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Chronique   

Napalm Death – Throes Of Joy In The Jaws Of Defeatism


Cela fait plus de trente ans que Napalm Death continue d’entretenir sa réputation, surnommé les « rois du grind » à tort ou à raison. De quoi attester de l’importance cruciale de Napalm Death au sein de la scène extrême, introduit au monde entier par Scum en 1987. Depuis Napalm Death a enchaîné les albums avec une posture politique parfaitement affirmée et une volonté constante d’expérimenter de nouveaux éléments et d’éviter de sombrer dans une brutalité monolithique. Le groupe s’est accordé cinq années de pseudo-répit dans sa discographie depuis Apex Predator – Easy Meat (2015), concentré sur les tournées plutôt que sur l’enregistrement d’un nouvel opus. Throes Of Joy In The Jaws Of Defeatism est né d’une multitude de micro-sessions d’enregistrement organisées depuis 2017. Un rythme loin de la course effrénée qui gouverne habituellement la réalisation d’albums studio. Napalm Death a le statut qui lui permet de prendre son temps. Difficile de le blâmer : Throes Of Joy In The Jaws Of Defeatism correspond parfaitement à l’ADN de Napalm Death : une violence à plusieurs degrés et un soupçon d’élégance, le tout au service d’une réflexion sur le traitement d’autrui, notre perception de l’étranger et nos réactions à son existence et son influence supposée.

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Inter Arma – Garbers Days Revisited


De Sundown à Sulphur English en passant par Sky Burial et Paradise Gallows, ce n’est pas dans la légèreté que s’illustrent les Américains d’Inter Arma, bien au contraire : leur mélange de sludge et de death metal est sombre, torturé et écrasant ; il se déploie en longs titres corrosifs et souvent franchement désespérés. Mais un an après un Sulphur English particulièrement éreintant, changement d’ambiance avec Garbers Days Revisited, un album de reprises malicieux et enlevé où se côtoient Cro-Mags, Prince, Neil Young et Venom. Le titre même du disque est un clin d’œil au Garage Days Re-revisited de Metallica et son concept est un hommage à un lieu central de la scène musicale de Richmond en Virginie, Garbers, véritable melting-pot où répétaient des dizaines de groupes locaux. Il a dû fermer ses portes en 2016 et orne désormais la pochette de l’album. Retour aux sources comme tous les albums de reprises, entre allégeance aux prédécesseurs, réappropriation des classiques et morceaux de bravoure, avec Garbers Days Revisited, Inter Arma nous en fait une fois de plus voir de toutes les couleurs…

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Chronique   

Ihsahn – Pharos


Ihsahn ne laisse pas les choses inachevées. Il avait amorcé en février dernier le début d’un cycle de deux EP avec Telemark. L’effort prônait un retour aux premiers affects d’Ihsahn, « un retour à la maison », à sa terre natale et à un black metal sans ambiguïtés ou presque. Il ne pouvait cependant pas envisager de se limiter à un genre dont il est toujours la figure de proue. D’où l’existence de Pharos, la deuxième partie du cycle et deuxième face d’une même pièce. Pharos se devait de contraster avec Telemark, faisant honneur à la soif d’expérimentation du musicien et sa vaste culture musicale. Pharos puise son inspiration dans la musique pop dans son acception la plus large, loin de l’image décérébrée que les esprits étriqués veulent lui donner. Une démarche qui se rapproche de celle d’un Steven Wilson par exemple. Pharos continue d’entretenir la figure d’un artiste polymorphe, qui mourrait s’il était cantonné à un seul registre.

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Zakk Sabbath – Vertigo


Tout le monde sait que Black Sabbath a marqué l’histoire de la musique il y a cinquante ans. Leur premier album changeait la donne et présentait une nouvelle manière d’écrire des riffs et de jouer du rock, tout simplement. Quelque part, tous les groupes de metal actuels existent parce que Black Sabbath a vécu. Certains voient même dans le premier acte Black Sabbath (1970) la naissance du heavy metal. Quoi qu’il en soit, l’hommage lui est dû. C’est ce que veut entreprendre Zakk Sabbath, le cover-band de Black Sabbath emmené par Zakk Wylde, le bassiste Blasko (Ozzy Osbourne, ex-Rob Zombie) et le batteur Joey Castillo (ex-Danzig, ex-Queens Of The Stone Age). L’album de reprises s’intitule Vertigo en référence à Vertigo Records qui a sorti le premier effort de Black Sabbath, enregistré en une journée en octobre 1969. Zakk Sabbath s’était déjà illustré par Live In Detroit (2017). Vertigo est leur premier enregistrement studio. Il faut de l’assurance pour investir temps et argent dans une reprise de Black Sabbath. Zakk Sabbath prouve qu’il a le pedigree et la considération nécessaires.

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Jonathan Hultén – Chants From Another Place


Avec Chants From Another Place, son premier album solo, le Suédois Jonathan Hultén n’en est pas à son coup d’essai. Cela fait pas moins de dix ans qu’il mûrit son projet ; il en avait d’ailleurs déjà proposé un avant-goût en 2017 avec l’EP remarqué The Dark Night Of The Soul. Guitariste, chanteur, artiste et vidéaste (entre autres !), il a surtout mis à profit sa créativité débordante dans Tribulation, groupe de death metal dont les embardées en territoire gothique ces dernières années ne sont pas passées inaperçues – on pense évidemment au succès de The Children Of The Night (2015) et de Down Below (2018) – et dont il est l’une des têtes pensantes. Si les liens sont nombreux entre son travail en groupe et ses productions solos, rien à voir pourtant a priori entre le metal onirique mais corrosif de Tribulation et la folk dépouillée qu’on entend sur Chants From Another Place, entre l’ésotérisme parfois hermétique du premier et la clarté du second. Après l’ombre, la lumière ?

