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Chronique   

Saxon – Carpe Diem


Il était difficile de prédire l’arrivée du vingt-troisième album studio de Saxon. Son frontman Biff Byford a subi une crise cardiaque en septembre 2019, ce qui l’a évidemment obligé à reléguer le groupe au second plan. Une convalescence suivie de l’arrivée de la pandémie qui a – comme tant d’autres – forcé Saxon à réviser tout son emploi du temps. Des aléas qui, malgré leur magnitude, n’ont jamais remis en question la volonté des vétérans du heavy britannique de continuer à honorer le culte du riff. Saxon a profité du temps libre pour s’offrir une parenthèse avec l’album de reprises Inspirations et Biff Byford a réalisé Heavy Waters, son album solo avec son fils. Une dynamique de production à laquelle répond Carpe Diem (« Profite du moment présent » en latin), dont les parties de batterie ont heureusement été réalisées avant la pandémie. Un opus qui se concentre sur une seule chose : la mise en valeur des plans de guitare dans la plus pure tradition heavy. Un credo simple présenté par Biff : « tout commence avec le riff ».

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Celeste – Assassine(s)


Depuis plus de quinze ans maintenant les Français de Celeste déversent leur noirceur sur Lyon et au-delà : après des débuts, Pessimiste(s) et Nihiliste(s), qui annonçaient la couleur et où la filiation avec l’ancêtre Mihai Edrisch était encore manifeste, c’est avec l’album Misanthrope(s) que le combo définit son style. Bloc d’abîme compact où aucun rayon de lumière ne filtre, sa musique se teinte de black metal par la suite, mais reste hypnotique et étouffante, un sludge teinté de metalcore ou l’inverse, Converge ou The Dillinger Escape Plan sous une chape de plomb. Les albums de cette teneur s’enchaînent à un rythme impressionnant (cinq en dix ans), mais c’est surtout sur scène que Celeste marque les esprits, avec ses shows très littéralement sombres où le public doit se contenter des lampes frontales rouges des musiciens pour voir quelque chose sous leur déluge d’amertume. Plus ou moins de la même génération qu’Amenra et la Church Of Ra, Celeste partage avec eux des racines hardcore/screamo, une tendance à piocher dans différents styles de metal extrême, de quoi se créer une palette unique de noirs, et une esthétique léchée reconnaissable au premier coup d’œil. Après Infidèle(s) en 2017 et une signature avec Nuclear Blast, pour son sixième album, le combo a décidé de retoucher sa formule…

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Steve Vai – Inviolate


Steve Vai n’a plus besoin de « repousser les frontières ». Il cherche davantage la fascination dans sa musique, déterminé à écrire différemment pour éviter la répétition… C’est d’ailleurs à un exercice singulier dans sa carrière qu’il s’attelait au début de la pandémie – un album acoustique chanté – avant de complètement réviser ses plans. Le temps de se remettre d’une opération des tendons de son épaule droite et de voir les restrictions sanitaires s’alléger, Steve Vai a donc décidé de laisser de côté son projet acoustique pour renouer avec des compositions instrumentales ambitieuses : celles qui forment Inviolate. Le titre de l’opus renvoie à l’idée d’une inspiration pure que Steve Vai met un point d’honneur à respecter. Inviolate se veut donc à la fois instinctif et accessible dans une certaine mesure. Pour Steve, la prouesse n’est pas qu’une question d’efforts ou de réflexion.

