Biarritz nous accueille par une pluie légère et un ciel sombre en ce milieu de mois de mai, jusqu’ici rien de franchement anormal. Doit-on cependant y voir un présage de la soirée qui nous attend ? L’Atabal est l’hôte ce soir de Verset Zero et Amenra, deux groupes qu’il n’est pas surprenant de trouver sur une même affiche puisque leurs terrains musicaux respectifs ne sont pas sans similitudes. Salle avec une capacité de sept cents personnes, elle possède aussi plusieurs studios de répétition, une partie école de musique et jouit d’une proximité inégalable avec la gare de la ville, d’un parking plus que conséquent ainsi que de plusieurs offres de restauration. Mais que demande le peuple ?
La proximité presque immédiate avec l’Espagne se fait ressentir puisqu’une bonne partie des chevelus présents en est originaire, profitant avec raison de cet avantage que sont les concerts aux portes des frontières ! A presque 20h, on pénètre dans l’enceinte de cette salle qui accueillera deux jours plus tard à guichet fermé nos chers Français répondant au doux nom d’Ultra Vomit.
Artiste : Amenra – Verset Zero
Date : 13 mai 2025
Salle : L’Atabal
Ville : Biarritz [64]
Verset Zero nous ouvre ses portes dans une ambiance lugubre, une scène décorée de bannières, de chandeliers dégoulinant de cire et des fleurs blanches de part et d’autre. Ce décorum colle à l’habit noir dont est vêtu le chanteur multi-instrumentiste, dont le visage est paré d’un voile et de chaînes d’ornement dorées, apportant une dimension presque cérémonielle à l’ensemble. Lui se tient debout devant un autel qui regorge d’accessoires : un grimoire ou encore une coupe médiévale grâce à laquelle le maître de cérémonie pourra se désaltérer tout au long du set. Le concert se lance avec le titre « Sombre Aurore », un choix stratégique pour plonger l’audience dans l’univers de l’artiste qui mène celle-ci à coups de rythmes lents et lourds, le tout saupoudré d’une voix sépulcrale et de samples électroniques. Il finit par se démasquer et prendre en main une basse blanche, comme dévoilant une autre facette de sa personnalité.
Bien que le son accroche un peu aux oreilles sur les moments les plus violents (mais c’est peut-être volontaire !), les morceaux s’enchaînent bien et fonctionnent les uns avec les autres. « Victoria » offre une pause rapide dans cet ensemble se confondant entre séduction et agressivité bien menée, avant qu’il soit possible de réentendre la voix caverneuse et d’apercevoir les jeux de regards parfois effrayants du leader. Verset Zero se masque à nouveau et s’il est facile de noter que la batterie préenregistrée sonne légèrement trop artificielle, il faut quand même relever que le one-man-band mérite amplement sa place de première partie devant une salle qui, d’après un local habitué des lieux, est plus remplie que d’habitude à cette heure-ci de la soirée. Le temps passe vite à l’Atabal et le set se termine un peu trop rapidement, même si la satisfaction de cette découverte reste au rendez-vous.
Setlist :
Sombre Aurore
Triptyque
Victoria
Les Horizons Mélancoliques
La Trahison Des Démons
L’Etoile Mourante
L’Esprit Noir
Les lumières se fadent et les membres d’Amenra montent sur scène dans un silence presque religieux tandis que l’écran géant en fond diffuse des images en noir et blanc. Ce soir, pas de chichi, l’ambiance lumineuse reste très sombre, d’un noir omniprésent, avec un jeu de flashs clair-obscur fondant l’Atabal dans une scène torturée par le post-metal si caractéristique du groupe. Colin H. Van Eeckhout se présente, tout de noir vêtu et prend place au milieu de la scène, dos au public. « Salve Mater » est lancée, percée par le scream écorché du frontman qui, lorsqu’on est face à lui, semble traversé par une lumière divine. Amy Tung Barrysmith, fraîchement arrivée, reprend comme il se doit le flambeau de Tim De Gieter ayant annoncé son départ du groupe en janvier dernier, accrochant aussi bien visuellement que musicalement à la DA du groupe belge.
L’énergie est lourde et légère à la fois, et « Plus Près De Toi » ravive encore plus cet effet libérateur que les fans sont venus chercher ce soir, le pont calme du morceau ayant de quoi filer des frissons à l’unisson. Le continuum de titres s’enchaîne, entremêlant hurlement désespérés – presque habités – et les accords de guitares doomesques puissants qui fonctionnent bien, même s’il est compréhensible que certains non-initiés se perdent un peu face à la longueur de certains morceaux. « Heden », très lente au début, évolue crescendo avant d’exploser au visage de tout le monde. Colin reste le plus expressif sur scène, jetant des coups en l’air et se cassant la nuque, comme s’il se battait contre ses démons. Il se retournera pour faire face au public plusieurs fois, accentuant cette dualité qu’il porte déjà avec sa voix et allant jusqu’à finir torse nu, laissant apparaître la gigantesque potence d’Amenra qu’il a de tatouée dans le dos.
Climax de la soirée, les premières notes à la guitare de « A Solitary Reign » se font entendre et un râle de satisfaction unanime se soulève au cœur de la salle. Tout est limpide, clair et logique ce soir. Le groupe quitte la scène trois titres plus tard après un énième tabassage collectif, dans un écran de fumée, sans piper mot. Resteront cette ambiance lourde d’émotions, de catharsis, de spiritualité décalée, et le plaisir, pour les plus attentifs, de croiser les membres du groupe au stand de merch plus tard dans la soirée, afin d’enfin pouvoir communiquer de façon verbale avec eux. Le temps a été distordu aux côtés de la tête d’affiche de la soirée qui aura su délivrer une musique ayant accroché le cœur des quasi sept cents personnes à Biarritz.
Setlist :
Salve Mater
.Razoreater.
Plus Près De Toi
Heden
De Evenmens
A Solitary Reign
.TerZiele.Tottedood.
.Am Kreuz.
.Silver Needle. Golden Nail.
































