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Down : La Nouvelle-Orléans vibre encore


Près d’un an après son concert à huis clos célébrant le quart de siècle de l’album Nola, Down rebranche le stream ce vendredi 13 août devant la fosse comble du Fillmore de La Nouvelle-Orléans. Accompagné en première partie du comédien Dave Hill qui jonglera pendant vingt minutes entre blagues graveleuses et solos fiévreux, le super-groupe retrouve donc son public chauffé à blanc pour la première fois depuis 2016, une éternité pour les deux parties. Si le live d’août 2020 était une bouffée d’air frais au milieu de l’été, intéressant car accompagné d’interviews et d’images d’archives, l’absence d’audience physique fixait naturellement un plafond de verre à l’énergie globale du show. Aujourd’hui, le plafond a perdu quelques dents. Majoritairement originaire de Louisiane, le pit est on ne peut plus qualifié pour apprécier et renvoyer le groove lancinant d’Anselmo et consorts. On regretterait presque que les caméramans ne se soient pas encore un peu plus attardés sur cette foule, complément acquise à la cause du groupe.

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Mastodon : l’acoustique venue des abysses


Un concert de Mastodon dans un aquarium. Oui, dans un aquarium. Une opportunité aussi unique qu’atypique pour les natifs d’Atlanta qui ont, dès leurs débuts, exprimé leur affinité commune avec le monde aquatique via l’album Leviathan, notamment inspiré par le conte populaire de Moby Dick.

Soucieux de respecter la tranquillité des habitants du domaine marin et de ne pas dénaturer leur identité musicale, Mastodon a soigneusement sélectionné les morceaux qui allaient faire écho dans cette salle principale de l’aquarium et qui allaient être transposés en version acoustique. Ou presque… Si la batterie arbore un kit plus modeste et que deux guitares sur trois sont électro-acoustiques, le groupe n’a pas complètement évincé la distorsion de leur formation : tour à tour, Brent Hinds et Bill Kelliher assurent la composante granuleuse avec la dextérité qu’on leur connaît. Cet arrangement d’ensemble a même le mérite de rendre plus clairs certains passages particulièrement chargés qu’on peinait à décortiquer sur les albums.

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Omega Alive ou le royaume d’Epica


Dès l’annonce de « Omega Alive » en avril dernier, Epica avait fait dans le superlatif : ce live stream destiné à promouvoir la nouvelle galette des Néerlandais, Omega, était annoncé comme « le concert le plus spectaculaire » du groupe, un « spectacle audiovisuel massif », riche en « surprises » et soutenu par une « production énorme ». La setlist, axée principalement autour des nouveaux titres mais émaillée de classiques plus anciens, serait découpée en cinq actes, avec des décors « en constante évolution », et le combo promettait de ne s’épargner aucun effort pour rendre l’événement absolument mémorable.

Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, cette publicité hyperbolique n’était pas exagérée.

Le ton est donné dès la cinématique d’ouverture, dont l’héroïne, une fillette perdue au milieu d’un labyrinthe et confrontée au moindre détour à une Simone Simons aux faux airs de déesse vengeresse, refera son apparition entre chaque acte. Les décors léchés, qui alternent entre le noir et chrome futuriste d’Overtura, l’ambiance de temple mésopotamien d’Elysia et le dépouillement absolu de Gravita, sont dignes d’une superproduction hollywoodienne, et les effets scéniques ne sont pas en reste : claviers montés sur rails, pianos enflammés, pyrotechnie à gogo, acrobates suspendus au lustre, cracheurs de feu, danseuses, plateforme ascendante pour les guitaristes… Epica n’a jamais aussi bien porté son nom et l’espace colossal d’AED Studios – le plus grand complexe de tournage du Bénélux, où le concert est filmé – est exploité à la perfection.

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Nightwish : escapade dans un monde virtuel


An Evening with Nightwish In a Virtual World 2021Qu’on le veuille ou non, depuis désormais un peu plus d’un an, les livestreams sont solidement ancrés dans le paysage. Si certains groupes se sont lancés dès les premiers mois de la pandémie, d’autres, plus frileux face au concept ou peut-être plus optimistes quant au retour prochain de la « vie normale », ont préféré temporiser et prendre le train du concert virtuel à la fin du voyage.

