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Interview   

Ihsahn rentre à la maison


« Tout ce que je fais maintenant, c’est probablement d’essayer de trouver comment conserver l’excitation et ne pas avoir l’impression d’emprunter toujours la même route. » Ihsahn fait partie de ces artistes dont l’idée même du renouvellement est immuablement inscrite dans le cahier des charges de ses œuvres. Alors quand Ihsahn s’essaye à un nouveau format, celui d’un duo d’EP, ce n’est pas seulement pour aller dans le sens d’une industrie et de modes de consommation qui aujourd’hui privilégient les formats courts. C’est aussi pour voir ce que cela peut apporter à sa créativité.

Telemark est le premier des deux EP prévus par le musicien avant de s’atteler à son prochain album. De ce format il a tiré une plus grande liberté, n’étant pas soumis aux contraintes d’équilibre et de cohérence qu’il impose lui-même, malgré son attrait pour l’expérimentation et du fait de sa culture musicale, au format album. Pourtant, un thème général se dégage de l’EP, celui des origines musicales comme géographiques, puisque Telemark est le nom de la région natale d’Ihsahn qui a largement façonné son caractère. Inutile, pour autant, d’y chercher une résurgence d’Emperor, c’est plutôt vers l’esprit et l’attitude du black metal d’antan qu’il se tourne, traçant un lien direct avec les idéaux originels du rock n’ roll. On parle de tout cela ci-après avec le musicien.

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Interview   

Demons & Wizards : la bromance d’Hansi & Jon


Une amitié de trente ans, dans n’importe quel milieu et quelles que soient les personnes impliquées, c’est beau. Une amitié de trente ans entre deux musiciens qui décident un beau jour de former un super-groupe pour jouer la musique qu’ils ont écrite ensemble, forcément, pour l’auditeur, c’est encore mieux. Et c’est précisément le chemin emprunté par Hansi Kürsch, inimitable voix de Blind Guardian, et Jon Schaffer, guitariste et principal compositeur d’Iced Earth, à la fin des années 90.

Même si Demons & Wizards n’avait plus vraiment fait parler de lui depuis Touched By The Crimson King, sorti en 2005, le projet n’était pas pour autant enterré, et les deux complices n’attendaient qu’un alignement de planètes favorable (et des agendas un peu moins chargés avec leur groupe respectif) pour revenir sur le devant de la scène. Après une tournée des festivals en 2019 et une belle position de co-headliner au Wacken Open Air, le super-groupe revient aujourd’hui avec un troisième album, sobrement intitulé III, sans doute pour rafraîchir la mémoire de ceux qui auraient perdu le fil après quinze ans de hiatus.

Le toujours très sympathique et loquace Hansi nous parle de ce silence forcé, de ses retrouvailles musicales avec Jon et de leur bromance épique ci-après.

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Interview   

Marko Hietala libère son cœur


Pour un groupe qui s’est octroyé une année sabbatique en 2017, le moins qu’on puisse dire, c’est que ses membres ont été sacrément productifs. Il y a d’abord eu Tuomas Holopainen qui a entraîné Troy Donockley ainsi que son épouse Johanna Kurkela dans le projet Auri. Puis la chanteuse Floor Jansen qui a déterré Northward avec le guitariste Jørn Viggo Lofstad (Pagan’s Mind). Et finalement, le dernier mais pas des moindres, le bassiste-chanteur Marko Hietala a entrepris de fouiller dans ses tiroirs pour y trouver des morceaux qui n’avaient convenu ni à Nightwish, ni à Tarot, pour se lancer pour la première fois en solo.

Le résultat pourra étonner, à la fois parce qu’il est sorti en deux versions – finlandaise sous le patronyme Mustan Sydämen Rovio, début 2019, puis anglaise, intitulée Pyre Of The Black Heart, un an plus tard –, et parce qu’il s’offre une vraie liberté sans trop de considérations commerciales ou de cohérence. Reste qu’on reconnaît indéniablement la patte du musicien, son sens mélodique et ses principales affinités artistiques. Plus encore, par la nature de l’entreprise, on se rapproche au plus près de qui est Marko Hietala (oui, avec un « k » car c’est la vraie orthographe de son prénom), y compris dans des textes plus intimes.

Nous nous sommes entretenus avec le principal intéressé pour qu’il nous parle de ce projet solo qui, par l’investissement de collaborateurs passionnés, tend à devenir un groupe. On rentre également un peu plus dans la vie et la personnalité de Marko Hietala, entre aspirations de jeunesse, rêves et rapport avec son père.

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Le journal d’Abbath : l’alcool, la drogue, l’épisode du Motocultor, l’incident du Wacken…


Abbath est un sacré personnage, aussi fantasque qu’attachant. Mais c’est aussi un grand bavard avec énormément d’histoires à raconter, que ce soit sur sa vie ou celle de ses idoles. En bon passionné, il dévore toutes les biographies et s’est même constitué une collection impressionnante d’objets entreposés sur une étagère, allant d’une figurine parlante d’Al Pacino donnant ses célèbres répliques dans Scarface jusqu’à une chaussure de scène de Paul Stanley, à côté d’un mur où trône la fameuse hache d’Immortal.

