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Metalanalyse   

Ulver célèbre sa grand’messe expérimentale


En vingt ans d’existence, peu présentent une discographie aussi éclectique que celle d’Ulver. C’est unanimement qu’ils sont reconnus insaisissables : comment deviner vers quels horizons ils vont dériver pour leur prochain album ? Ulver multiplie les références, les influences, les audaces. Rien n’est jamais acquis, tout reste à conquérir. Et pourtant, il y a bien dans la variété des œuvres du groupe, cette patte – cette grosse patte de loup – qui pose son empreinte. Car dans la variété des expérimentations et des genres – metal, jazz, électronique, ambient, rock, classique – Ulver cherche le juste équilibre entre le chaos et la mélodie, d’où s’élèvera une émotion.

Depuis le schizophrénique Blood Inside, le ton des albums d’Ulver s’est indéniablement apaisé : l’intimiste Shadows Of The Sun changeait d’abord radicalement la donne, ouvrait un paysage atmosphérique aux tons lumineux torturés ; Wars Of The Roses, d’abord très direct avec sa première moitié rock, n’était finalement qu’une couverture pour expérimenter de nouvelles ambiances plus limpides que son prédécesseur. Le dénominateur commun de ses albums, c’est une plus grande accessibilité de la musique d’Ulver. Ce terme n’est pas à prendre dans le sens habituel : Ulver maîtrise mieux ses instincts pour laisser respirer l’essence de sa musique au lieu de la brouiller dans un afflux de sons. Et il y a un corollaire : les saturations ont tendance à disparaître, les éléments metal se raréfient.

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Dream Theater s’élève au carré


« Est-ce bien raisonnable ? » Voilà la question que l’on aurait inlassablement pu poser à Dream Theater ces dernières années. Est-ce bien raisonnable de refuser une pause comme l’a voulu Mike Portnoy et alors que de nombreux fans étaient convaincus que cela aurait été une bonne chose ? Est-ce bien raisonnable de laisser partir son leader, membre fondateur, force motrice et batteur emblématique pour si peu ? Est-ce bien raisonnable de lui octroyer un refus lorsque seulement quelques mois plus tard il revient sur sa décision ? Et aujourd’hui, est-ce bien raisonnable, à ce stade, d’intituler le nouvel album du nom du groupe ? Il s’agit là du second opus du groupe depuis le changement le plus bouleversant dans sa carrière, alors il est déjà trop tard pour marquer ce changement (comme a pu le faire Queensrÿche cette année). Mais il est, évidemment, aussi trop tôt pour appuyer un retour. Pourquoi ne pas avoir réservé l’exercice de l’éponyme pour célébrer le retour de Mike Portnoy au bercail ? Ben quoi ? Il va bien revenir un jour, non ? Il y a eu dans le monde de la musique des choses hautement plus improbables qui se sont pourtant bien produites…

Non, Dream Theater ne veut pas regarder en arrière. Dream Theater veut avancer, c’en est même presque devenu maladif cette obsession de vouloir sortir un nouvel album tous les deux ans, très exactement, à une cadence rigoureuse, aussi métronomique que sa propre musique. Aujourd’hui, chez Dream Theater, ça doit filer droit, il n’y a pas de place pour les tergiversations. Et c’est peut-être ce côté « mécanique » qui lui a été le plus reproché ces dernières années, autant dans sa gestion de carrière que dans son art qui, en proposant des versions quelque peu génériques de sa propre musique, peine à surprendre, là où, fut un temps, ses partis pris musicaux tranchés provoquaient l’excitation de ne pas savoir à quoi s’attendre à chaque album.

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Le patchwork heavy metal d’Avenged Sevenfold


Ha, la recette pour concevoir un classique, le Saint Graal du rock’n’roll… Black Sabbath et son éponyme, Led Zeppelin et son quatrième opus, Deep Purple et son Machine Head, Iron Maiden et son Number Of The Beast, Metallica et son Master Of Puppets ou bien son Black Album, etc. Tant d’albums entrés dans l’histoire, bourrés de hits qui ont traversés et traverseront les âges. Comment en sont-ils arrivés à un tel résultat, quel est le secret de cette réussite ? Voilà qui fascine tant de jeunes formations aujourd’hui comme une sorte de mythe. Mais depuis quand les jeunes s’intéressent-ils aux musiques de grand-père, me direz-vous ? Peut-être depuis qu’on voit de moins en moins d’albums marquer durablement le monde de leur empreinte. Et, après tout, cette fascination n’est peut-être pas tant pour le contenu même de ces œuvres que pour ce qu’elles représentent, pour l’accomplissement de ces groupes qui semble leur garantir la postérité. Car il faut bien le reconnaître, il est parfois difficile de déceler, concrètement, dans les nouvelles vagues de metal, le metalcore en tête, dans ces productions aseptisées et ces performances millimétrées, de véritables et authentiques traits d’héritages, pourtant tant revendiqués à tort et à travers. C’est comme ce jeune homme au look branché que l’on croise dans la rue, portant un t-shirt des Ramones ou de Motörhead : cela a-t-il un sens pour lui, plus profond que le fait d’afficher des couleurs vintage qui lui donne un air « cool » ?

