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Interview   

Thunder : dopés au rock n’ roll


Début 2021, nous parlions avec Luke Morley de Thunder de leur nouvel album. Début 2022, nous parlons avec Luke Morley de Thunder de leur nouvel album. Le premier s’intitulait All The Right Noise, avait été conçu avant la pandémie et proposait un simple disque de musique. Le second s’intitule Dopamine, a été conçu pendant la pandémie et est un double disque. Un an à peine d’écart, mais la différence est de taille.

Dopamine est un pur produit de son époque, pour sa musique, conçue dans un élan créatif au long cours, avec son lot de nuances stylistiques et de surprises, si bien qu’ils n’ont su réduire la sélection des morceaux en deçà de seize, mais aussi pour ses thématiques. Les réseaux sociaux, en particulier, n’ont jamais été aussi populaires que pendant les confinements et les longs mois de restrictions, garants d’un maintien du lien social et de notre dose de distraction facile, au point de rendre une bonne partie d’entre nous dépendants… comme drogués à la dopamine.

Ce sont ces deux aspects que nous creusons avec le guitariste-compositeur, qui a fêté dernièrement les cinquante ans de son amitié avec le chanteur Danny Bowes avec la sortie d’un livre, The First 50 Years. De quoi poursuivre la remontée dans le temps initiée lors de notre dernière entrevue et discuter de l’évolution du monde, notamment sous l’influence d’internet.

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Chronique   

Ibaraki – Rashomon


Dans les anciennes légendes japonaises qui rapportent son histoire, le démon Ibaraki, vaincu par un samouraï qui lui coupa le bras, dupa ce héros en se présentant chez lui sous les traits de sa tante, pour récupérer son membre. Revêtir une apparence inhabituelle et se jouer des identités ou des rôles préconçus semblent aussi être les mots d’ordre du projet qui livre ici son premier album. Derrière le nom d’Ibaraki se cache en effet celui de Matt Heafy, chanteur et guitariste de Trivium, qui entend dévoiler par ce biais sa facette… black metal. Le projet, annoncé et resté dans les tiroirs depuis une dizaine d’années, est d’autant plus surprenant que l’Américain a réussi à s’offrir, pour le mener à bien, la collaboration d’Ihsahn. En ajoutant au casting les noms de Nergal (de Behemoth) et de Gerard Way (de My Chemical Romance), en un improbable grand écart entre caution black metal et emo-punk pour adolescent, Ibaraki s’annonçait comme une entité difficile à cerner.

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Interview   

Destruction : brutalement vivant


Il faut croire qu’après l’arrivée du batteur Randy Black en 2018 et celle de Damir Eskic au poste de second guitariste l’année suivante, le renouveau de Destruction n’était pas tout à fait achevé. Avec le départ de Mike Sifringer – guitariste, membre originel et seul musicien à avoir officié sur tous les albums, y compris le décrié The Least Successful Human Cannonball (1998) –, c’est tout un pan de l’histoire du groupe allemand qui s’en est allé. Heureusement, Martin Furia, son remplaçant, connaissait déjà les lieux, faisant partie de l’équipe du groupe depuis 2016, et le frontman-bassiste Marcel « Schmier » Schirmer, plus que jamais fidèle au poste, est là pour assurer la continuité et la pérennité de Destruction.

Fort également d’une nouvelle écurie, Napalm Records, que le groupe a intégré après dix ans de Nuclear Blast, c’était même l’occasion d’un recentrage, voire un retour aux sources. Diabolical est de ces albums sans concessions. Inutile de chercher la moindre expérimentation ou influence progressive, le quinzième opus de Destruction – comme l’annonce d’emblée sa pochette – est thrash jusqu’au bout des ongles, y compris dans les thèmes qui suivent la tradition et se nourrissent de l’état de délabrement du monde, non sans laisser une pointe d’espoir.

