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Live Report   

Electric Callboy fait ce qu’il veut et en est fier


Electric Callboy, ce sont des Allemands qui ont pris le temps d’analyser le succès de LMFAO et se sont dit : « Franchement, y’a un truc à faire. » Ce « truc », c’est de célébrer le boum-boum salvateur avec de grosses guitares qui ont pour mission de faire du bien au moral. Le tout, évidemment, avec beaucoup d’humour, des accoutrements aussi kitsch que le maillot du Borussia Dortmund dans les années 90 et des relents musicaux d’eurodance.

Il faut bien comprendre que l’on évoque ici une formation dont les membres sont nés dans un pays où Scooter a l’habitude de truster le haut des charts depuis près de trente ans (oui on sait, le guitariste Pascal Schillo est né en Angleterre mais il a grandi en Allemagne, donc c’est un Allemand d’adoption !).

Bières, foot, techno et Tekkno : nos amis d’outre-Rhin ont leur propre vision de ce qu’est une fête réussie. Mais bon, il ne faut pas juger et puis de toute façon dans le metal cela fait quand même un bail que sont tolérés (pour soi et pour les autres) les nombreux plaisirs coupables dont les ex-Eskimo Callboy font indiscutablement partie.

Artistes : Electric CallboyBury TomorrowWargasm
Date : 18 janvier 2026
Salle : Zénith
Ville : Paris [75]

La soirée démarre par Bury Tomorrow. Enfin, elle commence véritablement pour notre équipe parce que, dans les faits, les hostilités ont débuté quelques minutes plus tôt avec Wargasm. Bury Tomorrow déboule sur scène avec au micro le charismatique Daniel Winter-Bates dont le petit débardeur noir sur son grand corps musclé rappelle que pousser de la fonte nécessite un vrai investissement de temps. Le groupe britannique fait dans le metalcore bien mélodique. Les gaillards parviennent à interagir aisément avec une audience réceptive à leur musique et aux discours du frontman tournés vers l’égalité entre tous.

Les membres de Bury Tomorrow inspirent néanmoins de la compassion avec leurs maigres lumières de première partie… Évidemment, ce manque de lights n’est pas leur choix et est effectif pour souligner « le-gros-show-avec-un-visuel-de-ouf-qui-va-vous-éclater-à-la-figure-bouh-attention » de la tête d’affiche qui va suivre. De la difficulté pour les artistes de subir toutes ces étapes obligées, au goût constant de bizutage, qui sont propres à l’industrie de la musique et à ses fameux « codes ».

Mais « c’est le jeu, ma pauvre Lucette ! » comme dirait l’autre.

C’est quand même bien dommage et on se dit que cette formation, avec des lumières et un show dignes de ce nom, serait forcément encore plus percutante et à son aise lors d’un concert en tête d’affiche qui se déroulerait au Bataclan ou dans une salle équivalente. La dernière chanson du set, le fédérateur « Abandon Us », est un gros tube et un moment fort du concert. Bury Tomorrow et son metal mélodique reçoivent d’ailleurs une ovation méritée après l’exécution de leurs neuf morceaux. Même si beaucoup de spectateurs n’étaient pas familiers de la musique du combo, ses compositions efficaces car immédiates (« DEATH (Ever Colder) », « Cannibal ») ont fait mouche.

Bilan : Bury Tomorrow est à revoir vite et dans des conditions décentes.

Ecouter Electric Callboy, c’est un peu comme quand le fan de metal veut choper dans sa discothèque son vieux CD 2 titres d’O-Zone qui se situe entre Obituary et Primordial. Cela fait toujours un peu bizarre de voir qu’il existe, mais sa présence souligne aussi la puissance d’un choix fort que l’on se doit d’assumer. Le sextet est l’incarnation du groupe qui marche parce que l’âme humaine a besoin de divertissement dans ce monde d’imbéciles, de guerres et de brutes.

