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Interview   

Alcest : échos du soleil-levant


Neige - AlcestLa base, et même le concept, de la musique d’Alcest, c’est le voyage dans un autre monde, dans une autre vie, dans un souvenir. Et pour cause, « c’est un projet que j’ai monté pour parler d’une expérience que j’ai vécu quand j’étais gamin, » nous expliquait Neige, la tête-pensante du duo. « C’est un projet qui est très basé sur le spirituel. Enfant, j’avais des espèces de visions ou de souvenirs de l’endroit dans lequel j’aurais pu être avant d’être sur Terre. La musique me permet ainsi de parler de cette expérience là que j’ai eu et qui m’a marqué à vie et a changé ma manière de voir les choses. » Alors même quand il s’éloigne de cette expérience, il n’est pas étonnant de le voir puiser son inspiration dans une culture aussi éloignée de la nôtre qu’est celle du Japon, pays pour lequel déjà en 2013 il évoquait sa fascination après une première tournée là-bas.

C’est donc un autre genre de « souvenir d’un autre monde » que Neige partage avec nous avec Kodama, subtilement inspiré du pays du soleil-levant, et plus spécifiquement du film Princesse Mononoké d’Hayao Miyazaki, comme avec le rapport de ce peuple et cette oeuvre à la nature dont il se sent proche, mais aussi une certaine dualité qui caractérise ce nouvel opus. Neige nous en parle de long en large dans l’entretien qui suit, dérivant sur des questions de spiritualité toujours intéressantes, évoquant ses influences, y compris dans sa propre discographie puisqu’on retrouve dans Kodama des clins d’oeil à son emblématique Écailles De Lune (2010), mais également expliquant le retour du chant black metal, après avoir affirmé que s’en était fini…

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Vide(o)rdure   

David Lee Roth (Van Halen) : gigolo assassin


David Lee Roth et les arts martiaux, c’est une longue histoire. Et cela n’a probablement pas échappé à quiconque l’a déjà vu en action, ne serait-ce que sur scène. Dès l’enfance, le petit David a baigné dans une culture asiatique, vivant entouré d’un voisinage d’origine chinoise ou japonaise, qui l’a donc amené vers les arts martiaux et qui, depuis, l’a porté à vivre au Japon et d’y développer son rapport à sa culture.

Cela fait donc un an que Diamond Dave a posé ses pénates à Tokyo, qu’il y vit une idylle avec une Japonaise de deux fois moins son âge (sacré Dave !), qu’il y prend des cours de langue (non, là, on ne parle plus de sa petite amie) et qu’il forge et consolide trois fois par semaine ses talents en arts martiaux avec un maître, qui est aussi un moine bouddhiste, de Iaido (art martial se focalisant sur l’acte de dégainer le sabre et de trancher en un seul mouvement, comme on peut le voir dans l’une des nombreuses vidéos, de The Roth Show, publiées sur YouTube par le chanteur).

A travers cette acculturation, le frontman de 57 ans renaît, et c’est un autre homme, ou au moins une autre de ses facettes qu’il dévoile maintenant, loin de l’image de rocker haut en couleur des années 80 et 90. Il revient, et cette fois le gigolo devient assassin dans un court-métrage digne de ce que les fans de films de yakuza peuvent connaître.

A voir dans la suite…



Blow Up Your Video   

BabyMetal : le ridicule ne peut tuer le metal


Pour bien aborder le weekend, on s’est dit qu’on allait vous offrir une bonne dose de « ouate de phoque », afin de vous obliger à vous tenir les côtes jusque dimanche soir – car, après, vous allez vous souvenir que lundi arrive. On aurait pu causer du dernier billet anti-Helffest des Intransigeants qui rime parfaitement avec affligeant. Mais non. On ne vous file même pas le lien (débrouillez-vous comme des grands) pour ne pas plus vous encourager à augmenter la fréquentation de leur site – dont on se demande de plus en plus si ce n’est pas une farce, c’est pas possible, c’est trop gros !

Heureusement, quand on veut du « What The Fuck » positif et joyeux, on peut toujours compter sur le Japon. Et plus encore, on peut compter sur notre péché mignon de metalleux pervers, nos chouchoutes du kawaii metal : BabyMetal qui reviennent avec un nouveau clip et on se dit : « Chouette ! Ça va être tellement nawak, on va tellement rien comprendre à ce qui nous arrive, on va tellement avoir le cerveau qui nous coule par les oreilles, qu’on va être heureux pendant deux jours grâce à nos connexions neurales H.S. »

Lancez la vidéo.



