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Interview   

Dream Theater : les images et mots du passé


Images And Words, le second album de Dream Theater paru en 1992, est sans conteste l’un des albums les plus emblématiques du metal progressif, celui qui à défaut d’avoir posé les bases du genre (Fates Warning, Queensrÿche et autres Watchtower étaient passés avant), les a largement popularisées, fort d’un succès commercial encore jamais égalé à ce jour dans la discographie du quintette, le propulsant au sommet de la montagne et l’installant sur un trône.

Infatigable, après n’avoir cessé de tourner pour promouvoir son dernier album en date, The Astonishing, Dream Theater repart demain sur les routes pour célébrer les vingt-cinq ans d’Images And Words – c’est même la seconde fois qu’ils organisent une telle tournée, puisqu’ils avaient déjà fêté les quinze ans de ce même album en 2007 -, avec un passage ce dimanche 12 février au Zénith de Paris, puis un autre le 2 mai au Zénith de Toulon.

Nous avons profité de ces événements pour, en amont, nous entretenir avec le guitariste John Petrucci et revenir sur cet album incontournable.

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Interviews   

Dream Theater: the reconquest of the throne


James LaBrie & Jordan Rudess - Dream TheaterScene From A Memory, released in 1999, is not only one of the most emblematic works of Dream Theater but also one of the most recognized conceptual albums of the metal world. Therefore it’s not surprising that for years, the fans have been calling out loud and long for a new conceptual release of this caliber, especially after a series of albums in recent years, in which Dream Theater has more or less rested on its laurels. The group finally heard, offering this year what appears to be, on paper at least, the most ambitious album ever envisioned by the group, called The Astonishing.

Two discs, thirty-four tracks, an orchestra, various choirs and a complex history. In 2285, in a world where the rich Great Northern Empire Of The Americas (embodied by Emperor Nafaryus, Empress Arabelle, Daryus and Faythe) is opposed to rebel militia Ravenskill (embodied by Evangeline, Gabriel and Arhys) living in poverty, art no longer exists, replaced by « noise machines » called Nomacs. Gabriel is the hero who shows to people emotions, passion, happiness and hope that comes with the music, which obviously worries Emperor Nafaryus who fears an uprising.

The story has been conceived and written by guitarist John Petrucci and music composed by him and keyboardist Jordan Rudess. It’s the latter, with singer James LaBrie (unfortunately with mild laryngitis the day of our interview), who faced the challenge of incarnating no less than eight characters for the sake of history, we have met to talk about this monumental undertaking that has been theirs for two and a half years and which result is about to see the light of day.

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Interview   

Dream Theater à la reconquête du trône


James LaBrie & Jordan Rudess - Dream TheaterScene From A Memory sorti en 1999 est non seulement l’une des œuvres emblématiques de Dream Theater mais également l’un des albums conceptuels les plus reconnus du monde du metal. Il n’est donc pas étonnant d’avoir vu pendant des années les fans réclamer à cor et à cri un nouvel opus conceptuel de cette trempe, surtout après une série d’albums, ces dernières années, où Dream Theater s’est plutôt reposé sur ses acquis. Le groupe les a finalement entendu, proposant cette année ce qui semble être, sur le papier en tout cas, l’album le plus ambitieux jamais envisagé par le groupe, intitulé The Astonishing.

Deux disques, trente-quatre pistes, un orchestre, des chorales diverses et une histoire complexe. En 2285, dans un monde où s’oppose le riche Great Northern Empire Of The Americas (incarné par l’empereur Nafaryus, l’impératrice Arabelle, Daryus et Faythe) et la milice rebelle des Ravenskill (incarnée par Evangeline, Gabriel et Arhys) qui vit dans la précarité, l’art n’existe plus, remplacé par des « machines à bruit » appelées les Nomacs. Gabriel est le héros qui montre aux gens les émotions, la passion, le bonheur et l’espoir que procure la musique, ce qui évidemment inquiète l’empereur Nafaryus qui craint un soulèvement.

L’histoire a été pensée et écrite par le guitariste John Petrucci et la musique composée en duo entre lui et le claviériste Jordan Rudess. C’est ce dernier, avec le chanteur James LaBrie (malheureusement atteint d’une légère extinction de voix le jour de notre rencontre) dont le challenge a été conséquent en incarnant pas moins de huit personnages pour les besoins de l’histoire, que nous avons rencontré pour nous parler de cette monumentale entreprise qui a été la leur pendant deux ans et demi et dont le résultat est sur le point de voir le jour.

