En 1975, les Scorpions rencontrent l’homme qui deviendra pendant presque quinze ans leur talentueux producteur : Dieter Dierks. Dès lors, les choses vont s’accélérer pour le groupe et chaque nouvelle sortie d’album sera davantage couronnée de succès que la précédente, jusqu’aux parutions de Blackout ou encore de Love At First Sting (et ses deux tubes monumentaux que sont Still Loving You et Rock You Like a Hurricane), témoins de l’âge d’or de nos arachnides.
Alors que les Beatles ont eu leur George Martin, les Scorpions eux doivent une partie de leur succès au surdoué Dierks ; chacune des collaborations entre le groupe et son producteur providentiel ayant systématiquement donné naissance à de grandes et heureuses réussites artistiques d’une part, mais également (et c’est loin d’être anecdotique), commerciales d’autre part (plusieurs dizaines de millions d’albums vendus !). Il suffit de visiter les Dierks Studios à Stommeln, près de Cologne en Allemagne – encore en activité aujourd’hui – pour entrevoir la quantité étourdissante de disques d’or, de platine et autres récompenses accumulés par nos teutons rockeurs à cette époque. Sans compter celles issues des autres collaborations de Dierks avec des artistes tels que Accept, Twisted Sister ou encore, dans un autre genre, Tangerine Dream, Tina Turner ou Michael Jackson pour ne citer qu’eux… excusez du peu ! Alors que cinquante ans ce sont écoulés depuis sa première collaboration avec Scorpions sur l’album In Trance, et que le groupe fête ses soixante ans avec la sortie d’un best of et de Coming Home Live, rencontre avec le producteur faiseur de rockstars…
Note : interview extraite du livre In Trance – Anatomie venimeuse d’un culte.
« J’ai été à Los Angeles, New York, dans plein de maisons de disques différentes… personne ne voulait des Scorpions ! »
Pour commencer, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi ? Comment es-tu arrivé à la musique ?
Dieter Dierks : Mon père était musicien, il jouait du saxophone et du violon et s’exerçait environ six heures par jour, juste à côté de mon lit. Je pense que ça a bien entraîné mon oreille. Ça m’a été très bénéfique !
Il était également chef d’orchestre. Un jour, il m’a emmené avec lui et j’ai eu l’occasion de diriger l’orchestre à sa place : c’était fantastique. Très jeune, j’ai appris le piano, mais plutôt le répertoire classique, ce qui n’était pas forcément mon truc, j’étais davantage branché par Elvis Presley ou Glenn Miller, alors j’ai petit à petit commencé à jouer du rock’n’roll. Un jour mon père est rentré à la maison et m’a surpris à jouer du rock, alors que j’étais supposé travailler sur une sonate de Clementi. Il s’est vraiment mis en colère ! [Rires] Mais il a ensuite compris que je ne voulais pas devenir un pianiste de musique classique et a respecté ce choix.
Mon premier projet en tant que producteur fut le titre « Loop Di Love » (de Rolf Steitz alias Juan Bastós, NDLR), une version en anglais d’un vieux chant traditionnel grec intitulé « Dirlada ». Je n’avais aucune idée de ce que je faisais ! Je n’avais pas d’argent bien entendu, donc je me suis débrouillé. Puis j’ai été voir la maison de disque pour leur faire écouter la chanson. Ce fut alors la douche froide : « Monsieur Dierks, vous êtes sérieux ? Vous attendez vraiment qu’on sorte ça ? C’est impossible, ça ne sonne vraiment pas bien. » De mon côté j’avais emprunté de l’argent à un ami, il fallait à tout prix que le projet aboutisse. J’ai alors proposé le titre à la célèbre radio pirate Radio Veronika aux Pays-Bas qui a accepté de le passer. Une semaine plus tard, le titre était numéro un ! La maison de disque allemande m’a alors rappelé pour me dire que le morceau n’était finalement pas si mal et qu’ils allaient évidemment pouvoir le sortir…
Ce métier de producteur, c’est donc quelque chose que tu as appris sur le terrain ?
Oui, je suis un autodidacte, j’ai tout appris par moi-même, avec au départ du matériel de seconde main, récupéré ici et là… on se débrouillait !
