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Back In Backstage   

Back In Backstage, série 6


Traîner son flycase aux quatre coins du globe provoque des situations imprévisibles et parfois inoubliables. Car il y a le spectacle que le public voit sur scène et il y a aussi tout ce qui se passe hors scène, et qui représente la part la plus importante de la vie d’un artiste. Dans le cadre de la rubrique Back In Backstage, les artistes nous racontent leurs moments insolites passés en coulisse, que ce soit en festival, dans une grande salle ou dans un club miteux, qu’ils soient étranges, effrayants, drôles, ou qu’ils se soient gravés dans leur mémoire pour toute autre raison… et autant dire que ce n’est pas toujours glamour.

Sal Abruscato (A Pale Horse Named Death – chant & guitare) : En 1991, j’étais en tournée en Allemagne avec Type O Negative et nous jouions à Stuttgart, dans une salle baptisée Die Röhre. Je crois que ça fait maintenant neuf ans qu’ils ont fermé. Nous étions donc en train de jouer quand, tout à coup, tout un tas de policiers et de chiens sont arrivés et ont arrêté le concert. Ils ont dit que tout le monde devait sortir du bâtiment parce que quelqu’un y avait mis une bombe. C’était une alerte à la bombe et il fallait quitter les lieux. Nous étions en plein en train de jouer « I Know You’re Fucking Someone Else » ou une autre chanson du premier album, et nous nous sommes regardés. Nous étions quatre gars de Brooklyn, New York, à nous dire : « Putain, quoi ?! Une alerte à la bombe ?! » Les démineurs nous ont fait sortir et nous ont retenus, nous ne pouvions pas jouer. Après avoir fouillé partout pendant une heure, ils ont dit : « Ok, il n’y a pas de bombe ici. Vous pouvez revenir. » Tout le monde est retourné dans la salle et nous avons recommencé à jouer. Si je peux ajouter une autre histoire similaire, lorsque j’étais dans Life Of Agony, nous étions en Autriche – c’était peut-être à Vienne quelque part –, nous étions en train de nous préparer à jouer et juste à l’extérieur de la salle, il y avait une entreprise de construction. Ils étaient en train de creuser dans la rue et soudainement – c’était en pleine journée –, nous avons tous dû évacuer et le show a dû être annulé parce que pendant qu’ils creusaient, ils avaient découvert une bombe qui avait été larguée par un avion lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle était restée dans le sol, sous la rue. Ils sont tombés dessus et ils étaient là : « Personne ne doit s’en approcher », car ils disaient qu’elle pouvait encore exploser. Je me souviens que nous étions à un ou deux pâtés de maisons, nous les regardions essayer de retirer la bombe, mais malheureusement, le concert a été annulé et donc nous n’avons pas joué. Voilà deux histoires liées à des bombes !

Nicke Andersson (The Hellacopters – chant & gutiare) : Ce qui se passe en backstage reste généralement en backstage. Enfin, nous ne sommes pas un groupe du type Mötley Crüe, et nous ne l’avons jamais été. Je ne pense donc pas avoir de choses très croustillantes à vous raconter, mais il se passe parfois des choses étranges ou on rencontre des gens étranges. La dernière étrangeté en date : il y a quatre ans, nous avons fait quatre concerts en Allemagne avec The Hellacopters. Lors de ceux-ci, nous avons joué à Cologne. Il y avait énormément de monde, nous avons fait un super show. Une minute après la fin, Boba [Anders Lindström], le claviériste, était allongé sur le canapé en train de dormir. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment ça a pu arriver. Il y avait l’adrénaline et tout ça… Eh bien, non, lui, il dormait ! C’est un mystère pour moi. Je ne sais pas à quel point c’est étrange pour vous, mais pour moi, ça l’est vraiment. Je n’arrive toujours pas à y croire !

