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Chronique   

Draconian – Under A Godless Veil


S’il est une valeur sûre de la scène doom, Draconian a sensiblement évolué depuis ses premiers épanchements sonores. Quoiqu’il demeure attaché à une poétique essentielle et, par bien des aspects, générique, chaque nouvelle œuvre démontre ses propres variations de perspective. Sovran, notamment parce qu’il a été le premier album à mettre en avant la nouvelle chanteuse Heike Langhans, s’est présenté comme un jalon attirant mais clivant, qui exposait une inclination appuyée pour les sonorités gothiques, entre évolution et nostalgie. Under A Godless Veil, de fait, ne semblait porter que promesses de développement ou, à tout le moins, d’émulation ; avec un tel élan, il y avait beaucoup à attendre, mais l’album semble proposer bien davantage.

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Black Stone Cherry – The Human Condition


« Votre attention s’il vous plaît, il faut que je vous parle d’une nouvelle maladie ». Voici comment démarre le nouvel opus de Black Stone Cherry intitulé The Human Condition. Pourtant, les paroles ont été écrites fin 2016. Depuis, ces dernières ont pris un tout autre sens et Black Stone Cherry a pris la mesure de la crise sanitaire lors de l’enregistrement de l’album, juste avant le confinement généralisé. Les Américains se sont calfeutrés dans les bois du Kentucky pour s’affairer à leur septième méfait avec un seul mot d’ordre : l’accroche. Celle d’un southern-rock US aussi archétypal que bien exécuté. The Human Condition a été une épreuve au sens premier du terme, auto-produit par le bassiste Jon Lawhon aux Monocle Studios. Selon les dires du groupe, jamais un album de Black Stone Cherry n’a bénéficié autant d’attention sur chacun de ses éléments. The Human Condition s’est donné les moyens de ses ambitions, célébrer le rock et le lien fraternel qui unit les membres du groupe depuis presque vingt ans.

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Chronique   

Kadavar – The Isolation Tapes


Kadavar a dû s’interrompre brutalement. En France, lors de l’annonce du confinement, les Allemands comptaient présenter For The Dead Travel Fast (2019) au cours des nombreuses dates d’une grande tournée. Dès la deuxième occurrence à Tourcoing, Kadavar doit pourtant se résoudre à rentrer chez lui, conséquence inéluctable de la crise sanitaire. Loin de se laisser abattre, Kadavar a pris les devants. Il a été l’un des premiers groupes à proposer des concerts en streaming, s’y attelant dès le 21 mars. Puis, confiné, le groupe a décidé de faire fructifier ce temps libre pour expérimenter et pratiquement renouveler sa palette sonore. Pour une fois, Kadavar n’avait aucune vision, aucun sentier à suivre. The Isolation Tapes est un imprévu, motivé par un contexte unique. Kadavar est tout simplement parti sur une autre planète, histoire d’échapper à la morosité de la nôtre.

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Pallbearer – Forgotten Days


Vous avez l’impression que la fin du monde est proche ? D’être coincé dans une impasse et condamné à ressasser des souvenirs d’une époque meilleure ? Il n’y a pas à dire, le contexte actuel semble se prêter à merveille au doom, et à ce titre, la sortie d’un nouvel album de Pallbearer s’annonce plus réjouissante – et salutaire – que jamais. En effet, entre riffs plombants et échappées progressives plus lumineuses, les bien-nommés Pallbearer (« porteurs de cercueil » en VF) ont réussi à se créer une place unique dans une scène doom américaine foisonnante voire saturée, attirant l’attention des mélomanes au-delà du microcosme du metal, un peu à l’image de leurs compatriotes de Yob. Le groupe fête cette année son dixième anniversaire, et de l’écrasant et ultra-sombre Sorrow And Extinction aux percées de lumière de Heartless en passant par l’incontournable Foundations Of Burden, il n’a pas encore fait un seul faux pas, réussissant la gageure d’être toujours reconnaissable sans jamais se répéter. Si le très émotif Heartless, complexe, technique et sophistiqué, penchait plus que jamais du côté progressif au point d’avoir un côté presque classic rock, Forgotten Days, précédé il y a quelques mois par le très minimaliste et délicieusement années 80 remix de son classique « Ashes », « Ashes (Redux) », revendique quant à lui un retour à une relative simplicité, voire un retour tout court. Alors, nouveau progrès ou fuite vers le passé ?

