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Le Blog Du Doc   

Communiquer quand on s’appelle Radio Metal


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De temps en temps, certains de nos interlocuteurs me posent la question suivante : « Mais pourquoi Radio Metal n’est pas partenaire de tel événement ? C’est étonnant parce qu’ils y ont intérêt… et vous aussi ! ». Cette interrogation est en effet légitime d’autant plus que, sur le plan de la communication, il sera toujours important pour RM d’être le plus visible possible. Et comme je l’ai dit dans un Blog récent, un média « ne va pas cracher sur de l’exposition ni sur de la communication ». Ce serait bien entendu stupide car qui dit « partenariat » dit « exposition ».

Pourtant, dans les faits, les choses sont souvent plus complexes qu’il n’y paraît entre nos partenaires et nous-mêmes et je souhaitais par conséquent effectuer un état des lieux de ce qu’est être un média Internet metal quand on s’appelle Radio Metal au vendredi 3 février 2012 tout en vous donnant également, à la fin de ce billet, quelques éléments sur nos statistiques.

Déjà, ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un média comme le nôtre a vocation à travailler avec tous les acteurs du milieu (petits comme gros) ce qui a pour conséquence qu’on peut aussi bien être partenaire d’un concert qui se tient à Vesoul (non je ne te manque pas de respect si tu habites Vesoul !) que d’un concert plus prestigieux en termes d’image qui se déroule au Zénith de Paris.

Radio Metal est en effet un média Internet donc, par définition, un média qui se doit de toucher tout le monde (public local, national et international). A ce titre, si une personne voit notre logo sur l’affiche d’un concert ayant lieu dans son village ou dans le métro à Paris cela ne change strictement rien pour nous car l’éveil d’un intérêt, d’une curiosité, de quelqu’un a autant de valeur s’il se déroule en Lozère ou à Paris. Cependant, la vraie différence réside dans le fait que plus l’exposition de l’événement est importante – et donc le nombre de personnes touchées conséquent –, plus la visibilité proposée à notre média est avantageuse. Et c’est tout simplement pour cette raison qu’un média comme le nôtre aura toujours tendance à rechercher avant tout des partenariats avec des producteurs de spectacles prestigieux qui proposent de grosses affiches pour, en somme, des raisons de logiques structurelles.

Mais, dans les faits, le dialogue avec ce type de partenaires n’est pas toujours aisé pour bien des raisons différentes.

A ce titre, prenons l’exemple des festivals. Les gros festivals européens de type Download, Graspop, etc. se fichent souvent des médias Internet. Pour résumer (et pour caricaturer), ils pensent qu’Internet « c’est de la daube » et qu’il n’y a pas de médias sérieux. Et le pire, bien sûr, est qu’ils ont raison sur le fait qu’il n’y a pas grand-chose de sérieux dans ce domaine en Europe… Les conséquences sont multiples et, du coup, même pour un média web à forte notoriété, il faut parfois se battre pour avoir des pass !

Ainsi, comme on sait très bien que le premier attrait de Radio Metal, c’est son contenu, eh bien, on est très souvent obligés de payer nos pass presse parce qu’on n’a pas envie d’attendre 107 ans des réponses qui parfois ne viennent jamais « car on est un média web ». Alors on paie, on a du contenu à vous proposer et, comme apparemment vous êtes contents du travail que l’on fournit alors, au final, tout le monde est content (enfin… sauf notre portefeuille pardi !).

Dans cette optique, que vous soyez satisfaits du contenu que l’on vous propose est pour nous le principal (et de très loin) mais je considère qu’il est tout à fait anormal que l’on soit contraint, en tant que média, de payer pour faire notre travail ! Malgré tout, la manière de fonctionner de certains fests est ce qu’elle est et mieux vaut probablement fonctionner de cette manière pour éviter de perdre du temps et de l’énergie pour rien.

Mais bon, vous savez, vendredi dernier à 1h du mat’ (enfin samedi plutôt !) j’étais au studio – car c’était à mon tour de le ranger et je n’avais pas pu le faire avant ! – et j’en ai profité pour étudier nos statistiques d’une manière approfondie. Et en analysant les raisons de l’augmentation impressionnante de nos stats, je me disais dans ma petite tête : « Souvent les gens disent qu’on bosse comme des tarés mais on est quinze fois moins fous que les gens qui lisent nos bêtises tous les jours ! Et la preuve que nos lecteurs sont pareils que nous, c’est qu’ils sont de plus en plus nombreux à nous lire ou à nous suivre sur Facebook ! ».

Je me disais aussi qu’en ayant actuellement plus de 31 000 fans sur Facebook et en approchant régulièrement les 10 000 visiteurs uniques quotidiens sur le site, ce serait quand même sacrément cool pour le symbole de franchir ce fameux cap des 10 000 visiteurs différents/jour. Alors, forcément, j’imaginais la situation et je me disais que quand on dépasserait cette barre fatidique, je vous ferai une capture d’écran pour vous le dire !

Et pas plus tard que lundi dernier, soit le 30 janvier 2012, ça a été le cas pour la toute première fois ! La preuve via Google Analytics :

Image à agrandir

Ainsi, communiquer quand on est un média qui s’appelle Radio Metal en ce vendredi 3 février 2012, c’est prendre le temps :

- de dire à certains chargés de promotion qui (parfois) tentent de nous intimider qu’ils ne sont aucunement indispensables parce que la communauté du metal connaît et apprécie Radio Metal grâce à notre contenu diversifié… qui ne dépend donc pas uniquement de ces « fameuses interviews » qui leurs sont si chères.

- de dire à tous les labels et maisons de disques qu’elles ont bien raison de bosser avec un média comme le nôtre pour vendre des disques via les supports physique et/ou numériques. Internet étant aujourd’hui le meilleur support pour valoriser leurs actions.

- de dire à tous les artistes qui démarrent qu’ils pourront toujours compter sur nous pour les aider à promouvoir gratuitement leur musique via High Hopes ou via nos formules promotionnelles à tarif préférentiel.

- de dire à certaines structures majeures qui travaillent, en France, dans l’événementiel (festivals, organisateurs de concerts…) qu’elles ont bien tort de nous brider sur l’exposition de notre logo à cause (souvent) de notre liberté de ton car c’est une erreur stratégique de croire que l’on peut se passer pour son business des médias qui marchent. Et le fait est qu’il y a très peu de médias metal qui marchent en France.

- de dire à toutes les structures qui n’auront eu de cesse, depuis le 1er avril 2007, de nous mettre des bâtons dans les roues (média autoproclamé numéro 1, etc.) que leurs stupidités ne seront jamais supérieures à notre persévérance. Eh oui, mes amis les clowns, sachez que Radio Metal et son public vous saluent bien !

Pour finir, sachez également que les gars de mon staff sont des fous furieux que je ne remercierai jamais assez pour avoir fait en sorte que le collectif Radio Metal parvienne toujours à dépasser la somme d’individualité qui le compose. D’ailleurs, vue l’ambiance au studio chaque jour, je peux vous le redire : les permanents du staff sont aussi fous que vous ! Et, bien sûr, je n’oublie pas l’importance qu’ont tous ceux qui contribuent, d’une manière ou d’une autre, à ce projet. Les évoquer en une phrase est d’ailleurs complètement immérité mais ils savent tous, je l’espère, que nous sommes bien loin d’être des ingrats.

Alors oui, Facebook et nos stats quotidiennes sur le site le confirme : chaque jour, vous êtes des centaines à découvrir notre média, à vous retrouver dans notre ligne éditoriale alternative et à rejoindre notre communauté. Cela montre que notre équipe a réussi, sans doute, à faire le plus dur, c’est-à-dire à construire un média professionnel sur le web metal français. A ce titre, je pense pouvoir affirmer que nous avons su stabiliser notre contenu et trouver notre public. Aujourd’hui, il faut par conséquent aller chercher de nouveaux rêves tout en relevant de nos nouveaux défis. Sachez que nous y travaillons en ce moment même et que le plus beau, je vous le garantis, est à venir.

Donc au final, communiquer quand on s’appelle Radio Metal, c’est surtout savoir exprimer sa plus profonde gratitude à celles et ceux qui nous ont fait confiance. Alors merci du fond du cœur, très cher public, d’être aussi DINGUE que nous !



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Seule la joie doit subsister


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Souvent je me demande, combien de personnes savent vraiment ce qu’est La Chape De Plomb.

