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Interview   

Abbath : cinquante nuances de noir


Depuis quatre ans, la carrière d’Abbath est loin d’avoir été un long fleuve tranquille. entre son départ houleux d’Immortal et les incessants changements de line-up au sein de son groupe solo, on comprend aisément son exaspération et sa lassitude. « Je n’ai jamais demandé tout ça ! Tout ce que je veux, c’est balancer la musique et partir en tournée », nous dit-il ci-après. Et puis plus loin, dans une longue réponse révélatrice, il nous avoue : « Je n’aime pas parler de toutes les merdes qui se sont passées, mais c’est aussi quelque chose que j’ai besoin d’évacuer. » Espérons que le départ de Tom Cato Visnes alias King Ov Hell, qui n’a décidément pas l’air d’être facile à vivre malgré ses qualités de musicien, et l’instauration d’un tout nouveau et talentueux line-up marqueront le début de la stabilité.

Car Outstrider, second album d’Abbath, le groupe, démontre qu’Olve Eikemo, de son vrai nom, a encore beaucoup à dire. Musicalement, en matière de riffs surtout, mais aussi dans l’entretien qui suit dont, soyons transparent, de nombreuses digressions ont dû être coupées par souci de cohérence (nous les proposerons sans doute ultérieurement). De plus, si le guitariste Ole André Farstad (peu loquace, convenons-en) accompagnait Abbath, c’est avec surprise que Simon Dancaster, le parolier du groupe, s’est joint à la fête pour nous parler du psychiatre Carl Jung, inspiration première d’Outstrider. Force est de constater que les deux larrons se sont bien trouvés… Car, aux antipodes du sérieux affiché par d’autres formations black metal, l’humour fait toujours autant partie de la personnalité d’Abbath !

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Interview   

Le requiem de Tom Warrior


« Tu te rends compte ? Peut-être que demain, ma carrière sera fichue ! » nous confiait un Tom G. Warrior un brin anxieux la veille de sa performance à la dernière édition du Roadburn. La pression était en effet à son comble : événement unique, le concert s’annonçait l’aboutissement d’un projet entamé par le musicien il y a 33 ans, alors que Celtic Frost était au faîte de sa carrière. Intitulée Requiem, composée de « Rex Irae », sorti sur le légendaire Into The Pandemonium en 1987, de « Winter », qui fermait Monotheist en 2006, ainsi que d’une longue partie centrale inédite, jouée par les musiciens de Triptykon et un orchestre, le Metropole Orkest d’Hilversum aux Pays-Bas, la pièce n’avait en effet jamais été jouée en live auparavant. Un moment historique, donc, mais aussi un numéro sans filet pour un artiste qui, en plus de trente ans de carrière, a forgé comme peu d’autres le metal extrême contemporain.

C’est le lendemain, quelques heures après que son Requiem avait été acclamé par une salle comble, que nous avons retrouvé Tom pour échanger à chaud sur la genèse de ce projet de longue haleine. Majestueux, dense en émotion, véritable mariage du ciel et de l’enfer, le Requiem est en effet plus qu’une pièce musicale : condensé d’une carrière et de l’histoire d’un groupe mythique, c’est aussi une évocation en clair-obscur de la mort. Littéralement d’abord, celle des proches de Warrior, son ancien camarade de Celtic Frost Martin Ain en tête. Et puis plus abstraitement, celle qui semble être la muse inépuisable de l’artiste, toujours inextricablement liée à son processus de création. L’occasion aussi de faire un point sur les autres projets de cet artiste prolifique qui a encore beaucoup à nous offrir…

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Interview   

Diamond Head : un train d’enfer


Et si on commençait enfin à envisager Diamond Head comme plus qu’un « groupe qui a influencé Metallica et dont Lars Ulrich était fan » ? Après tout, si le célèbre batteur a tant apprécié le groupe anglais dans ses jeunes années, c’est pour une bonne raison. Et une bonne raison de dépasser cette étiquette qui lui colle à la peau, Diamond Head en offre une belle aujourd’hui : The Coffin Train. Un huitième album, mais le second depuis la renaissance qu’a représentée l’album sans titre de 2016. En trois ans, fort de deux jeunes recrues – le bassiste Dean Ashton et surtout l’impressionnant Rasmus Bom Andersen au chant – lui ayant apporté une énergie, une fraîcheur et un enthousiasme renouvelés, Diamond Head a gagné en assurance pour livrer ce qui s’apparente à la parfaite combinaison de heavy metal classique et moderne.

Avec comme héritage des hits de la trempe d’« Am I Evil? » et débarquant avec un nouvel album d’une telle qualité, la bande à Brian Tatler a aujourd’hui toutes les cartes en main pour largement conquérir le cœur des metalleux. Alors qu’ils s’apprêtent à fêter les quarante ans de Lightning To The Nations, leur premier album, il n’est jamais trop tard pour prendre le train en marche.