Mark Zonder (A-Z / Warlord – batterie) : Après toutes ces années dans Warlord et tout ce qui s’est passé, nous étions en tournée en Grèce. C’est la première fois que nous jouions à Athènes. Nous étions assis dans les coulisses avec Bill [Tsamis], en train de nous échauffer avec les baguettes et la guitare. Le premier groupe joue et tout ce que nous entendions, c’était « Warlord ! Warlord ! », plus fort que le groupe. J’ai regardé Bill, nous avons tous les deux souri et je lui ai dit : « C’est ce que ça doit être de jouer dans Iron Maiden, où, tous les soirs, les gens t’adorent. » Peu importe à quel point tu es bon, ça te donne une énorme confiance et un énorme enthousiasme au moment de monter sur scène, par rapport à tous ces moments où tu te dis : « Est-ce que la batterie va marcher ? Est-ce que la guitare va marcher ? Est-ce que l’éclairage va être bon ? Est-ce qu’ils vont nous aimer ? » Ce sentiment de confiance que le public nous avait donné était tout simplement incroyable. Je n’oublierai jamais ce moment.

Andi Deris (Helloween – chant) : Ce n’est pas drôle pour Michael [Kiske], mais pour moi, ça l’est ! [Rires] Je lui avais dit que la voix devenait beaucoup plus douce si on buvait un demi-verre de vin avant un concert. Ce devait être le troisième ou quatrième show au Mexique, et malheureusement, il y avait ce nouveau vin rouge très alcoolisé. Michael n’a pas seulement bu un demi-verre, mais trois verres. Je me souviens m’être senti super coupable, mais à la fois j’étais mort de rire parce qu’il était déjà ivre avant même que le concert ne commence. Pour faire court, pendant le show, à un moment, je n’ai plus rigolé, car ce que je ne savais pas, c’est que quand j’étais en train de chanter, Michael continuait à boire de ce vin en coulisses. Il est ensuite revenu chanter « I Want Out ». En temps normal, j’interviens après lui pour chanter le couplet suivant, et je me souviens de Michael chuter à ce moment-là dans le public. Bam ! Il a été inconscient durant un instant, donc il a fallu le sortir de là. Je suis coupable sans l’avoir voulu. Honnêtement, c’est de ma faute, mais depuis cette tournée, nous avons banni certains vins de la liste. Même moi qui suis habitué à en boire, comme tu peux l’imaginer quand on vit en Espagne ou en France – vous, vous êtes nés avec le vin ! –, j’ai trouvé qu’il était très fort, et Michael qui n’y était pas du tout habitué a dû l’apprendre à ses dépens. C’était un vin fait à partir d’un cépage italien qui s’appelle l’Amarone. C’est le vin le plus brutal que j’aie jamais bu. C’est du lourd. Vraiment hard. Je peux encaisser dans une certaine mesure, mais pas Michael. Je me sens encore mal, parce que je dois me sentir mal et ne pas en rire, mais je ne peux pas m’en empêcher, j’en ris toujours ! [Rires] C’est méchant… D’ailleurs, des mois plus tard, ça s’est reproduit à Chicago, et c’était le même vin.

Linus Klausenitzer (Obsidious / Alkaloid – basse) : J’ai eu la chance d’être musicien de session et de jouer dans une niche underground. Ça m’a toujours permis d’aller dans des pays où les grands groupes commerciaux n’allaient pas. Je me suis donc retrouvé à jouer dans des lieux très étranges, et le concert le plus étrange que j’ai connu et qui me vient toujours à l’esprit quand les gens me posent la question, c’est quand j’ai joué avec Obscura en 2011, lors d’une tournée au Moyen-Orient et en Asie. Surtout en Indonésie, nous avons vécu des moments vraiment fous où les gens nous tiraient les cheveux pour faire une photo et ce genre de choses. C’était vraiment démentiel. Je pense que nous étions l’un des premiers groupes de metal qui jouaient là-bas. J’y suis allé en vacances en Indonésie il y a quatre ans et ça a beaucoup changé. Mais en 2011, nous avons joué à Medan et l’aéroport était principalement fait de bambous, et tous les bagages tombaient en formant un tas. Maintenant, il y a un aéroport moderne. Nous nous sommes rendu compte à un moment donné que les gens se retournaient et nous regardaient tout le temps lorsque nous allions au centre commercial pour aller chercher à manger. Nous avons demandé au promoteur pourquoi et il a dit que nous étions sans doute les premiers blancs qu’ils voyaient. Ensuite, nous avons fait le concert là-bas, à Sumatra. La salle était dans une ancienne piscine publique, l’audience était debout dans une piscine vide et nous jouions au-dessus. Autour de la scène, il y avait plein de fleurs, comme si c’était un mariage ou quelque chose comme ça. C’était déjà assez étrange, mais le moment le plus marquant pour moi, c’est quand nous avons joué devant un sous-marin de la Seconde Guerre mondiale. Il était derrière la scène, ils avaient accroché le backdrop dessus. Tout ce décor était tellement bizarre ! Je me souviens que même notre concert était super bizarre. Les gens ne bougeaient pas et se contentaient de filmer. Steffen [Kummerer] était furieux, genre : « Ah, le public n’a pas aimé ! » Le promoteur a dit : « Non, ils voulaient tout capturer avec leurs caméras et leurs yeux, c’est leur façon de célébrer. » C’était une expérience très curieuse mais aussi extraordinaire.

