Si Shawter – frontman et tête pensante de Dagoba – s’est toujours efforcé de proposer de nouvelles facettes, avec les risques que ça peut comporter, il s’est cette fois tourné vers ce qui lui avait procuré le plus de plaisir sur les albums passés. En résulte Different Breed qui voit la formation renouer avec le label Verycords et dans lequel tous les fans devraient trouver leur bonheur. Cet album, via son titre, est aussi une sorte d’ode à la différence, notamment celle que cultive le frontman qui cherche avant tout à proposer la musique qu’il veut entendre et qu’il n’entend pas ailleurs.
Nous nous sommes entretenus avec ce dernier pour évoquer l’état d’esprit et le contexte dans lequel Different Breed a été conçu. Il lève également un peu plus le voile sur lui et sa personnalité, évoquant son attachement à la tradition et aux sagesses anciennes – l’album étant truffé de références mythologiques –, la différence qu’il voit entre les notions d’égalité et d’équité, son rapport à la mort ou son parcours avec Dagoba, loin de tout regret.
« Je ne me rappelle plus vraiment ce qui s’est passé entre le moment où je suis né et le moment où j’ai intégré Dagoba. Nous avons commencé tellement tôt, c’est arrivé tellement de façon soudaine et abrupte… »
Radio Metal : Autant vous aviez mis du temps pour sortir By Night – cinq ans –, autant Different Breed ne s’est pas fait beaucoup attendre. Est-ce que la reprise post-Covid-19 vous a donné un boost ou bien c’était important pour toi de retrouver votre rythme de croisière d’environ deux ans entre chaque sortie ?
Shawter (chant) : By Night est sorti cinq ans après Black Nova tout simplement parce que nous avons eu une tournée de cinq ans pour ce dernier. C’était vraiment la plus belle et la plus grosse tournée que nous avons pu faire de toute notre carrière. C’est pour cette raison que nous avons exceptionnellement pris ce temps long entre deux sorties. Désormais, effectivement, comme tu le signales, nous avons juste repris notre rythme de croisière d’un album tous les deux ou trois ans. Après, je ne me pose pas vraiment la question. Je suis perpétuellement en train de composer et je ne prends pas vraiment de temps de pause entre les tournées ou les albums, donc une fois que l’album est prêt, je le sors. Je ne me fais pas de feuille de route ou de stratégie commerciale. C’est juste qu’il me faut environ ce temps-là pour théoriser les albums, les composer, les enregistrer et les sortir.
Le dossier de presse dit que l’album a été « minutieusement théorisé soir après soir de [votre] tournée européenne 2022 ». Est-ce qu’il a vraiment été conçu sur la route ?
Pas la composition elle-même, mais les lignes directrices de l’album et les structures de chaque chanson ont été mises sur papier pendant cette tournée-là. Pour recontextualiser, ça faisait un long moment que nous n’avions pas pu tourner à cause du confinement. Je flippais assez concernant ma condition physique et ma voix pour remonter sur scène après un si long blanc. Je m’étais vraiment mis dans une préparation physique de fou avant d’intégrer le tour bus. Déjà, il faut avoir un poids de forme pour ne pas se sentir pataud dans ses mouvements, donc ça passe par une diète assez stricte. Ensuite, j’essaye d’intégrer à mes séances de musculation un temps de cardio correspondant à mon temps de set sur scène, avec une intensité que j’estime à peu près équivalente. Puis, pour être vraiment serein sur scène, je me suis dit : « Garde ce mode de vie, pas d’alcool, te coucher tôt, etc. » parce que je préfère être en pleine forme, en pleine possession de mes moyens et assurer la tournée, plutôt que de faire la fête et prendre le risque de ne pas être à cent pour cent de mes capacités sur scène, surtout après une si longue absence. Et je me suis dit que, quitte à avoir énormément de temps à m’isoler dans le tour bus pendant que les autres célébraient le retour du groupe sur scène, autant le mettre à profit, prendre mon calepin et commencer à noter tout ce que je voudrais ensuite enregistrer pour le prochain album.
Dans quelle mesure les concerts ont-ils influé sur ton inspiration ? As-tu cherché à construire des morceaux impactants pour la scène ?
Pas nécessairement. Je ne m’inspire pas vraiment de l’énergie des concerts pour concevoir nos chansons. Par exemple, pour être dans le concret, je me disais : « Ce serait cool que sur le prochain album, le premier titre soit un morceau fleuve ou que le dernier soit une vraie instrumentale de A à Z. » C’est plus ce genre de concept que je mettais en place.
Il y a dans cet album quelque chose de l’ordre de la synthèse : il y a tout Dagoba dedans, du groove aux riffs quasi black metal, de la mélancolie et de la mélodie à la brutalité, les sonorités électroniques, etc. Est-ce qu’il a été pensé comme un condensé de Dagoba ?