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Battle Beast – Circus Of Doom


« Ce n’est pas un album strictement conceptuel sur les thèmes du cirque… » Cette présentation du dernier effort de Battle Beast par son claviériste Janne Björkroth a de quoi intriguer. Battle Beast a bénéficié d’un succès retentissant dans son pays d’origine, la Finlande, ainsi qu’en Allemagne avec No More Hollywood Endings (2019). Battle Beast devenait ainsi l’une des formations les plus « spectaculaires », qui se permettait d’amalgamer les styles, en allant du hard rock au heavy et au symphonique, et en puisant allègrement dans les eighties. Une versatilité rendue notamment possible par les prouesses de sa chanteuse Noora Louhimo qui sied parfaitement à l’exubérance de la formation. Circus Of Doom est une nouvelle réalisation grandiloquente – inspirée par l’univers fantasmé du cirque donc –, qui veut entériner la marque de fabrique Battle Beast : des accroches mélodiques disséminées aux quatre coins des compositions, des orchestrations grand format et quelques riffs de guitare pour remplir le cahier des charges heavy metal. Circus Of Doom promet effectivement du spectacle, quitte à paraître un grand bazar tout juste organisé.

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Chronique   

Doodswens – Lichtvrees


Après des débuts explosifs, les deux musiciennes de Doodswens ont pris leur temps. Arrivées avec fracas en 2019 avec une démo lo-fi et glaciale qui semblait sortie tout droit du début des années 90, elles s’étaient rapidement retrouvées sur le devant de la scène du Roadburn, puis plus récemment en première partie de Marduk avec Valkyrja pour les trente ans du groupe. C’est que dans une scène black metal néerlandaise florissante qui va du plus flamboyant (Carach Angren) au plus obscur (Gnaw Their Tongues), du plus complexe (Dodecahedron) au plus nerveux (Terzij de Horde) et qui ces dernières années semble plus active que jamais (Laster, Grey Aura, Turia…), Doodswens se distingue par sa fraîcheur (dans tous les sens du terme – les musiciennes sont très jeunes) et son côté brut et dépouillé. Avec l’intention initiale de battre le fer tant qu’il est chaud et après un split avec Adversarius, leur premier album aurait dû être présenté lors de l’édition 2020 du Roadburn, annulée pour cause de pandémie mondiale : tirant parti de ce faux départ, le duo a complètement révisé sa copie pour arriver à ce qui est sa version finale, Lichtvrees, qui sort sur le label finlandais Svart. Car Doodswens est plus qu’un feu de paille : c’est ce que prouve Lichtvrees, qui monte en gamme sans perdre le fil de la vision initiale de ses deux instigatrices…

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Reveal! – Doppelherz


De tous les groupes de death metal qui ont émergé de la scène très fertile d’Uppsala en Suède ces dernières années – Degial, Invidious, Obnoxious Youth… –, Reveal! est sans doute le plus étrange. Cousin d’In Solitude avec les membres desquels les siens ont fréquemment collaboré, fondé par le trio encore adolescent Crakk/Spine/Temple sous le nom de Waster, Reveal! est une première métamorphose dont l’album initial, Nocturne Of Eyes And Teeth, est sorti en 2011. La même année que le dernier opus à ce jour des Américains de Negative Plane : d’une certaine manière, c’est leur flambeau que reprennent les Suédois avec leur black metal thrashisant et résolument rock’n’roll. Depuis, avec chaque sortie, le groupe mute en créature de plus en plus bizarre, aux influences multiples et à l’esthétique unique. Psychédélique avec ses longues chansons désarticulées qui sentent les états de conscience modifiés, empruntant à ce que les années 80 ont fait de plus arty et dérangé – The Birthday Party, Scratch Acid, Big Black… – Reveal! donne le tournis avec une détermination à laquelle il est difficile de résister. Son dernier disque en date, Scissorgod, sorti en 2019, poussait franchement dans cette direction post-punk, et comme par réaction, cette fois-ci, avec Doppelherz, les musiciens nous promettent l’album le plus heavy metal de leur carrière…

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Sunn O))) – Metta, Benevolence BBC6 Music: Live on the Invitation of Mary Anne Hobbs


