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Song For The Deaf   

Dark Adrenaline de Lacuna Coil : Mainstream or not Mainstream ?


La scène metal est un théâtre où la notion d’intégrité prend une importance quasi étouffante et où il est, par conséquent, bon de se vanter d’avoir sorti un album impopulaire. Cela représente même presque un argument commercial. Et c’est précisément l’axe principal de la communication de Lacuna Coil à propos de son nouvel album Dark Adrenaline, sorti il y a quelques jours.

Non pas que le groupe nous vende son album comme une révolution, bien au contraire. Dans de nombreux communiqués et interviews, les Italiens le décrivent à juste titre comme la synthèse involontaire de leur discographie : « Non, nous nous en sommes rendus compte après avoir commencé à laisser les gens écouter l’album. Ce n’était pas prévu. Mais, que ça nous plaise ou non, ce que nous sommes aujourd’hui, c’est le résumé de ce que nous avons vécu par le passé. » nous disait la chanteuse Cristina Scabbia. « Upsidedown », ses guitares sous-accordées et sa rythmique néo metal, fait écho à des titres comme « To The Edge » ou « Fragments Of Faith » sur Karmacode. A l’écoute du démarrage de « Fire » ou de son pattern de batterie dansant, on entend presque « I Won’t Tell You » de l’album précédent, Shallow Life.

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Song For The Deaf   

Borknagar conjugue le passé au futur


« Le retour d’I.C.S Vortex est donc une bénédiction – elle semble être vécue comme telle en tout cas – et bien qu’il s’agisse d’un ancien membre, le groupe rassure par ses intentions. Car ce n’est précisément pas le passé qui semble intéresser le groupe aujourd’hui mais bel et bien le challenge et les expériences à venir. C’est peut-être cet état d’esprit qui fera toute la différence et sauvera Borknagar en lui redonnant toute sa splendeur. » écrivais-je il y a près d’un an, au lendemain de l’annonce du retour d’ICS Vortex au sein de Borknagar.

L’espoir n’était pas là tant pour le retour du talentueux bassiste/chanteur que pour les réactions enthousiasmantes des membres du groupe qui voyaient en ICS Vortex et le duo de choc alors formé avec Vintersorg le jouet magique qui éveillait d’ores et déjà leur créativité. C’était des questions à la chaîne : « Pouvez-vous imaginez les possibilités ici ? Pouvez-vous imaginer les chœurs ? Les duos vocaux ? Le pur potentiel musical ? » Comme si les sens s’étaient soudainement mis aux aguets devant une révélation ou une vue vertigineuse. Comme pour se demander : « Comment fichtre allons-nous bien pouvoir embrasser l’univers tout entier sans en perdre une miette et surtout sans nous perdre ? » Ironiquement, c’était l’album précédent qui avait écopé du lourd patronyme faisant référence à l’univers. Pas assez visionnaires à ce moment là, ils n’avaient su voir l’univers au-delà de l’univers qu’ils fixaient.

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Song For The Deaf   

Resolution : Lamb Of God aurait pu aller plus loin


Il y a deux sortes d’effets de mode sur la scène metal. Le premier, le plus évident, concerne ces styles et groupes qui, sur une période donnée, se propagent le plus vite, sont les plus vendeurs dans l’immédiat et qui sont autant appréciés par la masse que détestés par les puristes. Le « fashion metal » en quelque sorte, au sein duquel il y a à boire et à manger.

Il est évident qu’à l’heure actuelle, ce « fashion metal » est le metalcore. Il suffit de voir l’ascension spectaculaire de groupes dont on n’avait pas entendu parler il y a encore un ou deux ans, tels que Black Veil Brides ou Asking Alexandria, touchant sur Facebook, respectivement 1,5 millions et 1,9 millions de fans (NDLR : statistique dont il faut néanmoins se méfier quand on sait qu’il existe aux États-Unis la possibilité d’acheter des clics sur Facebook). Un effet de mode spectaculaire véhiculant obligatoirement des exemples de succès facile avec leur lot de paillettes, répondant aux attentes et aux fantasmes de ceux qui souhaitent devenir, non pas des artistes, mais des stars. Ne voyez pas dans ces lignes un réquisitoire de comptoir contre un style populaire car, encore une fois, la musique populaire ne l’est pas pour rien. Mais cela fait partie des risques qu’elle crée.

Le second effet de mode est propre au metal ou à tout style marginalisé et ayant une communauté importante. « Pour vivre heureux, vivons cachés » étant la devise de la plupart des puristes, il faut trouver un compromis entre être populaire et conserver une intégrité dont les critères sont définis par la communauté en question. Bref, il faut être populaire sans passer pour un vendu. A l’heure actuelle, avec Machine Head, Arch Enemy, DevilDriver ou encore Amon Amarth, Lamb Of God fait partie de ces groupes qui jouent ce qu’il faut jouer pour rester dans cette zone confortable : des groupes extrêmes, mais pas trop.