Pas vraiment, mais ton analyse est également correcte. Sur nos huit précédents albums, avant d’entamer la composition du suivant, je me retournais sur ma discographie et je me demandais : « Qu’est-ce que tu n’as pas encore fait ? Qu’est-ce qui t’amuserait de faire que tu n’as pas encore fait ? Quelle piste te reste-t-il à explorer ? Que pourrais-tu proposer de complètement différent avec de nouvelles sonorités ou une nouvelle approche de notre musicalité ? » Cette fois, je me suis dit : « Pourquoi ne pas me retourner sur la discographie et, justement, noter les moments où j’ai pris le plus de plaisir à composer et à appuyer sur sauvegarde au moment de l’enregistrement ? » C’est donc assez naturel que l’auditeur puisse retrouver le condensé de notre discographie, mais je ne me suis pas dit que nous allions faire un best of. Je n’en suis pas encore là [rires].
« Le jeune Shawter de quinze ans était ambitieux, fougueux, déterminé, passionné par le metal et le fait de vouloir proposer la musique qu’il n’entend pas forcément chez les autres et qui le fait vibrer. Je suis plus que jamais en phase avec lui ! »
Le dossier de presse parle de « rassembler les fans les plus anciens, comme les nouveaux ». Je pense deviner la réponse, mais est-ce qu’il y avait une démarche consciente de fédérer ?
Non, mais une fois l’album enregistré et du fait que j’ai eu cette démarche de savoir ce que j’avais fait de bon et d’essayer de retrouver ces sensations, en l’améliorant bien entendu, je me disais aussi que naturellement, les gens qui ont aimé ce qu’il y avait sur le premier album, le deuxième, jusqu’au huitième allaient forcément, à un moment ou un autre, retrouver ce qui les ont accrochés au groupe. D’ailleurs, pour l’instant, en toute honnêteté, c’est la première fois de notre carrière où, vraiment, sur chaque nouveau titre dévoilé, c’est unanime, les gens sont contents, ils sont enthousiastes. J’ai l’habitude – d’autant plus quand nous sortons des albums où nous prenons des risques – d’avoir une partie de l’auditoire qui est contente et une autre partie qui n’est pas contente, parce que, justement, nous avons changé quelque chose dans la formule. C’est le jeu et le risque que nous prenons, mais là, je touche du bois, tout va bien ! Après, tu connais le business comme moi, tu ne peux jamais dire : « Tiens, je vais sortir un album et ce sera un disque d’or. » Peut-être que les gens vont le détester, en fait ! [Rires] Si j’avais la formule pour dire : « Tu vas faire un album de Dagoba qui va te rendre multimillionnaire », je l’aurais surement déjà sorti. Je ne peux pas être aussi froid dans mon analyse et dans mes calculs. Ce n’est pas ainsi que ça marche. Au départ, je veux m’amuser avec ce groupe, pas faire des calculs savants pour m’enrichir. Pour gagner de la tune, je sais ce qu’il faut faire et ce n’est sûrement pas du metal à Marseille.
C’est le deuxième album de ce line-up. La dernière fois, tu nous disais que « comme depuis quatre ou cinq albums », c’était toi qui avais enregistré les parties de basse de By Night, mais que c’était surtout un coup du sort, à cause du couvre-feu, que tu n’avais pas pu faire participer Kawa dont tu avais fait l’éloge des compétences techniques sur l’instrument. Est-ce que ça a changé cette fois ?
Oui, ça a changé à la fois dans pour l’enregistrement, car les gars ont pu se déplacer et venir en studio chacun leur tour, et pour le mix et le master, car j’ai pu aller les finaliser à Londres avec Chris Coulter. Chose que je n’avais pas pu faire sur Ny Night à cause du confinement ; nous avions dû faire le mix en ligne, parce que je ne pouvais pas me rendre en studio à Londres avec lui. C’était donc un petit plus cette fois au niveau de la production et de ce que, je pense, nous avons amené dans Different Breed. C’est donc effectivement Kawa qui joue la basse sur l’enregistrement ; c’est toujours aussi agréable de l’avoir sur scène comme sur album ! Théo [Gendron] a aussi fait un travail formidable d’écriture, le style de Different Breed étant plus propice pour mettre en avant ses capacités techniques.
L’album débute avec des pleurs de bébé, symbole d’une naissance. On retrouve d’ailleurs cette idée un peu partout dans l’album, avec la genèse (« Genes15 »), le phénix (« Phoenix Noir ») ou « Alpha » – première lettre de l’alphabet grec. Vois-tu cet album comme une naissance ou une renaissance ?