Un album qui arrive à point nommé pour fêter les quarante ans du groupe. L’occasion, en plus de parler de l’album, de ses inspirations et de tout ce qui a entouré sa réalisation, de remonter le temps avec Schmier aux toutes premières années d’un groupe qui ne s’appelait pas encore Destruction, mais Knight Demon. Une époque où le thrash metal, en tant que style de musique, émergeait de part et d’autre de l’Atlantique…

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Chronique   

The Hellacopters – Eyes Of Oblivion


Personne n’aurait réellement misé sur un retour de The Hellacopters. Le groupe de rock suédois s’était séparé suite à la sortie de Head Off en 2008 après une tournée européenne d’adieu, malgré une popularité croissante. The Hellacopters souhaitait s’arrêter en bonne forme, peu désireux d’entretenir une routine nocive pour la créativité. Lorsqu’en 2016 le Sweden Rock Festival leur propose un concert anniversaire pour les vingt ans de Super Shitty To The Max! (1996), le line-up original s’est reformé pour l’occasion – avec notamment Dregen (Backyard Babies) qui n’avait pas officié dans le groupe depuis 1997. Un retour entaché par le départ du bassiste Kenny Håkansson et le décès l’année suivante de Robert Dahlqvist, guitariste du combo de 1999 jusqu’à sa séparation. Malgré tout, force est de constater que l’expérience live a tout simplement ravivé la flamme : The Hellacopters était prêt à arpenter de nouveau les scènes, à condition de ne pas devenir un spectacle nostalgique. C’est dans ce contexte qu’Eyes Of Oblivions, huitième effort studio du groupe, a été envisagé. Il embrasse l’ensemble de la carrière de la formation pour nous rappeler que The Hellacopters a toujours mérité sa cote de popularité.

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Interview   

Papa Roach : double je(u)


Bientôt trente ans que Papa Roach existe. Avec une telle longévité et un tel succès, il y a de quoi prendre le melon. Le titre de leur onzième album, Ego Trip, a d’ailleurs de quoi faire (encore) grincer des dents chez les détracteurs des Californiens. Mais comme souvent chez Papa Roach, il faut regarder derrière les apparences, et la provocation, pour découvrir une forme de fragilité. C’est ce que révèle notamment notre échange ci-dessous avec un Jacoby Shaddix parfois philosophe, notamment sur la notion d’échec, et conscient de son parcours.

Chez Papa Roach, tout est une question d’équilibre, en particulier avec Ego Trip : expérimenter, bousculer un peu les fans, mais ne jamais perdre le sens de l’accroche fédératrice. Le contexte particulier dans lequel l’album a été conçu – un groupe parti s’isoler dans un manoir, sans pression, même pas celle d’une maison de disques puisqu’ils sont désormais indépendants – lui a d’ailleurs permis de pousser le bouchon un peu plus loin, de regarder vers l’avenir, sans oublier d’où ils venaient.

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Chronique   

Watain – The Agony & Ecstasy Of


Plus de dix ans après la sortie de Lawless Darkness, souvent considéré comme son magnum opus, de l’eau a coulé sous les ponts pour Watain, entre vastes tournées et scandales, projets ambitieux et DIY radical, et, pandémie mondiale oblige, stase et réorganisation des forces. En six albums et plus de vingt ans d’existence, les Suédois ont imposé dans le monde du black metal et au-delà une approche singulière, sans compromis dans le fond – satanisme « anti-cosmique » proclamé lors de concerts-rituels dégoulinants de sang et de flammes – mais accessible dans la forme – guitares mélodiques, sens de l’accroche et du rock’n’roll. Après l’ambitieux The Wild Hunt en 2013 où le groupe poussait à l’extrême ses envies de grandeur au grand dam d’une partie de son public, Watain était revenu à une forme plus compacte et violente avec Trident Wolf Eclipse en 2018. Un split et une cassette autoproduite plus tard, le trio propose son septième album, dont le titre, The Agony & Ecstasy Of Watain, présage une synthèse des opposés, un mariage des contraires, et donc peut-être un retour à l’alchimie particulière de ses disques les plus mémorables…

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Interview   

Meshuggah : une mécanique inébranlable


Proposer du neuf sans sortir de son cadre. Telle est l’équation épineuse que nombre de groupes tentent de résoudre avec plus ou moins de succès. Finalement, la bonne solution, c’est peut-être celle de Meshuggah qui fait les choses sans trop réfléchir, en se tournant vers les albums de leur jeunesse pensés comme des ensembles dynamiques et pas comme des « formats ». C’est la somme des personnalités des musiciens composant le groupe qui fait, au final, la personnalité de ce dernier. Le résultat est que, malgré les multitudes de tentatives de copies – allant jusqu’à engendrer un genre, le djent –, Meshuggah reste inimitable, proposant à chaque album des variantes d’une même formule.

