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Chronique   

White Void – Anti


Un croisement entre Blue Öyster Cult et New Model Army. C’est ainsi que le label Nuclear Blast présente le troisième projet intrigant de Lars Nedland, déjà à l’origine de Solefald et officiant depuis plus de vingt ans dans Borknagar. White Void devient le troisième récipient principal de la profusion d’idées de Lars, une lettre d’amour à l’occult-rock et à la new wave. Une expression rock immédiate aux mélodies parfaitement calibrées, loin des expérimentations et des contrées arides du black. Lars a su s’entourer de musiciens aux horizons divers, que ce soit le batteur Tobias Solbakk (Ihsahn), le guitariste blues rock Eivind Marum ou le bassiste Vegard Kummen. White Void veut incarner un espace, ce néant créé par la distorsion entre notre recherche perpétuelle de sens dans toutes choses et son absence dans l’univers. Une version de l’absurde selon Albert Camus en somme. Anti, le premier album de cette nouvelle entité, repose essentiellement sur le contraste où agressivité et mélodie sont deux jumeaux toujours en friction et jamais séparés.

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The Crown – Royal Destroyer


« Plus de tout ». Une formule extrêmement simple pour résumer l’approche de The Crown à l’origine de Royal Destroyer, leur dixième album studio. The Crown a dépassé les trente années de carrière et n’a toujours pas renoncé aux vestes en cuir et aux regards de loubards, à raison. Le groupe est devenu l’une des valeurs sûres du death/thrash suédois, ayant défriché toutes les variantes de la musique extrême au long de sa carrière. Le chanteur originel avait fait un retour remarqué sur un Death Is Not Dead (2010) en forme de renaissance, confirmé par Cobra Speed Venom (2018), rappelant à tous l’importance du groupe pour la scène. Insuffisant pour étancher la soif de The Crown, désireux d’embrayer via une recette : la même chose, en montant les curseurs. Royal Destroyer a un objectif : il doit incarner la carrière entière de The Crown, il doit « tout avoir ».

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Witherfall – Curse Of Autumn


Witherfall ne s’est pas vraiment accordé de répit. Deux années environ séparent A Prelude To Sorrow (2018) de leur nouvel effort Curse Of Autumn – sans compter l’EP Vintage (2019). La formation de Jake Dreyer et Joseph Michael n’entend pas pour autant respecter un rythme de croisière. Curse Of Autumn doit se montrer davantage extravagant et au moins aussi inspiré. Le groupe s’en est donné les moyens en sollicitant les services du batteur Marco Minnemann (The Aristocrats, Steven Wilson) qui rejoint le bassiste Anthony Crawford pour constituer une section rythmique de luxe, supportée par la production de Jon Schaffer (Iced Earth, Demons & Wizards) et la légende de l’ingénierie sonore Jim Morris. Curse Of Autumn n’illustre pas de concept défini, mais il est l’expression de la colère des membres de Witherfall face aux difficultés rencontrées au cours de leur carrière, que ce soit l’incompétence ou la paresse d’anciens collaborateurs et acteurs de l’industrie, ou sur des choses parfois plus personnelles. Curse Of Autumn est un album motivé par la colère et la frustration avec l’ambition d’enterrer tous ceux qui ont entravé leur parcours.

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Grorr – Ddulden’s Last Flight


Au-delà du nom qui intrigue, Grorr entend bien se démarquer par son approche singulière de la musique. Le groupe originaire de Pau et formé en 2005 compose sa musique à partir de storyboards élaborés en amont, désireux d’accentuer le cachet cinématographique de sa musique. À cela s’ajoute la versatilité des musiciens, aussi à l’aise avec des instruments traditionnels que des sonorités plus « modernes ». Ses deux précédentes créations, Anthill (2012) et The Unknown Citizens (2014), ont eu le succès critique qu’elles méritaient, de quoi permettre à Grorr d’arpenter les scènes et de donner vie à son concept : une « musique visuelle », accompagnée de clips en stop-motion. La formation a survécu à un changement de chanteur en 2016 et a redonné signe de vie en novembre dernier avec l’EP II, une mise en condition avant l’imminence de Ddulden’s Last Flight. Par ce biais, Grorr veut rendre hommage aux bandes originales de films d’aventures classiques, un terreau fertile pour les orchestrations ambitieuses.

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Evergrey – Escape Of The Phoenix


Depuis le classique In Search Of Truth sorti il y a déjà vingt ans, Evergrey est progressivement devenu l’une des figures les plus importantes du metal progressif avec toute la science mélodique que l’on connaît des formations scandinaves, et cette couleur gothique propre au combo de Tom S. Englund. Hymns For The Broken (2014) inaugurait un nouvel élan avec le retour du guitariste Henrik Danhage, mais aussi une trilogie, en précédant The Storm Within (2016) et The Atlantic (2019). Un projet ambitieux et très personnel que le fondateur du groupe Tom S. Englund a mené à bien comme une véritable thérapie, symbolisant les frustrations d’une période de sa vie et la nécessiter de changement, avec le doute et la peur qui vont avec. Le frontman étant arrivé à sa finalité, le douzième opus d’Evergrey, Escape Of The Phoenix, entend se libérer de ces contraintes conceptuelles en embrassant une approche plus directe, mettant l’accent sur l’énergie avant tout. Escape Of The Phoenix est aussi l’occasion pour Tom S. Englund de se vider l’esprit, une autre forme de thérapie, en somme.