Non. En fait, pour parler de l’intro, c’est un peu autobiographique. Je ne me rappelle plus vraiment ce qui s’est passé entre le moment où je suis né et le moment où j’ai intégré Dagoba. Nous avons commencé tellement tôt, c’est arrivé tellement de façon soudaine et abrupte… C’était un peu l’idée que je voulais transcrire dans cette intro, qui s’appelle d’ailleurs « Genes15 » parce que j’ai commencé à quinze ans. Après, sur l’idée de renaissance, non, je ne sais pas pourquoi j’aurais envie de renaître, parce que je ne suis pas mort ! [Rires] Si je m’étais senti mort à un moment, j’aurais peut-être vraiment voulu mettre en avant, à un moment, l’idée d’une renaissance, mais ça n’a jamais été le cas, donc tout va bien. Je pense que cette trame thématique qu’on peut y voir est plus un hasard. C’est la beauté de l’art et de la musique en particulier : chacun peut faire sa propre interprétation.
La transition avec le cri surpuissant que tu fais ensuite est assez violente. Il y a un petit côté « Great Southern Trenkill » de Pantera…
Tu me fais plaisir ! Honnêtement, je n’y avais pas pensé, mais en voyant ton t-shirt et en entendant ta question, je sentais que tu allais que tu allais venir là. Tu sais quoi ? C’est mon album préféré de Pantera. Je sais que pour beaucoup c’est Vulgar Display Of Power, mais pour moi c’est The Great Southern Trendkill. Donc si en plus, nous pouvons faire un clin d’œil à ce chef-d’œuvre, tant mieux !
« Je fais la différence entre égalité et équité. C’est très bien que des gens soient mes supérieurs dans leur domaine, parce que ça me permet de regarder vers le haut, vers eux, et de m’élever grâce à leurs compétences. Par contre, je suis pour l’équité, c’est-à-dire que tout le monde doit avoir les mêmes chances. »
Tu parlais de la symbolique du chiffre quinze : comment était le Shawter de quinze ans ?
Il était ambitieux, fougueux, déterminé, passionné par le metal et le fait de vouloir proposer la musique qu’il n’entend pas forcément chez les autres et qui le fait vibrer. Mon ambition était de vivre de ma musique, la faire voyager et embaucher français. Je suis plus que jamais en phase avec ce jeune gars de quinze ans !
L’album s’intitule Different Breed. Est-ce important pour toi de cultiver la différence ? Te sens-tu ne pas forcément appartenir à la même espèce que tes congénères humains ?
Comme tout le monde. On est tous uniques. Tu es différent de moi et je suis différent de toi, et c’est ce qui est fascinant dans nos civilisations. J’ai à apprendre de toi et tu as aussi forcément quelque chose à apprendre de moi, comme de nos voisins, de tous vos lecteurs et de tous vos auditeurs. On est tous différents et c’est tant mieux ! Oui, c’est important de cultiver la différence. Je fais la différence entre égalité et équité. Je ne suis pas forcément attaché à la notion d’égalité, mais je suis très attaché à la notion d’équité. Pour moi, l’égalité, c’est se croire l’égal de chacun, or moi, humblement, par exemple, ce n’est pas parce que je vais prendre une raquette de tennis un jour que je serai l’égal de Federer, ce n’est pas parce que je vais ouvrir un livre de math un jour que je serai l’égal d’Einstein, etc. Je pense que c’est très bien que ces gens soient mes supérieurs dans leur domaine, parce que ça me permet de regarder vers le haut, vers eux, et de m’élever grâce à leurs compétences. Par contre, je suis pour l’équité, c’est-à-dire que tout le monde doit avoir les mêmes chances. Ceci étant dit, l’idée principale du titre de l’album est qu’après avoir clamé album après album que nous essayions de proposer des facettes différentes du groupe sur chacune de nos sorties, c’était une façon de l’entériner et de l’affirmer.
Concernant la scène metal, vois-tu Dagoba comme un groupe à part ?
Bien sûr ! Parce que, de fait, j’essaye de faire la musique que je n’entends pas chez les autres pour me différencier. Rien que pour ça, oui, nous sommes à part, mais c’est comme les êtres humains, tous les groupes sont à part, en tout cas ceux qui font l’effort de proposer une musique un tant soit peu originale.
L’artwork de Mathieu Questel représente un Minotaure, en référence au morceau « Minotaur ». C’est une figure à la fois bestiale et humaine qui représente l’homme dominé par ses pulsions instinctives. Est-ce là ta définition de Dagoba ?