C’est là qu’on en arrive à parler d’Avenged Sevenfold, groupe qui est largement passé des paroles aux actes. D’ailleurs, ça fait bien longtemps que la bande n’appartient plus à la mouvance metalcore à laquelle ils étaient associés à leur début. Voilà un groupe qui a mis au placard les hurlements, remis les solos et duels de guitare au goût du jour et s’est concentré sur des riffs efficaces que leur ont inspiré leurs écoutes des albums de Metallica voire Pantera. Alors c’est sûr, jusqu’à présent leur répertoire tendait à être marqué par l’empreinte d’une certaine fougue juvénile qui poussait les musiciens à charger leurs chansons, comme une sorte de zèle pour montrer fièrement ce dont ils sont capables ou peut-être pensaient-ils – à cette époque de surenchère – que c’était en remplissant l’espace sonore que l’on grossissait le son. C’est surement un peu naïf, mais cela va avec l’âge et, pour autant, c’est ainsi qu’Avenged Sevenfold a offert quelques moments de bravoure qui lui vaut sans doute la reconnaissance dont il jouit actuellement.

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Nine Inch Nails : le guerrier Reznor n’a plus les pieds d’argile


Trent Reznor n’est pas l’ami de Josh Homme pour rien. Même génération, abus similaires, rédemption semblable, les deux hommes partagent de nombreuses névroses, survivent tous deux à des événements qui auraient pu être mortels, et reviennent avec des créations artistiques qui ont l’âge de leurs artères. C’est à dire celui d’une certaine sagesse, d’un assouplissement de la fureur intérieure, d’une direction donnée vers un adoucissement des débats introspectifs, plus caractéristiques chez Reznor que chez Homme. L’hymne pop mais avant tout new-wave « Everything » a fait plonger les fans de The Downward Spiral et Pretty Hate Machine dans une peur à la fois tangible et démesurément nostalgique, avant la sortie même d’Hesitation Marks. Le même genre de peur, d’ailleurs, pour poursuivre l’analogie, qui a saisi les accros de Queens Of The Stone Age à la sortie de …Like Clockwork. Pourtant Reznor a construit cet univers depuis quelques années, travaux et projets : une synthétique enveloppe émaciée qui entoure un contenu toujours bouillonnant, empreint à la fois de légèreté et d’une intensité retrouvée, dans une démarche toujours subversive bien qu’adoucie.

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Satyricon donne sa définition personnelle de la pop


Si une chose est certaine concernant Satyricon, c’est bien sa stabilité. Satyr et Frost, les deux têtes pensantes indéboulonnables de la formation norvégienne tiennent à eux deux ce qu’est Satyricon : un black metal accessible, aux rythmiques minimalistes et aux boucles mélodiques répétitives et lancinantes. La musique de Satyr a toujours été pensée de manière simple, presque primitive. Cette accessibilité tend à transformer la musique de la bande en hymne. Vite assimilée, vite chantée. Et c’est cette formule basique qui fait qu’aujourd’hui Satyricon, sur la scène black metal mondiale, reste l’une des formations les plus respectées. C’est ce qui fait la force du propos de Satyricon expliquant non seulement sa longévité mais aussi sa popularité malgré ses diverses orientations musicales entreprises au fil du temps.

Satyricon est né dans le cœur flamboyant d’une scène black metal en pleine croissance en Norvège au début des années 90. Dark Medieval Times (1993), The Shadowthrone (1994) et Nemesis Divina (1997) marquent à eux trois la période la plus sombre du combo. Une période mais surtout un black metal aux tendances symphoniques au final vite délaissé au profit d’une musique plus heavy, plus thrash et considérablement plus posée. Une volonté assumée par Satyr et son comparse. Et aujourd’hui, bis repetita, car pour le compositeur principal un véritable sentiment d’avoir ratissé dans les moindres détails chaque style jusqu’alors pratiqués par la formation se faisait sentir : « Avec The Age Of Nero (2008) j’ai senti que le chemin musical sur lequel nous marchions depuis la dernière décennie avait atteint sa destination. Écrire des chansons d’un black metal compact sur une base de musique rock est quelque chose que j’ai vraiment aimé faire. Mais je sentais que j’avais atteint une limite et que je voulais faire quelque chose de différent. »

