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Chronique   

Between The Buried And Me – Colors II


Between The Buried And Me devait célébrer son vingtième anniversaire en 2020 par le biais d’une tournée en Amérique du Nord. Un show planifié depuis longtemps en deux parties : la première illustrant des chansons retraçant l’entièreté de la carrière du groupe, suivie de The Great Misdirect (2009) joué en intégralité. Évidemment, la pandémie a rebattu les cartes. BTBAM s’est retrouvé immobilisé comme la quasi-totalité des groupes de la planète et a profité de ce « temps libre » pour réfléchir à sa carrière. Colors II est une réaction à une année maudite, l’album d’un groupe qui a plus que jamais l’envie d’en découdre. Il fait logiquement suite à Colors réalisé en 2007 au sortir d’un Ozzfest où BTBAM s’interrogeait sur sa place au sein de la scène musicale. Colors II a donc des enjeux de la plus haute importance : il s’agit pour le groupe de « créer ou mourir » dans un contexte où la musique s’est arrêtée. Colors II doit tout simplement réussir à définir qui est réellement Between The Buried And Me.

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Dirty Black Summer – Great Deception


Si le « revival » du rock des années 70 se porte bien, c’est évidemment parce qu’il mise sur la fibre nostalgique. Quitte à la transformer en outil marketing et à créer des fac-similés de formations légendaires plutôt que de laisser libre cours à une identité artistique. Une preuve supplémentaire que la musique véhicule des fantasmes extrêmement puissants, transformant ces années en époque bénie pour la liberté et les expérimentations sauvages. Dirty Black Summer n’est pas vraiment de cette trempe. Il délaisse les fleurs et les pattes d’éph’ et se complaît davantage dans la noirceur des nineties où le rock est venu en finir avec les paillettes et le cuir moulant du glam. Le projet de cinq musiciens français impliqués dans des formations telles que Svart Crown, In Other Climes ou Wormsand a pour dessein de s’inspirer d’une période de grande transformation musicale en phase avec une génération désenchantée : Nirvana, Pearl Jam, Alice In Chains et consorts ont nourri ce Great Deception. Surtout, Dirty Black Summer ne se contente pas d’être un renvoi facile ou une copie sans libido. Il a sa propre conception de l’hommage.

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Chronique   

Agrypnie – Metamorphosis


Alors qu’il s’était un temps ouvert aux participations extérieures, le projet Agrypnie semble se redéfinir comme un exercice solo tant son géniteur, Torsten Hirsch, pense désormais seul ses dernières créations. Une émancipation du travail collectif, catalysée par la pandémie, qui n’est pas sans conséquence et qui réoriente le son, comme les concepts, vers des affects de plus en plus individuels et des concepts de plus en plus subjectifs. Aussi, après le massif et saisissant Grenzgænger, paru en 2018, qui portait déjà les marques de ce changement de perspective, l’attente d’un nouvel écrin tumultueux d’introspection était vive quoique non dénuée d’appréhension, le projet ayant parfois pu faire preuve d’inconstances. Et le désir avoué de faire du chapitre Metamorphosis un nouveau bond en avant, poussé dans un regain de créativité, ne pouvait que renforcer ces constats.

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Jess And The Ancient Ones – Vertigo


D’Hexvessel à Atomikylä en passant par Polymoon, Oranssi Pazuzu ou encore Dark Buddha Rising, la Finlande a du psychédélisme à revendre. Et ce n’est pas Jess And The Ancient Ones qui va prouver le contraire : formé en 2010 en pleine déferlante occult rock – Jex Thoth, The Devil’s Blood, Blood Ceremony, Ghost et consorts –, le groupe propose un rock rétro et teinté d’occultisme porté par une chanteuse à la voix spectaculaire, la fameuse Jess, Jasmin Saarela à la ville. Signé chez Svart, comme tous les groupes sus-cités, le combo revient avec un quatrième album, Vertigo, qui s’annonce aussi psychédélique et délicieusement anachronique que ses prédécesseurs. Certes, de l’eau a coulé sous les ponts depuis The Horse And Other Weird Tales sorti en 2017, mais les musiciens n’ont pas chômé : The Exploding Eyes Orchestra (quasiment le même line-up que Jess And The Ancient Ones) a sorti son deuxième album, II, et Jess, cette fois-ci sous le nom Jess By The Lake, a sorti son premier album solo. De quoi fourbir ses armes et revenir revigoré à Jess And The Ancient Ones : annoncé tambour battant par un « Summer Tripping Man » imparable, Vertigo s’annonce plus accrocheur que jamais…

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Dee Snider – Leave A Scar


Merci Jamey. Comme quoi, il suffisait de tenir tête à Dee Snider en lui donnant l’envie de réaliser un album de metal moderne pour qu’il retrouve une seconde jeunesse. Rien de bien sorcier. For The Love Of Metal (2018) tranchait avec We Are The Ones (2016) à l’inspiration débattable et honorait le statut du frontman légendaire de Twisted Sister. Jamey Jasta d’Hatebreed a eu le nez creux en percevant chez Dee Snider cette capacité à ne pas sentir le formol et proposer autre chose qu’un simulacre de sa gloire passée. Leave A Scar profite de cette dynamique en retrouvant ledit Jamey aux manettes, accompagné du batteur Nick Bellmore également au mix et au mastering. Leave A Scar prend tout de même soin de ne pas devenir une simple redite de son aîné. Dee Snider a pu placer quelques billes heavy metal plus traditionnelles, histoire d’offrir le meilleur des deux mondes.