Après ce premier succès, « Loop Di Love » donc, sur quoi as-tu été amené à travailler ?
Il y a eu par la suite, par exemple, une reprise de « Oh Darling » des Beatles, avec mon groupe de l’époque Hush, pour laquelle j’ai eu l’autorisation de Paul McCartney, ce qui, pour mon ego, est super ! Hush était un groupe qui jouait très fort, voilà pourquoi nous nous sommes appelés « hush » (« chut » en français, NdT) [rires]. Et je me suis donc retrouvé à travailler des deux côtés : en tant que musicien mais aussi, faute de moyens, en tant que producteur !
Et ensuite… Scorpions ?
Ma rencontre avec Scorpions a eu lieu bien après. J’ai travaillé entre-temps avec beaucoup d’autres groupes, notamment des formations de Krautrock. C’est drôle, je me souviens d’un appel à cette époque d’un groupe suisse : « Dieter, on est au studio là, mais l’ingénieur ne veut pas nous enregistrer, parce qu’il faut enregistrer une guitare saturée et il ne veut pas. Est-ce que toi tu enregistres des guitares saturées ? » Ce à quoi j’ai répondu : « Bien sûr ! » Et la nouvelle s’est petit à petit répandue que je pouvais réaliser ce genre d’enregistrements. Puis on m’a proposé de produire Atlantis, le premier groupe allemand à percer aux Etats-Unis. Et ça m’a apporté une très bonne connexion avec les USA, des managers, artistes, etc. Jusqu’à être invité à une fête chez une branche de la firme Polygram (fusionnée avec Universal en 1999, NDLR), dont RCA records faisait également partie à l’époque. Le président de RCA m’a alors parlé d’un groupe nommé Scorpions dont il aurait souhaité me confier la production, qui traînait un peu selon lui. J’ai dit oui, mais je ne connaissais pas Scorpions à l’époque, je n’avais jamais entendu parler d’eux. Je voulais donc d’abord écouter le groupe en live, c’est toujours la première étape pour moi. Le rock’n’roll, s’il ne fonctionne pas en live, ça ne sert à rien d’aller plus loin.
Il m’a donc invité à un spectacle de Scorpions à Essen. Je me souviens, il pleuvait des cordes et j’étais à deux doigts de faire demi-tour et rentrer chez moi, parce qu’on n’y voyait rien sur la route, mais j’ai finalement conduit jusqu’à là-bas. On devait être une cinquantaine de personnes, c’est tout. Tous assis à regarder le concert, alors que le groupe assurait et donnait tout ce qu’il avait ! Après le spectacle, je suis allé à leur rencontre dans les loges et leur ai dit que j’étais très impressionné. N’importe qui ne se serait pas tant donné pour un public de cinquante personnes, mais eux ont donné autant que s’ils avaient été dix fois plus et ça montre à quel point ils étaient déjà professionnels. Je leur ai dit alors que nous pouvions essayer de travailler ensemble, faire un essai pour voir si ça pouvait marcher. Nous avons donc commencé par travailler sur un morceau précis, histoire de voir si l’alchimie fonctionnait entre nous. Ce morceau, c’était « In Trance », qui est toujours un de mes préférés aujourd’hui. Et ça l’a fait !
« L’arrivée de Uli Jon Roth a changé la donne pour moi et a fait que le groupe s’est complètement distingué de ses pairs. »
Le groupe était déjà signé chez RCA, mais la maison de disque avait un budget de dix mille deutschemark (environ cinq mille euros aujourd’hui, NDLR), ce qui était très peu. J’étais très bon ami alors avec le directeur de la firme. Je lui ai dit : « Ça ne sera pas possible de faire une production internationale avec seulement dix mille deutschemark, mais je peux vous faire une offre : je signe le groupe avec mon label, Breeze Music, et ainsi je paye pour tout, etc. Mais je ne vous les vole pas, je les ramène après. » L’objectif était de les faire percer en Amérique d’ici deux ans. Un ans plus tard, je les amenais au Japon, ce que je trouvais bien plus exotique que les Etats-Unis ! Et pour pouvoir payer la tournée, j’ai dû emprunter à la banque en hypothéquant la maison de ma mère. Nous arrivons sur place, le groupe fait ses balances et tout se déroule à la perfection. Klaus était censé arriver du fond de la scène, courir vers le devant, attraper son micro et commencer à chanter. Le soir même, malheureusement ça ne se passe pas comme prévu ! Klaus ne s’arrête pas à temps dans sa course et tombe dans le public ! A ce moment-là, je me dis que c’est foutu, tout est fini, je suis ruiné, ils vont saisir ma maison, tout ce que je possède. Finalement, le public a aidé Klaus à se relever et il a parfaitement assuré tout le reste du show ! Ouf !
