ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Zakk Wylde (Black Label Society) : Habemus Papam !


Du côté de Black Label Society, les albums ne se succèdent pas aussi vite que les solos de son célèbre frontman qu’est Zakk Wylde ! Après Order Of The Black (2010) qui succédait à Shot To Hell (2006), il aura donc de nouveau fallu attendre quatre ans pour voir les Américains sortir leur nouvelle galette. Mais à l’écoute de Catacombs Of The Black Vatican, dont la sortie est prévue 7 avril et qui à coup sûr ne dépaysera pas les fans de Black Label Society, il est probable que cette attente sera vite oubliée. Dans l’entretien ci-dessous, Zakk Wylde reconnaît d’ailleurs « avoir été très occupé » par les nombreuses tournées auxquelles a participé Black Label Society et ne manque pas de revenir sur ces contraintes de temps parfois difficiles à gérer.

Détendu, simple et toujours très affable, Zakk Wylde répond également à nos perfides questions sur le lien qui l’unit à Ozzy Osbourne, sur ses solos en live parfois jugés longs et rébarbatifs par le public ou encore sur ses goûts musicaux. Mais le maître-mot de cette interview est sans aucun doute « famille » car tel est sa conception du groupe, son rapport aux fans, sa vision du rock’n’roll. Zakk Wylde, le rassembleur. Zakk Wylde, le sensible. Zakk Wylde, le loyal. Zakk Wylde, l’homme intègre. Zakk Wylde : pape du rock’n’roll ? Là aussi nous lui avons posé la question…

« Les paroles sont le Gospel et moi je suis le pape de la confusion, parce que personne ne sait vraiment ce qui se passe par ici ! (Rires) »

Black Label Society a sorti ces dernières années deux compilations plutôt orientées sur l’acoustique et sur son répertoire plus calme. Est-ce que derrière ta silhouette de gros dur tu serais en fait un grand sensible ?

Zakk Wylde (chant/guitare) : Je suppose que c’est simplement que j’aime ça ! Nous prenons un paquet de chansons heavy, nous les travaillons et en faisons des choses plus douces comme ce que nous avons fait avec Song Remains Not The Same, et pour moi ça a été très agréable à faire. Unblackened était un peu un truc à part et, évidemment, ça a été fait parce que nous avons eu l’opportunité de faire un DVD et proposer autre chose qu’un set live avec des chansons heavy que nous avions déjà fait, voilà d’où vient l’idée. Tu sais, la Black Label Berserkers Nation nous demandait constamment « quand est-ce que les gars vous allez faire des chansons plus douces ? » Nous nous disions que ces chansons calmes étaient de toute évidence peu connues et c’était une super opportunité pour les mettre en lumière. Et puis autant j’adore écouter Zeppelin jouer « Black Dog », autant j’adore également écouter « Going To California ». Je veux dire qu’en ce qui concerne les ballades, j’adore Elton John, j’adore Eagles, j’adore Neil Young, lorsque les Allman Brothers font des ballades, Skynyrd et Bob Seger. Lorsque j’ai envie de me relaxer, je mets simplement les Rolling Stones, lorsqu’ils font « Wild Horses » ou « Angie », des trucs dans le genre, ou les Beatles lorsqu’ils font « Long Winding Road » et « Yesterday ». Tout ça ce ne sont que des excellentes chansons. J’aime les ballades autant que j’aime faire les trucs plus heavy.

Quatre ans séparent Order Of The Black de son successeur. Est-ce que ne pas enchaîner les albums trop rapidement serait un bon moyen de générer de l’attente auprès des fans ?

Ouais, je suppose… Mais on dirait que c’est juste comme ça que ça a fonctionné ; parce qu’on a tellement tourné et j’apprécie ça. En fait c’est juste la manière dont nous fonctionnons désormais, nous avons travaillé pendant tout ce temps. C’est juste qu’entre les tournées nous avons fait Unblackened, nous avons aussi fait Song Remains Not The Same et ensuite nous avons ouvert pour Guns N’ Roses, pour Judas Priest, nous sommes partis sur les routes avec Megadeth pour le Gigantour et ensuite nous avons été tête d’affiche pour nos propres shows et avons fait les festivals et des trucs dans le genre ! Donc pendant ces quatre dernières années nous avons été très occupés.

Est-ce que le fait que vous tourniez autant signifie que tu préfères être sur scène que dans un studio ?

Non, j’aime les deux.

Le titre de l’album, Catacombs Of The Black Vatican, fait référence à ton propre studio baptisé le Black Vatican. Serais-tu donc le pape du rock’n’roll ?