En ce dimanche 18 janvier 2026, assister au concert de la formation originaire de Castrop-Rauxel au Zénith de Paris c’est éprouver le besoin frénétique de voir des cotillons, de la pyro et des visuels qui défoncent sur les écrans géants. Les spectateurs sont là pour en prendre plein la tronche exactement comme quand ils vont au cinéma voir le dernier blockbuster en date. Ils veulent du calibré, ils veulent du sur-mesure. Dans cette optique, Electric Callboy donne au public exactement ce que ce dernier est venu chercher. Le show des Allemands est carré, organisé, orchestré, millimétré.

Trop ? Hmmm…

Ces quatre petites lettres en guise de question nécessiteraient de très larges développements pour essayer d’aller chercher une réponse.

Le fait est qu’avec un show qui nécessite autant de préparation, la question de la spontanéité se pose de facto à un moment. Les membres d’Electric Callboy réussissent-ils véritablement à ressentir et à partager cette spontanéité qui ne s’achète pas ? Lorsqu’il écoute attentivement les deux chanteurs s’exprimer sur scène, de son côté le public du Zénith ressent-il cette véritable authenticité propre aux artistes pour qui la musique peut parfois être une question de vie ou de mort et/ou qui ont vraiment « quelque chose à dire » ? Dans les yeux des deux frontmen que lisez-vous, vous les fans d’Electric Callboy ? Une sincérité profonde et une émotion palpable ?

Electric Callboy est un groupe qui n’a franchement pas grand-chose à dire mais qui dit tout de même tout. Car ce qu’il a à dire, il le dit avant tout à travers sa volonté inébranlable de donner du plaisir. Le voir sur scène est un défouloir plaisant. Grâce à sa science du tube fédérateur (« Tekkno Train », « Hypa Hypa », « MC Thunder », « Pump It », « Elevator Operator », « We Got The Moves »), le combo communique beaucoup de sentiments positifs. Il indique ainsi que sur cette foutue planète que nous ne méritons probablement pas de fouler, nous devons tout de même prendre le temps de communier dans la joie. Observer ses six mille cinq cents personnes, le sourire aux lèvres, sauter à l’unisson ou s’asseoir de manière disciplinée « comme au coin du feu » (« Fuckboi », « Everytime We Touch »), c’est comprendre que dans la vie, le sens et la profondeur peuvent aussi se trouver dans le divertissement pur.

En vingt morceaux et une heure quarante-cinq de show, il faut reconnaître que le public en a pour son argent (autour de soixante-dix euros la place tout de même) et que cette ode à la déconne fait du bien à la tête, au cœur et à l’âme. Lors d’un concert d’Electric Callboy, les lumières sont en outre somptueuses, soignées et variées, ce qui rappelle la direction artistique claire d’EC : proposer de la qualité (parce que ça joue très bien) et partager un vrai savoir-faire sous l’égide du vrai/faux n’importe quoi.

En studio comme sur scène, Electric Callboy est un joyeux bordel. Un bordel très organisé certes, mais qui comporte un élan vital plus que nécessaire.

« No, no limits, we’ll reach for the sky
No valley too deep, no mountain too high
No, no limits, won’t give up the fight
We do what we want, and we do it with pride »

Setlist :

TANZNEID
Still Waiting (reprise de Sum 41)
Tekkno Train
Hypa Hypa
MC Thunder
Neon
Pump It
Hurrikan / Overkill / All The Small Things / Bodies (Electric Bassboy DJ set)
Revery
Hate/Love
Mindreader
Monsieur Moustache vs. Clitcat / Muffin Purper-Gurk / We Are the Mess / Crystals (Medley)
Solo de batterie
Fuckboi (acoustique dans la foule)
Everytime We Touch (reprise de Maggie Reilly, acoustique dans la foule)
MC Thunder II (Dancing Like A Ninja)
Elevator Operator

Rappels :
RATATATA
Spaceman
We Got the Moves
No Limit (2 Unlimited) dans les enceintes au moment de quitter la scène

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Couverture :

Photos : Emilie Bardalou.



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