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Song For The Deaf   

Serj Tankian l’a compris, pourquoi pas vous ?


J’ose le dire, l’affirmer, le clamer haut et fort, même au risque de tomber dans un dégoûtant prosélytisme sectaire : celui qui ne s’est jamais intéressé à l’œuvre de Frank Zappa ne peut pas dire qu’il y connaisse quoi que ce soit à la musique du XXe siècle ! Sans avoir fait ne serait-ce que la plus petite expérience de l’imposant héritage de cet artiste, celui qui se tournera un jour vers le paysage de sa connaissance de la musique moderne verra à jamais dans ce tableau une faille immense défigurant ses prétentions de mélomane. Et cela vaut pour tout un chacun : chevelu, tondu, rastaquouère ou entre deux.

Mais vous pouvez être sauvés, ô mes frères et mes sœurs (ouh la, oui, ça y est, je vire au fichu prédicateur) car tout n’est pas perdu ! Bin, oui, ce n’est pas comme si toute la disco du moustachu avait disparu avec lui de la surface du Globe, en 1993, année de sa mort, parbleu ! Avec plus de soixante albums sortis de son vivant (et ce sur moins de trente années de carrière, excusez du peu), ça ne va pas se volatiliser comme… Bref. S’il faut faire votre catéchisme en la matière, voilà une première prise facile pour les oreilles les moins entraînées à la musique aussi géniale que variée, aussi complexe que déglinguée de Zappa, grâce à une voix que vous connaissez sans doute mieux : celle du chanteur de System Of A Down Serj Tankian.

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Song For The Deaf   

Faire des reprises acoustiques, c’est facile…


« Faire des reprises acoustiques, c’est facile : il suffit juste de ralentir le tempo, d’échanger sa guitare électrique avec une guitare acoustique et prendre un air de latin lover (étape la plus difficile pour nous autres rockeurs laids, pileux et grimaçants). Bref, sortir un album de reprises acoustiques de titres déjà existants, c’est juste un coup marketing ne nécessitant aucun effort musical, un énième moyen de nous entuber ».

Nous avons vraiment vu ce genre de réactions à l’annonce de l’imminente sortie de 7, l’EP de reprises acoustiques de Sixx: AM. Au vu du nombre important, quel que soit le sujet, de théories du complot visant à trouver tous les moyens possibles par lesquels nos artistes préférés cherchent à « nous entuber », on ne peut en conclure qu’une seule chose. Le rapport anal est aussi inconnu que fantasmé par les internautes fans de metal, tant ils l’évoquent avec acharnement. Vous nous pardonnerez ce raccourci psychanalytique, mais il semble évident qu’il s’agit là d’un désir refoulé. Mais passons.

Ce n’est pas sans un certain découragement que nous abordons ce second paragraphe destiné – parce que, visiblement, c’est nécessaire – à expliquer que non, ce n’est pas si simple de réaliser une version réarrangée d’un titre existant. Du découragement, parce que : comment expliquer quelque chose d’aussi évident ?

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Interview    Song For The Deaf   

Romance Is Running Out : exercice de style réussi avec brio par Markize


Il y a quelques semaines nous nous extasiions face à l’exercice de style réussi par Alice Cooper, un exercice autrement plus difficile que le medley, qui consiste à enchaîner diverses parties de divers morceaux : le mélange. Là où le medley ne nécessite que de travailler les transitions, le mélange implique de remettre à plat deux titres, d’en faire une mixture pour arriver en faire un seul titre. Il y a quelques semaines, Alice Cooper posait en concert « School’s Out » sur la ligne de basse de « Another Brick In The Wall » de Pink Floyd.

Le brillant mariage musical sur lequel nous allons nous pencher aujourd’hui a été réalisé par un groupe français, Markize, posant habilement les lignes de chant de « Bad Romance » de Lady Gaga sur la structure de « Time Is Running Out » de Muse. L’union est si évidente que c’en devient troublant, mais jugez plutôt :


Les structures et les suites d’accords sont identiques. Amusez vous donc à lancer en même temps cette vidéo et celle-ci. Bien vu, Markize ! Nous avons cherché à en savoir plus sur cette idée et nous sommes entretenus avec le groupe par mail.

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Song For The Deaf   

Korn a retrouvé son chemin


« Les gens vont être énervés à cause de ce disque. Et ça me rend encore plus excité par la sortie de The Path Of Totality. Je n’accorde aucune putain d’importance à ce que les gens pensent. Nous ne pouvons pas gagner avec les fans de Korn. Certains sont tellement coincés en 1994. Tout le monde nous appelle les parrains du nu metal et j’en ai ras-le-cul. On ne veut pas rejoindre le circuit de la nostalgie. Nous, Limp Bizkit, Staind ou toutes les merdes comme ça. J’emmerde tout ça » – Jonathan Davis (chant) dans Kerrang!