Eh bien, tu sais, avec Black Label, les paroles sont le Gospel et moi je suis le pape de la confusion, parce que personne ne sait vraiment ce qui se passe par ici ! (Rires)

Je sais que tu es Catholique, que penses-tu donc du nouveau pape qui a été élu il n’y a pas si longtemps ?

Tous les papes sont de belles âmes, je veux dire, tu sais, ce sont juste de belles personnes, mec. De gentilles et belles personnes, c’est tout ce qu’ils sont. C’est le boulot d’un pape, si tu vois ce que je veux dire.

Et penses-tu qu’il aimerait ta musique ?

(Rires) Je ne sais pas ! J’espère ! (Rires)… Peut-être que le pape peut écouter ma musique en levant des haltères ou quelque chose comme ça !

« Le groupe rapproche les gens, donc c’est super. C’est comme la grande famille dysfonctionnelle de Black Label qui se regroupe ! (Rires) »

La musique sur Catacombs Of The Black Vatican sonne très naturelle et authentique, comme d’habitude avec Black Label Society. Quel était ton état d’esprit ?

En règle générale, la première chose que je fais le matin c’est prendre une guitare, travailler sur des gammes et me prendre quelques tasses de Valhalla Java (ndlr : la marque de café commercialisée par Black Label Society). Et ensuite je m’assois derrière un piano. Ou dans le tour bus, le Submarine (ndlr : le « sous-marin », c’est le nom que Black Label Society a donné à son tour bus), je vais m’asseoir le matin et prendre la guitare acoustique et écrire des trucs tranquilles. Pour cet album j’ai demandé à ma femme Barbara Ann « Quand est-ce que les autres gars vont débarquer ? » Elle a répondu « Ils seront là dans à peu près 25 jours ». J’étais donc là « Wow ! J’ai 25 jours pour écrire un album », et c’est comme ça que ça s’est fait.

Tu a été cité affirmant : « Si tu me demande la différence entre cet album et les huit ou neuf précédents ? Ce sont les titres des chansons. » D’un autre côté l’album est plutôt diversifié. Souhaitais-tu montrer que vous pouviez avoir un spectre musical large tout en restant fidèle à une certaine tradition ?

Ce n’est pas tant le fait de montrer que je peux le faire, j’aime simplement faire ça, j’aime juste ce que je joue. L’autre argument pourrait aussi bien être valable « juste contente-toi de ce que tu connais », mais, non, j’aime tout faire comme tu l’as dit et j’apprécie tout autant m’asseoir et jouer du piano et de la guitare acoustique que faire péter les watts et jouer des trucs heavy. Je pense qu’avec n’importe quel groupe, tu peux consciemment vouloir t’engager à faire quelque chose de totalement différent… Je veux dire, c’est cool mais ce que je voulais affirmer c’est que nous n’avons pas fait un album de jazz. Comme je l’ai dit, j’ai eu 25 jours pour écrire les chansons et je voulais davantage en faire un album de hard rock, tu sais, comme les albums précédents. Mais pour moi ce n’est qu’une question de riffs. Tout commence avec les riffs et, ensuite, les choses partent de là.

Dario Lorina, qui remplace désormais Nick Catanese, te ressemble un peu lorsque tu as commencé ta carrière et rejoint Ozzy. Te vois-tu un peu en lui ?

Non, pas vraiment. Avec Dario, je vois juste qu’il est un excellent guitariste. Il s’entraîne, il sait comment jouer et c’est un bon gamin, il a 24 ans maintenant. Il peut se déchirer à la guitare et c’est une bonne personne.

Tu as fais des apparitions dans pas mal d’album d’autres artistes, dans des concerts, dans des séries télévisées comme Californication, etc. Est-ce une manière de montrer que le rock’n’roll devrait simplement être une grande fraternité ?

Ouais, avec Black Label c’est comme ça. Je suppose que c’est comme être les Grateful Dead sous stéroïdes. Tu vois ce que je veux dire ? (Rires) Tu vois quelqu’un d’autre porter un truc estampillé Black Label, tu vas à la rencontre du gars pour faire connaissance et ensuite ça devient un terrain de rencontre pour traîner ensemble. Le groupe rapproche les gens donc c’est super. C’est comme la grande famille dysfonctionnelle de Black Label qui se regroupe ! (Rires)

Dirais-tu que le fait de ne plus faire partie du groupe d’Ozzy Osbourne t’as permis d’être entièrement reconnu en tant que toi-même, pour ainsi dire ?

