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Metalanalyse   

Behemoth : le sataniste, l’artiste, l’homme


Les expériences de la vie sont, sans l’ombre d’un doute, la première des inspirations pour un artiste. Et c’est véritablement un symbole fort et à multiples degrés d’interprétation que de voir Nergal, tête pensante de Behemoth, intégrer un peu de son sang à l’illustration de son nouvel album, après avoir lutté contre la leucémie. Un symbole qui en dit long sur le choc émotionnel subi par le musicien, qui allait évidemment mettre à « profit » (terme entre guillemets car on se doute qu’il s’en serait bien passé) dans son art cette épreuve et la sorte de renaissance qui a suivi sa victoire.

Mais ce que l’on sait aussi, c’est que, souvent, l’homme, aussi subversif puisse-t-il être en pleine possession de ses moyens, s’efface devant la perspective de la mort, cherche à se rattacher au moindre réconfort qui pourra l’aider à (sur)vivre. Et dans ces situations, le besoin de trouver la foi vient généralement s’imposer. Les religions qui offrent des philosophies, des dogmes et des histoires toutes prêtes en lesquelles croire sur la vie et la mort sont des prises auxquelles on peut vite s’agripper car au pied du mur nous n’avons plus le temps de chercher. Alors, Nergal, lui qui a toujours utilisé le satanisme avant tout comme moyen de combattre les dogmes religieux, surtout chrétiens dans une Pologne où la séparation des pouvoirs entre l’État et l’Église n’est pas toujours clair, lui qui déchira une Bible sur scène lui valant un fameux procès, aurait-il pu, lui-aussi, céder ou tout du moins mettre de l’eau dans son vin ?

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Vanden Plas met en boîte son rock opera


La constance de Vanden Plas peut être louée à bien des niveaux. Sur le plan des sorties d’abord, le groupe allemand de metal progressif tient un rythme raisonnable à raison d’un album tout les quatre ans depuis 2002. Sur le format ensuite, les Allemands en dignes musiciens du genre, semblent toujours aussi attachés à l’album-concept. Christ O s’inspirait de la volumineuse fresque du Comte de Monte-Cristo écrite par Alexandre Dumas, The Seraphic Clockwork plongeait dans la science-fiction des voyages dans le temps. Mais ce goût pour les grands décors dépasse la seule conception de chaque album. La relation de Vanden Plas à la scène de théâtre et aux comédies musicales s’est nourrie au fil des années de la participation des musiciens, et en particulier du chanteur Andy Kuntz, à de multiples projets.

Mais sur ce point, le nouvel album de Vanden Plas innove sans doute par rapport au reste de la discographie, ne serait-ce que par l’ambition du projet entrepris. Wolfgang Hohlbein, auteur de romans de fantasy à succès, a initié une collaboration artistique avec le groupe pour mettre en scène et interpréter l’une de ces histoires. Naît ainsi le rock opéra « Bloodnight », directement inspiré d’un des romans de Hohlbein intitulé « Chroniques des Immortels » (une sorte de dark fantasy allemande avec des vampires). L’album Chronicles Of The Immortals – The Netherworld est la continuité de ce projet : une adaptation studio des morceaux composés pour la scène retraçant la première moitié de l’histoire (un second album est prévu pour 2015).

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Within Temptation : les deux têtes d’un même corps


Le parti-pris artistique de Within Temptation, depuis The Unforgiving en 2011, qui tend à évoluer aux frontières de la pop était pour les Hollandais une véritable source d’inspiration. Un terreau fertile où le groupe pouvait assumer son visage le plus efficace et accessible qui depuis toujours fait partie intégrante de ses gênes. Alors, bien qu’une partie des fans du groupe se soient retrouvés pris de court face à ce virage jugé brusque bien que logique (et déjà entamé en 2007 sur The Heart Of Everything), Within Temptation n’a depuis lors jamais plus caché ce qui semblait être son ambition.

Preuve en est en avril dernier encore avec son The Q-Music Sessions, album compilant les nombreuses reprises d’artistes « grand public » que le groupe a réalisé à l’automne 2012 pour la station de radio belge Q-Music. Le groupe y confirmait ses choix et désirs artistiques en y reprenant, notamment, du David Guetta, artiste éminemment pop et radiophonique. Toutefois, on ne se défait pas de son passé aussi simplement – si tant est qu’ils aient véritablement voulu s’en défaire. Et si la formation depuis deux bonnes années a entrepris de confirmer et jouer de son statut de pop star néerlandaise, elle parle encore majoritairement au public metal. C’est dans cet entre-deux que naît Hydra, le nouvel opus studio du combo.