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Interviews   

Mike Portnoy, the polygamist


The Adrenaline Mob and Flying Colors albums are the two first albums Mike Portnoy has worked on since his departure from Dream Theater. Having two completely different styles the albums, however, do share the same spontaneity, both being presented by their creators as the result of an instant chemistry. It’s easy to picture these musicians in a state of effervescence and creativity that led the writing process of these two albums to be brief and without hesitation. Simplicity is the word to be stressed here, simplicity in the music and in the way it was written, which leads us to this easy conclusion: these projects could be a fleeting way for Mike Portnoy to take his mind of his departure from Dream Theater. But it’s not that simple.

First of all, there’s no doubt about Mike Portnoy’s musical eclecticism. When it comes to the way he works, this whole style revolving around a spontaneous writing isn’t new to him either, Dream Theater having been writing their albums really fast these past few years – which is the main point on which they are criticized by their fans. Last year, he had described himself as being a divorcee enjoying his new-found freedom, a metaphor which he toned down a bit in this interview as bimbos can be nice for a while but a divorcee eventually misses being in a couple. For those who thought of Adrenaline Mob and Flying Colors – two very attractive musical projects – as the artistic equivalent of one night stands to help heal one’s wounds, Mike Portnoy answers: “I’m more of a polygamist”. For him, these bands have the potential to be around for years, as suggested by “Omerta” the title of Adrenaline Mob’s new album, which he describes as an oath people take when they enter a brotherhood. Adrenaline Mob is his new gang.

After any break-up, no matter the amount of cheerfulness you display or how convincing you are, it’s always difficult to rid your friends of their skepticism, as they’re convinced it is just a mask. No matter the truth or Mike Portnoys efforts to convince the public otherwise, they will always have doubts when it comes to how he feels about his departure from Dream Theater. We don’t claim to know the truth, however, we do understand why that may annoy him.

As for the truth, apart from shrinks, no one can really claim to know it. Too many fans convince themselves that they know their idols personally, which can be even more the case given the drummer’s honesty and interactivity with his fan-base. Such a choice has its advantages and its by-products, but Portnoy seems to want to stick to it.

Interview…



Interview   

Mike Portnoy le polygame


Les disques d’Adrenaline Mob et de Flying Colors représentent les deux premières sorties de Mike Portnoy après son départ de Dream Theater. Deux registres totalement différents mais qui peuvent néanmoins être mis en parallèle pour la spontanéité qu’ils véhiculent, tout deux étant présentés par leurs géniteurs comme le résultat d’une alchimie instantanée. Il est facile d’imaginer ces musiciens pris dans une effervescence et une spontanéité telle que la phase d’écriture de ces deux disques fut brève et sans aucun retour en arrière. La simplicité est donc le mot d’ordre ici, autant dans la musique elle-même que dans la manière de l’écrire, ce qui nous amène dangereusement vers cette conclusion facile : ces projets sont autant de moyens éphémères pour Mike Portnoy de se changer les idées suite à son départ de Dream Theater. Mais ce n’est pas si simple.

Musicalement, tout d’abord, l’éclectisme de Mike Portnoy n’est plus à prouver. Côté méthode de travail, ce style d’écriture reposant sur une véritable spontanéité n’a également rien de nouveau pour lui, Dream Theater écrivant – et c’est le reproche principal qui est fait au groupe par les fans – depuis plusieurs années ses albums très vite. « Je me sens comme un homme divorcé qui recommence à profiter de la vie en flirtant avec tout un tas de jolies filles » avait déclaré Portnoy l’an dernier. Une métaphore qu’il a modérée avec nous en interview. Car, en effet, les bimbos, ça occupe un temps, mais la vie de couple finit par manquer au divorcé. A ceux qui voyaient donc en Adrenaline Mob et Flying Colors, projets musicaux aguicheurs, l’équivalent artistique des relations d’un soir qui nous servent à panser nos plaies, Mike Portnoy répond : « En réalité, je suis pour la polygamie ». Pour lui, ces groupes ont un avenir et c’est le message qu’adresse d’ailleurs ce titre d’album, Omerta, qu’il décrit comme le langage codé qu’utilisent ceux qui font partie d’une confrérie. Adrenaline Mob est son nouveau clan.