Voilà une citation qui a une résonance particulièrement ironique après l’épisode III : Remember Who You Are qui a vu Korn faire une escapade dans le passé, revenant au feeling de ses premiers albums. D’ailleurs le titre plus qu’évocateur « Souviens-toi de qui tu es » donnait le sentiment que ce retour en 1994 était pleinement assumé. Pourtant, la citation ci-dessus permet d’émettre un doute et laisse croire que l’album n’était en réalité pas vraiment là où se situaient les envies du groupe ou, tout du moins, de son frontman. En sus, ce discours met en avant la pression que peut subir le groupe face à ses fans « coincés en 1994 » et tous ceux qui les considèrent comme « les parrains du nu metal ». « Nous ne pouvons pas gagner avec les fans de Korn » affirme d’ailleurs Davis, car même avec un regard vers le passé, le groupe n’a reçu qu’un accueil mitigé – et pour cause ce passé ne leur ressemble plus. Un indignement qui montre paradoxalement que Korn accordait jusqu’alors plus d’importance à ce que les gens pensent que Jonathan Davis lui-même ne veut bien s’avouer.

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Live Report    Song For The Deaf   

Le langage noir de Ghost Brigade


Dimanche dernier, nous nous sommes rendus au concert de Ghost Brigade donné au Nouveau Casino de Paris et en voyant le quintet s’agiter devant mes mirettes, je me suis fait la réflexion suivante : voilà typiquement un groupe qui propose une recette musicale. Rien de péjoratif là-dedans, juste le constat que Ghost Brigade est un chef qui assaisonne ses plats avec différents ingrédients qui lui sont propres (et qui reviennent, comme une mélodie de guitare entraînante, encore et encore…) pour une dégustation toujours aussi salvatrice.

Ghost Brigade est un chef qui a par exemple la mélancolie accrochée à ses basques. Elle plane sur chaque morceau, à chaque vocalise de Manne Ikonen (chant) qui incarne d’ailleurs parfaitement les compos du groupe. Un peu malingre, un peu voûté, notre homme a sur les planches une apparence assez squelettique et le T-Shirt d’Entombed ‘Already Dead’ qu’il portait sur scène dimanche dernier renforçait d’ailleurs cette vision.

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Song For The Deaf   

Tino Rossi n’a qu’à bien se tenir !


Mike Patton, « vocal-hero » (copyright Fucktoy) de Faith No More, Mr. Bungle, Fantômas, etc. est présent sur le tout nouvel album (il vient de sortir et on peut se le procurer sur le site du label de Zorn, Tzadik) du saxophoniste génial John Zorn et pas n’importe lequel : un album de chansons de Noël ! Intitulé A Dreamers Christmas, il y reprend sept classiques auxquels il a ajouté deux compositions originales. Deux des chansons, « A Christmas Song » (chantée par Patton) et « Santa’s Workshop », ont même droit à une sortie en bon vieux 45 tours vinyle.

Que dire après ça alors que l’imagination commence déjà à prendre le dessus ? Il ne s’agit pas de la première fois que les deux musiciens se rencontrent et, par conséquent, on s’imagine déjà la crise cardiaque de Mamie quand on va lui passer ce disque au moment des fêtes, parce que Zorn & Patton, ça a parfois donné quelque chose à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Et même si Zorn a déjà touché au thème de Noël, on ne pouvait pas dire que c’était le genre de chant qu’on écoute entre la dinde et la bûche…

On s’attendait donc à tout sauf à ça…



Song For The Deaf   

Chickenfoot : pourquoi en demander plus ?


Être ce que l’on qualifie de « super groupe » est peut-être davantage une tare qu’une bénédiction. Entre ceux qui attendent de vous plus que vous ne voulez en faire et ceux qui prêtent de mauvaises intentions à votre existence, rares sont ceux qui abordent votre œuvre sans préjugé. Ce n’est pas ce que vous proposez qui est apprécié mais ce que vous auriez dû proposer. Ce ne sont pas vos réelles motivations qui sont prises en compte mais celles que vous avez peut-être ou n’avez peut-être pas eues. On vous juge pour ce que vous n’êtes pas, pour ce que vous ne serez sûrement jamais ou pour ce que vous ne voulez surtout pas être. En même temps, un rassemblement de grands noms d’une scène ça fait toujours de la publicité de manière implicite, alors il faut accepter son statut et les préjugés du peuple qui vont avec.

Chickenfoot a compris ça et d’ailleurs se contrefiche de son statut. Au contraire, il s’en amuse. Preuve en est ce nom ridicule (« pied de poulet » en français) ou cette vidéo stupide pour le dernier single « Big Foot » où un homme déguisé en poulet géant s’échappe d’un poulailler, vole une voiture puis un vélo, se bat avec Big Foot et fini par se faire renverser par une camionnette en rencontrant une charmante créature. Un humour léger et décalé dont fait preuve le groupe depuis le début, comme pour dédramatiser ce line-up composé de pointures du rock.

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