Alors quand on se retrouve sur Skype avec un Abbath au confort chez lui, il faut se préparer à de longs bavardages, sans toujours grand rapport avec le sujet de départ : Abbath parle comme il pense. C’est ainsi qu’après notre dernier entretien réalisé en juin pour parler du nouvel album d’Abbath, Outstrider, nous nous sommes retrouvés avec près de quatre heures d’échanges en rab. Des « flux de conscience » tantôt drôles, tantôt introspectifs ou instructifs, avec quantité d’anecdotes. C’est ainsi que nous avons finalement décidé de les publier de manière brute, au discours direct, dans une série d’articles.

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Lost Society : pas d’absolution, pas d’excuse


Changement de direction pour Lost Society. Certes, on ne pourra pas dire qu’ils n’avaient pas préparé le terrain avec Braindead en disséminant quelques indices sur ce que pourraient nous réserver à l’avenir les quatre jeunes thrasheurs de Jyväskylä (Finlande). Toutefois, ça n’empêchera pas le nouvel album No Absolution de surprendre, déconcerter, voire crisper certains fans. Forcément, devant la modernité du propos, la place plus importante laissée à la mélodie, les riffs plus lents et groovy, les questions fusent : Lost Society, à la solde des tendances ? Lost Society, vendu ?

Mais Lost Society est-il si changé que ça ? Samy Elbanna, le frontman du groupe, d’abord, vous jurera que ce « quatrième album, c’est le cœur et l’âme de Lost Society ». Surtout, si la musique elle-même est bel est bien différente du thrash crossover des débuts qui a tant séduit par sa folie, l’esprit effronté, lui, ne les a pas quittés. Y a-t-il plus effronté et rebelle qu’un groupe qui s’écoute lui-même avant d’écouter ses fans ? Le vendu n’est-il pas celui qui refuse de changer et de suivre ses envies par peur d’être abandonné de son public ? Plus que jamais, avec No Absolution – rien que le titre paraît presque dire « on ne s’excusera pas » –, Lost Society fait ce qu’il veut et assume les risques, quitte même à se séparer d’une grosse machine telle que le label Nuclear Blast.

Nous avons longuement discuté avec Samy Elbanna pour comprendre cette évolution – qui n’est pas sans rappeler celles de certains mastodontes du thrash dans les années 90 – et la démarche sous-jacente, évoquant pêle-mêle son chant, les influences élargies du groupe, la collaboration avec le co-compositeur et producteur Joonas Parkkonen, celle avec Apocalyptica sur un morceau particulièrement éloigné de leur répertoire passé, etc.

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Wendy Dio : la mémoire de Ronnie James Dio


Gérer l’héritage d’un artiste iconique comme Ronnie James Dio est à la fois une bénédiction et une lourde responsabilité avec son lot de préoccupations. A commencer par les critiques qui fusent à la moindre décision, avec les remises en cause de la légitimité et les doutes sur la pureté des intentions. Les débats sur l’hologramme de feu l’ex-chanteur de Black Sabbath et Heaven And Hell développé à l’initiative de son ex-épouse et manageuse Wendy Dio en sont l’exemple le plus flagrant.

Aujourd’hui – le 21 février prochain –, c’est une nouvelle salve de rééditions que lance Wendy en collaboration avec le label BMG, celle des quatre derniers albums de Dio : Angry Machines, Magica, Killing The Dragon et Master Of The Moon. L’occasion de redécouvrir ces disques peut-être moins connus que les trois premiers mais qui n’en offrent pas moins leur lot de pépites et dévoilent d’autres facettes de la musique et de la carrière de Ronnie.

L’occasion également pour nous d’échanger avec Wendy sur ces disques, mais aussi et surtout sur la personnalité de Ronnie et sur son propre travail en tant que manageuse et gardienne de l’héritage et de la mémoire de l’artiste.

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Annihilator remonte aux sources


On peut dire que Jeff Waters a passé deux dernières années mouvementées : il a quitté son Canada natal pour traverser l’Atlantique et venir s’installer en Angleterre. Un chamboulement de vie qui explique une annulation de tournée et un retard dans le planning habituel de sortie d’album. Ironiquement, c’est à cette période où il se trouve déraciné dans sa vie que Jeff Waters décide de revisiter ses racines musicales avec le nouvel album d’Annihilator, Ballistic, Sadistic. Une manière de trouver du réconfort dans la nostalgie, peut-être. Un exutoire pour évacuer le stress, surtout.