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Five Finger Death Punch connaît la recette de la réussite


Une des éternelles questions du rock, et par extension du metal, est la suivante : à partir de quel moment un groupe peut être affublé de l’épithète « Commercial » ? Par culture, mais aussi par une vision différente du divertissement, les Américains ne répondent pas de la même manière que les Européens à cette question. Five Finger Death Punch ne plaît pas à toute une frange du public metal. Comme Nickelback ou Stone Sour, d’ailleurs. Pourtant ces groupes cartonnent et il y a plus d’un t-shirt de groupes de metal « traditionnel » à leurs concerts. Est-ce qu’utiliser les ingrédients de la réussite commerciale musicale pour faire un album le rend inécoutable ? Est-ce que diversifier son propos et toucher un public plus large ou tout simplement se faire plaisir en exécutant différents styles implique forcément une suspicion de viles intentions mercantiles ? Il semblerait qu’une partie importante du public rock/metal réponde de manière négative à ces deux questions quand il s’agit de Five Finger Death Punch, puisque le groupe séduit, surtout outre-Atlantique, par sa capacité à composer des albums à l’efficacité mise en avant et en allant piocher à droite et à gauche dans les différentes familles du genre.

Et The Wrong Side Of Heaven And The Righteous Side Of Hell, premier volume, suit cette lignée d’albums du groupe capable d’attirer des fans de Hatebreed à ceux de Stone Sour. Car les cinq Californiens ne se posent pas de questions stylistiques et œuvrent sur un spectre plutôt large et ce depuis le second opus, War Is The Answer, sorti en 2009. Le combo va gaiement lorgner vers le hardcore, inclure des éléments heavy, chanter comme des rock stars, growler comme sur du death metal, etc. Et se permettre un double album, puisque la créativité du groupe a permis la création d’environ vingt-cinq titres. Pourquoi s’arrêter quand on se sent bien et que la symbiose des membres est là ? Five Finger Death Punch ne s’encombre finalement pas de trop de questions et si le public ou les observateurs s’en posent sur leurs choix, eux s’en moquent éperdument, comme ils le chantent à plusieurs reprises tout au long des quatorze titres de l’opus. Les californiens chantent l’« American Dream », la réussite permise par un système libéral où on peut s’en sortir quand on le veut vraiment. Ils ont même intitulé leur opus précédent « American Capitalist ». Un sublime pléonasme, duquel une fois retiré un peu d’humour, subsiste tout de même une bonne dose de patriotisme.

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Fleshgod Apocalypse : l’art périlleux de la démesure


Fleshgod Apocalypse fait partie de ces groupes dont la notoriété s’est littéralement envolée en l’espace de cinq ans. Les Italiens ont réussi une véritable incursion dans la scène metal internationale avec seulement deux opus à leur cartouchière : Oracle en 2009 et Agony en 2011, ce dernier ayant d’ailleurs considérablement remué les amoureux d’extrême, musicalement parlant, orchestrant de manière imposante (excessive diront certains) un death metal poussé dans les limites du physiquement faisable et réalisable. Agony a posé une base musicale solide depuis laquelle le groupe entretient et orchestre ce phénomène Fleshgod ; phénomène qui en impose et qui s’observe telle une pièce de théâtre.

Fleshgod Apocalypse a toujours pour ambition d’être le plus imposant que possible. C’est de ce postulat qu’est né Labyrinth, la nouvelle galette du combo. D’après Francesco Paoli, batteur de la formation italienne, « Labyrinth va être THE album pour Fleshgod Apocalypse. Il est la combinaison parfaite de tous nos points forts et de la meilleure production que nous ayons jamais eue. C’est la chose la plus ‘Fleshgod’ que nous ayons jamais pensée, avec les riffs les paroles, les mélodies, les parties de batterie, les solos, etc. les plus ‘Fleshgod’… […] Pour être honnête, il a fallu tellement de travail et de temps pour en arriver à ça que maintenant je me dis : ‘OK, le prochain coup, ça va être dur d’atteindre ce point ! ».