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Armored Saint – Punching The Sky


Cinq années séparent Punching The Sky, dernier opus d’Armored Saint, de son aîné Win Hands Down (2015). Un laps de temps qui n’étonne aucunement de la part des Américains qui ont accusé plusieurs hiatus – un en 1992 après le décès du guitariste Dave Prichard et le transfert de John Bush chez Anthrax, et un autre en 2001 suite à la sortie de Nod To The Old School – et sont connus désormais pour prendre leur temps. Armored Saint n’a jamais obtenu la considération qu’il méritait, leur réputation étant entachée par de nombreux problèmes de line-up et de label. Aujourd’hui, le groupe n’a qu’une seule chose en tête : « écrire de la très bonne musique ». L’essentiel et rien d’autre, en somme. Les rêves de gloire ne sont plus à l’ordre du jour, malgré quarante ans d’une carrière louable. Il y a une certaine lucidité qui se dégage de ce Punching The Sky : Armored Saint veut réaliser quelque chose de galvanisant et d’entraînant en s’affranchissant du petit jeu aliénant des registres musicaux. Punching The Sky est une conversation franche et directe, qui ne s’embarrasse d’aucune ambiguïté ou d’hypocrisie.

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Greg Puciato – Child Soldier: Creator Of God


The Dillinger Escape Plan a cessé de créer il y a plus de trois ans. Si certains s’inquiétaient de l’avenir de son frontman talentueux Greg Puciato, ses multiples travaux ont rassuré quant à sa créativité. Deux albums avec The Black Queen et un deuxième album de Killer Be Killed à paraître : Greg Puciato a bel et bien cessé d’œuvrer au sein de The Dillinger Escape Plan pour « libérer sa créativité » et ne plus ressentir de la frustration. Cette peur de « rater » les opportunités créatives est ce qui motive principalement sa décision de s’illustrer pour la première fois en solo. En d’autres termes, Greg Puciato doit pouvoir s’exprimer sans dépendre de personne. Child Soldier: Creator Of God est la réalisation d’une liberté absolue. Il est l’équilibre entre deux extrêmes que sont The Black Queen et The Dillinger Escape Plan, et l’intégration de ses multiples facettes en tant qu’artiste.

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Molassess – Through The Hollow


La dernière fois que Farida Lemouchi, mémorable Mouth of Satan de The Devil’s Blood, était montée sur scène, c’était lors de l’édition 2014 du Roadburn, entourée d’une dizaine de musiciens de son entourage proche, pour rendre hommage à son frère, le guitariste Selim Lemouchi, décédé quelques semaines plus tôt. La chanteuse aurait pu en rester là, si ce n’avait été l’insistance de Walter Hoeijmakers, directeur artistique du festival, qui l’a poussée à revenir sous les projecteurs pour l’édition 2019. Accompagnée de ses anciens camarades Oeds Beydals, Ron van Herpen (guitares) et Job van de Zande (basse) et de deux nouveaux venus, Bob Hogenelst (batterie) et Matthijs Stronks (claviers), elle a accepté, mais pas question de rejouer les chansons de Selim sans lui pour autant. Le combo fraîchement formé n’a joué que des nouvelles compositions : Molassess était né. Un EP, Mourning Haze & Drops Of Sunlight, et une signature chez Season Of Mist plus tard, le sextet propose son premier album, Through The Hollow, sept ans après les dernières créations en commun de Lemouchi, Beydals, van de Zande et van Herpen (III: Tabula Rasa or Death and the Seven Pillars, le dernier album – avorté – de The Devil’s Blood, et Earth Air Spirit Water Fire de Selim Lemouchi & His Enemies). Une histoire chargée pour un résultat paradoxalement aérien.

