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Chronique   

Cult Of Fire – Moksha / Nirvana


Au-delà de l’apparence et des costumes capuchonnés, Cult Of Fire est un groupe hors du commun en bien des points. La thématique de l’ésotérisme et les spiritualités en tous genres étant devenues denrée commune dans le black metal, les Tchèques se sont eux passionnés pour l’hindouisme jusque-là relativement peu traité dans la scène. S’offrant le luxe d’être produit par son propre label, Cult Of Fire ne propose pas seulement de rendre hommage à une philosophie et à une civilisation mais offre une véritable immersion déjà bien entamée par l’album मृत्यु का तापसी अनुध्यान (Ascetic Meditation Of Death) paru en 2013. Après une succession d’EP et de singles, Cult OF Fire a décidé plus tôt cette année et en toute liberté de sortir simultanément deux albums, Moksha et Nirvana, indissociables et complémentaires, tout en présentant deux postures singulières.

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Urfaust – Teufelsgeist


Les Néerlandais d’Urfaust ne font jamais languir leurs fans très longtemps : pour le moins prolifiques, en un peu plus de quinze ans de carrière, ils ont sorti six albums, trois lives, et une flopée d’EP, de single et de splits. Avec son mélange – souvent imbibé – de black et d’ambiant, le duo, composé de VRDRBR à la batterie (sobre, répétitive) et de IX au reste (hululements grandiloquents et possédés, guitare, synthés), n’a pas volé son statut culte tant il est singulier et clivant, à la fois très traditionnel dans son minimalisme lo-fi et ses ambiances sombres et tourmentées, et à mille lieues de l’esthétique habituelle dans le black (corpse paint, tremolo picking, etc.). Pour son sixième album, Teufelsgeist, on s’attend à un retour aux sources après les incursions orientalo-méditatives de ses derniers opus. Ce titre semble familier, et pour cause : le premier album du groupe était intitulé Geist ist Teufel. Esprit, diable et retour à la case départ : tout ce qui fait le groupe est là, possession, obscurité et errances d’âme en peine. Seules les vapeurs d’alcool pourraient sembler manquer à l’appel, mais ce serait sans compter sur la créativité du duo : Teufelsgeist se présente comme la version sonore d’une soirée de beuverie en solitaire – tout un programme…

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Gone Is Gone – If Everything Happens For A Reason… Then Nothing Really Matters At All


Gone Is Gone a profité du confinement pour revenir plus tôt que prévu, bien qu’il ait commencé à distiller de nouveaux morceaux dès décembre 2019. La pandémie a freiné les différents projets de ses membres, notamment le vingtième anniversaire de Mastodon. Troy Sanders, Troy Van Leeuwen, Tony Hajjar et Mike Zarin ont pu s’atteler à un deuxième album de ce supergroupe. De quoi confirmer les meilleures impressions laissées par le post-rock/rock alternatif d’Echolocation (2017). Ou plus radicalement et surprenant, rebattre les cartes. If Everything Happens For A Reason… Then Nothing Really Matters At All ne se repose pas uniquement sur les acquis de ses aînés. Gone Is Gone prend le parti audacieux de se distancier de la recette « facile », à savoir s’inscrire dans la continuité rock d’Echolocation.

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Macabre – Carnival Of Killers


1981, l’année où Macabre décide de s’atteler à la tâche. Depuis, le line-up du groupe n’a pas changé, et ce malgré les années qui séparent chaque opus de Macabre, uni par ce goût pour le démentiel et le morbide abordé avec un sens de l’humour controversé. Carnival Of Killers, successeur de Grim Scary Tales (2011), voit le jour chez Nuclear Blast après neuf ans de silence. Un délai qui s’explique par l’envie de Lance Lencioni de ne pas forcer les choses et de réaliser le travail de recherche nécessaire pour narrer les histoires de ces tueurs en série présentés sur Carnival Of Killers. Si Macabre s’illustrait à ses débuts principalement dans un registre proche du grind, Carnival Of Killers continue d’accentuer l’aspect insondable de sa musique, incarné par les facéties de Lance.

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Reb Beach – A View From The Inside


Est-ce que le temps des légendes est révolu ? À l’heure où la plupart des jeunes groupes s’illustrent en premier lieu collectivement avant de chercher à faire briller un musicien virtuose, les nostalgiques de l’ère des guitar heroes sont pratiquement laissés pour compte, lentement condamnés à revisiter les classiques. Reb Beach ne tolère pas cet état de fait. Le guitariste de Winger et Whitesnake entend redonner ses lettres de noblesse à la six-cordes exubérante via son premier album instrumental, A View From The Inside. De quoi renouer avec les « rythmiques-prétextes » et les arrangements à la subtilité douteuse. Autres temps, autres mœurs.