Ça fait plus de vingt ans, dix albums, et une infinité d’autres sorties que Stephen O’Malley et Greg Anderson, les deux têtes pensantes de Sunn O))), explorent un phénomène sonore en particulier : le bourdonnement. Venant tous les deux du monde du metal, associés depuis leur projet Thorr’s Hammer, désormais légendes du drone, ils s’épanouissent dans la lenteur, la lourdeur et l’obscurité, jusqu’à flirter avec l’opacité de la musique minimaliste et/ou expérimentale. Leurs deux derniers albums, la paire Life Metal/Pyroclasts issue des mêmes sessions d’enregistrement, parcouraient justement ce territoire particulier, faisant le pont entre le metal – du titre, du hennissement de cheval en ouverture et des riffs parfois presque doom de Life Metal – et l’abstraction – des pochettes, des concepts et des textures. Couronnement de ce cycle, le groupe sort cette fois-ci un live, enregistré pour la chaîne de radio BBC 6 Music en 2019, après près d’un an de tournée. Intitulé Metta, Benevolence BBC 6Music : Live on the Invitation of Mary Anne Hobbs, l’album se propose donc d’immortaliser cette phase de la carrière du groupe en une performance unique sous le patronage spirituel du légendaire John Peel, rien que ça. Après tout, c’était à la demande du célèbre DJ qu’ils avaient déjà enregistré un live à Maida Vale en 2004…

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Archspire – Bleed The Future


Archspire doit sa réputation à son extrême vélocité. Depuis ses débuts en 2009, le groupe canadien de death technique voue un culte à la dextérité et à l’intensité et a entraîné nombre de fidèles avec lui. Relentless Mutation (2017) peut être considérée comme l’œuvre qui a permis à Archspire de devenir l’une des formations les plus en vue de la scène extrême actuelle. Naturellement, et malgré la pandémie, Archspire a profité de cet élan pour livrer ce qui restera comme son effort le plus abouti sur le plan de l’écriture. De quoi cimenter son statut de groupe essentiel dans le genre. Bleed The Future est à la fois une accélération inattendue et un effort d’intelligence nécessaire pour éviter l’indigestion et l’ennui. Conceptuellement, il est né d’un rêve farfelu d’Oli Aleron : que se passerait-il si les humains donnaient naissance à des non-humains ? Archspire aime mêler dilemmes éthiques et science-fiction.

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In Mourning – The Bleeding Veil


In Mourning, fort d’avoir su développer et affiner sa propre écriture musicale, avait déjà démontré sa capacité à construire des titres riches en effets mélodiques et dramatiques. Après une trilogie conceptuelle, initiée avec The Weight Of The Oceans (2012) et achevée avec l’excellent Garden Of Storms (2019), la formation suédoise entend désormais délivrer un album essentiel, plus personnel et donc, dans le contexte actuel, inévitablement plus sombre. C’est donc bien comme une œuvre méditative et introspective que se présente The Bleeding Veil, un opus réflectif plutôt que progressif.

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Eldovar – A Story Of Darkness And Light


The Isolation Tapes (2020) était déjà le fruit indirect de la pandémie. Les plans de Kadavar ont été complètement chamboulés, à l’instar de toutes les formations, et The Isolation Tapes jouait le rôle d’échappatoire. Devant l’absence de certitudes quant à une possible reprise, Kadavar a continué de « tuer » le temps en s’adonnant à des jams aux Robotor Studios à Berlin en compagnie d’autres musiciens pris au piège : le groupe de rock progressif Elder. Le batteur de Kadavar Christoph Bartelt n’envisageait pas de travailler sur un nouvel album de Kadavar si vite, ce qui l’a motivé à organiser des sessions de jeu entre mars et juin de cette année avec pour seul objectif de « fuir » la réalité. Tiger Bartelt, Lupus Lindemann, Simon Bouteloup de Kadavar et Michael Risberg, Nick DiSalvo et Georg Edert d’Elder ont tous œuvré dans le même sens (le bassiste Jack Donovan ne pouvait pas voyager depuis les Etats-Unis). Ces multiples sessions ont donné naissance à Eldovar et son opus intitulé A Story Of Darkness & Light. Une lettre d’amour au rock progressif des seventies où l’instinct est le maître mot.

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