Celle qui fait que s’extraire de son lit devient un exploit phénoménal ; celle qui noircit tous les détails de la vie quotidienne et qui nous empêche ainsi toute forme de recul.

Souvent je me demande, si La Chape De Plomb est simplement le revers de la médaille de ceux qui pensent trop ou si, bien au contraire, elle est justement la preuve éclatante que notre cœur sera toujours plus fort que notre esprit.

Oui souvent je me demande, si pister les réflexions est une parade efficace contre ce fardeau, ce poids, qu’est La Chape De Plomb.

D’ailleurs souvent je me demande, si notre sentiment d’euphorie ne serait pas, après tout, qu’une Chape De Plomb à l’envers… finalement aussi peu avouable.

Cependant, nous le savons tous, seule la joie doit subsister.

Et c’est bien sûr à elle qu’il faudra penser lorsque La Chape De Plomb reviendra.

Car elle reviendra.



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Il faut les surveiller comme le lait sur le feu


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« Méfiez-vous de vos mamans ». La morale du présent blog réside dans cette phrase inaugurale. Car aujourd’hui je vais en effet évoquer avec vous ma mère et je sais que ce sera une bouffée d’oxygène pour tous ceux qui me reprochent de trop parler, avec ce billet hebdomadaire, d’indépendance médiatique et/ou d’argent.

D’ailleurs, petit aparté sur un sujet parallèle, il est vrai que pour beaucoup de personnes qui ont besoin que les faits soient toujours blancs ou noirs, le cas Radio Metal restera à jamais une énigme. En effet nous avons créé un média culturel (musique = culture) donc forcément nous sommes des gauchistes libertaires (80% des journalistes sont de gauche) souhaitant préserver leur liberté de ton, un bel idéal dont les doux rêveurs que nous sommes n’arrêtent pas de parler dans leurs articles. Mais d’un autre côté, RM est une entreprise qui est de facto gérée par des enfoirés de « capitalistes de droite ». L’expression ci-dessus étant, comme chacun sait, un pléonasme. Des cultureux utopistes (à fortes tendances anarchistes) fans de metal et fascinés par le grand capital : on dit souvent que Radio Metal a l’esprit de contradiction mais on s’amuse surtout à jouer avec les contradictions qu’une partie des internautes nous prête bien facilement…

Par conséquent, en ce vendredi 20 janvier, nous n’allons pas évoquer ces sujets parfois considérés comme « polémiques » mais on va tranquillement s’intéresser ensemble à un bout de bois, à une tuile, au plafond de ma chambre d’enfant et au groupe Ministry, parce qu’il ne faut pas oublier que Radio Metal est avant tout là pour parler musique.

Le week-end dernier je suis rentré chez mes parents et quand j’ai ouvert la porte de ma chambre d’enfant j’ai tout de suite remarqué que certains objets avaient été déplacés. Non pas que j’ai un sens de l’observation incroyable mais disons que, quand on dérange mon bordel, je le remarque assez facilement. Cela concernait seulement quelques objets présents à l’origine dans ma bibliothèque qui se sont retrouvés, comme par enchantement, sur mon bureau.

Je vais donc voir ma mère, alias Maman Doc’, pour lui demander si elle était au courant de cet état de fait. Étrangement évasive sur cette question pourtant particulièrement simple, j’amène mon interlocutrice dans ma chambre et lui demande pourquoi, en prenant délicatement entre mes doigts un des fameux objets déplacés, « cette chose » s’était retrouvée sur mon bureau alors qu’à l’origine elle se trouvait, comme évoqué ci-dessus, dans ma bibliothèque…

Comprenant que « cette chose » me tenait visiblement à cœur et sentant qu’elle avait probablement fait quelque chose qu’elle n’aurait pas forcément dû faire, Maman Doc’ commence à sourire et tente de sortir de la pièce. Forcément je fais barrage car d’une c’est bien mal connaître ma persévérance et de deux l’attitude plus que suspecte de Maman Doc’ sur ce coup prouve que la principale intéressée détient une bonne partie de la Vérité concernant ces déplacements inopinés d’objets.

Et Maman Doc’ de me dire :

- Ben en fait tu vois les traces au plafond ?
- Ouais…
- Eh bien quand j’ai vu ça j’en ai parlé à un de nos amis qui est venu, qui est monté sur le toit et a constaté qu’une tuile était cassée et qu’il y avait une fuite… d’où les traces d’eau.
- Ouais…
- Et donc quand il était sur le toit j’ai dû monter sur un escabeau pour taper sur le plafond…
- Ah et pourquoi ?
- Pour voir si la tuile ne bougeait pas… enfin j’ai fait ce qu’il m’a demandé.
- Et donc tu as tapé avec… ça ?
- Oui avec ce bout de bois.
- Un bout de bois ???
- Ben oui…
- Un bout de bois… !!! Papa, Maman se sert de mes objets de collections pour taper sur mon plafond !!!

Je vous la fais courte : ce vulgaire « bout de bois » traité avec mépris par ma maman, ce n’était rien de moins que la baguette d’Aaron Rossi, le batteur de Ministry ! Une baguette qui a la plus haute valeur à mes yeux puisque je l’avais récupérée lors d’un concert du groupe donné il y a quelques années. Depuis ce jour, je l’ai donc gardée précieusement chez mes parents car, en tant que fan de Ministry, c’est pour moi un sacré collector nom de Zeus ! Surtout quand on voit la manière dont le musicien l’a martyrisée…

Bref tout ça pour vous faire partager une chose finalement assez simple : quand vous avez des objets cultes auxquels vous tenez, ayez le réflexe de les cacher mais, surtout, ÉLOIGNEZ-LES DE LA PORTÉE DE VOS PARENTS !

Car, ces gens-là, il faut toujours les surveiller comme le lait sur le feu… ;)



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S’aventurer sur un terrain glissant


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Bonjour à tous ! La semaine dernière, je n’ai même pas pris le temps de vous présenter mes vœux. Ce n’est pas bien n’est-ce pas ? Eh oui que voulez-vous… sûrement une part de moi-même qui n’aime pas les choses formelles que l’on dit souvent « parce qu’il faut les dire ». Mais enfin, je vous souhaite bien sûr une santé au top et aussi de continuer à être heureux, ou alors de le devenir. Parce qu’à part la santé et le bonheur, je ne sais pas trop quoi vous souhaiter au final…

Ah si en fait, je vous souhaite également de vous battre pour réaliser tous vos rêves car ça c’est très important. Georges Bernanos a d’ailleurs écrit à ce propos : « L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne suit pas l’avenir, on le fait. » J’espère donc que 2012 sera pour chacun d’entre vous l’année du rêve et des prémices de sa concrétisation future.

D’ailleurs la semaine dernière, pour me souhaiter la bonne année, on m’a demandé en commentaire de ce blog combien de fois par jour je me masturbais parce que le lecteur en question considérait (en gros) que je faisais le malin en parlant pour ne rien dire. Rien dire ou dire peu, en effet, est une politique de beaucoup de médias qui selon moi mettent une distance trop importante entre eux et leurs lecteurs, et ce notamment à cause de leurs contraintes économiques. Et ces contraintes-là sont très rarement abordées par les journalistes de ces médias qui, pourtant, sont parfois bien prompts à dénoncer « les magouilles et le système ».

Etonnant non ?

Ca me rappelle parfois, dans un autre registre, le fossé qui peut exister entre le peuple et les politiques. Les politiques sont tellement à l’ouest sur certains sujets qu’ils se retrouvent complètement déstabilisés quand on leur pose des questions importantes qui font le quotidien de la majorité des gens. Souvent ils tentent donc une réponse fumeuse pour ne pas passer pour des imbéciles alors qu’ils savent très bien qu’ils ne maîtrisent pas du tout leur sujet. Et dans ce cas, c’est vrai, il faut savoir fermer sa grande bouche.

Exemple : hier soir je suis allé refaire le monde dans les nouveaux locaux de nos amis de Zyva. Et ils m’ont expliqué que récemment un homme politique avait déclaré lors de l’émission Le Grand Journal sur Canal+ que, selon lui, les réseaux sociaux « ne joueraient pas un rôle déterminant dans l’élection présidentielle à venir ». Un point de vue intéressant… surtout quand on sait que Barack Obama a été élu en 2008 aux Etats-Unis notamment grâce à la faculté qu’il a eue de toucher directement les gens via Facebook ou Twitter ! Alors c’est vrai, peut-être que les réseaux sociaux ne joueront pas en mai 2012 un rôle aussi important en France que ça ne l’a été aux Etats-Unis par le passé… mais malgré tout certains de nos politiques paraissent assez éloignés de choses pourtant fondamentales.