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Ascension Of The Watchers – Apocrypha


Burton C. Bell a voulu « séparer l’âme de la machine ». Une expression énigmatique, mais que l’on peut désormais mettre en perspective avec son départ de Fear Factory, avec pour dessein de se consacrer uniquement à son projet Ascension Of The Watchers. Comme si le chanteur cherchait à retrouver un attrait pour la musique qui ne s’exprimait alors qu’en obligations – une routine mécanique en somme. Ascension Of The Watchers est un tout autre terrain d’expression que l’industriel Fear Factory. Le projet est né au début de l’année 2002 lorsque Burton C. Bell est parti vivre sept mois en Pennsylvanie rurale avec son ami John Bechdel. Après de multiples expérimentations sonores inspirées de la scène underground des années 80-90 et une première œuvre confidentielle nommée Iconoclast (2004), Ascension Of The Watchers a fait connaître ses ambitions par l’album Numinosum (2008). La prestation de Burton s’éloignait grandement de l’univers de Fear Factory, privilégiant des atmosphères éthérées et des accents mélancoliques. En 2017, le successeur de Numinosum devait voir le jour via une campagne de crowfunding réussie mais avortée par la faillite de PledgeMusic. Burton, toujours accompagné de John Bechdel et d’un nouveau collaborateur en la personne de l’artiste et producteur Jayce Lewis, a réussi malgré tout à donner vie à Apocrypha. Apocrypha représente dix années d’écriture et d’introspection. Pour Burton C. Bell, il est l’expression la plus pure de son inconscient. L’émancipation d’une vie qui s’apparentait à un engrenage.

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Arkan – Lila H


Chaque album est un nouveau cycle pour l’électron libre Arkan. Le groupe de metal oriental n’est pas du genre à se précipiter pour faire dans la surproduction ou pour cloner ses œuvres passées – les différences entre Sofia (2014) et Kelem (2016) en étaient déjà une démonstration. L’œuvre est une histoire de contexte, à la fois celui du groupe et celui du collectif créatif, Arkan ayant vu l’intégration du chanteur Manuel Munoz (The Old Dead Tree) il y a quatre ans, mais aussi historique et sociétal. Avec son regard musical atypique et ouvert sur le monde, Kelem dressait un tableau du printemps arabe avec une sensibilité affirmée. La cinquième pièce discographique, Lila H, propose une autre photographie, celle d’une époque à peine plus ancienne, mais qui cette fois-ci s’avère beaucoup plus personnelle.

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Tyler Bryant & The Shakedown – Pressure


Inutile de rappeler les conséquences du Covid-19 sur l’industrie de la musique et sur le mode de vie des groupes. Il est cependant essentiel de mentionner que, parfois, la quarantaine nécessaire a motivé certaines formations à se dépasser, avides de surmonter ces nouvelles règles du jeu complètement biaisées. C’est le cas pour Tyler Bryant & The Shakedown, déterminé à trouver de nouvelles manières de travailler malgré les précautions sanitaires nécessaires. On comprend aisément la volonté de Tyler Bryant de ne pas se laisser abattre, un an après le succès de Truth & Lies (2019). Tyler Bryant & The Shakedown était en pleine ascension, figure du rock émergente à la réputation scénique bien établie corroborée par des tournées avec AC/DC ou Guns N’ Roses. Le single « Crazy Days » n’indiquait aucunement une volonté de réaliser un nouvel album et si Pressure, leur quatrième opus, était déjà écrit en partie avant la crise, Tyler a décidé de l’enregistrer en home studio. Enjeu de taille car il s’agissait de faire avec des moyens minimalistes sans sombrer dans la facilité technologique et respecter l’esprit « véritable » de son rock n’roll. Pressure porte ainsi très bien son nom : transformer la pression en quelque chose de positif.

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