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Live Report   

ZZ Top : Quarante ans et pas une ride !


En ce jour d’anniversaire historique – les anciens ou historiens se rappelleront l’appel de Charles de Gaulle en d’autres temps -, la capitale est soumise à une lourde météo. 30 degrés et humide. La moiteur écrase les habitants de la capitale. Aussi grasse qu’un bon vieux blues rock texan. Et justement, cela tombe bien, car ce soir nous accueillons Très Hombres barbus et sexagénaires dans un Zénith dans lequel couve une atmosphère de plomb. Les gars, la ventilation, vous connaissez ?

Passons et revenons à notre trio texan préféré : ZZ Top ! Leur premier album date de 1971. Ceux qui étaient nés, levez la main ! Quarante et quelques années qu’ils balancent leur boogie sudiste et bluesy pour notre plus grand plaisir. Et La Futura, dernier album sorti en 2012, plutôt agréable à écouter, montre que les Texans n’ont pas perdu la main.

En ouverture de cette soirée blues et moite, Jesus Volt, français œuvrant depuis une dizaine d’années dans un registre hard-rock blues seventies qui colle parfaitement au sujet. Vous ne connaissez pas ? Vous êtes excusés mais obligés de lire la suite pour vous faire pardonner. Alors, prenez votre meilleur Bourbon une tenue légère et entrez avec nous dans la fournaise de la Villette.

Artistes : ZZ TopJesus Volt
Date : 18 juin 2013
Salle : Zénith
Ville : Paris

Lord Tracy (Jesus Volt)

Les Français de Jesus Volt n’ont appris qu’au dernier moment qu’ils assuraient la première partie de ZZ Top. Quand ils montent sur scène à 20h00, ils ne donnent aucun signe de nervosité et envoient leur rock bluesy sans aucun complexe. Il faut dire qu’ils ont un certain nombre de concerts à leur crédit et que leur expérience leur permet d’assurer devant un Zénith encore moyennement rempli.

La prestation reste assez statique, dans l’introspectif, même si Lord Tracy, au chant, dégage quelque chose. Les morceaux les plus enlevés arriveront en seconde partie de prestation. Une répartition plus équilibrée aurait permis de dynamiser le début du concert. Le groupe retient néanmoins l‘attention du public qui applaudira la prestation. A juste titre, elle est musicalement de qualité, tout en toucher.

Les hommages à Billy Gibbons sont nombreux et une chanson, « Kilmister » est dédiée à Lemmy, chanteur-bassiste de Motörhead. Les Jesus Volt affichent fièrement leurs influences. Le groupe termine sa prestation sur le titre « Even Shadows » sur lequel Lord Tracy présentera les différents membres du combo. En quarante minutes, ils auront eu le temps de se présenter à un public qui a finalement adhéré à leur propos musical.

Dans l’intervalle qui sépare les deux prestations, le public donne de la voix. Aussi chaud que la température dans ce Zénith désormais rempli aux neuf dixièmes. La scène est épurée, sans retours sur le devant de la scène. Rien que deux micros avec les pieds chromés ainsi qu’un écran en fond de scène et deux plus petits à droite et à gauche devant la batterie. Certains fans des tous premiers rangs peuvent apercevoir les musiciens par une ouverture qui donne sur les coulisses et manifester ainsi leur enthousiasme de voir les stars de la soirée.

Le concert des Texans commence à 21h15 avec cette touche d’humour qu’on leur connaît bien. Un écran montre une image de type avertissement cinématographique indiquant que le spectacle qui va suivre est approuvé pour tous les publics et a été classé, « rated », non pas X ou quoi que ce soit mais ZZ évidemment ! Le spectacle s’appelle La Futura et figurent au casting, Billy Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard. Vous connaissez ?

ZZ Top : vous comptez combien de barbus sur cette photo ?

Frank, installé à la batterie dès l’introduction et que le public pouvait deviner dans l’ombre, est maintenant rejoint par ses deux acolytes barbus, en habits de lumière, chapeaux et lunettes de soleil de rigueur. « Got Me Under Pressure » ouvre le bal d’excellente manière et ramène tout le monde trente ans en arrière. Que dire des magnifiques « Waitin For The Bus » et « Jesus Just Left Chicago » qui suivent et nous ramènent cette fois carrément quarante ans en arrière ! « Gimme All Your Lovin » enchaîne pour un début de concert jouissif avec plein de pépites dedans ! Quatre titres, quatre standards, mine de rien.

Ce qui frappe en ces premières minutes est la qualité d’exécution. La voix est toujours là, le son est excellent, clair, pas trop fort. Probablement un des meilleurs entendus dans cette salle (voire dans d’autres salles de la capitale d’ailleurs) et qui permet d’entendre distinctement chacun des instruments. Une qualité qui sera présente tout au long de la prestation des trois Texans. Un plaisir total ! Le public apprécie et applaudit les solos comme sur « Cheap Sunglasses », titre dont il reprend spontanément le refrain.

L’habillage scénique est sobre mais, finalement, assez fun. Pas de lumières recherchées, tout passe par l’écran qui diffuse des images soutenant les titres comme par exemple sur « Jesus Left Chicago » ou sur « Cheap Sunglasses » – sur ce titre, l’écran présente une rosace très colorée avec des images de lunettes – ou des images live des musiciens provenant des caméras installées dans la fosse aux photographes.

Sur scène, la musique parle pour des musiciens qui n’en font pas trop – on n’attend pas non plus des barbus qu’ils headbanguent à tout va – mais qui gardent un indéniable charisme naturel et un petit air cabot. Ils rayonnent en fait.