Ensuite, il était temps de s’attaquer sérieusement au marché américain pour récupérer un nouveau contrat. C’était compliqué. J’ai été à Los Angeles, New York, dans plein de maisons de disque différentes… personne ne voulait des Scorpions ! Le président de Capital Records, que je connaissais très bien, m’a dit : « Dieter, tu es un chic type mais fais-moi une faveur : tu ne peux pas vendre du Coca-Cola aux Américains ! » J’étais dépité : Atlantic, Elektra, Arista… tous ont refusé. Et je ne pouvais pas retourner en Allemagne sans contrat ! C’est alors qu’un ami m’a parlé d’une maison de disque à Chicago, Mercury Records. J’ai donc dépensé mes derniers deniers pour m’y rendre et y ai rencontré le président de l’époque. Il m’a dit : « Quoi ? Scorpions sont disponibles ? Je suis un grand fan ! » Nous avons donc fait un deal immédiatement. À cette époque, nous avons eu une avance de soixante-quinze mille dollars. Je me suis dit : « Ça y est, je suis riche ! » [Rires] A partir de ce moment-là, nous n’avons cessé avec les Scorpions de devenir meilleurs ensemble jour après jour, album après album. Avec des hauts et des bas évidemment. Le producteur et le groupe, c’est comme un mariage. Et l’enregistrement, l’album, c’est comme un nouveau-né ! Tout le monde s’en fiche de savoir quelle douleur la mère a eue en accouchant, tant que le bébé naît en bonne santé. C’est ma philosophie !
Comment était la scène musicale en Allemagne à cette époque ?
C’était principalement du « Schlager » (comprendre « variété », NDLR), influencé par la musique américaine.
A quel moment t’es-tu dit que tu pouvais te mesurer à l’industrie musicale américaine ou anglaise ? Y as-tu d’ailleurs pensé ?
Je ne voyais pas ça comme une compétition. L’idée n’était pas de copier la musique américaine ou britannique, mais bel et bien de proposer notre propre style. Par exemple la façon dont Rudolf Schenker alterne entre le mineur et le majeur est typiquement germanique ! Ces changements harmoniques étaient exotiques. Et l’accent allemand de Klaus aussi ! Ils adoraient ça en Amérique. Et enfin cette voix. Elle est tellement unique.
Quand tu as commencé à travailler avec le groupe, ils avaient déjà écrit quelques chansons de l’album à venir In Trance. Toutes étaient déjà créées au moment d’arriver en studio ?
Non, certaines ont été écrites plus tard. Ma femme, Corina Fortman, qui parlait très bien anglais, les a d’ailleurs aidés sur plusieurs textes, comme « Life’s Like A River », par exemple, qu’elle a coécrit. Elle a travaillé sur d’autres morceaux également, mais n’a pas toujours été créditée.
Que penses-tu des deux albums produits avant In Trance et donc avant le début de votre collaboration ?
Ce sont de très bons albums. Michael Schenker, guitariste sur le premier album, est un compositeur incroyable et un guitariste brillant, mais l’arrivée de Uli Jon Roth a changé la donne pour moi et a fait que le groupe s’est complètement distingué de ses pairs. Il était très influencé par Jimi Hendrix et un compositeur et guitariste extraordinaire ainsi qu’un chanteur très intéressant avec son timbre à la Bob Dylan.
Son chant, parlons-en justement. Quand tu as un chanteur aussi talentueux et technique que Klaus Meine, qui est sans doute l’un des meilleurs chanteurs de l’histoire du rock, n’est-ce pas surprenant de confier certains morceaux à Uli ? Qui a eu cette idée ?