Jens Johansson (Stratovarius – claviers) : Nous étions au Salvador et il y a eu des coups de feu. De toute évidence, quelqu’un avait amené une arme dans la salle de concert et tirait dans le plafond. Tu es sur le point de monter sur scène et tu te dis : « Oh, et s’ils commencent à tirer sur le groupe ? » C’est assez effrayant ! Il y a aussi la fois où nous étions au Knotfest au Mexique en 2019. Nous étions dans les coulisses en train de quitter la salle quand nous avons entendu un gros bruit, comme un « bang ». Il s’est avéré que le public avait brisé la barrière. Une fois celle-ci franchie, il y a eu une sorte de folie et de dynamique de foule, alors ils ont passé la barrière suivante, ont commencé à grimper sur scène et ont cassé tous les instruments qui se trouvaient dessus. Nous étions tout juste en train de quitter les lieux du festival et nous voyions des choses sur Facebook, genre : « Mais qu’est-ce qui se passe là-bas ? Vous êtes en sécurité ? » Nous répondions : « Oui, qu’est-ce que vous voulez dire ? On a juste entendu un bruit bizarre. » Evanescence était censé jouer, alors ils ont pris leur piano et leur batterie et y ont mis le feu. D’une certaine manière, cet élan pour passer la barrière a rendu la foule complètement folle. Le reste de la soirée a été annulé.

Dean Lamb (Archspire – guitare) : J’ai une histoire sur l’un de nos premiers concerts et sur le public présent ce jour-là. C’était la toute première fois que nous jouions à Edmonton, donc en 2010. Il faut savoir que c’est un marché aujourd’hui où nous faisons salle comble, c’est formidable, mais à l’époque, personne là-bas n’en avait rien à foutre de nous. Personne ne nous connaissait. Personne ne voulait aller au concert. Nous avons donc fait de la publicité pour cette date, puis nous sommes arrivés et nous avons fait nos balances. Tout d’abord, le groupe d’ouverture a voulu utiliser tout notre matériel, sachant que nous ne les avions jamais rencontrés avant. Ils disaient : Eh, on va utiliser vos guitares, votre batterie et tous vos trucs. » Evidemment, nous avons répondu : « Non, c’est de la folie. Vous ne pouvez pas utiliser notre matériel. On ne sait même pas qui vous êtes. » Alors ils ont dit : « Eh bien, le toit de notre salle de répétition s’est effondré et a détruit tout notre matériel. » Nous étions là : « C’est dingue, mais non, vous ne pouvez pas utiliser notre matériel. » Déjà, ça a commencé bizarrement. Nous montons sur scène pour jouer notre set et il y avait quelques personnes dans le public. Je dirais qu’il y en avait environ quatre. L’une d’entre elles était le barman. Deux autres étaient de la famille, des amis. Un autre était un gars qui, je suppose, avait payé pour aller au concert. C’était donc le seul spectateur payant. Après le show, il est venu nous voir en disant : « Eh, les gars, c’était super ! J’ai adoré ! » Nous étions là : « Oh merci beaucoup ! » A ce moment-là, nous étions juste contents d’avoir fait un concert et il a dit : « Ouais, c’était super. Vous pouvez me payer une bière ? » En temps normal, quand tu fais un concert, les gens te payent des bières. Donc là, le seul client payant de la soirée voulait que nous lui payions des bières. Voilà le genre de démarrage que nous avons eu en tant que groupe. Depuis 2018, nous sommes un groupe à plein temps, mais à l’époque, l’idée de pouvoir gagner de l’argent en jouant du death metal nous paraissait tellement étrange, car ce genre d’expérience est tout ce que nous connaissions. Nous avons connu des concerts où seulement cinq personnes étaient venues et elles étaient aux anges, mais elles n’étaient que cinq. Alors combien de t-shirts pouvaient-elles vraiment acheter pour que nous puissions quitter nos emplois dans le bâtiment ou autres ?