Le Son D'Histoire   

Flower Travellin’ Band et la naissance du hard rock japonais


Qui veut comprendre le présent doit se pencher sur le passé et connaître l’histoire devrait permettre d’éviter qu’elle se répète. Ce sont de vieilles rengaines qui ont, au mieux, le mérite de justifier la paie des historiens… qui ne sont sans doute pas assez bien rémunérés, sinon pourquoi aurait-on si souvent ce sentiment de déjà-vu ?

Et cela même dans un domaine tel que la musique. Ainsi, en enfilant sa casquette d’historien, on peut facilement être persuadé que la passion engendrée par le mouvement visual kei provient d’abord d’une ignorance. D’abord de l’ignorance de son propre état, avant tout chez les fans occidentaux (et plus particulièrement français) de ce style : on ne se rend pas compte, on nie, en bref on ignore, alors qu’on est certain d’être original, d’avoir des passions hors du commun, exotiques, qu’on ne consomme rien de plus exotique qu’un jus de litchi vendu en supermarché. Ensuite une ignorance historique. Car en se penchant sur l’histoire de la musique japonaise, et du rock japonais principalement, on s’aperçoit que le visual kei (qui n’est, il est vrai, pas un style de musique en soi puisque c’est une esthétique envahissant d’accessoires et de cosmétique un spectre allant du pop-rock au metal) n’est que la réussite aujourd’hui d’un schéma déjà-vu dans les années 1960.

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Radio Metal   

Are You Experienced : Made In Japan


Oh, non, n’allez pas croire à travers ce titre que, ce soir, dans Are You Experienced, l’Animal vous a programmé une soirée complète dédiée au célèbre live de Deep Purple de 1972.

En fait, hors de ces lieux de légende où ont été enregistrés certains concerts de mastodontes du rock occidental – parmi lesquels quelques clinquants « Live At Budokan » et autres « Tokyo Tapes » – il existait dans certains clubs underground, voire dans quelques festivals engagés, une bouillonnante scène japonaise, avec des groupes et des musiciens, qui, dans l’archipel extrême-oriental, ont su avec talent tirer au maximum les plus épaisses cordes électriques d’un rock’n’roll qui, malgré un lieu de naissance évident, n’a ni patrie, ni frontières.

Rendez-vous donc ce soir, dès 20h, sur l’antenne de Radio Metal, pour découvrir ces pères du hard rock et du heavy nippons qui, loin d’avoir enfanté les abus peinturlurés du visual kei, n’ont pas à rougir de leurs dignes descendants avec des formations illustres comme Boris, Acid Mothers Temple ou Merzbow.

EDIT : Réécoutez l’émission :

[audio:podcast/are_you_experienced/areyouexperienced_2012_01_23.mp3|titles=Are You Experienced – Made In Japan]


Blow Up Your Video   

Babymetal, ou le bug de l’an 2000 qui a onze ans de retard


On a beau avoir les cheveux longs, s’habiller toujours en noir et aimer s’envoyer du « hard qui tache » dans les oreilles, cela n’empêche pas certains plaisirs coupables, quelques péchés mignons musicaux. L’Animal, en l’occurrence, aime gâter son bon goût et anesthésier sa mélomanie avec de petites doses régulières de « teen-idols » japonaises. C’est ce qu’il appelle sa guimauve pour les oreilles. On peut d’ailleurs remplacer « guimauve » par n’importe quel nom de bonbon ou de sucrerie : c’est plein de couleurs qui n’ont rien de naturel et, on a beau savoir que ce n’est pas bon d’en bouffer autant, on devient vite accro à ces paquets d’édulcorants et on finit irrésistiblement par remettre la main dans le paquet.

Mais quand un groupe comme Babymetal apparaît, mené par trois petites japonaises à peine pubères (la plus âgée a treize ans) issues du groupe d’idols Sakura Gakuin (que je ne connais pas aussi bien que Morning Musume, C*ute, AKB 48 ou Buono – je vous avais dit que j’étais bien atteint), où on mélange univers metal et J-pop à faire baver un Marc Dutroux, allez savoir pourquoi, ces deux choses qui peuplent ma conscience musicale ne parviennent pas à s’interconnecter dans mon cerveau et, créant un bug neuronal, me transforment en légume hébété.