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The Pineapple Thief – Versions Of The Truth


Depuis Your Wilderness (2016) et l’arrivée de Gavin Harrison, The Pineapple Thief voit sa notoriété s’accroître d’année en année. Bruce Soord peut désormais compter sur une deuxième force créatrice en la présence de l’ex-batteur de Porcupine Tree. Gavin Harrison était impliqué dans l’ensemble du processus de composition de Dissolution (2018), le plus grand succès de la carrière de The Pineapple Thief à ce jour. Une tournée aux US et un album solo de Bruce Soord intitulé All This Will Be Yours (2019) ont séparé les sessions d’écriture du successeur de Dissolution. En résulte Versions Of The Truth, le nouvel effort de The Pineapple Thief qui conserve le même line-up pour la troisième fois d’affilée. Tout est dans le titre : ce qui fascine (et exaspère) Bruce, c’est la manière dont la vérité est courbée. Une tendance vieille comme l’humanité, mais rendue d’autant plus perverse par les réseaux sociaux, au point de devenir une arme redoutable pour motiver le chaos.

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En Minor – When The Cold Truth Has Worn Its Miserable Welcome Out


Philip H. Anselmo dans tous ses états. L’ancienne icône de Pantera et frontman de Down a cette capacité à occuper la sphère médiatique, que ce soit pour ses « débordements » ou, plus souvent et heureusement, ses projets musicaux. Récemment, Philip H. Anselmo s’est illustré au sein de formations hardcore nourries de la musique underground telles que Philip H. Anselmo & The Illegals. Rien qui ne dénote vraiment avec sa carrière au sein de Pantera ou de Down. En Minor est un autre animal. Exit les guitares saturées et l’agressivité franche pour laquelle le chanteur est connu. En Minor joue sur un autre registre, une sorte de « folk gothique » délicate en apparence et pourtant sombre dans son contenu. Philip H. Anselmo est peut-être moins bas du front, pas moins puissant.

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Acherontas – Psychic Death: The Shattering Of Perceptions


L’univers musical est tout entier fracturé par la tension entre évolution et perpétuation stylistique. La scène hellénique n’échappe pas à cette réalité et c’est même en cela qu’elle s’est construite dans le metal extrême, ontologiquement marquée par cette problématique clivante. Dès le départ, Acherontas semble être une formation emblématique de cette dualité et, si le groupe annonce reprendre le flambeau des premiers groupes de black metal grecs, il cultive indubitablement l’évolution. Aussi, lorsque, pour son huitième opus, Psychic Death: The Shattering Of Perceptions, il annonce autant une perpétuation qui tient presque du repli stylistique qu’une diversification inégalée, l’intention autant que le résultat interpellent.

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Pain Of Salvation – Panther


Daniel Gildenlöw reste l’une des figures les plus prolifiques de la scène progressive aujourd’hui. Les Suédois de Pain Of Salvation avaient réalisé un album concept intitulé In The Passing Light Of Day (2017) articulé autour des notions de joie et de mortalité, fort de son aisance à traiter des problématiques complexes via une musique polymorphe. Depuis, Pain Of Salvation a accusé le départ du guitariste Ragnar Zolberg. Les changements de line-up sont presque devenus une routine pour Pain Of Salvation qui a désormais dépassé le stade de douter de son avenir. Surtout les fans ont pu se réjouir du retour de Johan Hallgren au bercail ; une figure familière, associée à certains des meilleurs moments de la discographie du groupe, qui a de quoi rassurer. Si Daniel Gildenlöw s’est retrouvé à nouveau seul à la composition, il n’en a pas moins profité d’un rebond créatif, celui qui a donné naissance au onzième opus du groupe intitulé Panther. Pain Of Salvation entend cette fois réfléchir sur la norme et les contradictions entre les personnes qui se prétendent « normales » et celles qui ont un fonctionnement différent voire marginal. En somme « une ville scindée entre chiens et panthères », pour reprendre les dires du frontman.

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Metallica – S&M 2


À nouveau, Metallica devrait susciter quelques débats. En 1999, le groupe avait décidé d’enregistrer un concert avec l’orchestre symphonique de San Francisco dirigé par Michael Kamen. Le concert a donné naissance à S&M, Symphonique et Metallica, qui présentait les compositions les plus célèbres du groupe (et deux inédits) travaillées avec des arrangements d’orchestre. À l’époque et compte tenu du statut de Metallica et de son répertoire, l’entreprise avait tout d’audacieux. Si désormais la conjugaison d’éléments metal et classiques n’effraie plus personne et n’est plus aussi antithétique, la pertinence des arrangements orchestraux est toujours le centre d’inquiétude. Si S&M proposait des moments épiques où l’orchestre apportait une véritable plus-value, le live tombait trop souvent dans l’écueil de la « superposition », à savoir deux partitions qui se jouent en cadence sans vraiment se compléter. Vingt ans plus tard, Metallica a décidé de réitérer l’exercice avec le même orchestre, cette fois-ci dirigé par Michael Tilson Thomas au sein du nouveau stade des Golden State Warriors (et non au Berkeley Community Theatre à l’instar de la première édition). Sobrement intitulé S&M 2, le concert devait proposer de nouveaux arrangements et démontrer à nouveau la capacité d’adaptation de Metallica aux contextes les plus exigeants.

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