Moi ! Uli n’a jamais voulu devenir un chanteur, mais je le trouve excellent. Un jour, il est venu avec une chanson, « Dark Lady », disant que Klaus devait la chanter. Ce à quoi je lui ai répondu que non, c’est lui qui devait la chanter ! Il n’y avait pas d’ego dans le groupe. L’idée était de faire interpréter les morceaux à la personne la plus adaptée selon le titre, tout simplement ! Certaines allaient mieux au timbre de Klaus, d’autres à celui de Uli.
« Je peux être sévère en studio, mais je pense que les gens comprennent pourquoi je fais ça : c’est pour le résultat ! Pas pour mon ego ou que sais-je. Mon travail est de pousser les musiciens vers le haut, au maximum de leurs capacités. »
Et qu’en est-il de l’album sorti après la fin de votre collaboration, Crazy World ; quel est ton avis dessus ?
Je respecte ce qu’ils ont fait, je comprends qu’ils avaient envie d’essayer différentes directions, mais je pense que notre combinaison était de loin la meilleure. Quatre-vingts pour cent de la setlist des concerts, encore aujourd’hui, est issue de cette collaboration. Nous travaillions énormément ensemble et très dur. J’ai peut-être été difficile et casse-pieds par moments, mais c’était pour le mieux. Et je les ai rendus riches ! [Rires].
Cela ne fait aucun doute en effet que la période où vous avez travaillé ensemble est considérée aujourd’hui comme l’âge d’or du groupe. Penses-tu que vous puissiez vous réunir de nouveau ?
Nous avons retravaillé ensuite ensemble sur deux morceaux pour une compilation, en 2002 (Bad for Good : The Very Best of Scorpions, NDLR ). Par la suite, ils m’ont proposé de produire un de leurs albums, mais j’étais apparemment trop cher ! [rires].
En quoi consiste exactement le travail quand on est producteur d’un groupe comme Scorpions ?
Tout d’abord, il s’agit de travailler sur les morceaux et de choisir les meilleurs. Généralement il y a vingt ou trente chansons au départ. On en sélectionne certaines, ensuite on travaille sur les paroles, puis les arrangements. J’ai réalisé la plupart des arrangements de cette époque.
Parfois, et tu l’as d’ailleurs dit toi-même précédemment, l’ambiance de travail pouvait être difficile, tu étais très exigeant. Penses-tu que tu aies parfois été trop dur ?
Personne ne peut savoir à quel point l’enregistrement est difficile par moments. Les opinions diffèrent, forcément. On essaie au maximum de faire les choses démocratiquement, mais en fin de compte, quelqu’un doit bien trancher, donc on doit être dur par moments ! Je peux être sévère en studio, mais je pense que les gens comprennent pourquoi je fais ça : c’est pour le résultat ! Pas pour mon ego ou que sais-je. Mon travail est de pousser les musiciens vers le haut, au maximum de leurs capacités. Plus tu creuses profond quelque chose, plus tu arrives à en sortir le meilleur. Et quand je sens que ça peut être meilleur, je ne m’arrête pas. Et c’est peut-être ce qui parfois nous a valu certains petits conflits !
Uli Jon Roth est probablement le guitariste le plus sous-coté de l’histoire du rock. On ne le voit jamais figurer dans les classements des meilleurs guitaristes ou autres, alors qu’il y aurait largement sa place et bien plus que beaucoup de noms qui y figurent. Pourquoi selon toi ?
Demande lui ! [Rires] Il a été une influence pour beaucoup de guitaristes. Quand il arrive en studio, il est parfaitement préparé. Et il est très bon sur les harmonies.
Les pochettes de Scorpions ont souvent été censurées dans leur carrière et la première d’entre elles fut In Trance. As-tu participé à l’élaboration de cette pochette ?
Oui, nous choisissions tout ensemble. Pour être honnête, nous voulions surtout provoquer. Quand tu es un groupe allemand, comment avoir des retombées presse ? C’est très difficile. Pour Virgin Killer, l’album suivant, nous avons demandé à notre avocat si nous pouvions avoir des soucis. Tu sais ce qui s’est passé au Japon ? Le directeur du label a même été arrêté à cause de la pochette ! Nous avons eu un article dans le magazine Stern, titrant : « Le désastre de la semaine ». Klaus était très bon sur les pochettes, c’est souvent lui qui venait avec les idées. Rudolf également. Parfois, nous avions de très longues conversations à ce sujet, nous en arrivions même à nous battre sur de tout petits détails !