De la difficulté de dire ou ne pas dire les choses selon les situations, le contexte etc. Le politique devrait savoir se taire, les médias devraient dire plus de choses… tout ça est compliqué.

Le blog de la semaine dernière avait simplement pour mission de faire partager des éléments qui composent la vie d’un média et dont le public n’a pas forcément connaissance. Alors, bien sûr, quand tu parles de coulisses tu as toujours des gens que ça embête. Parce qu’ils ont besoin de manichéisme et qu’ils pensent qu’on dénature le monde de la musique (qui se doit d’être tout beau, tout propre et avec plein de paillettes partout) sans oublier, bien évidemment et comme chacun sait, que notre média cherche la polémique à tous prix.

Mais, pour beaucoup de gens, être polémique c’est être sincère. A ce titre, ça ne me dérange donc pas que certains nous insultent car, selon eux, dans ces colonnes on parle trop de « de cul, de statistiques, de coulisses et de friiiiiiic ! ». Pour eux de toute façon « dire les choses » c’est être polémique donc comme je ne suis pas d’accord avec ce raisonnement… eh bien on va continuer à nous exprimer comme on veut !

La relation entre les médias et les annonceurs est un sujet très difficile à aborder notamment car RM, en tant que média, est au cœur de ces problématiques. Et alors ? Ce n’est pas parce que nous sommes en plein dedans que nous ne devons pas en parler ! Bien au contraire même. Le vrai problème, c’est que ces questions importantes sont constamment passées sous silence. Pas étonnant car, sur ce sujet, les médias se trouvent sur un terrain extrêmement glissant où les lecteurs peuvent se braquer et ne pas comprendre leurs contraintes. Ainsi ils prennent la décision compréhensible, et plus confortable, de garder ça pour eux pour éviter de perdre les gens qui les font vivre.

C’est donc la philosophie du média et sa vision du « risque » qui fait qu’il choisit de parler, ou non, de ces problématiques.

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Quand tu l’aperçois au loin puis qu’elle se rapproche, tu as le choix d’aller la voir mais tu prends le risque de la braquer parce qu’elle sera trop surprise. Mais tu as aussi la possibilité d’aller la voir et de ne pas la braquer parce qu’elle sera surprise mais honorée. Ou alors tu peux subir et ne pas bouger, tétaniser, en te disant que tu es en train de croiser la personne de ta vie et qu’elle te passe en ce moment même sous ton nez à l’image de ta vie, en règle générale, qui défile… sans aucune prise de risque.

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En tant que média, nous avons su vous séduire avec notre authenticité car vous considérez, comme nous, que faire et dire les choses est la base de notre activité. Radio Metal peut d’ailleurs se permettre d’être autant sincère et rentre dedans, et ce malgré son succès, avec ses auditeurs et son lectorat pour deux raisons majeures.

Déjà parce que nous sommes prêts à prendre le risque de perdre certains d’entre vous. En effet, si notre manière de procéder et de voir le monde vous dérange, eh bien vous pouvez ne pas nous lire et aller voir si on écrit pareilles inepties ailleurs. Vous gagnerez ainsi du temps et nous gagnerons des lecteurs qui nous correspondent. Je n’ai pas peur de tenir ce discours parce que je sais très bien que nos lecteurs sont justement plus ouverts d’esprits que les internautes de bon nombre de médias et que le début de ce paragraphe concerne une minorité d’internautes.

Mais enfin c’est vrai : si vous n’êtes pas contents aucun problème pour se dire « bye bye » dès maintenant comme l’avait finement dit en musique Menelik.

D’autre part, et c’est le plus important, on est sincère parce que la sincérité, l’honnêteté et l’indépendance maximale lorsque l’on est un média : il faut aller les chercher. Et ça a été notre cas dès le début de RM. On s’est battu comme des chiens pour proposer une ligne éditoriale ouverte et offensive. Et puis, si on en est là aujourd’hui, c’est avant tout parce que les artistes, au tout début de notre aventure, avaient pris des formules promo pour faire leur comm’ chez nous dans le but de profiter de l’arrivée d’un nouveau média professionnel sur Internet. Ce qu’ils considéraient comme une chance. Et c’est uniquement cela qui nous a permis de survivre financièrement puis de nous développer.

RM est intrinsèquement lié aux artistes depuis ses débuts et sait qu’il leur doit énormément.

Quand tu regardes notre Histoire, lecteur, tu vois que les labels, producteurs de spectacles et tout le cirque du monde de la musique (d’ailleurs souvent composé de clowns très drôles !) a suivi parce qu’il a vu que dans la salle de spectacle il y avait du monde (vous tous) et qu’apparemment le show quotidien (effectué par nous-mêmes) n’était pas trop mal, en tout cas « original et décalé », comme leur avait dit leurs amis…

Maintenant que nous sommes devenus un média fort, nos discours provoquent parfois des réactions violentes mais ce n’est pas grave car c’est simplement un signe de plus qu’on a gagné.

Vous avez beau nous reprocher tout ce que vous voulez, RM tiendra toujours le discours qu’il veut, sur n’importe quel sujet, parce qu’en 5 ans d’activité nous avons su nous faire un nom tout en nous faisant respecter grâce à notre travail et à notre discours. Nous avons de plus en plus le pouvoir de dire, malgré notre notoriété, car nous avons obtenu une légitimité. Et c’est une sacrée chance. Certains d’entre vous diront toujours qu’on raconte des bêtises mais c’est nous, malgré tout et c’est important de faire ce petit rappel, qui prenons les décisions de vous parler de sujets que vous ne maîtrisez pas forcément puisque vous ne travaillez pas forcément au quotidien dans un média. La semaine dernière par exemple, c’est moi-même qui aie délibérément choisi de vous donner de la matière, du contenu, par souci de sincérité. Ne l’oubliez pas car c’est plus important qu’il n’y paraît lorsque l’on parle de liberté…

Donc si notre manière de faire dérange ce n’est pas notre problème et nous continuerons de nous aventurer, quand ça nous chante et quand le sujet le mérite, sur un terrain glissant.

Vive la liberté !!!



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Un dialogue important qui intervient bien tard


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« Franchement, fais gaffe à ne pas paraître prétentieux… » me disait il y a quelques heures Spaceman à propos du présent Blog dont je lui avais dévoilé à l’oral les « bonnes feuilles ». Et donc, comme vous le remarquez, je suis d’emblée son conseil en mettant l’expression « bonnes feuilles » entre guillemets pour éviter toutes interprétations erronées de votre part !

En effet, aujourd’hui je vais vous donner mon point de vue, en tant que responsable média, sur la stratégie média de certains labels qui pourrait contribuer – combinée à beaucoup d’autres paramètres – à une cessation d’activité que je ne leur souhaite évidemment pas. Mon avis sera d’ailleurs largement illustré par une conversation téléphonique que j’ai eue avant-hier avec un label. Voici les faits.

Dans le courant de la semaine, notre fine équipe reçoit une newsletter qui nous dit qu’une journée promo* est prochainement organisée par le label d’un groupe de metal qu’on apprécie et qu’on a beaucoup valorisé par le passé. Je dis à mon interlocuteur que cette interview nous intéresse sur le principe et qu’il faut donc que son chef, le responsable du label en question, revienne vers moi dans le but qu’on mette en place une promotion d’envergure sur le site de Radio Metal. En effet qui dit « promo d’un groupe », dit « disque à valoriser pour le label », mais dit aussi « travail de préparation pour le média qui fait l’interview » et dit, en conséquence de tout ça, « interview en ligne ».

Suite à mon message, le responsable du label m’appelle par conséquent au téléphone et voici ci-dessous un extrait de notre dialogue ô combien symbolique. RM pour Radio Metal et L pour mon interlocuteur Label. Bonne lecture.

L : Ouais j’aime pas trop la manière dont vous fonctionnez à Radio Metal…

RM : C’est-à-dire ?

L : Tu me demandes de payer pour avoir une interview sur ton site et ce n’est pas normal…

RM : Tu plaisantes ?! On ne fait pas payer les interviews !

L : Bah on te propose une interview et toi tu me réponds marketing !