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Los Disidentes Del Sucio Motel – Polaris


La scène musicale française peut remercier la Klonosphere de s’évertuer à promouvoir pléthore de groupes légitimes. Los Disidentes Del Sucio Motel fait partie de cette grande « famille », formation à l’œuvre depuis quinze ans. Le groupe s’échine à communier avec l’auditeur en live, n’hésitant pas à conférer une dimension cinématographique à sa musique à travers de multiples projections. Polaris, leur quatrième album, vient entériner un fait : non, LDDSM n’est pas qu’un groupe de stoner prisonnier de son vocabulaire. Polaris profite d’un changement de line-up pour apporter de nouvelles textures à sa musique, censée évoquer les « perspectives célestes logées au creux de l’humain ». Peu importe l’ambiguïté et l’opacité du dessein, Polaris brille par ce qu’il évoque d’emblée : une musique incarnée et organique qui fait la part belle à l’entrain plutôt qu’à la réflexion obsessionnelle, du moins en apparence.

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Nadja – Luminous Rot


« Ambient doom », « metalgaze », « dreamsludge », « slowcore » : le style des Canadiens de Nadja n’est pas facile à décrire et s’accompagne toujours d’une flopée de néologismes taillés sur mesure, mais il est toujours reconnaissable, ce qui, tout au long de près de vingt ans d’une carrière aussi foisonnante que la leur – le duo est suffisamment productif pour qu’une « discographie sélective » soit fournie avec le dossier de presse –, est une gageure. Changeante mais toujours fondée sur une quantité de vrombissements et de bourdonnements à faire douter de ses enceintes, à la fois expérimentale voire absconse et dotée d’une chaleur assez rare dans le drone, la musique de l’ultra-prolifique Aidan Baker et de Leah Buckareff fusionne extrême lourdeur et ambiance souvent vaporeuse en de longs titres méditatifs voire hypnotiques. Pour leur vingt-septième (!) album, les Berlinois d’adoption ont décidé de lorgner plus franchement que par le passé vers le tournant des années 80-90, l’époque où shoegaze, indus et noise altéraient durablement le paysage musical. Intitulé Luminous Rot (« pourriture lumineuse »), orné d’un rouge éclatant (« rot » en allemand), bien installé dans les paradoxes qui font l’intérêt du groupe et annoncé par un extrait éponyme presque entraînant, ce nouvel effort a de quoi piquer la curiosité au-delà du cercle des aficionados du groupe…

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Yngwie Malmsteen – Parabellum


On ne présente plus Yngwie Malmsteen, l’un des guitar-heroes aussi prolifique que clivant. Si l’on omet l’exubérance qui va de pair avec son talent, Yngwie Malmsteen a réussi la prouesse de marier deux univers à une ère où l’opposition était vivace et leur perméabilité moindre : le rock et la musique classique (Ritchie Blackmore avait tout de même commencé à déblayer le terrain). Malmsteen a toujours su se présenter en virtuose à l’instar des musiciens classiques légendaires, quitte à ne jamais vouloir dévier de sa trajectoire. Son dernier opus intitulé Parabellum n’y changera rien : Yngwie Malmsteen suit la même voie et s’efforce d’aller toujours plus loin. Pour le meilleur et le reste.

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Michael League – So Many Me


Le bassiste Michael League peut se targuer d’être l’un de ces artistes parvenus au succès sans jamais vraiment jouer pleinement le jeu de l’industrie musicale. Rien qui ne l’a empêché d’obtenir quatre grammys, de faire de Snarky Puppy – dont il est le leader – l’un des groupes de jazz-fusion les plus excitants de ces dernières années et de démontrer sa polyvalence et son engagement via le groupe Bokanté à la croisée du blues et de la musique africaine. Si l’on ajoute les multiples collaborations dont celle avec la légende David Crosby, Michael League a tout d’un grand. Il ne lui manquait finalement qu’une œuvre solo, une passerelle plus immédiate avec l’étendue de sa personnalité musicale. La pandémie lui a donné l’occasion de se concentrer sur un projet envisagé depuis l’adolescence : So Many Me est un titre à propos. Michael League s’illustre par une musique moins débridée et plus contemplative, puisant dans les sonorités pop gracieuses des années 80 et 90, Tears For Fears, Talking Heads et Peter Gabriel en tête.

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Powerwolf – Call Of The Wild


Powerwolf marche sur l’eau. Indéniablement l’un des mastodontes de la scène metal européenne, les Allemands se paient en outre le luxe de pouvoir « élargir » leur horizon musical sans crainte : le succès retentissant de The Sacrament Of Sin n’a fait que conforter Powerwolf dans la dévotion infaillible de ses fidèles malgré quelques « explorations » sonores. Powerwolf a très vite décidé de lui emboîter le pas – comblant l’année 2020 par un best of dont l’intérêt repose surtout sur les réenregistrements d’anciens morceaux – en s’attelant à l’écriture de Call Of The Wild. Un album réalisé dans le contexte de la pandémie, qui se nourrit justement de cette détermination à ne pas cesser de créer, peu importe les obstacles. Call Of The Wild est ainsi la réalisation d’un groupe parfaitement conscient de ses atouts, serein quant aux idées qu’il peut avoir.

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    The Old Dead Tree @ Savigny-Le-Temple
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