Après toute séparation, peu importe la bonne humeur que l’on affiche ou nos capacités de persuasion, il est bien difficile de se débarrasser du scepticisme dans l’esprit de nos proches, convaincus qu’il s’agit d’une façade. Peu importe la vérité, peu importe les efforts de Mike Portnoy pour convaincre le public du contraire, le public aura toujours un doute quant à son ressenti par rapport à son départ de Dream Theater. Si nous ne prétendons pas connaître la vérité, nous pouvons comprendre en revanche cette exaspération de sa part.

Et pour ce qui est de la vérité, à moins d’être psychologue, personne ne peut réellement prétendre la connaître. Beaucoup trop de fans se persuadent trop facilement de connaître personnellement leur idole. Ce qui est d’autant plus le cas quand on connaît la franchise et l’importante interactivité que le batteur a développées avec son public. Un choix qui a ses avantages et ses dérives, mais sur lequel Portnoy ne reviendra pas.

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Nouvelles Du Front   

Dream Theater passe au rouge et se fait griller


Dream Theater n’en est pas à une coïncidence près. Utilisant la méthode de l’Inspiration Corner qui consiste à s’enfermer en studio avec une série de disques représentant les principales sources d’inspiration d’un futur album, le groupe a souvent été décrié pour avoir utilisé ses influences récentes de manière trop grossière et pas assez personnelle. « Never Enough » aurait très bien pu avoir été écrite par Muse, alors que « Repentance » aurait pu l’être par Opeth. Ce dont le groupe ne s’est d’ailleurs jamais caché, considérant probablement (à tort ou à raison, à vous de vous faire une opinion) que ce qui compte, c’est que la chanson soit bonne.

Puis il y a ces plans repris à l’identique concernant lesquels on se demande comment il est possible que les artistes originaux n’aient pas porté plainte.

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Nouvelles Du Front   

DREAM THEATER n’aurait-il pas fait exprès ?


Après avoir écouté le dernier album de Dream Theater, A Dramatic Turn Of Events, Thiago Campos, un fan connu pour avoir publié avec son groupe sur YouTube plusieurs reprises parfaitement exécutées des titres de la formation, a écrit une chronique dudit disque. Il ne s’attendait probablement pas à ce que cette chronique soit relayée et commentée par Mike Portnoy, l’ancien batteur de la formation, sur son forum personnel, ni à ce qu’elle ne finisse sur Blabbermouth avant de finalement arriver aux oreilles de John Petrucci.

Qu’a-t-elle de si spécial, cette chronique ?

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Metalanalyse   

Alors, Dream Theater sans Mike Portnoy, ça donne quoi ?


A Dramatic Turn Of Events, le nouvel album de Dream Theater, fait office, aux yeux de nombreux fans, de thermomètre artistique du groupe vis-à-vis de Mike Portnoy. S’il est mauvais, c’est que c’était Mike qui portait le groupe. S’il est bon, c’est qu’il était un problème et que son départ est positif. Mais les choses peuvent-elles être résumées avec un raisonnement aussi simple ? Mike Portnoy a quitté le groupe car il souhaitait que Dream Theater fasse une pause, requête qui fut unanimement refusée. Si le batteur était resté, qui sait ce que cette pause, rupture par ailleurs désirée depuis longtemps par de nombreux fans, bouleversant le rythme métronomique de cette carrière, aurait pu apporter artistiquement au groupe ?

Quoi qu’il en soit, depuis ce départ du principal communiquant du groupe, Dream Theater cherche à véhiculer, auprès des fans et de la presse, l’image d’un groupe soudé et parfaitement égalitaire. Et cela se traduit visiblement en studio. L’album a été écrit collectivement, à l’exception du nouveau batteur fraîchement arrivé, Mike Mangini. Les récentes déclarations de Jordan Rudess témoignant de son enthousiasme vis-à-vis du processus collaboratif de ce nouveau line-up permettant à chacun de s’exprimer ont soulevé la question du rôle autoritaire qu’avait Mike Portnoy au sein de la formation.

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Interviews   

Dream Theater, The Spirit Carries On – Episode 1 : John Petrucci


Two different men, two different opinions, two different vibes. The departure of Mike Portnoy from Dream Theater is a turning point. Whether it is one musically, we’ll find out in a few months. But given Mike’s prominence in the band – it’s no wonder Dream Theater was regarded as “Portnoy’s band” – there were many consequences and issues raised by this departure. We tried to take the pulse of the band. Firstly with one who was already in it and decided to go on, John Petrucci, guitarist and founding member. Then, with the one with whom the show will go on: the lucky Mike Mangini.

