difficile de ne pas être attendri par ce portrait de la grande âme derrière X Japan. Au cours du film, le parcours des musiciens est agrémenté par les différentes rencontres avec Stan Lee et David Lynch, sans oublier les moments de préparation du concert au Madison Square Garden qui offrent un vent frais dans ce film plein de drames.

Ce documentaire We Are X (produit par la même équipe qui nous avait offert le documentaire Sugar Man), frappe fort dans le cœur des fans. Un moment d’émotion intense pour les amateurs du groupe comme pour ses fanatiques. Mais est-ce que ce film peut plaire aux inconnus du groupe ? La question est posée. En tout cas, le film parle de la musique de manière passionnée en évoquant, avec beaucoup de réalisme, le parcours tragique d’une bande d’amis voulant faire de la musique et devenir célèbres. Après la séance de cinéma, sous les applaudissements des spectateurs et de la foule qui crie « We are X ! », Yoshiki arrive enfin dans la salle pour une rencontre avec le public. Une opportunité pour les chanceux présents dans la salle de participer à une séance de question/réponse que nous avons retranscrit pour vous.

Responsable UGC : Je sais que vous avez décidé de terminer votre tournée par Paris. Qu’est-ce que cette ville a de si important pour vous ?

Yoshiki : Venir à Paris c’était très important pour moi, car j’adore cette ville. Mais pour je ne sais quelle raison, à chaque fois que je viens à Paris, j’annule la date juste avant. En juillet je devais aller à Los Angeles, mais je suis tombé malade, donc j’ai annulé et je suis quand même venu à Paris. Et il y a quelques jours, je devais aller en Islande et j’ai fait un malaise. Donc j’ai été contraint de rentrer. Mais je suis tout de même ici à Paris.

(On passe aux questions du public) Je voulais savoir ce qui s’était vraiment passé avec Taiji…

[Cri d’effroi dans la salle et de moquerie] Moi aussi j’aimerais bien le savoir. C’est quelque chose que je vais emporter dans ma tombe.

Bonsoir Yoshiki. Cela fait trente ans que je suis passionné de hard rock et vingt ans que j’aime ta musique et principalement les premiers albums. Vanishing Vision, Blue Blood et Jealousy font partie des meilleurs choses que j’ai jamais entendu. Je voudrais que tu nous racontes ce que c’était vraiment de vivre et de composer avec Hide et Taiji. Et comment leur départ tour à tour ont fait évoluer la musique ?

Travailler avec Hide, Taiji, Toshi et les autres, m’a beaucoup influencé. Car en plus d’être des musiciens hors pairs ce sont des personnes extraordinaires, très charismatiques et j’ai eu beaucoup de chance de les connaître.

Vous avez eu une vie très compliquée, très remplie, et le documentaire a essayé de reprendre un peu votre vie, mais il manque certaines parties importantes. Comme lorsque l’on voit David Lynch, qui avait fait un clip qui n’est jamais sorti. Vous avez aussi collaboré avec le batteur de Queen. Pourquoi ces passages n’ont pas été mentionné dans le documentaire ?

Très bonne question. Parce que ce documentaire était si difficile pour moi à faire que j’ai eu beaucoup de peine à regarder en arrière. C’est pourquoi je ne me suis pas engagé dans la création artistique. J’ai laissé tout le contrôle au réalisateur et au producteur. Donc ça a été leur choix de ne pas mettre le batteur de Queen dedans, ou de ne pas insister plus sur David Lynch. On le voit sur la plage quand je suis nu. Je suis d’ailleurs content que le film n’ait pas été classé X [rires dans la salle].

Vous a-t-on contacté pour faire la musique d’ouverture des prochains Jeux Olympiques ?

Vous verrez bien, je ne peux pas en parler là… Il reste quelques mille jours avant 2020, donc si je suis encore en vie on verra.

Votre musique a bercé toute mon adolescence, la question que je pose est : pourquoi avoir fait ce documentaire si c’était si difficile ?

Ça a été extrêmement douloureux. Mais en fait, il y a dix ans, mon agent américain est venu me voir pour cela. Et je lui ai dit non, car c’était même trop douloureux rien que d’y penser… Et finalement les gens autour de moi m’ont dit qu’il fallait que je raconte l’histoire de X Japan, que ça pouvait influencer positivement les gens et les inciter à avancer dans leur vie. Donc même si cela a été douloureux pour moi à faire, beaucoup de gens sont venus me voir et me dire que grâce à ce film ils ont décidé de ne pas se suicider.

Est-ce qu’un jour tu aurais aimé jouer dans un film ou faire du doublage de voix ?

Je ne sais pas, je ne suis pas un très bon acteur. Je ne sais pas vraiment jouer, je préfère continuer à être musicien.

Je pense que tout le monde ici aime X Japan, et vous avez dit que vous aimez particulièrement Paris. Est-ce qu’il y a une chance de vous voir prochainement ici pour un concert ou une tournée ?