« Je pense que Still Loving You est peut-être mon titre préféré. Il est vraiment remarquable. […] Pour moi, c’est mon plus gros travail de production sur une chanson. »
Sur cette même pochette, c’est également la première fois qu’apparaîtra la police du nom du groupe, qui figurera ensuite sur tous les albums suivants. La même année, le film Rollerball utilise la même police pour son affiche. Te souviens-tu de ce qui a motivé ce choix ?
Pour être honnête, je ne m’en souviens pas vraiment, non !
Y a-t-il quelque chose à propos de la production de l’album In Trance que tu regrettes aujourd’hui ?
Non, je l’aime comme ça ! Bien sûr si je le remixais, il aurait un bien meilleur son, mais je pense que pour l’époque, c’était super. Les microphones utilisés, les amplis, etc. C’est aussi ce qui fait son charme !
Uli Jon Roth a quitté le groupe après l’album Taken By Force et le live Tokyo Tapes qui a suivi. Avais-tu senti qu’il était sur le point de partir ?
Je pense que, de son point de vue, j’envoyais le groupe dans une direction trop commerciale. Pour moi, il n’existait aucun autre groupe de rock avec un guitariste comme Uli. Cette combinaison, pour moi, était très intéressante. J’ai été très attristé lorsqu’il a quitté le groupe, car il était unique. La façon dont Uli écrit des chansons, au même titre que Rudolf ou Klaus, est très spéciale et ne ressemble en rien à ce que faisaient les Américains ou les Britanniques.
Les albums Taken By Force et Lovedrive se suivent mais sonnent très différemment, avec deux guitaristes solistes distincts : le premier avec Uli Jon Roth et le second, avec son remplaçant, Matthias Jabs. Est-ce que le son du groupe reposait principalement sur le guitariste soliste ?
Je vais te répondre tout simplement : oui ! [Rires]
Tu as produit les albums les plus importants du groupe. Comment trouvais-tu ta place comme le sixième membre du groupe ?
Sixième membre du groupe, c’est un chouette compliment ! Mais c’était pareil pour les autres groupes avec qui j’ai travaillé, j’ai toujours participé à la partie spécifiquement musicale.
Quel est ton album préféré de Scorpions ?
C’est difficile, évidemment ! Lovedrive et Love At First Sting sont probablement les plus puissants, mais il y en a tellement d’autres, je ne peux pas choisir ! En revanche, je pense que « Still Loving You » est peut-être mon titre préféré. Il est vraiment remarquable. Le titre existait déjà dix ans avant qu’on ne l’enregistre, avant même que je ne rencontre le groupe. Ils l’ont traîné pendant un long moment puis un jour, ils me l’ont joué ! Pour moi, c’est mon plus gros travail de production sur une chanson.
Interview réalisée en face à face aux Dierks Studios, à Stommeln (Allemagne) le 11 janvier 2025 par Xavier Lelievre.
Extrait du livre In Trance – Anatomie venimeuse d’un culte de Xavier Lelievre.
Disponible à l’adresse suivante : https://deadlysting.myportfolio.com/
Photos : archives de Dieter Dierks (2, 4).

































« Uli n’a jamais voulu devenir un chanteur, mais je le trouve excellent. Un jour, il est venu avec une chanson, « Dark Lady », disant que Klaus devait la chanter. Ce à quoi je lui ai répondu que non, c’est lui qui devait la chanter ! Il n’y avait pas d’ego dans le groupe. L’idée était de faire interpréter les morceaux à la personne la plus adaptée selon le titre, tout simplement ! Certaines allaient mieux au timbre de Klaus, d’autres à celui de Uli. »
Très intéressant d’apprendre ça. J’ai toujours pensé qu’Uli voulait chanter ses propres chansons, et que c’était ça qui avait fini par causer la séparation. Et apparemment, non :D