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Soil réunit ses forces et tire dans le mille


C’est fou comme certains chanteurs ont cette propension à envahir de leur personnalité tout ce sur quoi ils chantent. Lorsque Ryan McCombs est parti de Soil pour intégrer le combo néo metal Drowning Pool, le chanteur a comme pris possession de la musique qui lui a été présentée. Le premier album qui en est ressorti, Full Circle, sonnait presque comme la continuation logique du Re.De.Fi.Ne avec lequel il a quitté Soil. Un néo metal / heavy rock mêlé d’une composante grunge qui petit à petit commençait à s’inviter dans le tableau et dont on peut dire qu’elle a pris de l’envergure sur ce premier album en compagnie de Drowning Pool. Une composante grunge que Drowning Pool a hérité de l’évolution vocale de McCombs initiée chez Soil et l’apport de ses intonations parfois très proches du regretté Layne Staley d’Alice In Chains. Alors, c’est certain, les musiciens ne peuvent pas n’y être pour rien (on pouvait déjà deviner quelques petites influences venues de Seattle dans le Desensitized de Drowning Pool avant que McCombs n’arrive) et, de toute façon, les deux groupes tendaient naturellement vers des univers proches, mais la manière dont il a pu être capable de relier musicalement deux formations en dit long sur le poids de sa personnalité vocale – et même de sa personnalité tout court.

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Watain chasse l’obscurité de ses propres terres


Watain, c’est l’image d’une idée, d’une philosophie. C’en est même la matérialisation concrète. Une conception du monde propre à ses membres, certes, mais ne se voulant pas pour autant sectaire. Seulement ouverte à ceux enclins à vouloir la comprendre ou au moins à l’entendre pour pouvoir, plus tard, l’étudier. Watain s’exhibe depuis seize ans sur scène et y diffuse son discours. En véritable bête de foire à l’ego sur-dimensionné pour certains, ou en véritable leader d’une scène musicale (le black metal), seuls véritables et derniers garants d’une conception idéologique pour d’autres.

Chemin de vie, exutoire artistique et idéologique. Watain peut se comprendre comme le personnage de V dans l’œuvre d’Alan Moore (sans aller trop loin non plus dans la comparaison) : être physique mais entité immortelle par ses idées, qui se dresse face à un oppresseur. Même si pour le combo, Watain n’est que l’expression d’un tiers, supérieur et puissant : Satan.

Cependant, les Suédois n’en demeurent pas moins humains. Et tout comme il est naturel avec le temps de voir évoluer sa philosophie, Watain présente aujourd’hui l’aboutissement de seize années de réflexion et de travail qui a su, avec le temps, s’enrichir afin de donner plus d’impact au discours prôné sans jamais le déformer. Et le groupe présente aujourd’hui avec son nouvel opus, The Wild Hunt, un argumentaire particulièrement rôdé.

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Glissement de terrain à l’horizon pour Black Tusk ?


C’est résolument la mode des EP. Après le retour des vinyles, le public metal a droit à son nouveau retour en force d’un format qu’on crut délaissé dans les années 90 en faveur du sacro-saint album. Les groupes les plus notables qui ont aujourd’hui pris le parti de ce format sont Down et Skid Row, prévoyant chacun une série. C’est désormais au tour de Black Tusk d’envoyer sa petite missive sous forme de six titres. Pour quelle raison ? Celle, commune aux groupes précédemment cités, de garder la fraîcheur de sorties plus récurrentes qu’un album plus long à concevoir et ainsi mieux s’adapter à la nouvelle donne de l’industrie musicale. Car après avoir profité du haut de la vague du sludge en provenance de Savannah dans l’État de Georgie (Etats-Unis) en compagnie de Kylesa et Baroness, Black Tusk se doit de construire une carrière une fois l’effet de mode passé. La scène de Savannah proprement dite n’existe plus vraiment, Kylesa, Black Tusk et Baroness n’y vivent plus que partiellement, il est donc temps pour chacun de ces groupes de voler de ses propres ailes.

Pourtant, avec Philip Cope de Kylesa aux manettes de la production, les liens demeurent et l’auditeur rompu aux agissements du power-trio s’attendra sans doute à retrouver les points de similitudes entre les deux formations. Mais, dans les faits, si les voix et quelques plans rythmiques iront toujours errer dans les mêmes contrées stylistiques, les deux formations tendent à se distinguer avec le temps. Et là où Black Tusk pouvait donner l’impression d’être l’irréductible de la bande, il démontre aujourd’hui des intentions d’évolution. Quand Taste The Sin (2010) frappait par la spontanéité de ses riffs rentre-dedans dès les premières minutes et que Set The Dial agressait positivement par sa lourdeur et son ambition parfois pachydermique, Tend No Wounds se veut un tantinet plus aérien, un poil plus hypnotique, pas moins rentre-dedans pour autant, mais définitivement ouvert vers d’autres sphères. Il est évident que le titre mettant sur cette piste est le surprenant « The Weak And The Wise ». Son intro tout en violons et son riff de basse quasi-identique à celui du « Sweet Dreams » façon Marilyn Manson interpelle.

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