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Chronique   

Devildriver – Dealing With Demons I


Dez Fafara se fiche des inconvénients du confinement, tant qu’il peut continuer à « pratiquer son art » selon ses dires. Justement, ce dernier avait prévu de faire connaître l’un de ses projets les plus ambitieux l’année dernière, avant que les grands incendies américains ne le forcent à déménager et que le cancer de son épouse l’oblige à ralentir le processus créatif. Puis le Covid-19 s’en est mêlé. Pas question pour autant de repousser la sortie de son projet pour maximiser les profits. Devildriver doit présenter son double album intitulé Dealing With Demons, motivé par l’envie de Dez de se livrer davantage et d’aller plus loin dans l’écriture pour atteindre une véritable catharsis. Ce diptyque sortira en deux temps et pour l’instant seul Dealing With Demons I nous parvient. Histoire de ne pas saturer l’auditeur. Depuis Trust No One (2016) et les nombreux changements de line-up du groupe, Devildriver prétend bénéficier d’un nouvel élan créatif (Outlaws ’till The End: vol. I (2018) allait dans ce sens sans impressionner). Pour une fois et dans une certaine mesure, ce premier volume peut lui donner raison.

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Chronique   

Anaal Nathrakh – Endarkenment


« Bonne chance ». C’est en ces termes qu’Anaal Nathrakh clôt son message d’intention qui motive la parution d’Endarkenment, son onzième album. Les Britanniques ont raison d’avertir l’auditeur. Endarkenment donne de tout, avec la violence qui caractérise le groupe. Anaal Nathrakh fait désormais figure de taulier de l’extrême (sous ses multiples déclinaisons) et se permet de ne pas changer de voie. Au contraire, il désire aller le plus loin possible quitte à tordre un vocabulaire musical très codifié. Cette fois, Endarkenment abandonne les expériences électro-industrielles précédentes. Anaal Nathrakh rend son propos à la fois plus incisif et efficace, tout en restant très sombre. L’opus porte parfaitement son titre, offrant un regard amer et cynique sur notre époque qui s’écarte dangereusement des valeurs des Lumières.

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Chronique   

Deftones – Ohms


Après plus de trente ans d’existence, les Américains de Deftones sont passés maîtres dans l’art du teasing : cela fait plusieurs années déjà que les fans entendent parler d’un nouveau disque (le précédent, Gore, est sorti en 2016) et les choses se sont accélérées cet été, alors que le groupe célébrait les vingt ans de l’incontournable White Pony. Messages cryptiques sur les réseaux sociaux, affichage dans les rues de Los Angeles… De quoi faire monter la pression jusqu’à la sortie d’« Ohms », premier extrait éponyme accompagné d’un clip à l’esthétique post-apocalyptique léchée. À la fois rafraîchissant et familier – une fois de plus, la patte Deftones est immédiatement reconnaissable sans impression de redite pour autant –, on y entend un Stephen Carpenter en grande forme. En effet, si Deftones a conservé son line-up d’origine (à l’exception du bassiste Sergio Vega qui a remplacé au pied levé Chi Cheng en 2008 après l’accident dont il est mort quelques années plus tard) et si ses membres n’hésitent jamais à rappeler leur amitié et leur admiration mutuelles, les tensions internes qui le traversent sont bien connues, et le guitariste avait notoirement été en retrait sur Gore. De quoi espérer un groupe plus soudé, donc, et un neuvième album (dixième en comptant l’album avorté Eros) comme une nouvelle nuance ajoutée à la vaste palette du quintet.

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Enslaved – Utgard


L’épithète « progressive » qualifie bien souvent davantage une forme générique qu’une réelle force évolutive. Cependant, malgré une identité esthétique affirmée, il est indéniable qu’Enslaved a su, au cours de sa longue carrière, conserver sa capacité non seulement à se repenser mais aussi à repenser ses perspectives d’évolution. Tandis qu’E cherchait à dépasser le départ de Herbrand Larsen et, par là même, une stylistique largement parcourue au sein des précédents albums, Utgard entend davantage poursuivre un élan premier ; celui du renouvellement musical en tant que tel. Or une telle entreprise ne saurait être triviale pour un groupe qui s’est abondamment replongé dans ses origines en jouant Frost en intégralité. Une tournée qui verra d’ailleurs le départ de son batteur Cato Bekkevold remplacé par leur ancien coproducteur Iver Sandøy. Des changements et des perspectives qui attendaient donc de s’incarner artistiquement.

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Amaranthe – Manifest


Depuis 2011 Amaranthe s’efforce de s’imposer comme l’une des figures de proue du power-metal suédois, si tant est qu’on puisse le rattacher au genre. En réalité, Amaranthe prône la fusion de deux styles a priori antagonistes : le metal et des éléments électro issus de l’eurodance. Si certains ont immédiatement été conquis par l’hybridation risquée d’Amaranthe, d’autres persistent en rejetant la formation suédoise au rang d’aberration, une monstruosité qui envoie valser toute idée du bon goût. C’est justement tout l’intérêt d’Amaranthe qui en a parfaitement conscience. Désormais accompagné d’Angela Gossow (ex-Arch Enemy) en tant que manager et signé sur le label Nuclear Blast, son sixième opus Manifest amplifie les traits les plus marquants de sa musique qui n’a qu’une seule vocation : le divertissement.