Ça peut l’être. Nous avons en nous une certaine sauvagerie, si ce n’est brutalité, qui nous caractérise, à la fois sur un aspect important de notre musique et sur scène. Donc oui, tout à fait. Le concept de la pochette était, pour être raccord avec le titre de l’album, de proposer une figure d’une espèce différente. Le Minotaure était assez évocateur. Je voulais aussi retrouver l’espèce de naïveté qu’il y a dans le premier clip des Daft Punk – la chanson s’appelle « Da Funk », c’est assez ancien. C’est une soirée à Brooklyn ou à East Village à New York, et il y a un mec avec un énorme casque de chien. Tous les autres interlocuteurs sont des gens normaux, lui a une énorme tête de chien, il se comporte normalement et les autres interagissent avec lui de façon tout à fait normale. J’avais envie de retrouver un peu ça, c’est-à-dire avoir quelqu’un de différent mais qui peut tout à fait interagir avec les autres et être perçu de façon naturelle. Au départ, avec Mathieu, quand nous avons bossé la pochette, il m’a proposé des positions de trois quarts dos, de face, etc. Au départ, le Minotaure était dans sa formule la plus brutale et virile, c’est-à-dire torse nu, avec des pics et tout, mais j’ai voulu, au contraire, l’affubler des habits de Tetsuo dans le manga Akira, avec cette cape un peu de super-héros, ce personnage qui est empli d’une puissance nucléaire et qui ne sait pas vraiment comment la gérer. C’était un petit clin d’œil à notre amour pour la culture japonaise.
« Je suis du genre à vraiment respecter mes anciens et leurs sagesses. Je suis attaché aux traditions. Je pense que ça se perd, mais que ça reviendra comme un boomerang dans la tronche de ceux qui pensent être suffisamment finauds pour apporter quelque chose de réellement nouveau au monde. »
Est-ce que la musique de Dagoba est ta manière de gérer cette puissance, cette énergie que tu peux avoir en toi ?
Oui. A la fois le sport et la musique. Après, au quotidien, je suis quelqu’un de très solitaire et pas du tout explosif. Je fais ma vie normalement. Dagoba est un bon exutoire pour exprimer tout ça, mais je n’ai pas souvenir d’avoir été quelqu’un d’hyperactif ou d’un peu foufou de façon générale, même dans les périodes où je ne compose pas ou bien où je ne pense pas au groupe.
On retrouve beaucoup d’emprunts à des figures mythologiques dans cet album. Estimes-tu que, des siècles plus tard, elles représentent toujours des allégories pertinentes pour décrire notre monde ?
Oui. Et j’irais même plus loin : je pense que tout ce qui devait être pensé, écrit et théorisé l’a déjà été. Je pense qu’on est déjà dans la répétition. Si on analyse un peu et qu’on contextualise tout ce qui se passe dans notre monde, on peut déjà retrouver des analyses à l’époque des philosophes grecs, c’est sûr et certain. Pareil pour tout ce qui est scénario de films, de séries, les sentiments entre les personnages, etc. ce sont des ficelles qui ont déjà été exploitées et qui ont été pensées par nos aïeux, il y a des siècles de ça, bien souvent plus finement que ce qu’on fait aujourd’hui. Ce sera donc toujours d’actualité. De nos jours, il y a de nouveaux mélanges qui seront possibles, bien entendu, mais dans les grands axes – puisqu’on parle des grandes figures mythologiques –, je ne pense pas qu’on puisse amener de la nouveauté.
Es-tu très attaché aux sagesses anciennes ?
Je suis très traditionnel. Je suis du genre à vraiment respecter mes anciens et leurs sagesses. Je sais qu’ils ont toujours quelque chose à m’apprendre et j’espère qu’un jour ou l’autre, je pourrai à mon tour transmettre. Je suis attaché aux traditions. Je pense que ça se perd, mais que ça reviendra comme un boomerang dans la tronche de ceux qui pensent être suffisamment finauds pour apporter quelque chose de réellement nouveau au monde.
Autant on peut voir dans cet album un thème sur la naissance, autant celui de la mort est aussi présent, avec « Arrival Of The Dead » et des références mythologiques aux Enfers (« Cerberus », « Léthé »). Penses-tu souvent à la mort ?
Oui. Je pense souvent à la mort, et je crois que c’est dans une volonté de la redouter de moins en moins au fur et à mesure qu’elle approche. Forcément, elle est là pour tout le monde ! Et aussi parce que c’est, pour moi, une source assez intarissable d’écriture, donc je m’en sers comme moyen à la fois pour écrire et pour dompter cette peur qu’on a tous en soi. Par contre, je n’ai jamais eu de pensées morbides. C’est vraiment quelque chose que je ne connais pas et c’est étonnant. Il y a un an ou deux, à l’époque du Covid-19, beaucoup de gens avaient des pensées sans doute plus sombres qu’aujourd’hui, et nous avons eu une discussion avec des proches, nous faisions un tour de table et beaucoup d’entre eux, pour lesquels je ne pouvais pas le soupçonner, m’ont dit qu’ils avaient déjà eu des pensées vraiment très sombres. D’ailleurs, si vous avez l’occasion de vous prêter à cet exercice avec des gens autour de vous avec qui vous n’avez pas abordé le sujet ou qui sont super optimistes de façon générale, vous vous rendrez compte qu’à un moment de leur vie, durant l’adolescence ou après une rupture amoureuse ou un divorce, ils ont eu des pensées très sombres. Quand j’y ai réfléchi, j’ai réalisé que je n’en avais jamais eu. Et j’ai réfléchi pourquoi : c’est parce que j’aime bien l’idée de toujours se relever après un coup reçu. C’est un genre de moteur qui m’anime, du coup ça m’éloigne de toute pensée sombre, puisque je me dis : « Ce n’est pas toi qu’on va abattre, c’est toi qui vas abattre ! »
« J’aime bien l’idée de toujours se relever après un coup reçu. C’est un genre de moteur qui m’anime, du coup ça m’éloigne de toute pensée sombre, puisque je me dis : ‘Ce n’est pas toi qu’on va abattre, c’est toi qui vas abattre !' »
Comment vois-tu la mort ? As-tu une spiritualité par rapport à ça ?
