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Chronique   

The Ocean – Phanerozoic II: Mesozoic | Cenozoic


The Ocean achève son cycle. Il y a un an et demi, la formation progressive allemande sortait Phanerozoic I: Palaeozoic avec l’intention de proposer un diptyque. The Ocean voulait façonner le chaînon manquant entre Precambrian (2007) et Heliocentric (2010). Avec Phanerozoic II: Mesozoic – Cenozoic, toutes les périodes du développement de la Terre sont désormais couvertes, à l’exception peut-être de l’Édiacarien, la dernière ère du Précambrien. The Ocean a peut-être conservé le plus audacieux pour la fin, là où Phanerozoic I: Palaeozoic reprenait pour l’essentiel une formule déjà présente sur Pelagial (2013). The Ocean montre un visage versatile et propose une musique plus riche. De quoi laisser miroiter une transition élégante vers d’autres thèmes.

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Ayreon – Transitus


Ayreon a de nouveau vu les choses en grand. Peut-être davantage qu’à l’accoutumée. Le multi-instrumentiste néerlandais Arjen Anthony Lucassen a peaufiné son projet pendant trois années avec pour dessein initial de réaliser un film. Il a décidé de délaisser sa saga de science-fiction complétée par The Source (2017), qui en narrait les origines, pour embrasser un univers d’horreur gothique ancré dans la fin du XIXe siècle. Ce fantasme victorien a nécessité une révision partielle du lexique d’Ayreon. Lucassen s’érige ainsi, plus que jamais, en véritable musicien progressif, prompt à proposer de nouvelles choses pour éviter la répétition qu’il honnit. La crise sanitaire a néanmoins amputé son projet de réalisation. L’écriture d’une musique toutefois ancrée dans l’ADN Ayreon accompagnée de son roman graphique a motivé Lucassen pour l’intégrer dans sa discographie en tant que véritable album d’Ayreon, peut-être le plus ambitieux. Transitus prend l’allure d’une pièce de théâtre musicale, plus encore que d’un opéra-rock, qui ne souffre pas d’une écoute superficielle.

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Vous Autres – Sel De Pierre


Un peu plus d’an après la sortie de Champ Du Sang, un premier album sludge / black remarqué sur la scène française et internationale, Vous Autres révèle un second opus qui nous plonge en plein cœur d’un post-black moderne et ambitieux, accompagné par Season of Mist. Le mystérieux duo β (voix lead) et ₣ (guitares, basse, claviers, voix) construit une musique puissamment sensorielle, inspirée de l’imagerie de la nature, celle qui est intimidante, incontrôlable, loin des préoccupations humaines. Alternant les épisodes introspectifs et les grandes envolées de violence propres au genre, Sel De Pierre s’immisce dans nos tripes avec une remarquable finesse.

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Finntroll – Vredesvävd


Si Finntroll paraît loufoque en apparence, rien n’est aisé dans sa conception. Le succès se mérite au prix de l’effort constant, c’est ce qu’a appris la formation après vingt-trois ans de carrière. Les Finlandais ont depuis longtemps dépassé le statut de curiosité en s’évertuant à varier les registres et à ne pas s’enfermer dans une formule systématique. Preuve en est : sept ans de silence depuis l’album Blodsvept (2013). Les tentatives d’écriture ont très vite avorté, jugées trop faibles pour figurer sur un album de Finntroll. La solution a été de regarder en arrière et de revenir sur l’essence de Finntroll, un mélange exubérant et direct de folk et de black metal. Vredesvävd devient ainsi le septième opus de la carrière des trolls, articulé autour de la notion de colère et de courroux à travers des voyages spirituels et des manifestations physiques. Un programme explicite : les trolls ont faim.

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Napalm Death – Throes Of Joy In The Jaws Of Defeatism


Cela fait plus de trente ans que Napalm Death continue d’entretenir sa réputation, surnommé les « rois du grind » à tort ou à raison. De quoi attester de l’importance cruciale de Napalm Death au sein de la scène extrême, introduit au monde entier par Scum en 1987. Depuis Napalm Death a enchaîné les albums avec une posture politique parfaitement affirmée et une volonté constante d’expérimenter de nouveaux éléments et d’éviter de sombrer dans une brutalité monolithique. Le groupe s’est accordé cinq années de pseudo-répit dans sa discographie depuis Apex Predator – Easy Meat (2015), concentré sur les tournées plutôt que sur l’enregistrement d’un nouvel opus. Throes Of Joy In The Jaws Of Defeatism est né d’une multitude de micro-sessions d’enregistrement organisées depuis 2017. Un rythme loin de la course effrénée qui gouverne habituellement la réalisation d’albums studio. Napalm Death a le statut qui lui permet de prendre son temps. Difficile de le blâmer : Throes Of Joy In The Jaws Of Defeatism correspond parfaitement à l’ADN de Napalm Death : une violence à plusieurs degrés et un soupçon d’élégance, le tout au service d’une réflexion sur le traitement d’autrui, notre perception de l’étranger et nos réactions à son existence et son influence supposée.