RM : Ben non c’est toi qui parle de marketing, moi je n’ai jamais parlé marketing : je te parle promo car c’est l’objet de ton mail…

L : Tu joues sur les mots…

RM : Non ce n’est pas vrai et ce n’est pas de cette manière qu’on procède. Je ne te demande absolument pas de payer pour une interview – car je fonctionne à ce titre exactement comme la presse magazine de qualité – mais simplement de prendre en compte que ça va faire 5 ans qu’on existe, que ton groupe a été valorisé énormément sur le site gratuitement pendant des années et qu’aujourd’hui mes contraintes économiques et éditoriales sont beaucoup plus fortes qu’avant. Mets-toi à ma place, un média comme Radio Metal qui sort des interviews de Gojira, Guns N’Roses, Nightwish ou Evanescence est obligé de faire des choix éditoriaux car nos moyens humains ne sont pas extensibles… donc on ne peut pas tout faire et on est obligé d’effectuer des choix. Et le choix de l’interview de ton groupe, en l’occurrence, ne s’impose pas à cause de nos contraintes éditoriales et de temps.

L : Mouais je ne sais pas trop quoi te dire…

RM : Ben une interview c’est du boulot ! C’est même ce qui nous prend le plus de temps, moi je vais pas m’amuser à faire travailler mes gars sur une interview qui n’est pas prioritaire alors que tu refuses de nous aider en contrepartie non ? Je ne connais aucune entreprise qui fonctionne, à un moment donné, sans contrepartie financière de la part de ses partenaires… qui eux gagnent de l’argent grâce à la promo en question ! Je te demande une forme de réciprocité d’autant plus que mon contenu est 100% gratuit.

L : Mais justement je t’apporte un contenu aussi ! Et ton contenu, c’est ça qui fait que les gens viennent sur ton site ! Faut pas l’oublier. Sans contenu, tu ne peux pas fonctionner…

RM : Ben ouais c’est du contenu mais regarde le contenu que nous on a déjà ! L’interview que tu me proposes je trouve ça très cool et, comme je te dis, ici on aime le groupe et on a déjà fait beaucoup pour lui. Mais derrière, on est dans une situation où on ne peut pas orchestrer à chaque fois une promo d’envergure pour nos partenaires notamment à cause de notre emploi du temps ! Par ailleurs, j’ai des charges et mon but c’est de payer mes gars à leur juste valeur. Et je peux te dire qu’il va falloir que j’attende longtemps si tu fais de la promo à hauteur de 0 euros à chaque fois et si tout le monde fait comme toi… tout ça tu le comprends n’est-ce pas ?

L : Mais Amaury on n’a pas de budget nous…

RM : Tu n’as pas de budget communication pour cette sortie importante de ton label ?

L : On n’a pas de budget de communication pour Internet…

RM : Très bien donc oui, tu as un budget, mais pas pour Internet. Alors du coup tu investis où ?

L : Dans la presse magazine spécialisée.

RM : Laquelle ? Si ce n’est pas indiscret ?

L : Je prends une demi-page dans ** et dans ***.

RM : Et d’autre chose ?

L : Non, on n’a pas beaucoup de budget comme je t’ai dit.

RM : Si tu veux investir sur du professionnel et toucher un public fidèle tu fais bien d’investir dans **, là je te comprends, parce que la marque est connue et la périodicité assurée. Mais derrière pourquoi ce choix d’investir dans *** qui est une marque morte depuis bien longtemps et qui ne vend rien alors que tu as des médias web comme nous qui ont 30 000 fans sur Facebook et qui font 25 000 pages vues chaque jour via le site ?!

L : Avec Internet, je ne sais pas les retours que je vais avoir et tu sais moi je suis un producteur de disque et mon but est de vendre des disques. Au début de notre conversation tout à l’heure, tu me disais que pour le merch du groupe et pour ses tickets de concerts, c’était également positif d’avoir de la pub chez vous. Mais moi je suis producteur de disque encore une fois ! Donc ce qui m’intéresse c’est de vendre des disques : point ! Alors peut-être que si j’étais dans une boîte de merchandising ou si j’étais producteur de spectacles ok… mais là…

RM : C’est vrai que les gens achètent de moins en moins de disques…

L : Je ne te le fais pas dire…

RM : Mais justement les ventes du numérique augmentent…

L : Oui tu as lu comme moi le rapport du SNEP mais les gens n’achètent pas encore beaucoup sur le web donc bon… avec vous je n’ai aucune garantie.

RM : Et quelles garanties as-tu en faisant de la pub dans la presse spécialisée ?

L : (silence)

RM : Des médias professionnels focalisés metal/rock en France, il n’y en a pas 36… et pour être honnête j’en vois réellement deux. Il y a d’un côté ** qui a du gros contenu chaque mois sur le mag et qui a près de 20 000 fans sur Facebook – parce qu’il a compris qu’il devait agir sur Internet d’une manière ou d’une autre – et d’un autre côté il y a Radio Metal. Qu’Universal, Sony, Warner Music, Nuclear Blast etc. annoncent chez nous, ça ne te met pas la puce à l’oreille ? S’ils le font, c’est bien qu’il y a une raison et qu’ils y ont intérêt non ?! Si tu n’as pas de budget, il faut que tu sois présent sur ces deux médias et puis basta !

L : Tu vient d’évoquer bon nombre de majors qui ont des budgets…c’est bien différent de nous.

RM : Non ce n’est pas si différent car moi je te parle avant tout de stratégie d’entreprise.

Fin de l’extrait.

Le contexte musical est extrêmement délicat certes, mais mon interlocuteur d’hier m’a rappelé à nouveau qu’une structure-label qui balançait toute sa comm’ dans la presse (quelle incroyable erreur stratégique…) et qui n’anticipait jamais la tournure des événements (en l’occurrence médiatique mais j’imagine que ce constat peut malheureusement être appliqué à d’autres niveaux de la structure représentée par mon interlocuteur…) finirait de toute façon par mourir.

Si ce n’est pas cette année, ce sera dans 2, 5, 10 ans ou plus. Mais elle mourra forcément, parce qu’en tant qu’entreprise les mauvais choix se payent toujours.

Alors oui, quand un responsable label m’explique en 2012 (!) qu’il n’a jamais annoncé sur Internet alors que l’éclosion du web a plus de 15 ans et que beaucoup de supports existent en France (une vraie chance d’ailleurs) pour orchestrer correctement la promotion de ses artistes… je me dis que oui, en effet, il a de profondes questions à résoudre. Car si un label n’a pas les moyens d’investir partout, ce que je comprends bien volontiers, il se doit au moins de cibler les bons médias après un minimum de réflexion.

Même si cette fameuse « industrie de la musique » est très dure et peut provoquer des chutes, être pris dans la sinistrose ambiante en passant son temps à se lamenter – « franchement, les gens n’achètent plus de disques, c’est triiiiiiiste » – sert, au final, à quoi ? Mon interlocuteur d’avant-hier s’est-il vraiment posé – question valable pour bon nombre d’acteurs du milieu – les bonnes questions ? Et au quotidien agit-il concrètement, et différemment, pour faire évoluer son métier ?

Il me paraît nécessaire que toutes les structures du monde de la musique balaient devant leur porte et agissent pour qu’elles mêmes, et donc le secteur dans sa globalité, s’en sortent. Pour cela il faut avoir des idées (à tous les niveaux), tenter des choses et innover. Les artistes, eux, l’ont bien compris et des exemples prouvent que ça peut marcher alors pourquoi les labels sont-ils si souvent fatalistes dans le discours et si frileux dans les actes ?

Il n’y a vraiment pas de raisons…

Car si les disques se vendent moins, tout le monde est concerné par le phénomène et il faut faire avec en trouvant d’autres solutions économiques. Oui, aujourd’hui, les gens n’achètent plus de disques physiques mais ils ont de plus en plus tendance à acheter sur Internet des disques ou titres numériques via iTunes et les autres plateformes de téléchargement légal. Oui, aujourd’hui, il est délicat pour beaucoup de labels de s’en sortir financièrement mais sans remise en cause et sans nouvelles actions une chose est claire : ils feraient mieux de s’arrêter tout de suite pour éviter des dégâts plus importants dans le futur.

Le secteur de la musique est maintenant en mutation perpétuelle donc soit les structures se renouvellent, soit elles disparaissent.

Pour information, le label que j’avais au téléphone avant-hier me donne une réponse sur un partenariat plus poussé dans les prochaines heures. Si sa réponse est positive, alors ce sera la première fois qu’il donnera son accord à un média Internet focalisé metal pour un partenariat financier à la hauteur des prix pratiqués par la presse magazine metal.