Non, je veux dire que j’adore jouer avec Ozzy et j’adore l’avoir dans ma vie. C’est de là que je viens et ça fait partie de qui je suis, et je dois être fier de ça. Mais, je veux dire, tu sais… (il fait une pause) Non, je ne l’ai jamais vu ainsi.


A propos des longs solos de guitare : « Parce que j’aime faire ça et parce que les autres gars ont besoin d’aller aux toilettes ! (Rires) »

On entend souvent des gens se plaindre des longs solos de guitares que tu joues souvent au milieu de tes concerts. Je vais donc demander ça de leur part : pourquoi t’obstines-tu toujours à faire de si long solos dans tes concerts ?

Parce que j’aime faire ça et parce que les autres gars ont besoin d’aller aux toilettes ! (Rires)

(Rires) Ok, bonne réponse ! Tu rends toujours hommage aux vieux classiques comme Black Sabbath, Led Zeppelin ou Jimi Hendrix. Mais es-tu du genre à de cantonner au passé ou bien t’inspires-tu de nouveaux artistes également ?

Ouais, j’écoute de la nouvelle musique et, tu sais, s’il y a quelque chose que j’aime bien, je vais assurément m’y intéresser de plus près. Mais, tu vois, ces derniers temps j’étais surtout dans Robert Plant, c’était le dernier concert auquel j’ai été – ma femme et moi avons été voir Robert Plant et c’était excellent ! Mais non, si j’entends quelque chose de neuf, je vais l’écouter, j’écoute la radio et des trucs comme ça. Ouais, j’écoute de tout. Avenged Sevenfold, par exemple, sonne bien et ce sont tous de bons gars. Le fait qu’ils aient du succès c’est d’ailleurs super pour toute la communauté hard rock, si tu vois ce que je veux dire.

Tu va te lancer dans une tournée solo au Canada. Pourquoi faire une telle tournée à ce stade ?

Ouais, nous nous préparons à faire le Book Tour Of Doom. On se prépare à lancer ça en ce moment même. Nous avons fait une courte tournée sur la côte est et sur la côte ouest et ensuite je me suis dit « Mec, ce serait top si on pouvait aller jusqu’au Canada » et ensuite le reste de la famille Black Label m’a dit « Ouais mec, il faut que tu ailles au Canada avec ce Book Tour ». Donc, c’était juste avant que nous partions faire le Gigantour et nous avons passé un très bon moment avec ça. Après le Gigantour, nous avons enregistré le nouvel album, donc j’ai eu l’opportunité de le faire maintenant avant de devoir partir pour jouer les trucs heavy lorsque nous lancerons l’Armada en avril. Quand le nouvel album va sortir nous ferons la tournée du Revolver Golden Gods aux Etats Unis. Donc ce n’est qu’une question d’avoir le temps de le faire. J’adore travailler, mec, et j’adore jouer en acoustique aussi. Après nous allons passer du temps avec la famille Black Label canadienne, donc ce ne sont que des bons moments.

Penses-tu un jour sortir un autre album solo ?

On ne sait jamais. Lorsque je fais Black Label… En fait il n’y a rien que je ne puisse faire avec Black Label Society, y compris ce que j’ai fait avec Book Of Shadows. Si je veux faire des trucs calmes, je fais des trucs calmes et si je veux faire du heavy, nous faisons du heavy !

J’ai aussi entendu parler d’une tournée en hommage à Jimi Hendrix…

Ouais, nous allons faire la tournée Hendrix Experience et donc j’attends aussi ça avec impatience. Kenny Wayne Sheperd sera de la partie, Eric Gales et Eric Johnson seront là, juste tout un tas d’extrêmement talentueux guitaristes.

Est-ce que ces concerts seront enregistrés ?

Je suis sûr qu’ils le seront.

Pour finir, prévois-tu de venir en France bientôt ?

Ouais sans aucun doute ! Nous serons là avant que tu t’en rendes compte, mec ! Hey, rends-moi service ; dis simplement au reste de mes amis, de la famille Black Label là-bas de rester forts, de continuer à saigner noir et nous nous verrons dans quelques temps, mec.

Interview réalisée à Paris le 4 février 2014 par Spaceman.
Traduction : Spaceman
Retranscription : Judith.
Introduction : Amaury.

Album Catacombs Of The Black Vatican, sortie le 7 avril 2014 chez Mascot Label Group.



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Slipknot @ Lyon
    Slider
  • 1/3