S’il y a cette peur inhérente à tous, c’est que ça doit quand même ressembler à un sacré blackout qui devrait tous nous pousser à profiter du paradis terrien. Après, pourquoi ne pas avoir l’espoir qu’avec une succession de bonnes actions envers soi-même et envers les autres, on puisse être accueilli au-delà de la plus belle des manières. Dans tous les cas, même si ça n’arrive pas, le monde est plus sympa quand on fait ces bonnes actions dans la vie courante, donc autant les faire !
D’un autre côté, la mort serait-elle le préalable à la naissance, tout comme la naissance est le préalable à la mort ?
D’un point de vue physique, c’est-à-dire la réincarnation charnelle, on ne peut pas savoir – en tout cas, moi, je ne peux pas le dire. Mais c’est vrai que d’un point de vue purement conceptuel, bien souvent, voir quelque chose mourir ou tuer quelque chose peut – voire doit – trouver une utilité pour rebâtir quelque chose de nouveau, plus sain, meilleur, plus pertinent que les actions précédentes. C’est un peu l’idée d’évolution, de progrès et de sagesse.
L’idée de dualité est très forte dans cet album, j’ai mentionné le rapport bestialité/humanité pour la pochette, ainsi que celui de naissance et de mort, mais on la retrouve aussi dans ton chant mélodique et crié ou dans la mélancolie qui s’oppose à l’agressivité. Portes-tu cette dualité en toi ? Y a-t-il deux Shawter qui coexistent ?
Non. C’est purement artistique. Comme je te disais, je fais cette musique parce qu’elle me plaît, et ce qui me plaît dedans, c’est qu’il y ait du chant growlé et du chant clair avec de belles harmonies et de chouettes refrains. Ça ne va pas plus loin. Au contraire, j’essaye d’être le plus régulier dans ma façon d’agir, parce qu’on a tous eu affaire à des personnes… je n’irais pas jusqu’à dire bipolaires, ni instables, mais qui peuvent agir de façon intrigante parfois [rires]. J’ai du mal avec cette inconstance dans les comportements, donc j’essaye, au contraire, de rester quelqu’un de constant et de cohérent dans mes propos et mes actions. Dans la musique, en revanche, le contraste me plaît, ça me parle beaucoup, parce que c’est artistique. Je le recherche quand je compose et je sens quand une chanson est juste un bloc de fureur… Par exemple, pour le single « Minotaur », au départ, il n’y avait pas le pont et c’était vraiment tout le temps du blast beat et des riffs thrash. A un moment, je me suis dit que c’était bien, mais chez les autres. Moi, ce que j’ai envie d’entendre, c’est qu’à un moment, on enlève la pression, on remet un peu de mélodie, on éclaire la pièce, on aère la chambre [petits rires]. Forcément, ça joue dans ma façon de concevoir la musique.
Tu termines « Cerberus », votre premier single, en sifflant le riff. Est-ce que pour toi, une bonne mélodie ou un bon riff, c’est une mélodie ou un riff qu’on peut siffler ? Est-ce que c’est le « proof test » par excellence ?
Ça ne l’était pas pour moi, mais ça l’était pour notre ancien guitariste, qui est mon meilleur pote, Z. Lui écoute plus tout ce qui est Guns N’ Roses et tout, et c’est vrai qu’ils ont parfois des riffs ou des petites intros où ils sifflent. Je me rappelle qu’il m’avait dit : « Quand tu commences à siffler sur une chanson, c’est que tu es sûr que ça va faire un carton ! » [Rires] J’avais gardé ça en tête et j’avais dit : « Tu sais quoi ? Un jour, je mettrais un petit sifflet dans une chanson de Dagoba », pas en pensant que ça serait un carton, parce qu’on ne sait jamais, mais en tant que petit clin d’œil à mon ami. C’est aussi parce que je suis un amoureux d’Ennio Morricone et qu’il y a souvent des sifflements dans ses morceaux. Je l’ai fait sur « Cerberus » parce que ça s’y prêtait bien. C’était aussi un petit peu avant que je me dise qu’« Alpha » serait en dernier, donc ça aurait été une façon sympa de finir l’album.