De mon point de vue ce serait bien sûr une bonne chose pour le développement de Radio Metal mais, malgré tout, qu’il le fasse aussi tard reste assez alarmant… pour la stratégie de son entreprise.

* Une journée promo est une journée où les médias comme nous ont la possibilité de faire des interviews d’artistes.



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Mettre les points sur les i


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Celui qui gueule est très souvent celui qui, au final, se fait respecter. Dans un secteur concurrentiel, on n’a pas vraiment le choix de toute façon : il faut faire la différence et ne jamais laisser indifférent. « Gueuler » – le verbe est à prendre ici au propre comme au figuré – pompe beaucoup d’énergie mais, à partir du moment où le hurlement est justifié et qu’il défend les intérêts de sa structure, ne pas le faire se révèlerait, en fait, être un frein au développement de son projet…

Le dernier Blog de l’année va s’intéresser au dialogue que Radio Metal peut avoir avec certains de ses partenaires. Alors bienvenue, amis lecteurs, dans nos coulisses.

Depuis notre entrée dans l’arène médiatique, et ceux qui nous suivent depuis le tout début le savent bien, nous avons toujours eu un discours offensif et libre. C’est notre identité, notre marque de fabrique. Crier, pourtant, ne fait pas spécialement partie de notre tempérament mais faire partager ce que l’on pense et se battre pour nos idées, oui.

Dire ce que l’on a sur le cœur, c’est donc notre manière à nous de crier et de lever le poing, notre emblème.

Nous sommes le 30 décembre 2011 et le 1er avril 2007, date de notre création, me paraît aujourd’hui incroyablement loin. Ce que je constate, c’est que notre discours n’a pas varié d’un iota mais la notoriété de notre média est maintenant très différente car nous sommes devenus une pièce majeure dans le jeu des médias metal français. Pour cela, nous avons fait notre trou grâce à vous. Et les annonceurs qui, avec le temps, ont investi chez nous (labels, producteurs de spectacles, etc.) l’ont fait uniquement parce que nous étions devenus cette « pièce majeure » évoquée ci-dessus.

Cette histoire, notre Histoire, je l’ai toujours en tête quand un célèbre producteur de spectacles me propose, il y a encore quelques jours, d’être partenaire de la prochaine date parisienne d’un groupe pionnier de notre style musical fraîchement reformé. Et sa proposition me fait même sourire parce qu’il me propose un échange de type « Je te donne 10 places, tu as de la visibilité logo dans le métro et, en échange, tu me fais de la pub gratuitement sur le site ». Or ce fonctionnement marche peut-être avec d’autres médias mais sûrement pas chez nous ! Car, nous, nous sommes une entreprise, nous représentons bientôt 30 000 (!!!) personnes sur Facebook et on a les mêmes soucis que la presse magazine… sauf que nos contraintes économiques sont encore plus fortes à cause de notre contenu 100% gratuit !

Tous ces paramètres, mon interlocuteur les a dans la tête, mais il tente quand même le coup du gratuit. Il a bien raison de le tenter et je ferais sans doute la même chose à sa place car c’est ça le business. Mais si nos partenaires qui recherchent de la promo d’envergure ne comprennent pas qu’avec Radio Metal il faut passer par la case « argent »… alors ils n’auront pas de promo.

Les règles du jeu sont simples.

« Se faire respecter » quand on est un jeune média web professionnel, c’est savoir expliquer à l’ensemble de nos partenaires qu’on se fiche d’avoir un logo sur un espace pub dans le métro, sur des flyers, etc. Et ce même si la tournée pour laquelle on nous sollicite est prestigieuse. Parce que la priorité pour nous est de continuer à s’en sortir financièrement pour avoir prochainement un salaire qui soit à la hauteur de notre investissement.

Alors, bien sûr, on ne va pas cracher sur de l’exposition ni sur de la communication mais de toute façon la comm’ d’un média web comme le nôtre repose avant tout sur son site et sur les réseaux sociaux. Le reste est vraiment secondaire et l’essentiel dans tout ça est le nombre toujours croissant de personnes qui connaissent « la marque Radio Metal »… et ça se compte en dizaines de milliers.

Dans les faits, RM préfèrera, par ailleurs, toujours bosser régulièrement avec ses partenaires car cette régularité leur permet d’avoir chez nous une exposition avantageuse à tarif préférentiel sachant que, en parallèle, cela nous donne bien sûr la possibilité de gonfler son chiffre d’affaires (pour vous proposer un contenu de qualité, etc.). Avec le temps, je me suis d’ailleurs aperçu que bon nombre de producteurs de spectacles préféraient fonctionner au « one-shot » avec les médias web, en tout cas avec nous, parce qu’ils n’ont pas encore le réflexe Internet et qu’ils préfèrent encore dépenser la plupart de leur budget comm’ dans la presse magazine… qui a bien raison d’en profiter.

Mais je suis certain que les retours sur investissements qu’offre la presse sont très limités par rapport à ce que peut donner un site comme le nôtre. Et j’en parle en connaissance de cause puisque Radio Metal a annoncé dans la presse pendant de très longs mois. A l’époque, on l’avait avant tout fait dans une optique d’image parce qu’on avait conscience qu’on nous prendrait encore plus au sérieux et que nos partenaires – qui ont encore, comme indiqué plus haut, des réflexes magazines – se diraient « Ha, p*tain ils annoncent chez untel, ça veut dire que c’est sérieux ». Pourtant, quel a été l’effet réel de ces pubs ? Combien d’entre vous nous ont connus par la presse ? Ces questions méritent d’être posées.

Comme vous vous en doutez, je n’ai aucun souci avec la presse mag’ qui fait du bon travail mais il est de mon devoir de faire prendre conscience à mes partenaires labels que les privilèges qu’ils lui donnent encore – notamment éditoriaux – doivent être nuancés. A ce titre, quand je vois que, par exemple, on ne nous propose jamais de voyage de presse pour aller faire des écoutes en avant-premières alors qu’avec RM le reportage en question serait en ligne dans les deux jours… c’est assez énervant. Alors, bien sûr, sachez que je ne me prive jamais de contacter mes interlocuteurs pour leur détailler tout ce qu’ils perdent en promo…

Mais, enfin, chacun fait comme il veut et la politique de Radio Metal a toujours été d’avantager ceux qui nous soutiennent et qui mettent TOUT en œuvre pour nous aider sur l’éditorial et/ou sur le financier. Plus on nous aide, plus on fera des efforts pour notre partenaire : voilà notre logique. Cette politique sera la même en 2012… sauf que nous serons encore plus durs et exigeants parce que j’ai l’impression que, parfois, mes partenaires ne se bougent pas les fesses comme ils pourraient le faire. Et du coup ça m’agace !

Malgré tout, comme votre serviteur est taquin par nature et aucunement ingrat, je profite quand même de ce billet pour remercier ici tous nos partenaires et particulièrement les annonceurs qu’ont été cette année Adipocere, Arachnée Concerts, Bavaria, Century Medias, Chaosphere, Colmar Expo SA, Dean, Eagle Naïve, Eblasthop, Eldorado, Decibel Rebel, Gérard Drouot Productions, Music For Ever, Nuclear Blast Records, Pias, Sony, Soundworks, Speakeasy, Universal, Warner Bros Entertainment et Warner Music France, XIII Bis Records ainsi que tous les autres qui nous ont fait confiance.

Quant à vous, auditeurs et lecteurs, je vous souhaite bien sûr le meilleur pour 2012 avec, au premier plan, une santé parfaite. Et puis, bien évidemment, encore merci pour votre fidélité à toute épreuve car sans vous nous aurions depuis très longtemps baissé les bras.

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De la difficulté d’être un artiste de metal en France


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« Certes, on a une notoriété, mais on ne vend pas de disques. Les disques, ça ne vend pas. Ceux que nous vendons financent en gros l’enregistrement de l’album. C’est la réalité qu’il faut comprendre dans le business de la musique en général ; et le metal n’est pas le seul style à être touché. Nous n’avons pas eu l’occasion de vivre à la grande époque où les gens pouvaient se faire de l’argent sur les ventes de disques, ça n’existe plus. Maintenant, ce qui rapporte de l’argent, c’est vendre du merchandising et partir en tournée. » Joe Duplantier, chanteur/guitariste de Gojira.