Dans l’entretien qui suit Brian Tatler nous parle de The Coffin Train, d’un groupe cumulant désormais fougue de jeunesse et expérience de vétéran, mais aussi de quarante ans de New Wave Of British Heavy Metal, avec son lot d’introspection.

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Interview   

Turilli / Lione Rhapsody : « le nouveau visage du metal symphonique »


En un peu plus de vingt ans, le groupe qui s’est à l’origine fait un nom en tant que Rhapsody aura connu à peu près autant de ruptures, réconciliations et renaissances que tous les personnages d’une telenovela réunis. Petit résumé des épisodes précédents…

Il y a d’abord eu Rhapsody, donc. Pour d’obscures raisons légales, le groupe est ensuite devenu Rhapsody Of Fire. Puis Luca Turilli, fondateur, compositeur, parolier et guitariste, a quitté le navire pour fonder Luca Turilli’s Rhapsody. Le chanteur Fabio Lione, resté fidèle au groupe d’origine, a lui aussi fini par jeter l’éponge, laissant Rhapsody Of Fire poursuivre l’aventure avec un nouveau frontman. Entre-temps, Luca Turilli’s Rhapsody a fermé boutique. Puis il y a eu la tournée anniversaire/d’adieu du Rhapsody d’origine, amputé du claviériste Alex Staropoli – tournée qui a finalement vu Turilli et Lione remettre le couvert et fonder… Turilli / Lione Rhapsody. Vous suivez toujours ?

Logo rénové, orchestrations modernisées, tarentelle et tourdion mis au placard au profit d’effets sonores numériques très actuels… Pour cette énième itération de Rhapsody, Turilli et Lione ont mis leur son caractéristique au goût du jour, et c’est avec l’enthousiasme et la complicité d’un vieux couple que le guitariste/compositeur et le chanteur nous parlent de leur nouveau bébé, baptisé Zero Gravity – Rebirth And Evolution.

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Interview   

Magma : le maître achève son oeuvre


Vous croyez que les Guns N’ Roses, Tool ou Rammstein avaient établi des records en matière de durée de gestation d’un album ? Eh bien, ce n’est rien comparé à Zëss de l’entité tentaculaire et inclassable qu’est Magma. Zëss : Le Jour Du Néant, c’est le nom du nouvel album de la formation emmenée par le Christian Vander, mais aussi celui d’une chanson de près de quarante minutes qui le compose. « Zëss » – titre signifiant « maître » en kobaïen, langage inventé par Vander – prend ses origines dans les années 70 mais ne fut jamais terminé jusqu’à ce jour, au grand dam des fans qui devaient se contenter des quelques enregistrements live de versions inachevées. Il faut dire que l’aboutissement du morceau n’est autre que l’avènement… du néant. Que pouvait-il y avoir après ça ?

La réponse, Christian Vander nous la donne, en partie, ci-après. Détaillant les défis auxquels il a été confronté – le travail avec l’orchestre de Prague, les improvisations vocales non mesurées, etc. –, il nous explique surtout comment, à l’occasion des cinquante ans de Magma il en est venu à achever l’œuvre, grâce à des éclairs d’inspiration inopinés, presque magiques voire médiumniques, qu’il n’explique pas toujours.

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Baroness : une palette sans limite


Gold & Grey a beau être le dernier album du cycle conceptuel chromatique initié par Baroness en 2007 avec le Red Album, on se rend vite compte à son écoute et à entendre John Baizley – le chanteur-guitariste, tête pensante et dernier membre originel encore en activité du groupe – qu’il a également tout d’un point de départ vers des horizons beaucoup plus vastes encore que ce qu’on a connu dans sa discographie passée. Album kaléidoscopique, album playlist, album idiosyncratique, album psychothérapeutique… Les qualificatifs ne manquent pas dans la bouche de Baizley pour évoquer dans de longues tirades passionnées la singularité d’un album dont il n’a lui-même, semble-t-il, pas toujours contrôlé ou compris la réalisation.

L’étape Purple, qui fut si cruciale pour démontrer que l’accident de bus de 2012 n’avait pas eu raison du groupe et de son enthousiasme créatif (bien au contraire !), étant passée, fort d’une nouvelle recrue de choix en la personne de Gina Gleason et d’une expérience de tournée sans batteur ayant servi de déclic (à commencer par leur prestation au Hellfest), Baroness est prêt à redéfinir son art à l’envi et à voguer sans limite vers son avenir. John Baizley nous raconte.