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Inter Arma – Garbers Days Revisited


De Sundown à Sulphur English en passant par Sky Burial et Paradise Gallows, ce n’est pas dans la légèreté que s’illustrent les Américains d’Inter Arma, bien au contraire : leur mélange de sludge et de death metal est sombre, torturé et écrasant ; il se déploie en longs titres corrosifs et souvent franchement désespérés. Mais un an après un Sulphur English particulièrement éreintant, changement d’ambiance avec Garbers Days Revisited, un album de reprises malicieux et enlevé où se côtoient Cro-Mags, Prince, Neil Young et Venom. Le titre même du disque est un clin d’œil au Garage Days Re-revisited de Metallica et son concept est un hommage à un lieu central de la scène musicale de Richmond en Virginie, Garbers, véritable melting-pot où répétaient des dizaines de groupes locaux. Il a dû fermer ses portes en 2016 et orne désormais la pochette de l’album. Retour aux sources comme tous les albums de reprises, entre allégeance aux prédécesseurs, réappropriation des classiques et morceaux de bravoure, avec Garbers Days Revisited, Inter Arma nous en fait une fois de plus voir de toutes les couleurs…

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Ihsahn – Pharos


Ihsahn ne laisse pas les choses inachevées. Il avait amorcé en février dernier le début d’un cycle de deux EP avec Telemark. L’effort prônait un retour aux premiers affects d’Ihsahn, « un retour à la maison », à sa terre natale et à un black metal sans ambiguïtés ou presque. Il ne pouvait cependant pas envisager de se limiter à un genre dont il est toujours la figure de proue. D’où l’existence de Pharos, la deuxième partie du cycle et deuxième face d’une même pièce. Pharos se devait de contraster avec Telemark, faisant honneur à la soif d’expérimentation du musicien et sa vaste culture musicale. Pharos puise son inspiration dans la musique pop dans son acception la plus large, loin de l’image décérébrée que les esprits étriqués veulent lui donner. Une démarche qui se rapproche de celle d’un Steven Wilson par exemple. Pharos continue d’entretenir la figure d’un artiste polymorphe, qui mourrait s’il était cantonné à un seul registre.

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Zakk Sabbath – Vertigo


Tout le monde sait que Black Sabbath a marqué l’histoire de la musique il y a cinquante ans. Leur premier album changeait la donne et présentait une nouvelle manière d’écrire des riffs et de jouer du rock, tout simplement. Quelque part, tous les groupes de metal actuels existent parce que Black Sabbath a vécu. Certains voient même dans le premier acte Black Sabbath (1970) la naissance du heavy metal. Quoi qu’il en soit, l’hommage lui est dû. C’est ce que veut entreprendre Zakk Sabbath, le cover-band de Black Sabbath emmené par Zakk Wylde, le bassiste Blasko (Ozzy Osbourne, ex-Rob Zombie) et le batteur Joey Castillo (ex-Danzig, ex-Queens Of The Stone Age). L’album de reprises s’intitule Vertigo en référence à Vertigo Records qui a sorti le premier effort de Black Sabbath, enregistré en une journée en octobre 1969. Zakk Sabbath s’était déjà illustré par Live In Detroit (2017). Vertigo est leur premier enregistrement studio. Il faut de l’assurance pour investir temps et argent dans une reprise de Black Sabbath. Zakk Sabbath prouve qu’il a le pedigree et la considération nécessaires.

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Jonathan Hultén – Chants From Another Place


Avec Chants From Another Place, son premier album solo, le Suédois Jonathan Hultén n’en est pas à son coup d’essai. Cela fait pas moins de dix ans qu’il mûrit son projet ; il en avait d’ailleurs déjà proposé un avant-goût en 2017 avec l’EP remarqué The Dark Night Of The Soul. Guitariste, chanteur, artiste et vidéaste (entre autres !), il a surtout mis à profit sa créativité débordante dans Tribulation, groupe de death metal dont les embardées en territoire gothique ces dernières années ne sont pas passées inaperçues – on pense évidemment au succès de The Children Of The Night (2015) et de Down Below (2018) – et dont il est l’une des têtes pensantes. Si les liens sont nombreux entre son travail en groupe et ses productions solos, rien à voir pourtant a priori entre le metal onirique mais corrosif de Tribulation et la folk dépouillée qu’on entend sur Chants From Another Place, entre l’ésotérisme parfois hermétique du premier et la clarté du second. Après l’ombre, la lumière ?

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The Pineapple Thief – Versions Of The Truth


Depuis Your Wilderness (2016) et l’arrivée de Gavin Harrison, The Pineapple Thief voit sa notoriété s’accroître d’année en année. Bruce Soord peut désormais compter sur une deuxième force créatrice en la présence de l’ex-batteur de Porcupine Tree. Gavin Harrison était impliqué dans l’ensemble du processus de composition de Dissolution (2018), le plus grand succès de la carrière de The Pineapple Thief à ce jour. Une tournée aux US et un album solo de Bruce Soord intitulé All This Will Be Yours (2019) ont séparé les sessions d’écriture du successeur de Dissolution. En résulte Versions Of The Truth, le nouvel effort de The Pineapple Thief qui conserve le même line-up pour la troisième fois d’affilée. Tout est dans le titre : ce qui fascine (et exaspère) Bruce, c’est la manière dont la vérité est courbée. Une tendance vieille comme l’humanité, mais rendue d’autant plus perverse par les réseaux sociaux, au point de devenir une arme redoutable pour motiver le chaos.

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