John Petrucci is a naturally quiet person, sometimes even phlegmatic. As a consequence, he’s always talking calmly, giving carefully calculated answers and continually seeing things in a positive way. And of course, being a prominent public figure, he’s careful about what he says. You’ll even notice how the subject of the communication with Mike Portnoy regarding his departure from the band has been impossible to mention. Petrucci even stating that he hasn’t paid attention to the latter’s statements and accusations in the press.

Apart from that, rest assured, he’s all but insincere and – for those of you who were expecting a boring and depth-lacking interview – interesting in his point of view regarding the band, the auditions for the new drummer, but also regarding other more general issues such as instrumental practice and the notion of musicality.

Clearly, interviews aren’t where he’s the most comfortable. There’s no surprise in the fact that Mike Portnoy, being very comfortable as a spokes-person, had been the face of the band for years. The redistribution of the roles within the band in that regard is one of the consequences of his departure: « Other people just need to step up and do more interviews, talk more and do more photoshoots. ». Among the fans, many believed that Mike Portnoy’s control over the band weighed down on his band mates. John Petrucci points that out as a misconception.

Finally, took advantage of this interview to try to learn more about the musical direction taken on the next record, A Dramatic Turn Of Events, scheduled to be released on September 13th 2011. A title that, according to the guitarist and unlike one may suppose, is not a reference to the band parting ways with Mike Portnoy.

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Interview   

Dream Theater, The Spirit Carries On – Episode 1 : John Petrucci


Deux hommes, deux positions, deux ambiances. Le départ de Mike Portnoy de Dream Theater est un tournant. Qu’il soit musical ou non, ça, nous le verrons dans quelques mois. Mais compte tenu de l’importance que Mike revêtait dans le groupe – ce n’est pas pour rien si Dream Theater était vu comme « le groupe de Portnoy » – les problématiques et les conséquences de ce départ sont nombreuses. Nous avons voulu prendre la température. Tout d’abord chez l’un de ceux qui était déjà là et qui a décidé de continuer, à savoir John Petrucci, guitariste et membre fondateur. Puis chez celui avec qui l’aventure va continuer : l’heureux nouveau élu Mike Mangini.

John Petrucci est quelqu’un de naturellement serein, voire par moments flegmatique. En conséquence, il s’exprime toujours très posément, donne des réponses mesurées et a un œil constamment positif sur les choses. Et bien entendu, son statut médiatique n’aidant pas, il fait attention à ce qu’il dit. Vous verrez d’ailleurs qu’il a été impossible d’aborder la sujet de la communication avec Mike Portnoy à propos de son départ du groupe. Petrucci déclarant même n’avoir même pas suivi les déclarations et les accusations de ce dernier dans la presse.

Du reste, rassurez-vous, il n’en reste pas moins sincère et – pour ceux qui voyaient déjà venir une interview lisse et ennuyeuse – intéressant dans son regard sur le groupe, sur les auditions pour un nouveau batteur, mais aussi sur d’autres thématiques plus générales telles que la pratique de l’instrument et la notion de musicalité.

Les interviews, ce n’est visiblement pas là où il est le plus à l’aise. Pas étonnant, donc, que Mike Portnoy, lui très à l’aise en tant que communiquant, ait été le représentant médiatique du groupe pendant des années. Parmi les conséquences de son départ en septembre 2010, il y a notamment une redistribution des rôles à ce niveau-là : « Maintenant, les autres membres vont simplement devoir s’affirmer, donner plus d’interviews, parler davantage et faire plus de séances photos ». Parmi les fans, nombreux étaient ceux qui pensaient que la mainmise de Mike Portnoy était pesante sur les autres membres du groupe. La réponse de John Petrucci, vous le verrez, dénonce cette croyance comme une idée reçue.

Nous avons également profité de cet entretien pour essayer d’en savoir plus sur l’orientation musicale du nouvel opus à paraître le 13 septembre 2011, A Dramatic Turn Of Events. Un titre d’album qui, d’après le guitariste et contrairement à ce que l’on pourrait supposer, ne se réfère pas à la séparation avec Mike Portnoy.

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