C’est ce que propose Immutable : un album plus « chaud », par opposition à la froideur de certains prédécesseurs, mais à l’atmosphère pas moins singulière, souvent malaisante, parfois jouant avec nos nerfs. Une expérience, en somme. Le batteur, co-compositeur et co-parolier Tomas Haake nous raconte leur philosophie artistique, et en particulier celle de ce neuvième album, mettant en avant les composantes et méthodes ayant, historiquement, façonné le son de Meshuggah.

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Chronique   

Devil Master – Ecstasies Of Never Ending Night


Dans le metal peut-être encore plus qu’ailleurs, on ne sort jamais vraiment de l’éternel retour des années 80. Partout dans la pop culture, de Perturbator à Stranger Things, cette époque a longtemps été pour les metalleux synonyme d’âge d’or, de solos échevelés et de stades pleins à craquer. Mais pour une nouvelle génération de musiciens nés soit à la fin de cette décennie, soit dans les années 90, elle est bien plus que ça : explorée, révisée, fantasmée, celle-ci est un terrain de jeu qui recèle des sources d’inspiration variées, des scènes underground riches et des artistes audacieux. C’est le cas de Devil Master : le groupe, fondé en 2015 à Philadelphie par des membres britanniques et américains, a frappé fort d’entrée de jeu avec une série de sorties confidentielles qui lui ont valu une signature chez Relapse pour son premier album, Satan Spits On Children Of Light, en 2019. Il faut dire que le combo a des arguments : son mélange de D-beat et de black metal première vague qui n’hésite pas à piocher chez les pionniers du rock gothique, son énergie redoutable et son esthétique carton-pâte à prendre au premier ou au quinzième degré sont assez irrésistibles et les distinguent de groupes comme In Solitude, Tribulation ou Unto Others, plus sobres et moins punk dans leur approche. Trois ans et un remaniement de line-up plus tard, le désormais quatuor revient avec un nouvel opus intitulé Ecstasies Of Never Ending Night. Tout un programme…

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Interview   

Absent In Body libère la bête


« Une étude sur ce que c’est, en tant qu’organismes, de vivre à cette époque d’information globalisée », « un genre de BO de notre époque contemporaine, de la dureté de la société actuelle et des échecs humains » : selon ses propres créateurs, Plague God, le premier album d’Absent In Body, est le produit de son époque. Avec dans ses rangs des membres d’Amenra – Mathieu J. Vandekerckhove et Colin H. Van Eeckhout – et de Neurosis – Scott Kelly – ainsi qu’Iggor Cavalera (ex-Sepultura), ce projet fondé il y a cinq ans par Vandekerckhove mêle la lourdeur et l’obscurité des autres groupes de ses membres à la froideur de la musique industrielle. De quoi refléter les angoisses et les impasses de temps particulièrement tourmentés.

Avec la générosité et la sensibilité qu’on leur connaît, Mathieu J. Vandekerckhove et Colin H. Van Eeckhout nous présentent cette créature hybride qu’est Plague God, évoquant autant la genèse du projet, passé des expérimentations solitaires de Vandekerckhove à un véritable effort de groupe, que leurs réflexions sur le monde actuel…

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Chronique   

Audrey Horne – Devil’s Bell


Le meilleur des deux mondes. C’est ce que cherche à atteindre Devil’s Bell, le dernier effort des rockeurs norvégiens d’Audrey Horne. Le groupe nommé d’après un personnage de Twin Peaks compte parmi ses membres des habitués de la scène metal dont Arve Isdal, le guitariste d’Enslaved. Il est l’un des exemples les plus parlants concernant la polyvalence des musiciens de la scène : depuis Youngblood (2013), Audrey Horne ne se présente plus comme un side-project mais comme un groupe capable de remplir les salles d’importance, à grands coups de riffs rock inspirés des seventies et des eighties. Devil’s Bell a bénéficié d’un soin particulier – pandémie oblige – et souhaite perpétuer la dynamique positive d’Audrey Horne. Pourtant, si le groupe aurait pu se contenter d’enchaîner les hymnes rock décomplexés, il s’est inspiré du contexte actuel propice à un album plus sombre et aux structures légèrement plus complexes. Une sorte de croisement entre l’Audrey Horne des débuts davantage concerné par les atmosphères et le visage récent où l’accroche est le maître-mot.

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    Eagles Of Death Metal + Dead Sara @ Paris
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