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Interview   

Stereotypical Working Class, 20 ans plus tard


Mine de rien, ça fait vingt ans ! Benjamin, le batteur de Stereotypical Working Class, blague lui-même là-dessus car, de son propre aveu, ce n’est pas le groupe le plus prolifique du monde : « En 2019, il n’y avait pas de pandémie et on a joué trois fois ! » Mais pour des amoureux de la scène comme eux, la frustration qu’a provoquée cette année 2020 sans spectacle commence à être pesante. Toute leur carrière et leur œuvre ont été construites autour de la scène. Quand d’autres groupes écrivent un disque puis pensent à la scène, les Stereo jouent pour la scène et essayent d’adapter ça sur disque.

Covid-19 oblige, avant que l’on puisse retourner voir des concerts, on va devoir se contenter de Célestopol, nouvel EP inspiré de nouvelles d’Emmanuel Chastellière. Le disque représente pour le groupe un vent de fraîcheur, puisque c’est le premier écrit avec le nouveau guitariste Mehdi. Benjamin, sans langue de bois, annonce que sans ce changement, le groupe serait peut-être mort. L’auditeur aussi pourra ressentir cette fraîcheur, voire cette froideur, tant une couleur sombre, mélancolique enrobe ce nouvel EP. De vingt ans d’existence au changement de line-up, puis à l’écriture, tant des textes que de la musique, Benjamin nous raconte tout le processus qui a amené à la création de Célestopol.

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Radio Metal   

Top 50 2020 : un an de pandémie de metal


L’humanité a rarement été aussi unanime pour dresser le même constat : 2020 était globalement une année bien pourrie. Parmi les nombreuses frustrations qu’elle a engendrées, l’absence de concerts sur une majeure partie de l’année est une des plus marquantes pour les fans de rock et de metal que nous sommes. Mais malgré tout cela, la musique continue et elle ne cesse de se renouveler ! Cette année blanche pour le live est peut-être l’année la plus prolifique pour le studio, ne rendant pas la lourde tâche de dresser un Top 50 plus simple que les autres années…

Après moultes discussions, confrontations et réunions sur zoom jusqu’à très tôt le matin, le collège éditorial de Radio Metal – comprenant rédacteurs et animateurs de Radio Metal, ainsi que notre confrère Laurent de Noise Pollution – a tranché pour établir sa liste des albums les plus marquants de l’année. Est-ce que tout le monde est pleinement satisfait de ce classement ? Evidemment que non. Mais les règles sont ce qu’elles sont, et ne pouvant nous résoudre à vous proposer un Top 700 (qui serait, avons-le, un peu longuet), nous devons réduire nos coups de cœur musicaux de l’année à l’honorable nombre de 50, comme l’ont décrété les grands sages il y a de cela de nombreux hivers.

Ce classement peut évidemment être discuté, débattu et critiqué (avec bienveillance) puisqu’il n’est pas une vérité en soi. La vocation de cet article annuel est surtout de vous faire découvrir ou redécouvrir des excellents albums, et rien ne vous empêche de faire découvrir vos pépites musicales de l’année dans l’espace commentaire, la propagation et la contagion du bon son ne présentent aucun risque sanitaire.

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Interview   

Dark Buddha Rising et la dilatation de l’esprit


Après la parenthèse The Waste Of Space Orchestra, projet réalisé avec leurs comparses d’Oranssi Pazuzu pour l’édition 2018 du Roadburn, les Finlandais de Dark Buddha Rising sont de retour avec leur septième album en date, Mathreyata. Avec leur mélange étourdissant de drone/doom et de musique psychédélique et leur esthétique ésotérique, ils se sont taillé une place sur mesure dans l’underground, où leur production prolifique et singulière leur a assuré en une dizaine d’années un statut presque littéralement culte. Pour savoir ce qui se cache dans les esprits à l’origine de cette musique obscure et psychotrope, nous avons discuté avec V. Ajomo, le guitariste du quintet.