En salle, en studio, en acoustique, en tout pareil que d’habitude mais simplement sans public, en version intimiste et dépouillée, en mode grandiose et démesuré… Les possibilités ne manquaient pas, mais soyons honnêtes, en quinze mois de concerts à la maison, on pensait avoir fait le tour. Enfin, ça, c’était avant que Nightwish ne pense au dernier joujou technologique en vogue : la réalité virtuelle.

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Karnivool : dans l’attente d’un jour nouveau


“Sound is the basis”. C’est par ces bribes des paroles de “Change” que le 12 mai dernier Karnivool nous invite, à contrecœur, à célébrer en streaming la décennie de son album Sound Awake. À contrecœur car les Australiens se sont finalement résignés à diffuser ce concert sur les réseaux, sans public pour partager la si précieuse énergie que chacun et chacune réclame avec avidité. L’amertume est d’autant plus perceptible que les musiciens ont dû reporter à 2022 leur « Regeneration Tour ». Ce concert n’est donc ni innocent ni insignifiant, il se veut cathartique.

Le titre « Simple Boy » se dessine sobrement, une lumière blafarde et poussiéreuse nous en dit un peu plus sur la scène et ses protagonistes, les guitares arborent leurs balafres, symboles de concerts passés. Le ronflement si caractéristique de la basse de Jon Stockman entame « comme il se doit » les hostilités en étant frontalement appuyé par le jeu de batterie implacable de Steve Judd. Quelques minutes sont suffisantes pour adhérer au pacte limpide de Karnivool : pas de faux-semblants, pas de simulacre. Les musiciens partagent entre eux leur musique, de la manière la plus authentique possible malgré le contexte. Rien de moins, rien de plus. C’est ce parti pris qui permettra à la totalité du concert de résonner avec justesse et équilibre.

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Roadburn Redux rassemble malgré la distance


Réunir plus de 75 000 passionnés de musique venant du monde entier – pas moins de 119 pays représentés ! – autour d’une série de performances live en pleine pandémie, alors que les rassemblements sont interdits un peu partout et que tout le monde est, à peu de choses près, cloîtré chez soi ? Par les temps qui courent, ça semble tristement utopique, mais c’est pourtant l’exploit réalisé par l’équipe du Roadburn dont la créativité débordante n’est plus à prouver (on se souvient de sa réactivité lors de l’éruption du volcan Eyjafjallajökull en 2010 et de sa capacité générale à se renouveler).

Après avoir dû annuler son édition 2020, c’est en ligne qu’a eu lieu celle de cette année. Au programme, performances inédites dont certaines en live à l’013 à Tilbourg où le festival a habituellement lieu, projets commandés pour l’occasion, lancements, avant-premières et autres mixtapes pour environ 80 heures de contenu. De quoi, comme lors des autres éditions, se retrouver joyeusement débordé et obligé de faire face à de cruels dilemmes. Retour sur 10 performances qui reflètent l’éclectisme caractéristique du festival, histoire de prolonger ce week-end pas comme les autres…

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Korn Monumental : quand Korn bouscule le paradigme


Un concert est une expérience sensorielle et sensuelle. Au-delà de l’ouïe, c’est tout le corps qui vit l’événement : le toucher avec les vibrations des basses dans tout le corps, le contact avec le sol, avec autrui ; la vue, profiter de l’exceptionnalité de l’instant, de ces échanges fugaces ; le goût de la transpiration, l’odeur des fumigènes et des autres corps… c’est tout l’être qui résonne lors de ces moments. Il y a aussi quelque chose du rituel, de la communion païenne d’un ensemble qui s’unit pour partager le moment présent, se projeter dans l’autre pour y voir une représentation de soi, nos miroirs et nos doubles, et créer un souvenir qui sera réinventé et revisité par notre inconscient. Ce sont toutes ces sensations et ces expériences qui donnent corps à un concert.