Un grand groupe comme Gojira vend peu de disques et cela a bien entendu des conséquences directes – comme le précise le frontman dans notre récente interview – sur sa situation financière. D’ailleurs, beaucoup de faits prouvent que le métier d’artiste est de plus en plus précaire alors prenons le temps de nous intéresser concrètement à l’Economie de la Production Musicale en France pour comprendre pourquoi les choses sont de plus en plus dures pour les artistes en général, et plus particulièrement pour les musiciens de notre pays.

Le week-end dernier, je me suis justement penché attentivement sur le rapport 2011 (concernant l’année 2010) du SNEP – le Syndicat National de l’Edition Phonographique – dans le but d’avoir des chiffres précis sur la situation actuelle du monde de la musique en France. L’année dernière, le marché physique pesait donc 466,3 millions d’euros alors que le marché numérique représentait lui cinq fois moins, soit 88,1 millions d’euros. Le marché physique a baissé de 8,9% par rapport à 2009 alors que le marché numérique est pour sa part en hausse de 14,1%.

Le schéma ci-dessous montre d’ailleurs l’évolution de la situation depuis 2007.

Source : SNEP

Comme vous le voyez, si le marché numérique est en développement, son évolution se fait bien trop progressivement pour compenser la baisse des ventes physiques. Quand le marché numérique sera en France au même niveau que le marché physique alors peut-être que la situation financière des artistes commencera petit à petit à évoluer… Mais cela se fera très doucement et, surtout, dans combien de temps ? Bien malins ceux qui pourraient le dire ! En tout cas, il est totalement excessif d’affirmer comme Pascal Nègre que « le marché de la musique est reparti » alors que nous paraissons être dans une (très longue) période de transition où les artistes sont de plus en plus contraints de créer leur propre modèle économique pour sortir du tunnel…

Mais il est fort probable que quand le patron d’Universal parle de « marché qui repart » il pense avant tout aux perspectives économiques de son label et pas à la situation personnelle des artistes ce qui, à mon sens, est une erreur assez grave puisque la première chose évoquée dans ce paragraphe ne sera à terme plus possible si la seconde ne suit pas.

Une des conséquences de l’actuelle période de transition est qu’un groupe comme Gojira ne parvient pas à vivre correctement de son activité… Par vivre correctement, j’entends avoir un salaire, s’acheter une voiture, un appartement, une maison etc. Des choses « normales » de plus en plus éloignées du quotidien des artistes. Entre 2002 et 2010, le marché de la musique enregistrée a ainsi perdu 57% de sa valeur, soit près de 750 millions d’euros, et cela ne peut qu’avoir un effet catastrophique sur les finances des groupes.

Mais si on choisit de s’intéresser en profondeur au cas des artistes français via le rapport du SNEP, on prend également conscience que leur situation financière devient de plus en plus complexe à cause du système français dans sa globalité. Car si l’on vient d’aborder le contexte économique de notre domaine d’activité (qui peut s’appliquer par bien des aspects à l’échelle internationale), il n’en demeure pas moins qu’en France la non-médiatisation d’un style comme le metal laisse encore moins de chances aux artistes évoluant dans ce style de percer.

A ce titre, je vous laisse méditer le propos suivant extrait du rapport du SNEP : « Le deuxième enjeu qui retient l’attention reste l’absence de diversité dans la programmation des radios musicales. Pour mémoire, en 2010, 15 titres ont représenté 90% des diffusions des nouveautés francophones. Comment se satisfaire d’une telle indigence ? »

Pendant que les radios FM, comme le prouvent les données ci-dessus, se contrefichent de la diversité musicale avec leur 15 titres qui font bien rire (jaune) les musiques alternatives, il faut malheureusement noter que la musique (en règle générale) se fait de plus en plus rare à la télévision. A ce sujet, le rapport du SNEP insiste sur le fait que « l’exposition de chanson se fait très majoritairement à des horaires peu fédérateurs (entre minuit et 6 heures du matin) alors que la diffusion de chanson fait l’objet d’un transfert des chaînes généralistes à forte audience vers des chaînes confidentielles […] L’ensemble de ces facteurs a un impact négatif fort sur l’exposition de nouveaux talents – qui n’ont pas de place à l’écran – et au final sur la diversité musicale – les différents genres musicaux n’ayant pas d’espace d’expression donc peu de chance d’élargir leur public ».

Ainsi, en ce qui concerne le metal, comment les artistes français d’aujourd’hui et de demain peuvent-ils vivre correctement de leur activité si on ne leur donne quasiment pas d’espace d’expression dans leur propre pays ? Il faut être réaliste, c’est presque mission impossible ! Du coup, lorsque l’on y réfléchit, le vrai défi d’un artiste français qui souhaite réussir en faisant du metal passe peut-être par l’ambition nécessaire de vouloir toucher en premier le public étranger car en France il est très compliqué d’y arriver… même si Gojira a, lui, réussi.

Pour revenir au manque de musique à la télévision, France 2 avait d’ailleurs récemment assuré à Nagui que son émission Taratata ne serait pas diffusée trop tard dans la soirée mais Ozap.com nous apprend que dans un entretien accordé au Figaro, l’animateur-producteur a estimé que la chaîne publique n’avait pas tenu ses engagements. « La chaîne m’avait dit « Ce sera, promis, entre 23h et minuit ». Je me suis bien fait avoir, c’est 23h50-55. Je suis un peu bougon » affirme ce passionné de musique.

Au moment où j’écris la présente bafouille, j’ai une pensée pour Patrick Roy.

S’il était encore là, avec nous, qu’aurait-il fait ? Qu’aurait-il dit ? Comment s’y serait-il pris pour faire changer les choses ? Grâce à lui, le metal aura (au moins) eu un documentaire mais, au final, est-ce vraiment suffisant pour que le système et la situation des artistes de notre pays évoluent ? C’est d’ailleurs sur le volet politique que David El Sayegh, le Directeur Général du SNEP, conclut son éditorial : « En cette année pré-électorale, (redynamiser la production locale) est un défi auquel devra se confronter l’ensemble des partis politiques qui entendent déployer une véritable politique de soutien à la filière musicale ».

Le problème est que les politiques sont en partie responsables de la situation actuelle du monde de la musique. Notamment pour ne pas avoir pris de décision radicale au moment où le robinet gratuit du téléchargement illégal à été enclenché. Et ce sont donc ces mêmes politiques qui, maintenant, prendraient les bonnes décisions pour soutenir la filière ? Vaste programme…

Bilan : en étant confronté à des problématiques conjoncturelles, médiatiques et politiques, il est donc bien difficile pour un artiste français faisant du metal/rock de s’en sortir. Malgré tout, le succès de certains groupes prouve qu’il faut y croire. D’autant plus que la réussite d’un Gojira ou d’autres combos plus récents amène le même constat : à chaque fois, le son proposé par ces artistes était frais et original. Alors, malgré la situation difficile du monde de la musique – alliée au manque de diversité musicale sur les médias généralistes – il est tout de même rassurant de se dire que des combos français aussi talentueux (même s’ils rament encore financièrement) ont quand même réussi à toucher et séduire un large public grâce à leur talent et sans le matraquage des médias de masse.

C’est d’ailleurs pour cette raison que, selon moi, le renouveau de la filière musicale (et surtout des artistes) passe obligatoirement par le web, Internet facilitant l’échange, le partage et la fidélisation de son public. Désormais, il faut par conséquent que les artistes arrivent notamment à monétiser leurs actions sur le support numérique pour parvenir, un jour, à vivre de leur passion. Le disque va sans doute mourir commercialement mais ce n’est pas pour autant que les artistes ne vont plus pouvoir vivre de leur activité. En revanche, cela sera sans doute le cas le jour où les artistes n’auront plus d’outils à disposition pour fédérer leur communauté… et ce jour n’est pas près d’arriver grâce aux nouvelles technologies.

Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite d’excellentes fêtes et vous retrouve avec plaisir la semaine prochaine pour le dernier Blog de l’année.



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Un dessin qui en dit beaucoup


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Pascal Nègre, le patron d’Universal, est optimiste quand il évoque la situation du monde de la musique. Il faut dire que le fait de détenir bientôt 35% (!) du marché grâce au rachat d’EMI par Universal ne peut que lui donner le sourire ! Donc, on le comprend… d’autant plus que les sites de streaming (dont le modèle marche le mieux sur Internet) versent maintenant une très large part de leurs revenus aux majors et bien peu aux artistes.