« Pourquoi ne pas avoir l’espoir qu’avec une succession de bonnes actions envers soi-même et envers les autres, on puisse être accueilli au-delà de la plus belle des manières ? Dans tous les cas, même si ça n’arrive pas, le monde est plus sympa quand on fait ces bonnes actions dans la vie courante, donc autant les faire ! »
Justement, l’album se termine sur ce titre instrumental qui est très fragile et délicat, et contraste avec la virulence du reste de l’album. Il est paradoxalement intitulé « Alpha », comme quand on parle de « male alpha » dans le règne animal. Est-ce que ça symbolise que derrière les apparences de gros durs il y a toujours une part de vulnérabilité ? Vulnérabilité qu’on retrouve d’ailleurs dans la mélancolie qui transparaît dans certaines mélodies de tes chansons…
Oui, tout à fait. C’est une bonne analyse. Nous avions posté toute une série de stories à la une sur notre Instagram, qui sont encore dispos – elles s’appellent Lore et elles sont en français et en anglais. C’était un peu comme des explications de texte de chaque chanson. Justement, ce petit reel pour « Alpha », c’était, en gros : « L’homme est un loup pour l’homme, soyez un loup. » Il y avait cette idée de mâle alpha dominant dans la meute. Effectivement, ça créait un beau contraste d’importer cette fragilité dans le morceau. Sinon, au niveau de la composition pure, j’ai voulu un peu changer la structure de l’album. D’habitude, nous avions un format où nous proposions toujours une intro et un interlude instrumental pour calmer l’oreille de l’auditeur. Là, j’ai voulu mettre l’instrumental à la fin, mais au moment de la composition, je me suis dit que si on mettait un morceau de seulement une minute ou une minute trente à la fin, ça n’avait pas vraiment de sens, donc j’ai fini par développer cet instrumental pour que ce soit une vraie outro digne de ce nom.
Quand on te voit sur scène, tu dégages ce sentiment de puissance, un peu de mâle alpha, mais on a tous une part de vulnérabilité. Cherches-tu à l’exploiter dans ta musique ?
De toute façon, un enregistrement, un livre, un tableau, c’est toujours une mise à nu, donc oui, forcément !
Alpha peut aussi faire référence à l’étoile la plus brillante d’une constellation, comme Alpha du Centaure, et on retrouve une chanson intitulée « Véga », en référence à l’étoile aussi appelé Alpha Lyrae dans la constellation de la Lyre. Je ne sais pas si c’était conscient, mais as-tu souvent la tête dans les étoiles ?
Oui, c’est vrai. Je n’ai pas la tête dans les nuages, mais dans les étoiles, oui. J’aime bien cultiver mon imaginaire, approfondir mes idées, et comme je disais tout à l’heure, j’aime bien regarder mes modèles, vers le haut, pour m’en inspirer en tout point. Je pense donc que ça fait de moi quelqu’un tourné vers les étoiles. Après, je ne m’intéresse pas spécialement à l’astronomie, mais quand je pense à la conscience et à l’Homo sapiens sapiens, donc l’homme qui a conscience de sa conscience, j’aime bien l’idée que la conscience nous aurait été transmise par quelque chose de d’extraordinaire – je ne veux pas dire surnaturel, car ça fait trop OVNI – et qu’à notre tour, en tant que civilisation, nous faisons tout pour pouvoir la transmettre ailleurs. Par exemple, je pense à notre cher Elon Musk qui veut investir d’autres planètes avec, pourquoi pas, des bombes ADN ou nos données collectées, et ça me fait penser que, peut-être, la conscience est venue à nous et que même inconsciemment, on est tous tournés vers les étoiles pour pouvoir la transmettre à notre tour.
Tu avais quitté Verycords – qui avait sorti Post Mortem Nihil Est et Tales of the Black Dawn – pour y revenir maintenant. Pour quelle raison ?
La première fois, c’était parce que nous avions un deal de deux albums. Nous avons donc fait Post Mortem Nihil Est et Tales of the Black Dawn. Après, nous avons eu une belle proposition de Sony qui nous a signés pour Black Nova. En ce qui concerne notre retour chez Verycords, pour être tout à fait honnête, nous aurions dû signer By Night chez eux, mais nous avons reçu l’offre définitive, je crois, quelques heures après avoir signé chez Napalm Records. Et pourquoi être revenus chez eux ? Déjà, nous avions un contrat court chez Napalm Records. Nous essayons toujours d’avoir des contrats courts, pour nous sentir libres, mais ces derniers temps, nous sentions que notre musique allait s’éloigner de la tournure que prend le catalogue de Napalm Records. Quand on écoute ce qu’ils sortent en ce moment, je ne sais pas si un album comme Different Breed aurait sa place au sein de ce dernier. C’était donc un retour au bercail assez naturel.