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Interview    Studio Report   

Destruction : récit d’un accouchement


Le 9 août prochain sortira Born To Perish, le quatorzième album d’un des maîtres du thrash allemands, Destruction. Premier album depuis que la bande à Schmier s’est adjoint les services d’un quatrième membre, le guitariste Damir Eskic, et d’un nouveau batteur, en la personne de Randy Black. Un renouveau qui a forcément apporté une excitation supplémentaire autour de la conception de l’opus. L’occasion idéale pour glisser un regard sur les sessions de composition et d’enregistrement.

Dans le récit ci-après, Schmier nous conte la naissance de Born To Perish, en immersion aux côtés du groupe, levant le voile sur les méthodes, la gestion du stress, les interrogations, les difficultés, et surtout le plaisir qu’il éprouve toujours autant à être productif en studio, malgré les trente-cinq ans qui se sont écoulés depuis le tout premier EP Sentence Of Death, alors qu’il allait tout juste sur ses dix-huit ans. Le frontman fait donc également parler son expérience, faisant des parallèles avec le passé et offrant quelques conseils aux jeunes musiciens.

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Daniel Tompkins obéit à sa propre loi


Daniel Tompkins n’a que dix ans de carrière derrière lui en tant que chanteur professionnel, pourtant, entre Tesseract, Sky Harbor, White Moth Black Butterfly et autres projets, il n’a déjà pas moins d’une quinzaine d’albums à son actif. Une façon de rattraper le temps, après une carrière dans les forces de police qui l’a fait mûrir en accéléré en lui faisant vivre des expériences humaines souvent choquantes.

Le boulimique de créativité, qui a pu ressentir une forme de frustration face aux compromis qu’impose le fait d’être dans un groupe, entame aujourd’hui une nouvelle phase de sa carrière en se lançant en solo avec un album intitulé Castles. Un album pop-rock et électronique conçu il y a déjà quatre ans – le temps qu’il trouve confiance en lui –, de concert avec le producteur Eddie Head, et avec lequel il explore l’arc des relations.

C’est ainsi que dans l’entretien qui suit, outre la conception du disque, sa direction artistique et son univers visuel fort (citant comme référence des artistes tels que David Bowie et Devin Townsend), le chanteur partage ses analyses éclairées sur les relations amoureuses, offrant matière à réflexion. Enfin, nous ne pouvions pas ne pas profiter de cette entrevue pour revenir sur le parcours atypique de Daniel Tompkins et son passé dans les forces de police qui le hante encore aujourd’hui. Instructif.

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Step In Fluid : éclater les genres et s’éclater


Ca faisait quelque temps qu’on n’avait pas ou peu eu de nouvelles d’Harun Demiraslan. Il faut dire que les emplois du temps de ses collègues de Step In Fluid (surtout celui de ministre du batteur Florent Marcadet), le changement de chanteur dans Trepalium et la vie, tout simplement, qui suit son cours n’ont fait que repousser les échéances. Ceux qui suivent le guitariste ont tout de même pu profiter en 2017 du projet solo électro-rock auto-produit et chanté en malien Mali Kanu, prouvant qu’il n’avait rien perdu de son sens de l’audace et de l’expérimentation. Un EP qui était surtout annonciateur de la déferlante créative qui allait arriver.

Tandis que Trepalium peaufine son nouvel album, le premier avec Renato Di Folco (Flayed) au chant et prévu pour la fin de l’année, et qu’Harun travaille en parallèle sur un mystérieux nouveau projet, Step In Fluid sort de son silence de huit ans avec l’album Back In Business. Depuis One Step Beyond, le quatuor est devenu un quintet avec l’addition d’un claviériste et a ouvert son champ d’expression musical. C’est à cette occasion que nous avons joint Harun, afin qu’il nous parle de ce nouvel opus mais aussi, de façon plus générale, de son rapport hétéroclite à la musique, autant comme auditeur que créateur.

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Interview   

Shaârghot : ne pas se faire dévorer


Après l’avant-goût qu’était l’EP Break Your Body, le Shaârghot est de retour avec le véritable second épisode de sa saga, Vol. II: The Advent Of Shadows. A cette occasion, nous avons cherché à savoir où en étaient la créature et son créateur, Étienne Bianchi, tant sur le plan du scénario, du développement du personnage que de la musique elle même. Mais nous avons, pour faire suite à notre interview précédente, aussi voulu connaître l’évolution de le relation entre l’homme et son personnage. Car il y a un an déjà, Étienne nous avouait que le Shaârghot commençait à prendre beaucoup de place dans sa vie personnelle.

En outre, comme dans bon nombre d’œuvres cyberpunk et post-apocalyptiques, l’univers de Shaârghot n’est pas qu’esthétique et délivre subtilement une réflexion sociale dont nous avons également discuté.

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