« Il y aura donc trois formes de diffusion de la musique numérique » dit Pascal Nègre au JDD. « L’achat à la carte, type iTunes, l’accès à travers l’abonnement simple (Spotify) ou couplé (Deezer-Orange) et la gratuité financée par la publicité ». Trois systèmes où Universal prendra une commission énorme pendant que les artistes Do It Yourself devront, eux, trouver d’autres solutions pour toucher leur public et vivre de leur activité.

Alors, pour Pascal Nègre & Co., le sourire peut être de rigueur car ce sont toujours les gens comme lui qui détiennent les clés du business. « Avec la musique, nous sommes aux avant-postes : nous avons été les premiers pris dans la tourmente du numérique. Nous serons les premiers à en sortir grâce au numérique. » affirme à ce titre Pascal Nègre dans un raisonnement que n’aurait pas renié les Sophistes.

Parce qu’il est bien évident que si le secteur de la musique parvient à sortir de « sa tourmente » grâce au numérique, il sera le premier à le faire… puisque c’est le seul à avoir été (autant) pris dans cette « tourmente » ! En effet, quand tu es seul en compétition avec toi-même, tu es sûr de gagner… Par ailleurs, Pascal, tu ne penses sincèrement pas que les acteurs du monde de la musique, les décisionnaires comme toi, ne sont pas du tout responsables de cette fameuse « tourmente » ? Oui, tu ne crois pas, très cher Pascal, que ce déclin est étroitement lié à la non-anticipation du numérique par toi et tes amis, justement ?

En réalité, tout ne va pas si bien au pays de la musique et ils sont bien peu ceux qui, aujourd’hui, parviennent à afficher le même sourire que Pascal Nègre quand on voit autant de labels et de disquaires fermer pendant que les artistes galèrent comme jamais. Ainsi, une fois n’est pas coutume, je vais vous proposer aujourd’hui un dessin qui résume bien l’évolution de notre domaine d’activité depuis quelques années.

Bien sûr, certains diront qu’il est simpliste mais, s’il ne dit pas tout, il en dit déjà beaucoup sur a situation actuelle… Le dessin suivant a été réalisé par Fucking Karma et a été mis en ligne sur le blog d’Emmanuel Vivier.

Hé wé gros !



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Du journalisme comme on l’aime


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Quand il s’agit de journalisme, la famille Blanc est en veille et se passe les bons tuyaux ! Hier, j’étais par exemple en train de bosser sur mon article à propos de Dee Snider et Metallica et de prime abord j’avais en tête d’en utiliser les principaux extraits pour le Blog d’aujourd’hui. Ce dernier aurait eu pour but de rebondir sur ce que l’on avait évoqué ensemble ces dernières semaines dans ce billet hebdomadaire : l’espoir indispensable et l’incapacité nécessaire de faire l’unanimité.

Et puis là mon frère – journaliste pour le trimestriel Planète Lyon, un magazine de football centré sur l’Olympique lyonnais, et connu au sein de la communauté RM en tant que maître du quiz – me contacte par mail avec l’objet suivant : « Trop fort ». Un objet qui vaut aujourd’hui une place dans ces colonnes.

Oui le présent Blog va notamment traiter de football (pardonnez-moi…) mais ce sont surtout les médias qui nous intéressent ici et plus particulièrement la guerre entre médias. Vous n’êtes peut-être pas forcément familiarisés avec le contexte que je vais évoquer, alors je vais vous en dire quelques mots tout de suite.

En France, nous sommes l’un des très rares pays à avoir UN SEUL quotidien majeur qui traite de sports – et particulièrement de football – avec L’Equipe. Ce journal est une référence, autant en termes d’information que d’écriture, et est en position de monopole. Une position qu’il cherche à préserver à tous les niveaux, il suffit de voir à titre d’exemple les nombreux projets avortés de ceux qui, un jour, ont eu la volonté de lancer leur propre quotidien pour concurrencer L’Equipe…

Ce dernier est donc un journal puissant géré par Amaury Médias, un groupe de presse qui détient également Le Parisien, France Football et d’autres médias. Conséquence : puissant et en position de monopole, L’Equipe a tendance à donner le la, en matière d’information, à tous les autres médias traitant de sports. Il est vrai que pour un journaliste travaillant dans ce domaine, L’Equipe est une étape obligée exactement comme Blabbermouth peut l’être à l’échelle internationale du metal. Cette situation, bien entendu, énerve ÉNORMÉMENT de journalistes parce qu’ils sont tout simplement jaloux qu’une structure ait un rôle aussi important, ce qui est tout à fait compréhensible.

Ainsi, quand le mensuel So Foot fait ce mois-ci sa une avec Javior Pastore, le meneur de jeu du PSG, il ne peut s’empêcher de se moquer ouvertement du travail de L’Equipe. Une provocation marrante… surtout quand on connaît la détestation profonde entre tous les journalistes du milieu. Car, il y a 15 jours, L’Equipe fait l’interview du joueur et il en sort un entretien un peu vide où l’on n’apprend pas grand-chose. Le joueur n’a pas forcément envie de parler, sur le terrain il n’est d’ailleurs pas en confiance, et le résultat est moyen. On ne peut pas reprocher grand-chose aux journalistes de L’Equipe sur ce coup, ils font le job mais malheureusement pour eux rien n’en ressort. Pour nous, en tant que média metal, c’est exactement la même chose : parfois nos entretiens sont intéressants, parfois moins, parfois pas du tout etc.

Mais ce qui est drôle, c’est que So Foot a la bonne idée d’aller chercher le formateur du joueur Angel Cappa pour mener une interview avec le joueur et le coach de ses débuts. Un beau coup car Javier Pastore est tout de suite beaucoup plus en confiance et, contrairement à l’interview menée par L’Equipe, balance même quelques pépites. Bref, il est sincère, spontané et se laisse aller aux confidences. Du coup, entretien riche et intéressant et couverture logique du magazine.

Mais pas n’importe quelle couverture puisque on peut y lire : « Première interview passionnante de Pastore ».

Ou une manière très drôle de se moquer ouvertement de L’Equipe qui avait fait un premier entretien… en effet pas très passionnant. Car la présence du terme « passionnante » est ici bien tout sauf anodine. Car il faut aussi savoir interpréter cette accroche comme un message savoureux aux journalistes de L’Equipe dans le but de leur dire : « C’est bien les mecs, vous avez eu Pastore en premier mais vous n’en n’avez rien fait. Nous on l’a et on en fait quelque chose d’intéressant et passionnant pour nos lecteurs ! ». D’autant plus que dans le chapeau (l’introduction) de l’entretien, So Foot en rajoute une couche en écrivant que cette interview se savoure notamment « pour entendre le joueur dire enfin autre chose que « oui » ou « non » »

Résultat, j’ai envie de dire « comme par hasard », dans L’Equipe daté du jeudi 8 décembre (soit le lendemain de la sortie de So Foot dont le monde de médias parlait déjà depuis quelques jours…) on assiste à bon tacle effectué par le journaliste Damien Degorre qui insiste sur le fait que Pastore affirmerait à ses coéquipiers avoir été « piégé » par So Foot lors de cette fameuse interview. Ce à quoi le mensuel a judicieusement rétorqué sur son site avoir fait écouter les bandes au PSG qui a confirmé « la véracité des propos […] fidèle au déroulement de l’entretien. »

Bref, tout ce petit jeu entre médias me plaît bien car il est révélateur de beaucoup de choses.

En effet, il me paraît tout simplement important de rappeler que l’information que l’on a devant soi doit toujours être décryptée, que les rapports humains influent toujours sur la manière dont on transmet l’information, que l’objectivité ne veut rien dire, que les règlements de compte personnels sont le quotidien des métiers de l’information, que So Foot est le Canard Enchaîné du monde du football et que je partage très souvent sa vision du journalisme – basée sur la sincérité, la qualité de l’information et le côté décalé – qui sont d’ailleurs une bonne source d’inspiration pour le média que je représente et que cette affaire du vrai/faux démenti me rappelle, dans un autre registre, une histoire plus ou moins similaire qui a touché récemment le milieu du metal.