« Je préfère juste creuser mon sillon, être heureux et travailler sur moi-même, plutôt que d’avoir de quelconques regrets, surtout sur des éléments que je n’aurais pas pu contrôler. Si demain on me dit que la tournée avec Metallica vaut cent mille dollars, je ne les ai pas. Je vais me mettre en boule et je vais chialer ? »
D’un point de vue extérieur, n’as-tu pas peur que les nombreux changements de labels, en plus de ceux liés aux line-up qu’a connus Dagoba depuis sa création, souligne une forme d’instabilité ?
Je crois surtout que les gens ont beaucoup insisté sur le non-changement de line-up, parce que quand on fait le tour de ce qui se passe dans les groupes, j’en vois des changements de line-up et ils ne sont jamais soulignés, alors que pour nous, ça revient tout le temps sur le tapis ! Si tu regardes les interviews qui nous concernent, tu verras que souvent, ce sont deux, trois, quatre, cinq questions sur le sujet ! Parfois, j’ai envie de dire : « Je ne sais pas, il faudrait qu’on parle de musique, non ? » [Rires] Je sais d’où ça vient : il y a eu un travail de fond de certains membres qui, à un moment, ont voulu pleurer pour je ne sais quelle raison, alors que nous estimions qu’il valait mieux laver le linge sale en famille. Mais c’est vrai qu’on nous en parle tout le temps, même quand ce n’est pas le cas, alors que quand c’est chez les autres, je ne vois jamais ces questions-là. Après, si ce n’est pas pour les justifier, mais pour les expliquer, comme vous le savez tous, nous avons commencé très tôt et forcément, quand tu arrives à vingt-cinq, trente, trente-cinq ans, il y a des mecs qui rencontrent une femme, qui ont un, deux ou trois enfants, ou des jumeaux, et à un moment, ils ne peuvent plus tourner au rythme qu’impose un groupe comme Dagoba. Comme dans toute entreprise qui dure vingt ou vingt-cinq ans, c’est rare d’avoir toujours les mêmes associés. Je comprends tout à fait que des gens aient l’obligation de rester à la maison et ne puissent plus suivre le navire. C’est naturel, je n’en veux à personne. C’est une vie compliquée ! Je sais les sacrifices qu’il faut faire pour partir en tournée de longs mois, ça ne rapporte pas forcément des millions, c’est difficile pour la vie de famille… Par contre, j’espère que les questions sur notre line-up vont cesser ou qu’on les posera à tous les gens qui en ont au moins autant que nous et à qui on ne les pose jamais. Après, c’est comme un peu pour tout, ça nous accompagne : on veut proposer des facettes différentes album après album, ça ne nous dérange pas de prendre le risque de changer de label et ça ne nous fait pas peur non plus de changer de membre de groupe si le membre en question ne peut plus partir en tournée avec nous, ce n’est pas quelque chose de fatal.
Le marché de l’industrie musicale évolue de manière très forte pratiquement tous les six mois. Concrètement, pour un groupe comme Dagoba, quel est l’apport d’une maison de disques à votre stade de notoriété actuel ? Car on voit de plus en plus de groupes monter leur propre structure…
Ça dépend des deals que nous signons. Sur les quatre ou cinq derniers albums, nous étions en licence, c’est-à-dire que nous étions producteurs. Ça nous servait donc principalement pour le réseau, la distribution et la promotion. Nous avons la capacité financière et technique de sortir des albums, mais pour contacter tes collègues dans les autres webzines, je n’ai pas forcément le temps ou le réseau, donc ça nous sert pas mal pour ça. Par contre, sur les deals d’artistes que nous avons pu avoir et que nous avons aujourd’hui, l’apport financier est à mettre dans la case « positif », en plus de tout le reste. Il y a aussi des labels qui ont quand même des appuis forts dans les salles de spectacles et surtout dans les festivals, qui sont une manne financière majeure pour les groupes de metal. Je ne pense pas que les groupes Roadrunner aient trop de mal à être alignés dans les plus gros festivals d’été en Europe, par exemple. Quand on a sa structure dans son coin, je pense qu’il y a un peu moins d’appuis de ce côté-là. Pour l’instant, avec Verycords, nous reprenons notre collaboration, mais bien entendu, j’espère que leur soutien pèsera en notre faveur !
Comment expliques-tu le succès international de Gojira ? Et si tu devais faire un parallèle entre la trajectoire de ce dernier et celle de Dagoba, que dirais-tu ?
Je pense qu’ils ont très tôt eu les moyens de leurs ambitions, outre le fait que c’est un très bon groupe, de très bons musiciens, et qu’ils proposent de très bons albums. Je crois que si on reprend le début de leur histoire, ils ont quand même rapidement eu les moyens de s’offrir une ou deux voire trois tournées avec Metallica. Je suppose que pour l’exposition, c’est sympa ! Ils ont donc eu les moyens de leur ambition. Après, eux comme nous, nous étions issus d’une génération où le metal français était très tourné vers le marché français. Il y avait très peu de groupes qui tournaient à l’international. Et eux comme nous avions cette ambition de faire voyager notre musique. Avec nos moyens, nous avons aussi tout fait pour avoir la même trajectoire. Eux font leur très beau parcours, nous faisons le nôtre, et c’est très bien comme ça !
