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Potin   

Je vous promets de la ressortir la prochaine fois que je m’engueule avec Spaceman


Vous savez, moi, je suis un éclectique. En matière d’insulte, j’aime autant la vulgarité dégradante d’un « grosse p… » que la subtilité d’un non moins violent « Tu sais quoi ? Si je te file un miroir, tu te suicides ». En matière d’engueulade, on a tous notre petite « phrase qui tue », fruit, au mieux, de notre répartie ou, au pire, d’un peu d’imagination et de réflexion. Vous savez, ce genre d’injure tellement travaillée et définitive qu’elle en devient aussi drôle que vexante.

Chacun de nous a dans son entourage cet individu que l’on n’apprécie pas tant pour son amitié, sa fidélité, ses bons conseils ou sa petite amie que pour ses injures. On se délecte de le voir rembarrer les autres et on aime presque en être la victime. En ce qui me concerne, il y a parmi mes amis proches ce type à la répartie des plus aiguisées lui permettant de pondre à la vitesse de la lumière une vanne percutante et tellement capillo-tractée qu’il est impossible de répliquer. Parce qu’elle vous immobilise d’incompréhension (« mais par quel cheminement est-il parvenu à ça ?! ») tout en vous mettant K.O.

L’autre jour, j’étais justement avec lui dans notre bar de prédilection. Non loin de nous (en tout cas pas assez) se trouvaient deux types arborant une gestuelle et un look – pardonnez moi l’expression – de losers. Très rapidement, nous ressentîmes le besoin de nous en éloigner à tout prix. Nous ne voulions pas que notre proximité géographique nous associe à eux aux yeux des demoiselles du bar. Puis il eut cette phrase délicieuse : « Ils ont tellement l’air losers que j’ai peur de retrouver mon pucelage en restant à côté d’eux ».

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