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Ayreon démontre l’écart entre la théorie et la pratique


En 2008, le projet Ayreon avait été mis aux arrêts après la réception mitigée de son dernier album 01011001. Manifestement conscient, rétroactivement tout du moins, de n’avoir rien offert de vraiment neuf avec 01011001, le géniteur du projet Arjen Lucassen avait bien perçu la critique réservée sur l’originalité de son nouvel opus. Avec six albums classés dans sa discographie, il faut bien avouer qu’Ayreon a eu le temps de mettre au point sa recette : des albums-concept copieux, une intrigue de science-fiction orchestrée sur un rock progressif métallisant. Et surtout, peut-être le plus excitant dans l’histoire, une brochette de musiciens et chanteurs prestigieux venus de multiples horizons du monde metal, dévoilée au compte-goutte avant la sortie de chaque nouvel opus.

Lucassen a donc appuyé sur la touche pause de son projet principal. Mais cela n’a pas coupé court à sa productivité pour autant, loin s’en faut : il enchaîne en 2009 sur Guilt Machine, un nouveau projet, puis sur un opus de Star One et enfin un projet solo intitulé Lost In The New Real su lequel il expérimente de nouvelles idées. Une approche qui le ramène alors vers Ayreon. Prenant sa place au pupitre, Arjen Lucassen ressaisit sa baguette de chef d’orchestre pour donner vie à un nouvel opéra rock : The Theory Of Everything.

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Rhapsody Of Fire déploie son nouvel arsenal


On en pense ce qu’on veut, mais Rhapsody (tout court, « Of Fire » ou « Luca Turrilli’s », et pourquoi pas « In Black ») est décidément un groupe atypique. Déjà la séparation, ou plutôt la scission, à l’amiable survenue il y a deux ans, générant deux entités distinctes partageant le patronyme de Rhapsody, produisant chacun des albums et se produisant en concert, en soi, ce n’est pas banal. Qui plus est, prétendre, comme Luca Turilli l’a fait, que les albums des deux entités pourront être considérés comme une continuation de la discographie de la maison-mère (et même si Alex Staropoli nous a récemment avoué ne pas tout à fait partager ce point de vue), ajoute au côté insolite de la situation. Mais même musicalement, on se rend compte que le groupe défie en quelque sorte les pronostics.

Dans le duo de compositeurs Turilli/Staropoli, là où on aurait cru, dans les derniers albums, le guitariste responsable du côté plus heavy et agressif et le claviériste des orchestrations de plus en plus pompeuses et envahissantes, on constate aujourd’hui qu’en fait c’était tout l’inverse. Le constat vient déjà du Ascending To Infinity de Luca Turilli qui fut le premier à dégainer. Un album plus grandiloquent que jamais, où la guitare se retrouve parfois noyée sous la masse orchestrale et de chœurs. Constat complété par la seconde pièce du puzzle, première œuvre du Rhapsody version Staropoli, du nom de Dark Wings Of Steel. Un opus qui, même s’il s’attache toujours à présenter de vraies orchestrations et chœurs pour sublimer sa musique, se montre plus modéré sur cet aspect que son homologue.

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Sepultura : des racines à l’avenir, en passant par le cœur


The Mediator Between Head And Hands Must Be The Heart est-il l’album qui symbolisera la rupture enfin actée avec la bande de Max, devenue celle de Derrick, ou bien au contraire celui de la jonction, avec l’époque la plus florissante du groupe à bien des égards ?

Comme son nom l’indique, il est bien question de lien dans le nouveau Sepultura. Entre l’Homme et la Machine évidemment, par cette évocation directe du chef d’œuvre de 1927 de Fritz Lang, Metropolis. Mais aussi avec Roots, l’album de tous les succès, grâce aux retrouvailles avec le producteur Ross Robinson. Tout en passant près de l’ombre de la famille Cavalera et donc de Soulfly, puisque les deux entités se retrouvent à nouveau dans la même écurie : Nuclear Blast. Avec le passé, donc, mais bien ancré dans le présent et tourné vers un avenir que Green et consorts ont bataillé dur à forger. Car voilà un album qui n’a jamais porté aussi haut certaines racines glorieuses de Sepultura avec un autre capitaine à sa barre, mais marque en même temps d’un sceau unique celui de la formation version Derrick Green.

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Ihsahn, peintre de nouveaux horizons


Libéré du triptyque qu’il s’était imposé avec The Adversary, AngL et After, et alors qu’on aurait pu s’attendre à une rupture, Ihsahn s’était offert avec Eremita un quatrième opus en forme d’épilogue. Eremita sonnait, ni plus, ni moins, comme la mise en pratique des enseignements qu’il avait su tirer de la confection de ses trois premières œuvres. Un album solide qui, malgré son apparente anarchie, révélait une stabilité acquise au fil des années et des évolutions artistiques de son concepteur. Un album étalant un premier bilan introspectif de cette aventure solitaire. Das Seelenbrechen, le nouvel et cinquième album solo d’Ihsahn, arrive tout juste un an après et dévoile un artiste enfin émancipé.

