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Live Report   

Avantasia : le bouffon et sa bande enflamment l’Olympia


Mais que faire en ce dimanche soir ensoleillé – oui, ce n’est pas un mirage – au cœur de la ville de Paris ? Un petit tour à l’Olympia évidemment ! La salle emblématique affiche de ses grosses lettres rouges le nom du groupe qui aura l’honneur de défendre en son sein les couleurs du power metal allemand : Avantasia et son légendaire leader Tobias Sammet sont bien de retour à Paris pour promouvoir Here Be Dragons, dixième opus du groupe, fraîchement sorti.

La formation avait déjà honoré la France de sa venue en terres bretonnes l’été dernier au Motocultor Festival, durant lequel elle avait porté le rôle de clôture de la scène du doux nom de Dave Mustage en tant que tête d’affiche. Dans le hall, des affichettes collées un peu partout annoncent que, ce soir, il n’y aura ni première partie ni entracte, l’immersion en épopée avantasienne sera donc totale, ce qui n’est pas sans ravir le public s’amassant petit à petit devant la scène.

Artiste : Avantasia
Date : 16 mars 2025
Salle : L’Olympia
Ville : Paris [75]

20 heures pétantes, les lumières se fadent et le drapeau devant la scène s’anime aux couleurs du groupe. Les premières notes de l’intrépide « Creepshow » se font entendre et apparaissent alors les valeureux Tobias Sammet et sa bande, composée aux chœurs d’Adrienne Cowan, Herbie Langhans et Chiara Tricarico. Les amateurs de la formation savent que du beau monde doit patiemment attendre son tour derrière la scène, reste à gérer l’impatience de découvrir au fur et à mesure de qui il s’agit cette fois-ci. Le décor est majestueux, composé de portails et ferronneries lugubres que l’on croirait sortis tout droit d’un film de Tim Burton, imprégné d’une atmosphère de cimetière nocturne. Un écran géant verra des animations diverses et variées illustrer l’histoire contée par l’aventure qu’est Avantasia en concert.

Le son est bon mais peu puissant, un oubli de bouchons d’oreilles ne serait en aucun cas un drame ce soir. Le public est, lui, bouillant et semble avoir hâte de passer presque trois heures à chanter à tue-tête la vingtaine de chansons proposée. Élément mythique de la discographie germanique, « Reach Out For The Light » se lance, prenant une seconde place de choix dans la setlist et ravivant la flamme dans le cœur des nostalgiques du passé pour qui l’album The Metal Opera reste leur favori à tout jamais. Après un « The Witch », single issu du dernier disque, « Devil In The Belfry » est lancée avec un Herbie Langhans au chant dont le timbre rauque et l’énergie électrique montent encore l’échange public-groupe d’un cran, à tel point que le sol de l’Olympia se met à trembler et que notre cher Tobi en enlève ses lunettes de soleil. Toujours doté de son meilleur sens de l’humour, il annonce alors qu’il ne souhaite pas se jeter des fleurs mais qu’il pense tout de même qu’Avantasia vient juste de sortir le meilleur album de heavy metal de tous les temps. Derrière ce trait d’humour se cache surtout une belle fierté de sa part qui en est émouvante.

Pas le temps de niaiser, les gros titres s’enchaînent, touchant une grande partie de la discographie de la formation. Parlons maintenant des guests : ce soir Bob Catley est absent pour cause de chirurgie récente. Geoff Tate, Michael Kiske ou encore Ralf Scheepers le sont également contrairement aux tournées antérieures. Ronnie Atkins est lui présent, alors que ce n’était pas le cas lors des deux dates précédentes de la tournée Here Be Dragons Tour 2025 – présence à saluer, d’ailleurs, compte tenu du combat qu’il mène depuis près de six ans contre le cancer. Adrienne Cowan, maintenant une habituée, arrosera le public de ses vocalises toujours plus hautes, à se demander si elle leur trouvera un jour une limite. La présence de deux « petits » nouveaux fait tout son effet : Tommy Karevik et Kenny Leckremo assurent plus que de raison, le second étant rempli d’une énergie débordante. Petit point noir : Eric Martin semble en difficulté dès qu’il s’agit de pousser un peu sur les aigus, mais il est porté par la fraternité sans faille de ses camardes de scène.