Karl Groom (Threshold – guitare) : Il y a une salle en Allemagne qui s’appelle Backstage. C’est un endroit réputé pour être glacial quand on y joue en hiver. Il y fait toujours très froid quand on arrive et elle ne semble jamais se réchauffer avant que le public n’arrive. Je me souviens que c’était la pire situation où le groupe est tombé malade. Je ne sais pas si on peut mettre ça sur le compte d’un concert en particulier, mais c’était après celui-là. Nous étions gelés et Richard [West] est tombé tellement malade que nous avons dû le laisser à l’hôtel et partir faire plusieurs concerts sans lui [rires]. Nous l’avons déposé quelque part en Allemagne et nous sommes revenus le chercher trois jours plus tard. Il était tellement malade qu’il ne pouvait même pas rester dans le bus. Nous avons eu de la chance parce que, pour une raison quelconque, notre ingénieur du son avait enregistré nos concerts sur un multipiste. J’ai passé un après-midi à assembler toutes les parties de clavier que Richard avait jouées lors d’une des dates précédentes et à mettre en place une piste de clic. Johanne [James] devait écouter le clic et nous faisions jouer l’ordinateur. Le clavier provenait donc de l’ordinateur et nous jouions dessus. Les erreurs que Richard avait commises la veille ont été répétées pendant trois jours exactement de la même manière ! Nous avons réussi à faire les concerts et personne ne s’en est plaint. Heureusement, nous sommes allés le chercher trois jours plus tard, il se sentait suffisamment bien pour au moins s’asseoir et il a participé au reste des dates de la tournée. C’était probablement vers 2016. Je me souviens que je célébrais le fait que j’avais réussi à terminer la tournée sans tomber malade, tout comme Johanne. Puis, juste en rentrant à la maison, nous sommes tous les deux tombés gravement malades également. C’était une sorte de grippe, mais ça te mettait dans sale état ! J’étais à la maison, je me sentais vraiment mal, et je me disais : « Comment Richard a-t-il pu se sentir enfermé dans un hôtel bon marché au beau milieu de l’Allemagne ? » [Rires] C’était une mauvaise fin de tournée, malheureusement. Je me souviens de cette période comme de la pire que j’ai connue.

Whitfield Crane (Ugly Kid Joe – chant) : En 1992, Ugly Kid Joe célébrait et promouvait l’album America’s Least Wanted. Nous étions en coulisses lors de la tournée No More Tours d’Ozzy Osbourne, avec Motörhead. Nous étions dans nos loges. Ce qu’Ozzy Osbourne faisait avant de monter sur scène, c’était venir frapper à notre porte, « toc, toc, toc ». Les deux premières fois, nous ouvrions et nous disions : « Eh ! » Mais il faisait irruption à l’intérieur de la pièce avec des boules puantes en verre qu’il brisait et il se moquait de nous avec son rire à la Ozzy avant de sortir en courant, et nous restions coincés dans nos loges avec les boules puantes. Le plus drôle dans tout ça, c’est qu’il le faisait tout le temps. Nous avons fini par prendre beaucoup de plaisir et à beaucoup rire du fait qu’il viendrait. Nous savions que c’était lui qui frapperait à la porte, mais nous ne pouvions pas nous empêcher d’ouvrir la porte et de le laisser entrer pour qu’il fasse son truc. C’est Ozzy, le vrai. Si vous vous êtes déjà demandé qui était ce type, il est vraiment ce qu’on dit de lui. Nous l’adorons et c’est notre héros, mais en général, c’est juste un mec marrant.



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