Ihsahn est un musicien aguerri qui a parcouru un long chemin sans jamais vraiment regarder en arrière. En constante évolution pour toujours se détacher de la masse. Visionnaire d’une scène black metal norvégienne au début des années 90, musicien avant-gardiste mûri au fil de ses albums solos : Ihsahn est un artiste qui fait avant tout de la musique pour lui et selon lui. Et, comme il le précisait dans nos colonnes l’an passé à la suite d’Eremita : « Je suis mon propre chemin, je n’ai pas besoin de me fondre dans la masse. » Toutefois, le Norvégien n’est pas seul à posséder cette vision artistique. Et tôt ou tard, certaines accointances sont décelables entre sa musique et celles des darons de cette philosophie. Tout comme le démontre aujourd’hui ce nouvel album.

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Vista Chino : Kyuss vit-il vraiment encore ?


Voir débouler au loin John Garcia et Brant Bjork dans un nuage de poussière, les imaginer ouvrir d’un coup de pied la porte à battants et envoyer leur nouveau frère d’armes Bruno Fevery balancer ce gros riff bien gras sur un ampli de basse dans une atmosphère à la fois délétère et aérienne… Se repaître de ce son unique à la fois vaporeux et abrasif émanant d’un desert rock qui n’a pas pris une ride, d’un stoner toujours aussi fumeux, plus que jamais à l’ordre du jour… Comment revenir vingt ans après s’être perdu dans ce désert qui les avait rendu célèbres, après avoir tutoyé les sommets du rock et inscrit deux albums (Blues For The Red Sun et Welcome To The Sky Valley) dans le patrimoine rock intemporel ? Comment oublier ce règlement de compte avec l’ancienne tête pensante de la bande, qui se termine sous l’égide d’un tribunal, et repartir en campagne avec un nouvel album sous un nouveau nom ? Avec un bassiste, roi des desperados qui ne sait même plus s’il doit encore s’acoquiner avec ses anciennes fréquentations ? L’histoire des Kyuss, Kyuss Lives! puis Vista Chino et accessoirement ou indirectement Queens Of The Stone Age, Fu Manchu ou Mondo Generator a tout d’un bon western à la sauce Tarantino, avec ses personnages hauts en couleur. Et une bande son épique, aussi variée que peuvent l’être les rebondissements de cette épopée qui est née dans le désert.

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Soulfly retourne à l’état sauvage


A l’heure de la création de Soulfly, dans l’urgence d’un départ précipité de Sepultura à l’issue d’un conflit avec Andreas Kisser dont nous sommes récemment revenus sur les raisons, Max Cavalera songeait avant tout à un exutoire pour ses pensées les plus noires et un débouché pour ses idées, à l’époque novatrices dans le metal, à savoir une approche quasi « world music » du genre, mettant en avant un mélange de diverses musiques traditionnelles et un thrash groovy dont il a le secret. Cette recette, il l’avait déjà solidement expérimentée avec Sepultura, notamment par le célèbre album Roots. Que reste-t-il de cette vision en 2013 ? L’essentiel de Soulfly et ses éléments les plus caractéristiques sont toujours là, les routes empruntées ont quelque peu divergé. Et si Max reste plus que jamais attaché à ses premiers amours thrash, il continue néanmoins à explorer la sphère metal sous différents contours.

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Korn leurre le public avec ses multiples visages


Korn est joueur. Et de ce trait de caractère, ils ont fait de The Path Of Totality le symbole. Album expérimental résolument tourné vers l’avenir et prenant, à un an d’écart seulement, le contre-pied total de son prédécesseur. Voilà un album qui a gagné aujourd’hui le statut de plus controversé de la carrière du groupe. Et vous savez quoi ? Korn ne s’en excusera jamais. Contre vents et marées, Korn (et en particulier Jonathan Davis, passionné d’électronique qu’il est) continue aujourd’hui, à la veille de la sortie de son nouvel opus The Paradigm Shift, de soutenir cet album. Et probablement que celui-ci fut l’un des plus importants de sa carrière. Car au-delà du plan purement musical, qui est laissé à l’appréciation de chacun, et résolument novateur (ils ont, pour la première fois depuis leurs trois premiers albums été précurseurs et leaders dans une nouvelle mode), cet album a posé de nombreux débats, a agité les esprits et a posé la question de la liberté artistique et de la distance qu’un groupe doit ou ne doit pas prendre avec son public pour satisfaire celle-ci.

Et même le guitariste Head, aujourd’hui de retour dans le groupe après huit années d’absence, que certains auraient imaginé (souhaité ?) voir prendre ses distances avec cette expérience collaborative, soutient totalement ses collègues et ne rechigne d’ailleurs pas à jouer ces titres sur scène. Quelque part c’est rassurant, cela montre avant tout que le guitariste est sur la même longueur d’onde que ses compères retrouvés, que ce retour à un sens et que l’alchimie créative avait des chances d’opérer à nouveau.

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