Après une belle déclaration d’amour à la France qui a visiblement une place assurée dans le cœur de Tobi, celui-ci lancera deux fois l’intro d’« Against The Wind » suite à une incompréhension qu’il expliquera ainsi : « Vous avez payé une seule place mais vous aurez l’intro de cette chanson deux fois car tout le monde sauf moi, bien sûr, a merdé sur l’intro ! » Les musiciens sont peu mobiles, chacun est à sa place et y reste, à l’exception peut-être du guitariste Arne Wiegand arborant un sourire à en faire pâlir les plus grandes marques de dentifrice. Il faut dire qu’être minimum dix sur scène force la cohésion d’équipe et contraint à une chorégraphie limitée. « The Toy Master » voit l’arrivée d’un trône en forme d’ailes de chauve-souris pour accueillir le royal fessier du bouffon allemand et son association avec « Twisted Mind » aura amené le concert sur une note plus heavy. L’émouvante « Farewell » aura droit aussi à son lot d’humour lorsque le chanteur, sous couvert d’une toux soudaine, relancera le dernier refrain pour retrouver la clé alors perdue par Chiara Tricarico. Il en profitera pour scander fièrement : « Aucune IA n’est utilisée pour ce concert, aucune piste préenregistrée non plus, seulement de la pure stupidité faillible humaine ! »

Ne reniant pas ses origines, il ne pourra alors s’empêcher de demander au public, ravi, de chanter avec lui la fameuse, l’inoubliable, « La Marche Des Gendarmes », reprise de Raymond Lefèvre qu’il avait faite avec Edguy. « Lucifer » et son interlude crescendo au piano suivront, piano qui ce soir malheureusement ne s’enflammera pas pour cause de refus de la part de l’Olympia. Deux heures quarante plus tard, « Sign Of The Cross » mixée avec « The Seven Angels » verra l’ensemble des chanteurs se rejoindre sur scène, pour un final grandiose comme Avantasia sait toujours le faire. On retiendra cette phrase de Tommy Karevik : Tobias Sammet et sa bande de joyeux lurons sont indétrônables et restent les maîtres quand il s’agit de se donner à fond quasi trois heures durant tous les soirs pour offrir le meilleur spectacle possible à leurs fans. Chapeau bas !

Setlist :

Creepshow
Reach Out For The Light (feat. Adrienne Cowan)
The Witch (feat. Tommy Karevik)
Devil In The Belfry (feat. Herbie Langhans)
Phantasmagoria (feat. Ronnie Atkins)
What’s Left Of Me (feat. Eric Martin)
Dying For An Angel (feat. Eric Martin)
Against The Wind (feat. Kenny Leckremo)
Here Be Dragons (feat. Tommy Karevik)
The Story Ain’t Over (feat. Chiara Tricarico)
Avalon (feat. Adrienne Cowan)
Let The Storm Descend Upon You (feat. Ronnie Atkins et Herbie Langhans)
Promised Land (feat. Eric Martin et Ronnie Atkins)
The Toy Master
Twisted Mind (feat. Eric Martin)
The Wicked Symphony (feat. Tommy Karevik et Kenny Leckremo)
Shelter From The Rain (feat. Herbie Langhans et Kenny Leckremo)
Farewell (feat. Chiara Tricarico)
The Scarecrow (feat. Ronnie Atkins)
La Marche Des Gendarmes (Raymond Lefèvre cover)
Death Is Just A Feeling
Lucifer
Lost In Space
Sign Of The Cross / The Seven Angels (feat. tous les guests)

Photos : Sylvain Leobon.



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  • Quelle setlist ! Pas très fan du dernier album, mais sur scène, il faut reconnaître qu’Avantasia a suffisamment de gros titres pour assurer la fête.

  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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