Dans l’entretien qui suit, Jeff Waters nous parle donc de la direction musicale entreprise sur Ballistic, Sadistic. Un album qui, plus qu’un retour aux sources, est surtout un hommage à une musique qu’il lui est aujourd’hui – et il en a conscience – impossible à reproduire. Son old school et retour à une composition en tandem avec le batteur, l’entreprise fait forcément remonter quelques souvenirs, que le musicien partage avec nous pour mieux comprendre ses origines et son évolution. Avec une petite pensée pour le chanteur Randy Rampage qui a chanté sur le classique Alice In Hell (1989) et qui nous a quittés il y a un an et demi.

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Le journal d’Abbath : le masque de Creature, Cradle Of Filth, Darkthrone, Dave Grohl…


Abbath est un sacré personnage, aussi fantasque qu’attachant. Mais c’est aussi un grand bavard avec énormément d’histoires à raconter, que ce soit sur sa vie ou celle de ses idoles. En bon passionné, il dévore toutes les biographies et s’est même constitué une collection impressionnante d’objets entreposés sur une étagère, allant d’une figurine parlante d’Al Pacino donnant ses célèbres répliques dans Scarface jusqu’à une chaussure de scène de Paul Stanley, à côté d’un mur où trône la fameuse hache d’Immortal.

Alors quand on se retrouve sur Skype avec un Abbath au confort chez lui, il faut se préparer à de longs bavardages, sans toujours grand rapport avec le sujet de départ : Abbath parle comme il pense. C’est ainsi qu’après notre dernier entretien réalisé en juin pour parler du nouvel album d’Abbath, Outstrider, nous nous sommes retrouvés avec près de quatre heures d’échanges en rab. Des « flux de conscience » tantôt drôles, tantôt introspectifs ou instructifs, avec quantité d’anecdotes. C’est ainsi que nous avons finalement décidé de les publier de manière brute, au discours direct, dans une série d’articles.

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Kvelertak : les accords de la discorde


Kvelertak est certainement l’un des groupes de rock les plus singuliers de son époque, proposant un méli-mélo improbable de styles musicaux que pourtant les Norvégiens marient à la perfection. Kvelertak a l’énergie du punk, le sens mélodique du classic rock, la noirceur du black metal, la hargne du thrash et la sophistication du prog, en étant à la fois fun et très sérieux. Si de prime abord on aurait tendance à comprendre le titre du nouvel album, Splid, ou « discorde » en français, dans un contexte politico-social et à l’échelle du monde, on comprend vite qu’il résume à lui seul ce qu’est Kvelertak, soit un groupe dominé par les tensions. Musicales, d’abord. Humaines, ensuite, comme s’en amuse Ivar Nikolaisen, le nouveau chanteur du groupe, en nous décrivant sa découverte d’un groupe où tout le monde se crie dessus. Mais toutes les tensions ne sont pas forcément négatives, comme le démontrent l’esprit de camaraderie et la créativité qui règnent au sein de Kvelertak.

Splid, c’est aussi et surtout un nouveau chapitre qui s’ouvre pour Kvelertak : nouveau chanteur donc, nouveau batteur, nouveau label… Et force est de constater que, si on avait pu craindre le départ du frontman Erlend Hjelvik, le sextet en ressort finalement plus fort, ouvrant ses perspectives techniques et artistiques. Pour marquer le coup, nous nous sommes longuement entretenus avec Ivar Nikolaisen et le guitariste Vidar Landa. L’occasion pour le premier de faire les présentations et pour le second de revenir, par exemple, sur l’expérience de tournée avec Metallica lors du cycle précédent, parmi tant d’autres sujets abordés.

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Delain et ses ambivalences


Quand on s’appelle Delain et que son objectif est d’être toujours plus « heavy et plus fort », à accumuler une quantité d’éléments parfois contradictoires, le challenge c’est pour beaucoup l’équilibre. Il suffit d’écouter leur nouvel album – dont le titre Apocalypse & Chill, au-delà de la thématique, symbolise bien les contrastes présents dans la musique – pour s’en rendre compte, entre riffing heavy, mélodies pop, orchestrations et chœurs opulents, électronique, inspirations années 80, 90 et actuelles… A ce stade, et malgré le côté très avenant et en apparence « facile » de la musique de Delain, ça devient une vraie science pour savoir comment agencer tout ceci et savoir quoi mettre en avant et à quel moment.

Une « science » qu’ont développée la chanteuse Charlotte Wessels et le claviériste-producteur Martijn Westerholt en quinze ans de carrière, ajustant progressivement la formule, comme avec désormais l’intégration du guitariste Timo Somers à l’écriture, l’apport d’un vrai chœur, une philosophie affinée quant à l’utilisation des orchestrations… Ceci, c’est pour l’aspect technique dont nous parlent les deux musiciens ci-après. Pour l’aspect thématique, ils nous font part de leurs observations sur le monde actuel – réseaux sociaux, environnement, surpopulation… –, et en notamment ses contradictions.

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