Billy, salué quand il frotte sa guitare sur ses cuisses, s’adresse au public avant « Gotsa Get Paid », premier titre issu de leur dernier opus. « Are you having a good time ? » demande-t-il. La réponse est oui, assurément. Le titre est toujours soutenu par des images qui défilent sur le grand écran. Le chiffre 2 apparaît par ailleurs sur le petit écran de gauche tandis que celui de droite affiche un 5, en référence au 25 dont il est beaucoup question dans la chanson. Le titre est salué par le public à juste titre. Quelle guitare ! Quel son !

Billy expliquant à Dusty la différence entre une guitare et une basse : « Tu vois, moi, y’en a six… »

L’écran passe désormais des images de saut à l’élastique, de chute libre, de trapéziste en rapport avec le thème du deuxième titre issu de La Futura, « Flying High ». « We’re having a good time, now ! » s’exclame Billy avant d’entrainer le public en 1973 avec un « Precious And Grace » de toute beauté, ultra pesant, clairement dans l’ambiance de cette chaleur humide qui s’est abattue sur Paris. Ceux qui n’avaient pas tout suivi jusqu’à présent peuvent profiter de ce titre pour mesurer toute la classe du trio avec cette guitare affolante soutenue par une rythmique infaillible que l’on sent pouvoir tenir des heures sans faiblir. Impressionnant.

L’écran qui était curieusement éteint depuis au moins deux titres, laissant le fond de scène dans un drôle de gris foncé, sans vie, affiche désormais une magnifique photo noir et blanc de Jimi Hendrix comme le groupe entame « Foxy Lady », titre apprécié par le public connaisseur qui reprend en chœur le refrain de ce classique. Sur le solo de guitare, l’écran montre Billy à l’œuvre avant de revenir sur la photo du légendaire musicien dans un joli fondu enchainé. La reprise est chaudement saluée par les fans.

« We’re going way, way back » prévient le guitariste du trio. Effectivement, les texans dégainent « Certified Blues » issu de leur tout premier album. A part connaître la discographie des Texans, rien dans ce titre ne permet de savoir qu’il a plus de quarante ans. Aucune marque liée à l’épreuve du temps qui donnerait un air suranné à ce morceau qui s’insère parfaitement bien aux côtés des titres plus récents de La Futura. Vous pouvez en déduire soit que le groupe fait la même chose depuis des années et ne se renouvelle pas, soit que leurs titres sont si bons qu’ils restent intemporels. Au choix. Notez que ceux qui optent pour le premier choix doivent immédiatement arrêter la lecture de ce compte-rendu !

Frank Beard (ZZ Top), un homme heureux.

Derrière ses fûts, Frank clope, tranquille, tandis que ses camarades se lancent dans un dialogue basse / guitare des plus sympas.

Vient ensuite « My Head’s In Mississipi », un titre boogie en diable qui accroche. Dieu que c’est bon ! Billy joue avec le public dont la ferveur est montée d’un cran. Sans trop en faire scéniquement, juste ce qu’il faut, avec des titres bonifiés en concert, le trio conquiert le Zénith. Il y aura même un slammeur ! Assez décalé finalement dans ce public certes fervent et attentif mais loin d’être aussi agité. « Chartreuse » maintient la pression tandis que l’écran nous montre des verres d’alcool, Bourbon par exemple, qui s’enflamme.

Les standards qui ont ouvert le concert, issus d’Eliminator, sont de retour ! « Sharp Dressed Man », énorme, où Billy et Dusty ondulent en rythme. Sur ce titre, le bassiste ira voir les fans sur la toute gauche de la scène. Arrivent ensuite les instruments à fourrure blanche et « Legs » où les deux instrumentistes changent de côté, histoire que les fans profitent de chacun.

Mais déjà la pause rappel intervient. Il est 22h20 et le public se fait entendre. Pas question d’attendre sagement le retour a priori évident du groupe. Vêtus de vestes violettes, Dusty et Billy sont de retour avec Frank évidemment et « La Grange » résonne dans un Zénith aux anges. Le groupe s’arrête, joue avec le public sur des passages plus doux, insère « Bar-B-Q » avant de poursuivre sur le classique parmi les classiques. Le public savoure.

Dusty assure les parties vocales du prochain titre, « Tush », autre classique du rock au sens large pendant lequel les écrans montrent des images du groupe de toutes les époques. Billy en profite pour se faire allumer une cigarette par un roadie qui lui amène le feu directement sur scène. Les musiciens changent encore de côté. Le concert se termine sur ce final ébouriffant laissant les fans manifestement heureux. Frank rejoint ses acolytes et le trio salue le public. Quel pied ! Évidemment, on peut reprocher aux Texans un set un peu court mais la qualité était là, compensant une quantité minimum.

Pour que la fête soit totale, il ne manquait que l’actrice annoncée dans le générique de début : « The Girl ». Mais, ce soir, seule la musique était mise en avant. Et quelle musique ! Pas une ride en quarante ans, indémodable et jouée avec une maestria et une décontraction bluffantes. Et les gars ont passé les soixante ans ! Quelle forme !

Setlist de ZZ Top :

Got Me Under Pressure
Waitin’ For The Bus
Jesus Just Left Chicago
Gimme All Your Lovin’
Pincushion
Cheap Sunglasses
I Gotsta Get Paid
Flyin’ High
Precious And Grace
Heartache In Blue
Foxy Lady (reprise de Jimi Hendrix)
Certified Blues
My Head’s In Mississippi
Chartreuse
Sharp Dressed Man
Legs

Rappel :
La Grange (Bar-B-Q)
Tush

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Galerie photos du concert de ZZ Top



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