« Pour être le Metallica de demain, il faudra composer Kill ‘Em All, suivi de Ride The Lightning, suivi de Master Of Puppets, suivi de And Justice For All, suivi du Black Album. Ce n’est pas avec des flammes, des robes à paillettes ou des clips à cent millions de dollars que tu deviens le nouveau Metallica. »
As-tu parfois des regrets de ne pas avoir eu plus tôt plus de moyens ?
Non. Je pense que cultiver ce genre de regret, à part attiser de l’aigreur, je ne vois pas trop à quoi ça sert. Je suis déjà super heureux d’être encore dans les clous de ce que j’espérais étant minot. Je suis encore en train de le vivre des années après, donc je suis déjà béni et privilégié pour ça ! Je pense que, de toute façon, chacun a sa part de bonheur là où il est et qu’il vit sa part de malheur aussi là où il est. Même James Hetfield arrive à être malheureux dans un groupe comme Metallica ! Je ne sais pas si tels ou tels groupes, de telle ou telle ampleur, ne sont pas malheureux comme des pierres, et si d’autres groupes qui sont tout petits, en train de percer, ne sont pas les mecs les plus heureux de la planète. Je préfère juste creuser mon sillon, être heureux et travailler sur moi-même, plutôt que d’avoir de quelconques regrets, surtout sur des éléments que je n’aurais pas pu contrôler. Si demain on me dit que la tournée avec Metallica vaut cent mille dollars, je ne les ai pas. Si les autres les ont, tant mieux, moi je ne les ai pas. Je vais me mettre en boule et je vais chialer ?
Ça faisait vingt ans l’année dernière que le premier album de Daboga est sorti. Est-ce que tu repenses parfois à cette époque, peut-être pour ne pas oublier d’où tu viens ?
Il faut toujours se rappeler d’où on vient pour savoir où on va, en tant qu’homme, en tant que musicien. C’est une règle immuable !
J’ai lu que vous aviez mis en place une nouvelle scénographie. Jusqu’à présent, visuellement, les shows de Dagoba étaient plutôt sobres, reposant avant tout sur ton charisme et celui de tes musiciens. Dans quelle direction souhaites-tu développer l’aspect scénique du groupe ?
J’aimerais garder cet esprit de sobriété, parce que j’ai toujours été plus enthousiasmé par les premières vidéos de Pantera, par exemple. C’était l’époque où ils avaient les shorts, Converses, un backdrop avec écrit CFH derrière, et ça défouraillait à mort ! C’est une énergie qui m’a toujours plus touché que les shows avec une surenchère de flammes, de lasers, etc. C’est très beau, mais cette sobriété et cette mise en valeur des membres du groupe m’ont toujours plus touché et, peut-être, me ramènent à mon adolescence. Après, si demain on nous faisait un chèque en blanc pour la scénographie, peut-être que moi aussi j’aurais des lance-flammes, des cornes qui clignotent, je ne sais pas… En tout cas, pour la scénographie que nous avons mise en place, nous avons vraiment fait la part belle à l’œuvre de Mathieu Questel et nous avons vraiment timecodé chaque élément lumineux pour appuyer chacun de nos riffs au millimètre.
On se pose souvent la question « quels seront les Metallica et Iron Maiden de demain ? », et pour y répondre, on a aujourd’hui tendance à se tourner vers les Ghost, Sabaton, Powerwolf, Avatar, donc des groupes qui ont comme point commun d’avoir des shows élaborés et exubérants. N’est-ce pas quelque chose que les gens recherchent aujourd’hui ?
Je ne sais pas ce qu’ils recherchent aujourd’hui, mais en tout cas, je sais que pour être le Metallica de demain, il faudra composer Kill ‘Em All, suivi de Ride The Lightning, suivi de Master Of Puppets, suivi de And Justice For All, suivi du Black Album. Ce n’est pas avec des flammes, des robes à paillettes ou des clips à cent millions de dollars que tu deviens le nouveau Metallica. Tout du moins, c’est ma vision des choses. J’espère que la musique prime toujours pour devenir le nouveau Metallica. Pour devenir le prochain Rammstein ou Starmania du metal, oui, là il faudra vraiment faire de la scénographie, de la surenchère d’effets en veux-tu en voilà pour y accéder. Personnellement, je n’ai pas la prétention de composer un Master Of Puppets et ça m’intéresse de garder James Hetfield ou les gars de Pantera comme mes supérieurs, parce que ça m’élève. En plus, comme je disais, le précepte est de m’amuser et de faire la musique que je n’entends pas chez les autres. C’est vraiment tout ce qui me motive.
Interview réalisée en visio le 12 juin 2024 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Nicolas Sénégas.
Site officiel de Dagoba : www.dagobaofficial.com
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