Par principe, ne faites pas confiance aux journalistes. Mais sachez malgré tout dénicher la sincérité dans le traitement de l’information lorsque cette dernière vient justement des médias qui ont le luxe de pouvoir écrire et dire ce qu’ils pensent. En outre, il me paraît fondamental de ne jamais oublier de s’intéresser au contexte d’un sujet pour lire entre les lignes et comprendre ces enjeux. Je vois très mal So Foot inventer des propos (surtout quand on lit la qualité de CHAQUE réponse du joueur !) comme on ne voyait pas Andy Coleman monter de lui-même une histoire abracadabrantesque sur la réunion de Black Sabbath.

Tout est une question de ressenti et même si nous tous, en tant que lecteurs, nous ne serons jamais à même de connaître toute la vérité des faits on peut toutefois la deviner quand on a les bons outils d’observation et l’expérience de l’analyse. Pour ça pas besoin d’être journaliste, évidemment, puisqu’il suffit juste de faire preuve d’observation, de discernement et d’imagination.

Sur cette affaire de So Foot, j’y vois surtout beaucoup de jalousie entre journalistes et un joueur qui n’assume pas vraiment les propos qu’il a tenus… ce qui est souvent le cas.



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Un bon modèle doit toujours donner de l’espoir


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Le monde de la musique se meurt, les amis.

Beaucoup de causes existent pour expliquer cet état de fait mais l’ensemble de ces causes a, en tout cas, une conséquence principale : il est DE PLUS EN PLUS DUR pour un artiste de percer. Et cette conséquence est de taille. Mais, heureusement, le succès de groupes comme Gojira ou Shaka Ponk dans le monde du metal/rock, des succès acquis à la force du poignet, prouvent que l’on peut s’en sortir à force de travail, de talent, de persévérance et de réussite.

Vous êtes peut-être au courant (et mes collègues qui me supportent chaque jour au studio le savent plus que quiconque !) je suis devenu un inconditionnel du groupe Shaka Ponk. En quelques mois je les ai vu quatre fois en live et, en savourant à chaque fois leur inventivité scénique, tout en approfondissant leurs trois albums, j’ai fini par me poser la question suivante : « Mais, franchement… pourquoi aimes-tu autant ce groupe ? »

Voilà mes explications.

Déjà, j’aime ce combo parce qu’il est la preuve qu’un artiste peut s’en sortir aujourd’hui sans l’aide des médias traditionnels. Shaka Ponk a rempli le Zénith de Paris en tant que tête d’affiche et il ne le doit qu’à lui-même et à ses fans. Une fierté. Cette victoire est donc la leur mais c’est aussi la victoire des musiques alternatives dans leur ensemble et un bras d’honneur adressé à toutes les chaînes musicales (ainsi qu’à toutes les radios commerciales) qui diffusent sans cesse des artistes dont la qualité et la diversité ne sont pas toujours au rendez-vous… pour rester correct.

Le succès de Shaka Ponk c’est donc notre succès à nous, public. Car c’est notre capacité à partager notre amour de ce groupe et la puissance de notre bouche-à-oreille qui ont fait la différence. J’aime me dire que les amateurs de musiques alternatives peuvent remplir un Zénith rien qu’avec du bouche-à-oreille. Cette idée me remplit vraiment de joie et c’est aussi pour ça que j’aime ce groupe : sa réussite est éminemment riche en symboles.

Ce succès donne aussi beaucoup d’espoir et c’est fondamental parce que c’est l’espoir qui fait changer les choses et qui renverse des montagnes. Tous les artistes du monde qui veulent parvenir à remplir les salles en ayant l’objectif de vivre un jour de leur passion devraient avoir l’exemple Shaka Ponk en tête.

Cette analyse est d’ailleurs valable pour tout ce que vous entreprenez, pour tous les projets que vous voulez mener. « Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse avec ta musique et ton singe ? » demandaient les labels à Shaka Ponk lors de ses débuts… Si vous avez un projet en tête et que vous êtes convaincus qu’il marchera : lancez-vous en gardant toujours à l’esprit les réussites, pas forcément liées à votre domaine d’activité, qui ont existé. Car quand on a un projet, il faut avancer en envisageant le rêve et le bonheur difficiles à acquérir avant d’imaginer l’échec éventuel qui, lui, a tendance à paralyser l’action.

Aussi, à l’image des labels pour Shaka Ponk, ne perdez pas de vue que vous rencontrerez au cours de votre parcours beaucoup des gens qui vous diront qu’il ne faut pas faire ci et pas faire cela, « que ça c’est bien, ça c’est pas bien » et qui vous donneront 15 000 conseils… dans lesquels ce sera à vous de savoir distinguer le bon grain de l’ivraie.

A notre niveau, ça me rappelle tout le foin récent sur le livre No Comment. On fait un truc original et on sait que des gens, peut-être nombreux, ne vont pas apprécier la démarche et, pour autant, on ne devrait pas le faire ? Ha, ha, mais bien sûr ! Quelle évidence ! Si on écoutait les gens, on ne ferait jamais rien de toute façon. Alors, oui, on se lance quand même et je suis sûr que vous serez tous très heureux de savoir d’ailleurs qu’on en vend beaucoup…

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Bonjour, je suis l’aparté Histoire et je me permets de corroborer le propos du Doc’ en vous posant la question suivante :

« Quand on a coupé la tête du roi, lui a-t-on demandé son avis ? »

Voilà, excusez-moi du dérangement. Merci et bonne journée.
Doc’ vas-y, tu peux reprendre.

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Merci, aparté Histoire, de ton intervention.

« Mais Amaury, t’es vraiment un connard ! Tu as un ego surdimensionné et tu te la joues révolutionnaire du metal 2.0 ! ». Hmmm… Peut-être. Mais, malgré tout, Shaka Ponk avait bien raison de faire la fête sur scène vendredi dernier en criant à la foule en liesse que le groupe « avait gagné » et que « c’était le plus beau jour de leur vie », non ? Parce que c’est la Vérité : quand tu pars de rien, que tu rencontres des obstacles à chaque coin de rue et que tu finis par remplir le Zénith sous ton propre nom, oui, en effet, on peut dire que tu as gagné.

Philosophiquement, je me retrouve dans ce discours et je suis bien placé pour savoir que Radio Metal est en train de gagner la partie grâce à son public. Car, en résumé, pour que Shaka Ponk continue à se développer, il faut que ses fans achètent des disques (ou du merch) et se rendent à ses concerts. Pour Radio Metal, il faut que son public devienne un lecteur/auditeur régulier pour que nos statistiques soient en constante hausse. Et c’est ça qui, pour nous, continuera à avoir des conséquences positives en termes de revenus publicitaires et de ventes de produits dérivés.

« Regardez tout ce que nous avons construit ensemble » disait Frah (chant) lors du concert de Lyon et c’est aussi cela que j’ai envie de vous dire, à vous, aujourd’hui. Shaka Ponk a réalisé un de ses rêves (j’espère pour lui qu’il en a plein d’autres !) en attirant 6 300 personnes dans un Zénith de Paris sold-out. Et nous, nous avons déjà réalisé un rêve en ayant derrière nous 23 000 fans sur Facebook et près de 6 000 visiteurs uniques différents chaque jour sur le site (comme c’était encore le cas la semaine dernière).

Pas mal pour les petits cons qui ont démarré leur truc le 1er avril 2007 n’est-ce pas ?

Un artiste qui n’a pas la chance de rencontrer le succès immédiatement doit patienter et prendre les choses avec philosophie. Être sage, aujourd’hui, dans le secteur sinistré de la musique – où les labels disparaissent un à un, où les majors se rachètent entre elles parce qu’elles ne vendent plus assez de disques et où gagner de l’argent devient extrêmement compliqué à tous les niveaux – c’est tout simplement se dire que « ça prendra le temps que ça prendra mais j’y arriverai. Enfin… en tout cas, je ferai tout pour ne pas avoir de regrets et je me battrai comme un chien ».

Pour nous, en tant que média novateur sur le metal en France, c’est exactement pareil. Ce projet nous a appris à être sages et patients car sa réussite ne peut être que progressive. C’est aussi pour ça que j’aime le collectif Shaka Ponk : ils ont mis des années avant d’en arriver au stade où ils en sont actuellement, ils n’ont jamais lâché, ils passent comme nous leur vie devant ce satané ordinateur, ils continuent de bosser comme des acharnés en ne cessant de proposer du contenu à leurs fans sur leur site et pour toutes ces raisons je les admire profondément.

Écoutez Loco Con Da Frenchy Talkin’, le premier album du groupe, il mélange funk, metal et electro. C’est pour moi l’un des albums les plus complets qui est sorti ces dernières années.



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