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Anneke Van Giersbergen – The Darkest Skies Are The Brightest


La cabane au fond des bois. C’est littéralement dans ce contexte qu’Anneke Van Giersbergen a décidé d’écrire et de réaliser ce nouvel album solo. Un opus méditatif qui doit permettre à la chanteuse de régler des questionnements intimes liés à une période difficile de sa vie. La réception mitigée de son projet metal Vuur n’a pas donné justice à l’investissement économique de l’artiste, engendrant un questionnement sur l’avenir de la formation et ses risques financiers. Si l’on y ajoute quelques déboires personnels tels qu’un mariage fragilisé, Anneke est légitime quant à son désir de se recentrer et d’échapper à toute forme de pression. The Darkest Skies Are The Brightest a donc été réalisé dans une modeste demeure isolée aux alentours d’Eindhoven. Inspiré par l’art du kintsugi (l’art japonais de réparer des objets en porcelaine ou en céramique en soulignant leurs lignes de faille avec de l’or), il clame haut et fort qu’on doit trouver les solutions en soi-même et se servir de ses fêlures pour se sublimer.

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Psykup – Hello Karma!


Psykup, né en 1995, a désormais vingt-six ans d’existence, dont neuf années de pause, et cinq albums studio à son actif. Peu de groupes de metal français actuels peuvent se targuer d’une longévité similaire. Malgré son grand âge, Psykup est une entité adolescente qui se cherche, qui s’est trouvée parfois, mais qui doute, ne se lasse jamais de se remettre en question et d’expérimenter. Avec son approche musicale radicale et convulsée basée sur la technicité instrumentale chargée d’une autodérision ostentatoire, Psykup s’est imposé comme une formation pointue sur la scène française, créant ainsi son propre mythe. Si l’explosion de la multiplicité des genres et des groupes de metal en France a valu à Psykup un statut à la fois culte et intime, il fait partie des meubles de la culture metal et bien malavisé serait l’auditoire qui refuserait de reconnaître le caractère fondateur de son « autruche-core ».

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Moonspell – Hermitage


Moonspell approche doucement de ses trente années d’existence. Le groupe portugais est depuis devenu une référence incontournable dès lors qu’il s’agit d’évoquer le metal gothique. L’étiquette se veut pourtant trop restrictive, Moonspell a prouvé à de maintes reprises sa capacité à s’illustrer dans de nombreux registres, du death au progressif, en passant par l’industriel. Aujourd’hui, la seule et unique chose qui lui importe est la sincérité de son rapport à la musique, loin de la danse des catégories et du besoin de combler les attentes. Moonspell compte sur l’investissement et l’ouverture d’esprit de l’auditeur avant de se plier à ses desiderata. Hermitage, son douzième opus, a été conçu avec cette philosophie qui avait réussi à l’album conceptuel 1755 (2017) autant qu’elle avait fait de The Butterfly Effect (1999) un album décrié en son temps. Hermitage se veut volontairement moins monolithique que son aîné, non soumis à une contrainte thématique bien définie. Il est aussi le premier album de la formation sans le batteur et membre fondateur Mike Gaspar, remplacé par Hugo Ribeiro. Rien qui ne dévie Moonspell de sa trajectoire, cette volonté de s’évader pour trouver une meilleure place au sein d’un monde sans lumière.

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Alice Cooper – Detroit Stories


Devenir « Capitaine Crochet ». C’est en ces termes que Vincent Furnier définissait ce qui l’a poussé à devenir Alice Cooper. Il s’agissait de devenir le pendant agressif, presque répulsif, des héros du rock d’alors. Alice Cooper a choqué par son image et son art, jusqu’à devenir une figure emblématique et fondatrice d’une philosophie rock différente. Un rock désenchanté, moins orné et plus subversif en apparence. Detroit Stories s’inscrit dans la droite lignée de l’EP Breadcrumbs (2019) qui cherchait à rendre hommage à la scène musicale d’une ville mythique, berceau du hard rock et de Vincent Furnier lui-même. Detroit Stories a été produit par Bob Ezrin, à l’origine du cachet sonore d’Alice Cooper il y a cinquante ans sur son premier succès Love It To Death (1971). Detroit Stories s’apprécie comme un temps de réflexion sur une époque où « percer » signifiait arpenter toutes les salles de concerts – aussi miteuses soient-elles – avec la volonté d’en découdre avec la concurrence. De quoi entretenir le fantasme d’une époque révolue.

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Epica – Omega


Au milieu de l’année 2018, Epica décidait de marquer un temps d’arrêt. Éprouvé par la tournée de The Holographic Principle (2016), le groupe hollandais avait simplement besoin de rester chez lui et de réfléchir sereinement à son autobiographie intitulée The Essence Of Epica parue en 2019. Surtout, ce répit nécessaire devait profiter à l’écriture d’un nouveau projet en fuyant ce rythme de course effrénée. Epica a révisé sa méthodologie et s’est réuni dans une villa dans la campagne hollandaise afin de passer du temps ensemble tel un jeune groupe vivant ses premières heures. Une première pour le groupe depuis Consigned To Oblivion (2005). Un choix qui s’assimile à une renaissance du collectif Epica, déterminé à réaliser un nouvel opus sous l’égide d’une véritable collaboration. En résulte Omega, un album qui célèbre la cohésion des têtes pensantes d’Epica depuis 2002 et la stabilité d’un line-up inchangé depuis plus de huit ans.

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