On est en train de finir d’enregistrer notre nouvel album mais je sais que j’ai déjà dit ça il y a un an. Mais cette fois c’est vraiment en train d’arriver. C’est le premier album depuis près de vingt ans et il sera disponible au printemps prochain. Il sortira en même temps partout dans le monde. Et comme on sort un nouvel album, on est en train de programmer une tournée mondiale. Mais il y a cinq mois j’ai subi une opération très lourde des cervicales, qu’on a remplacé par un disque artificiel. Et suite à cette opération je n’ai pas pu marcher pendant assez longtemps, ça m’a vraiment pris du temps pour me remettre debout. Donc aujourd’hui je ne peux plus jouer de batterie, mais quoi qu’il en soit je vais trouver un moyen de remonter sur scène et de jouer aussi fort que je peux.

Vous dites dans le documentaire que la musique vous à aidé à avancer, surtout après la mort de personnes qui vous étaient chères. Est-ce que ça a toujours été le cas ? Est-ce que vous vous servez de la musique pour affronter les difficultés ou est-ce que vous la faite pour le plaisir de faire de la musique et l’art en général ?

Je ne sais pas… Je peux vous dire que j’ai toujours été entouré par la musique et que je compose des morceaux tous les jours, sans savoir si je suis heureux ou triste, je continue juste de composer. Et je compose sans instrument, avec un papier et un crayon sur ma partition. J’écris de la musique partout, que ce soit pour affronter la tristesse, la joie, la colère peu importe. Beaucoup de gens m’ont reproché de ne pas avoir sorti d’albums dans les vingt dernières années, mais c’est parce que je suis très difficile, très exigeant. Mais quand je vais mourir, vous verrez qu’il y aura des milliers de morceaux de sortis.

Ce qui m’a toujours fasciné chez X Japan, ce sont vos performances live. En prenant par exemple The Last Live pendant la performance de « Endless Rain », la foule en délire qui reprend vos morceaux sans même que vous jouiez. En tant que star, qu’est-ce que ça vous fait ? Est-ce que vous ressentez un accomplissement depuis vos débuts ?

Tout d’abord, quand on joue « Endless Rain », et que le public chante avec nous, ça me fait toujours pleurer. Mais ce sont des pleurs très agréables, car ça créé cette impression de faire un spectacle avec mon public. Est-ce que je ressens un accomplissement de quelque chose ? Pas encore. Je suis ici devant des spectateurs tellement géniaux, je me rends compte que j’ai été aussi entouré par des membres du groupe qui étaient des personnes extraordinaires, encore aujourd’hui. Mais Hide et Taiji, leur rêve c’était de voyager. Alors tant que je suis là, c’est ce que je fais. J’ai l’impression de conserver leur souvenir. Et je veux pousser X Japan à aller vers la prochaine étape, c’est-à-dire propulser ce qu’aurait voulu Hide et Taiji.

Dans le documentaire vous parlez beaucoup de souffrance et de la manière dont vous avez réussi à surmonter votre souffrance. J’aimerais savoir si vous étiez un homme et un artiste heureux ?

Physiquement, je traverse beaucoup de souffrance, car je viens d’avoir l’opération dont j’ai déjà parlé. Mentalement, j’ai toujours une douleur en moi, mais être ici avec vous, mes fans, ça me rend le plus heureux des hommes.

Par rapport à Toshi, est-ce que votre relation quand vous vous êtes retrouvés fut la même que lorsque vous étiez jeunes ?

C’est presque comme si on était revenus dans les anciens jours, quand on était au lycée. Alors si X Japan s’est séparé fut un temps c’est parce que Toshi s’était fait laver le cerveau et il y a eu la mort désastreuse de Hide. Mais avant toutes ces épreuves, je n’avais aucune idée que j’étais entouré de personnes si extraordinaires. En fait, je prenais tout pour acquis. Et après ces tragédies je me suis rendu compte que rien n’était acquis et que tout ce qu’il se passait était pleinement miraculeux. Donc tous les moments qu’on passe aujourd’hui avec Toshi et les autres membres du groupe, j’en suis infiniment reconnaissant. Alors bien sûr, c’est triste de ne pas se rendre compte de cela avant de telles épreuves. Mais aujourd’hui, je suis infiniment reconnaissant pour tout ce qui arrive.

Si vous aviez une chanson qui symbolisait quelque chose de spécial pour vous ? Pour moi ça serait « X » et « Endless Rain », mais vous, une dont vous êtes fier ou qui symbolise quelque chose de fort ?

Tous les morceaux représentent quelque chose pour moi ! Donc c’est difficile de trouver une favorite. Si j’avais un enfant, je ne pourrais pas dire lequel est mon préféré.

Yoshiki se lève à la fin des questions et crie de tous ces poumons, lui qui avait une voix si douce durant l’interview : « We Are ! » et le public lui répondant à la suite : « X ! ». Tout cela avant qu’une foule de fan accourt vers Yoshiki pour lui offrir des fleurs ou signer leurs albums.

Report : Matthis Van Der Meulen.



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  • Sergeï "Cercueil" Poète dit :

    The GazettE et X Japan sont des groupes de metal/Visual Kei assez sympa !! C’est ma grande sœur qui m’a fait découvrir le metal japonais et c’est génial !! Sa change un peu du metal américain et européen qu’on a l’habitude d’écouter !! Jetez-vous sur The GazettE et X Japan !! Donnez-leur une chance !! Achetez leurs albums, et ils reviendrons enfin en France !!

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  • quetzal coatl dit :

    C’est qui ce groupe?! 😉

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  • Merci pour la retranscription des questions / réponses. Bonne journée.

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