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Ulver – Flowers Of Evil


Bergtatt (1995) paraît tellement loin. Le premier opus d’Ulver, amorce de la trilogie dite « black metal » du groupe, est presque devenu un souvenir confus. Ulver est l’une de ces rares formations qui ont su se maintenir malgré des changements de direction radicaux, le principal opéré en 1998 avec Themes From William’s Blake’s The Marriage Of Heaven And Hell. Ulver introduisait des éléments électroniques et indus dans sa musique en prenant une forme expérimentale, quitte à délaisser complètement l’univers folk sombre et black metal qui régnait auparavant. Depuis Ulver existe justement pour l’exploration totale, du trip-hop à la musique psychédélique. The Assassination Of Julius Caesar (2017) avait décontenancé autant qu’il a enchanté en s’assumant pleinement comme un album de pop élégante à l’influence des années 80, avant qu’Ulver ne fasse à nouveau des siennes via Drone Activity (2019) et ses quatre titres atmosphériques excédant les quinze minutes. Flowers Of Evil ne va peut-être pas nous prendre de court cette fois-ci. Ulver se repose sur les acquis de The Assassination Of Julius Caesar, comme s’il souhaitait continuer sa narration en modifiant à peine son discours.

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Sumac – May You Be Held


Sumac est peut-être l’un des groupes les plus extrêmes de la scène actuelle. Pas nécessairement par la violence de sa musique, mais son parti pris. Le trio est l’expression instinctive de son créateur Aaron Turner, bien connu des amateurs d’Isis. Sumac n’a pas conservé énormément de choses de la dernière période d’Isis, bien loin des plages mélodiques lumineuses et des moments de grâce. Sumac est froid, austère, inhospitalier et difficilement abordable. Depuis The Deal (2015), Aaron Turner, Nick Yacyshyn et Brian Cook (Russian Circles) ne cessent d’appuyer les traits les plus expérimentaux de la formule, quitte à décontenancer à l’instar du live au Hellfest 2019 qui en a fait fuir plus d’un lorsqu’il en exaltait d’autres. May You Be Held est aujourd’hui l’aboutissement d’un rapport à la musique primale, loin des conventions qui nous rassurent. Il ne s’écoute pas pour le plaisir, il veut nous étreindre à sa manière.

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Nuclear Power Trio – A Clear And Present Rager


En termes de supergroupe on ne fait pas mieux. Un véritable casting galactique, parangon de vertu. Le line-up de Nuclear Power Trio n’est autre que Donald Trump, Vladimir Poutine et Kim Jong-Un, trois candidats au prix Nobel de la paix. Une histoire d’amour née de la musique, loin des intérêts géopolitiques et économiques divergents. Nuclear Power Trio entend « réparer » le monde via son œuvre artistique qui va indéniablement supplanter la plateforme politique habituellement utilisée par ses membres. Le tout avec un premier EP intitulé A Clear And Present Rager pour les gouverner tous et dans les ténèbres les lier.

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Deftones – Black Stallion


2020 aura été une année chargée pour Deftones : en plus d’un nouvel album, Ohms, sorti il y a quelques mois, les Américains ont fêté les vingt ans du désormais classique White Pony. En onze titres, Deftones y proposait ce qui a été pour beaucoup la bande-son du tournant du XXIe siècle, et se réinventait par la même occasion en prenant ses distances avec un nu metal alors florissant pour tracer sa propre voie, à la fois plus vaporeuse et plus sombre, devant autant aux riffs assourdissants du metal qu’aux atmosphères éthérées de la dream pop. Pour rendre hommage à cet album et à son éclectisme toujours aussi frais vingt ans plus tard, le quintet de Sacramento a décidé de sortir un album de remix, Black Stallion. L’idée ne date pas d’hier : les musiciens ont expliqué lors d’une conférence de presse qu’elle avait émergé alors que White Pony n’était qu’à l’état d’ébauche. Frank Delgado et Chino Moreno avaient à l’époque accosté DJ Shadow lors d’une soirée pour lui demander un remix – sans grand succès. Depuis, de l’eau a passé sous les ponts : cette fois-ci, le célèbre DJ a répondu à l’appel, et ce n’est pas la moindre des surprises réservées par Black Stallion…

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Opium Warlords – Nembutal


Le Nembutal est un barbiturique utilisé pour les exécutions aux États-Unis, les suicides assistés là où c’est légal, et piquer les animaux domestiques dans le reste du monde. C’est aussi le nom du cinquième album d’Opium Warlords, ce qui n’est pas allé sans ennuis puisque Facebook a décidé d’en censurer toute mention pour promotion d’une drogue illégale. Derrière ce vocabulaire psychotrope, on ne trouve nul autre que l’inénarrable Sami Albert Hynninen, qu’on connaît mieux sous le nom d’Albert Witchfinder pour son implication dans Reverend Bizarre. Musicien prolifique, un temps artiste, il est et a été impliqué dans une palanquée de projets, d’Azrael Rising à Lord Vicar en passant par Spiritus Mortis, The Puritan et Pussies. Si c’est dans le doom qu’il s’est illustré avec le plus de succès, il tâte aussi de la musique expérimentale et électronique, du drone et du minimalisme, notamment dans Opium Warlords, justement, projet solo dans lequel il effectue tout de A à Z. Jusqu’à maintenant, il y explorait à grand renfort de chansons infinies et de vidéos bizarroïdes une gamme unique de sonorités et de concepts sombres et angoissants, mais cette fois-ci, on nous annonce un retour à « du heavy metal teinté de doom ». En terrain familier, donc ? Ce serait sans compter la créativité débordante du Finlandais.

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