Animalement gueuh…



Blow Up Your Video   

Tentation tentaculaire


« N’essayez jamais de comprendre les Japonais ». Et pourtant la tentation est grande car, quand on n’est pas immédiatement rebuté par certains de leurs délires, on a plutôt envie de s’y enfoncer jusqu’à parvenir à agripper ne serait-ce qu’une petite poignée de sens.

Depuis la manie scatologique de personnages de manga bloqués au stade anal brandissant un étron entortillé sur un bâton tel un esquimau chocolat-noisette rigolo (une innocente et enfantine manière de dire « merde ») aux outrances cinématographiques ultra-violentes et trash d’un Miike Takashi (mais que signifie la scène maïeutique dans Gozu ?), on ne peut s’empêcher de vouloir aller à l’encontre de cette maxime du Net et aller à la rencontre de quelque chose de plus subtil qu’il ne semble.

Toute cette réflexion à cause du dernier clip de Dir En Grey.

Lire la suite interdite aux enfants…



Potin   

Une naissance qu’on n’aurait pas osé imaginer


La façon dont sont nés certains titres-cultes sont parfois de magnifiques petites gourmandises pour les geeks ès-metal. Ainsi ma préférée étant sans doute le fait que le fameux « N.I.B. » présent sur le premier album de Black Sabbath – que certains interprétèrent longtemps comme une Nativité En Noir (Nativity In Black), autrement dit un négatif de la scène de la naissance du Christ (donc une naissance de l’Antéchrist) – trouve son origine dans une blague faisant référence à la barbiche en pointe (« nib » en anglais) du batteur Bill Ward sur laquelle bloquaient les membres du groupe quand ils étaient défoncés.

L’histoire de la naissance de la reprise du « Aerials » de System Of A Down par Amon Amarth sur leur dernier album, Surtur Rising, devrait elle aussi venir rejoindre les miscellanées comiques de tous les experts métallurgistes. Extraits des confidences de Fredrik Andersson (batteur) au site Loudmag.com : « nous voulions surprendre nos fans. Nous avons entendu dire que nous sommes prévisibles, que nous faisons toujours la même chose, alors nous avons décidé de faire des reprises. […] Nous sommes allés au Japon pour l’enregistrement d’un show et, une nuit, nous avons fini dans un bar karaoké et il y a cette chanson, « Aerials », qui est passée. […] Nous avons beaucoup discuté sur le fait que c’est une bonne chanson, qu’elle ait été faite il y a trois mille ans ou n’importe quand. Cette chanson est arrivée et nous la hurlions tous et nous nous sommes bien amusés. »

Voilà, maintenant continuez à vivre en vous disant que les vikings du death metal trouvent des idées de chansons dans des bars karaoké au Japon.



Vide(o)rdure   

Jordan Rudess généreux dans la retenue


De nombreux artistes ont réagi à la catastrophe naturelle qu’a subi le Japon la semaine dernière. Les derniers en date sont Slash et Myles Kennedy, dont la tournée a dû être reportée.

Jordan Rudess, actuel claviériste de Dream Theater, a pour habitude honorable, en certaines occasions, de s’asseoir devant son piano à queue et de composer, d’improviser un morceau et de le publier gratuitement sur internet. Il avait ainsi, il y a deux ans, adressé à ses fans ses meilleurs vœux pour les fêtes de fin d’année en improvisant sur le thème de Noël. Quelques jours après l’annonce du départ de Mike Portnoy du groupe, attristé par la situation, Jordan avait également partagé avec ses fans son état d’esprit en musique. Sa nouvelle vidéo est en réaction, vous l’aurez compris, aux récents évènements qui ont ravagé l’archipel nippon.


Visiblement, l’homme est très ému tant il s’abandonne totalement au morceau. Bien plus que d’habitude. On l’entend même marmonner des lignes de chant, probablement plus par réflexe qu’autre chose, comme le ferait un Keith Jarret. Jordan est connu et suscite l’admiration ou au contraire irrite par sa tendance à en faire des tonnes avec ses doigts. Or ici, son jeu brille par sa retenue et ses nuances. Les circonstances semblent lui avoir fait oublier sa propre personne ainsi que ses réflexes d’instrumentiste : ce morceau n’est qu’émotion et générosité.



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