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Insect Ark – The Vanishing


La multi-instrumentiste Dana Schechter a plus d’une corde à son arc : maniant principalement la basse, les claviers et la guitare lap steel, elle collabore activement avec les légendaires Swans, plus occasionnellement avec de nombreux groupes dont Zeal And Ardor ou Oranssi Pazuzu, compose pour des courts ou des longs métrages, et surtout s’exprime au sein d’Insect Ark, projet qu’elle a entamé seule en 2011. Avec les renforts de la batteuse Ashley Spungin à partir de 2015, le groupe se fait connaître grâce à Portal/Well, première mouture de son doom instrumental psychédélique et cinématographique. Marrow Hymns ensuite, sorti en 2018 sur Profound Lore, attire l’attention d’un public plus large et notamment des amateurs de post-metal et de musique atmosphérique. C’est dans la même lignée que s’inscrit The Vanishing malgré une genèse compliquée, Andy Patterson (ex-SubRosa) ayant dû remplacer au pied levé Spungin à quelques semaines d’une tournée. Cette collaboration précipitée s’avère fructueuse : les territoires explorés par Insect Ark prennent sur The Vanishing une ampleur inédite.

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The Ocean – Phanerozoic II: Mesozoic | Cenozoic


The Ocean achève son cycle. Il y a un an et demi, la formation progressive allemande sortait Phanerozoic I: Palaeozoic avec l’intention de proposer un diptyque. The Ocean voulait façonner le chaînon manquant entre Precambrian (2007) et Heliocentric (2010). Avec Phanerozoic II: Mesozoic – Cenozoic, toutes les périodes du développement de la Terre sont désormais couvertes, à l’exception peut-être de l’Édiacarien, la dernière ère du Précambrien. The Ocean a peut-être conservé le plus audacieux pour la fin, là où Phanerozoic I: Palaeozoic reprenait pour l’essentiel une formule déjà présente sur Pelagial (2013). The Ocean montre un visage versatile et propose une musique plus riche. De quoi laisser miroiter une transition élégante vers d’autres thèmes.

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Ayreon – Transitus


Ayreon a de nouveau vu les choses en grand. Peut-être davantage qu’à l’accoutumée. Le multi-instrumentiste néerlandais Arjen Anthony Lucassen a peaufiné son projet pendant trois années avec pour dessein initial de réaliser un film. Il a décidé de délaisser sa saga de science-fiction complétée par The Source (2017), qui en narrait les origines, pour embrasser un univers d’horreur gothique ancré dans la fin du XIXe siècle. Ce fantasme victorien a nécessité une révision partielle du lexique d’Ayreon. Lucassen s’érige ainsi, plus que jamais, en véritable musicien progressif, prompt à proposer de nouvelles choses pour éviter la répétition qu’il honnit. La crise sanitaire a néanmoins amputé son projet de réalisation. L’écriture d’une musique toutefois ancrée dans l’ADN Ayreon accompagnée de son roman graphique a motivé Lucassen pour l’intégrer dans sa discographie en tant que véritable album d’Ayreon, peut-être le plus ambitieux. Transitus prend l’allure d’une pièce de théâtre musicale, plus encore que d’un opéra-rock, qui ne souffre pas d’une écoute superficielle.

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Vous Autres – Sel De Pierre


Un peu plus d’an après la sortie de Champ Du Sang, un premier album sludge / black remarqué sur la scène française et internationale, Vous Autres révèle un second opus qui nous plonge en plein cœur d’un post-black moderne et ambitieux, accompagné par Season of Mist. Le mystérieux duo β (voix lead) et ₣ (guitares, basse, claviers, voix) construit une musique puissamment sensorielle, inspirée de l’imagerie de la nature, celle qui est intimidante, incontrôlable, loin des préoccupations humaines. Alternant les épisodes introspectifs et les grandes envolées de violence propres au genre, Sel De Pierre s’immisce dans nos tripes avec une remarquable finesse.

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Finntroll – Vredesvävd


Si Finntroll paraît loufoque en apparence, rien n’est aisé dans sa conception. Le succès se mérite au prix de l’effort constant, c’est ce qu’a appris la formation après vingt-trois ans de carrière. Les Finlandais ont depuis longtemps dépassé le statut de curiosité en s’évertuant à varier les registres et à ne pas s’enfermer dans une formule systématique. Preuve en est : sept ans de silence depuis l’album Blodsvept (2013). Les tentatives d’écriture ont très vite avorté, jugées trop faibles pour figurer sur un album de Finntroll. La solution a été de regarder en arrière et de revenir sur l’essence de Finntroll, un mélange exubérant et direct de folk et de black metal. Vredesvävd devient ainsi le septième opus de la carrière des trolls, articulé autour de la notion de colère et de courroux à travers des voyages spirituels et des manifestations physiques. Un programme explicite : les trolls ont faim.

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