Korn, comme bon nombre de groupes depuis le début de la pandémie, a décidé d’offrir à ses fans un concert virtuel exceptionnel : Korn Monumental. Le ton est donné, l’événement se veut avant-gardiste, novateur. Le concert sera diffusé depuis le plateau de Stranger Things : The Drive-Into Experience à Los Angeles, un drive-in immersif basé sur la série Netflix Stranger Things. Un mélange de morceaux rares et de classiques de Korn, ainsi que la présentation en direct de nombreux morceaux de l’album le plus récent de Korn, The Nothing, que le groupe n’a pas réellement pu faire vivre sur scène. Mais Monumental est un concert virtuel. Comment créer une expérience monumentale alors que je suis chez moi, avec un environnement qui m’est familier ? Comment vivre un moment hors du commun alors que l’expérience sensorielle sera limitée ?

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Wardruna : l’appel du corbeau blanc


Par un chant grave et lointain, l’appel du corbeau blanc guide tout un chacun à travers les forêts et invite à ne plus faire qu’un avec les arbres les peuplant. Il suffit de tendre l’oreille, d’aller au plus près de la nature et d’errer en son sein pour qu’elle nous parle. C’est ce que Warduna a toujours transmis par sa musique, et la sortie de Kvitravn le 22 janvier 2021 ne fait pas exception.

À l’occasion de ce dernier opus, et compte tenu des restrictions sanitaires condamnant les concerts à n’être plus que de beaux – et parfois sombres – souvenirs, les artistes de Wardruna ont choisi l’alternative du live stream pour pallier au mieux le manque de la performance scénique, tant pour eux que pour leurs fans. C’est donc le 26 mars 2021 que le public a pu suivre cet événement de chez lui, s’appropriant le confort de son visionnage, au gré de ses envies. Nous avons pu assister à ce concert en même temps que plein d’autres âmes errantes, en quête de reconnexion avec leur existence, à travers le monde. Le Live Stream était enregistré, donnant ainsi la possibilité de le visionner dès sa sortie à 21 heures, ou à loisir pendant les 48 heures suivantes.

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Obituary : Pour les fans seulement ?


Obituary remet ça. En octobre dernier, les Américains ont déjà joué en direct à la mode pandémie en proposant trois soirs avec les albums Slowly We Rot et Cause Of Death joués dans leur intégralité, chacun sur une soirée, un dernier soir étant consacré à des morceaux rarement joués. Avril 2021, les fans ont droit à deux soirées en direct du camp de base des Floridiens. Un soir consacré à une sélection des titres préférés du groupe. Le second soir, The End Complete est à la fête.

Préparez votre canapé, votre son, votre image et votre bière (Budweiser ou Stella Artois si vous voulez communier avec les musiciens, toute autre marque – presque – si vous voulez de la bière), et connectez-vous pour plonger dans le studio de répétition du groupe. Petit piège : on changera d’heure entre les deux prestations, l’une sera donc à 22h, l’autre à 23h.

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The Ocean : collectif sans artifices


« C’était très bizarre pour nous » conclut Robin Staps alors que lui et ses acolytes musiciens viennent de jouer en intégralité leur album de 2018 Phanerozoïc I au Club100 de Brème en streaming live. Malgré tous les efforts fournis par les artistes, les techniciens et les équipes de production, on ne peut s’empêcher d’acquiescer et de sentir que la matière musicale ne résonne pas comme elle le devrait. Ce qui est plutôt bon signe finalement. Cependant The Ocean persiste avec résilience et s’emploie à jouer son album en toute « sincérité ». Ici pas de décors, pas de visuel, pas de propos conceptuel notable. S’il peut sembler de prime abord ascète, ce choix artistique a le mérite de donner toute sa place au collectif et à son intention en ces temps troublés : jouer et partager sa musique, peu importe qu’il s’agisse d’un streaming.

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    The Old Dead Tree @ Savigny-Le-Temple
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