Posé et réfléchi, il est revenu avec nous sur la genèse de ce dernier opus, et en a profité pour lever le voile sur le processus de création d’un groupe qui donne la part belle à l’improvisation, au collectif et à l’intuition. « On doit atteindre l’obscurité dans la lumière pour voir la source même de la lumière », explique-t-il : laissez votre ego et la réalité telle que vous la connaissez à la porte, et plongez dans un monde fait de géométrie sacrée, d’états de conscience modifiés et d’illuminations paradoxales…

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Chronique   

The Dead Daisies – Holy Ground


« L’âge d’or du rock n’roll ». Une idée qui devient de plus en plus abstraite avec le temps, avec le vieillissement et la disparition inévitable de la plupart de ses représentants. Il y a pourtant des formations qui entretiennent le savoir-faire d’une époque prospère où le genre régnait en maître, sans pour autant sonner daté ou passéiste, à l’instar du collectif The Dead Daisies. La formation emmenée par le guitariste David Lowy est célèbre pour ses rotations de line up à laquelle n’échappe pas Holy Ground, le dernier effort en date. Le chanteur John Corabi et le bassiste Marco Mendoza sont retournés à leurs projets solos, remplacés par la seule légende Glenn Hugues. The Dead Daisies est désormais un quatuor. Et il n’a peut-être jamais été aussi fringant.

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Interview   

Griffon : des hommes et des dieux


Parmi les thématiques abordées par les groupes de black metal, celle de la religion a toujours été prédominante. Et si Griffon confirme ce constat, la formation française créée en 2013 incarne parfaitement une nouvelle rhétorique du sujet. Elle portait déjà avec son premier opus, Har HaKarmel paru en 2016, un regard engageant et singulier sur le paganisme. Un regard que le nouvel album ὸ θεός ὸ βασιλεύς perpétue par des biais différents.

C’est en effet grâce à une réflexion articulée autour des relations entre les pouvoirs spirituels et temporels, entre autorité et divinité au regard des sociétés, que Griffon embrasse la question religieuse. Ainsi, loin d’offrir une œuvre imprégnée d’anticléricalisme, la formation française pousse plus avant la réflexion et s’attarde sur le rapport qui unit société, autorité et divinité. Sans chercher à ériger une dialectique du pouvoir divin, le groupe entend en effet inviter ses auditeurs à parcourir l’histoire et à s’approprier les réflexions latentes que les épisodes convoqués induisent inévitablement. Un contenu riche soutenu par une musique tout aussi recherchée dont nous parlons avec les deux fondateurs du projet, Sinaï et Aharon.

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Chronique   

Therion – Leviathan


Beloved Antichrist (2018) devra attendre avant d’être mis en scène. Le projet le plus ambitieux de Therion souffre de contraintes économiques mais aussi, comme tant d’autres, des aléas liés à la pandémie. Loin d’être abandonnée, la représentation de l’opéra rock des Suédois devra attendre des conditions plus favorables. Toujours est-il que, revenu un peu perdu et vidé de son dernier cycle, Therion s’est finalement repris et est entré dans une frénésie créative nourrie par Christofer Johnsson et Thomas Vikström en composant une quarantaine de chansons destinées à paraître en trilogie. Le premier opus s’intitule Leviathan et pour une fois, Therion prétend ne pas chercher à « repousser les frontières », à explorer ou innover. Il veut simplement créer une succession de tubes correspondant à l’ADN de Therion, voués à être plébiscités auprès des fans et en live. Inspirée du gigantisme de ce monstre marin issu des mythes judéo-chrétiens, la dernière œuvre de Therion n’a qu’un dessein : être cette grande collection de musique immédiatement estimable en saisissant ce qui rend une chanson mémorable.

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Interview   

Accept ou la résistance de l’acier


Nouveau moment de vérité pour Accept, dix ans depuis son retour avec Blood Of The Nations et le frontman Mark Tornillo. C’est un nouveau changement majeur qui a récemment marqué les légendes du heavy metal teuton (enfin, américano-germanique maintenant). Accept a perdu son bassiste Peter Baltes, ce qui fait du guitariste Wolf Hoffmann le dernier compositeur historique et membre fondateur encore en activité dans le groupe. En contrepartie, le groupe a accueilli Martin Mortnik à la basse et a gagné un troisième guitariste en la personne de Philip Shouse. En cinq ans, Accept a accueilli pas moins de quatre nouvelles têtes. Ça représente d’un côté un apport conséquent en sang neuf, d’un autre côté un risque pour la marque Accept.

Les fans en jugeront par eux-mêmes avec Too Mean To Die. Un album qui annonce d’emblée la couleur, offensive, et force à reconnaître l’esprit combatif et résilient de Wolf Hoffmann qui n’a jamais cessé d’avoir foi en son groupe et en ses capacités de l’emmener vers l’avant, y compris en période de pandémie. Un album qui voit la formule d’Accept s’assouplir, en intégrant Martin Motnik au processus de composition et en élargissant légèrement ses horizons. On en parle ci-après avec le guitariste.

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Chronique   

Dread Sovereign – Alchemical Warfare


Il est des genres de metal qui se renouvellent plus que d’autres. Le doom est rarement de ceux-là : l’esprit conservateur voire régressif et l’aspiration aux sensations primaires, viscérales sont quasiment inscrits dans son ADN. Cependant, la recherche de l’expression d’un instinct élémentaire n’enlève en rien l’exigence requise à la parfaite maîtrise de cet art. C’est ce que prouve Alan Averill alias Nemtheanga, chanteur de Primordial, qui a rassemblé dans Dread Sovereign deux de ses compatriotes irlandais, Bones (Eoin H., guitare) et Con Ri (Johnny King, batterie), pour servir un doom précis et passionné, infusé de heavy voire de rock n’ roll et de black racinaire. Son troisième album, Alchemical Warfare, est une proposition nourrie à la vieille école, aux influences datées mais néanmoins fondamentales, terreau du développement de l’arbre des genres aux ramifications multiples que l’on connaît aujourd’hui.

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Interview   

Lunatic Soul : promenons-nous dans les bois…


Deux ans après un Wasteland de Riverside particulièrement sombre avec lequel il était question de survie, y compris celle du groupe qui a dû surmonter le décès du guitariste Piotr Grudziński, le chanteur-bassiste-compositeur Mariusz Duda retrouve la lumière avec Through Shaded Woods, septième album de son projet solo Lunatic Soul. Ça peut paraître paradoxal de parler de lumière quand on parle de « bois ombragés », mais c’est justement là toute l’idée d’un album en forme de parcours initiatique pour affronter nos traumatismes et cauchemars et qui invite à célébrer la vie, et même à danser.

Un album qui marque un moment clé dans le concept naviguant entre la vie et la mort développé par Lunatic Soul et qui tranche avec ses dernières productions plus électroniques : Through Shaded Woods se veut organique, naturel, en se rapprochant de l’esprit folk des deux premiers albums du projet. Mariusz Duda, qui semble être à un tournant artistique avec Lunatic Soul mais aussi Riverside qui s’apprête à aborder sa « troisième phase », nous explique toute sa démarche.

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Chronique   

Accept – Too Mean To Die


Accept est l’une de ces réincarnations qui fonctionnent, le fruit d’une collaboration bénie avec Mark Tornillo depuis 2009. Le simple fait que l’un des pionniers du metal allemand existe toujours après plus de quarante ans et de multiples changements de line-up range Accept parmi ces grandes exceptions que sont les grands groupes. Accept a su pallier le départ de membres cruciaux, le plus récent étant celui du bassiste et compositeur Peter Baltes à la fin de l’année 2018, remplacé par Martin Motnik. Le guitariste Wolf Hoffmann est le dernier membre originel, assumant plus que jamais le rôle de pilier de la créativité d’Accept. Too Mean To Die est à nouveau l’occasion de constater la résilience d’Accept, premier album avec le troisième guitariste Philip Shouse (qui s’est illustré lors de la tournée de Symphonic Terror Orchestra). Too Mean To Die est aussi explicite qu’il le paraît : Accept est encore trop hargneux pour trépasser.

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