Vingt-trois ans après, FFF is back! Suite à la sortie de Vierge, son quatrième album studio qui a vu le jour en 2000, FFF s’était mis en hiatus mais le groupe était néanmoins réapparu sur scène pour des tournées ponctuelles ou pour des sets en festivals. Le fait est que le lien entre les membres de FFF n’a jamais été cassé. Les musiciens se sont toujours bien entendus et jamais un véritable split n’a été à l’ordre du jour. Néanmoins, comme aucun album studio n’a été proposé au public depuis Vierge, cela reste une très belle surprise de voir le groupe revenir avec I Scream, son cinquième disque prévu le 24 novembre chez Verycords. Un album qui ravira les fans de rock déjanté et groovy où FFF partage un propos comme à son habitude extrêmement varié.
Nous avons longuement discuté de la maturation de cet album avec Marco Prince (chant). Un entretien qui, à l’image de la musique du groupe, part dans différentes contrées. Nous vous proposons également une tribune au discours direct de Yarol Poupaud, le guitariste de FFF qui évoque dans ces colonnes son attachement au groupe. Dans ces deux interviews, vous pourrez d’ailleurs sentir à quel point les deux musiciens ont hâte de retrouver leur public lors de la prochaine tournée française du groupe qui démarre en mars prochain !
« Nous nous sommes retrouvés avec une cinquantaine de titres avec des axes forts, des élans et des directions assumées. Nous avions envie de défendre ces objets hirsutes, ces gros blocs de granit dont nous sentions qu’il y avait moyen d’en faire des Mona Lisa. »
Radio Metal : Hier soir vous étiez en train d’enregistrer Taratata. Ça s’est bien passé ?
Marco Prince (chant) : Franchement, ça s’est super bien passé. Et ce, même si nous n’étions pas vraiment armés, on va dire. Et ça, c’est la chose magique avec ce groupe : l’urgence nous rend meilleurs. Il y a vraiment un truc qui est lié à ça. Je t’avoue que c’était mon anniversaire le 10 octobre et je suis parti le 11 pour un anniversaire surprise ! En effet, c’était un cadeau surprise de ma femme chérie qui m’a emmené à trois cents kilomètres du pôle Nord, en Norvège ! C’était complètement dingue. Donc je n’ai pas pu répéter. Je suis arrivé la veille de Taratata et hier on a répété. On a joué deux reprises et deux morceaux à nous. J’adore ce truc-là, même si ça met une tension que, franchement, je souhaiterais ne pas avoir ! Après, sur ce coup-là, on ne pouvait pas faire autrement. Avec le groupe, il y a ce sentiment où, lorsque l’on se lie, on devient une seule entité contre tout.
Quand tu dis que tu n’étais pas armé, il ne s’agissait que de toi du coup ?
Tout à fait parce que, pour Taratata, les collègues ont quand même pu jouer ensemble des morceaux que l’on avait choisis. Moi j’ai choisi par exemple de faire « Seven Nation Army » mais j’ai changé l’arrangement en discutant avec eux dans une conversation WhatsApp, donc ce n’était pas le plus pratique ! Choisir un tempo, c’est forcément complexe au téléphone mais, je dois l’avouer, les choses sont plus faciles quand tu joues avec le meilleur groupe du monde comme c’est le cas ici ! C’est quand même génial de pouvoir dire « on change la basse, on change des claviers, on change la guitare »… Au final, le rendu était cool et les gens étaient persuadés que nous avions répété des années !
Comme tes collègues, tu as une vie professionnelle très chargée. Tu as participé à des musiques de films et fait plein de choses différentes. Dans ta vie pro, apprécies-tu ce sentiment d’urgence, cette tension du dernier moment ?
La réponse est un peu complexe. Quand je travaille sur les musiques de films, j’ai un dictaphone sur mon téléphone et je dois avoir dessus dix mille propositions de musiques de films. Elles me sont arrivées par l’opération de je ne sais quelle grande force au-dessus, ou en dessous, de nous. Faire de la musique rend très spirituel car tu as rarement l’impression que c’est de toi que jaillissent les choses. Tu as plus l’impression d’être un vecteur, un flux que tu retranscris. Là on est dans l’action. Mais, en parallèle, j’ai besoin d’avoir du temps pour rêver les projets. J’ai besoin d’avoir du temps pour imaginer les phrases que j’ai envie de dire. Je sais toujours les sujets que je veux aborder mais je ne sais jamais comment je vais les dire. Idem quand on écrit des chansons. Il faut du temps pour tout cela et ce temps est incompressible. La pression, c’est également le studio pour trouver les trois phrases sur des morceaux que je dois faire en deux jours. En fait, il y a une notion de haïku dans la façon dont je travaille la musique. Mais c’est vrai que le confort absolu, c’est d’avoir du temps pour rêver, pour s’inspirer, pour ouvrir des bouquins. La lecture m’amène des notes, comme voir des films ou me promener dans la rue.
Concernant Taratata, est-ce que vous avez des obligations de temps qui sont très fortes le jour J ? Sur place, vous n’avez pas droit à l’erreur ou, si tu sens que le morceau n’est pas top, tu peux quand même le refaire ?
On est un groupe avec un petit peu d’expérience, donc tu sais que quand tu fais un Taratata, si tu sens que la prise n’est pas bonne, il faut que tu arrêtes complètement le morceau. Tu lèves les bras et tu dis : « Hop hop hop on recommence tout ! » Il faut que tu coupes, que tu arrêtes tout. Ainsi, tout le monde est obligé de recommencer quoi qu’il arrive. Car si tu te laisses aller, que tu n’es pas sûr de ton coup et que tu vas jusqu’au bout, tu as une machine en face de toi qui fait travailler des centaines de personnes. Donc si le morceau est fait, il est terminé aux yeux de tous et on ne peut pas revenir dessus.
« Je pense que parfois nous aurions pu être plus professionnels, plus efficaces, et sans doute moins humains. Mais nous avons choisi d’être plus humains que professionnels et, dans mon expérience de vie d’homme, je ne le regretterai jamais. »
Dans le communiqué de presse du nouvel album, il est dit que vous avez enregistré « dans un vieux mas perdu de la campagne niortaise ». Comment s’est passée cette réunion ?
C’était une parenthèse enchantée. Jusque-là, nous avions beaucoup d’occasions de refaire de la musique ensemble mais elles n’avaient pas été fructueuses. On se retrouvait avec des disques durs remplis de pleins de trucs écoutables ou non. Alors que là, la première semaine où nous nous sommes revus, Il y a eu un truc, une sorte d’alignement des planètes, une conjoncture où nous avions plus envie, ou plus besoin, de raconter quelque chose. Nous avons fait l’album en un an. D’ailleurs nous avons écrit deux albums en fait ! Nous nous sommes retrouvés avec une cinquantaine de titres avec des axes forts, des élans et des directions assumées. Nous avions envie de défendre ces objets hirsutes, ces gros blocs de granit dont nous sentions qu’il y avait moyen d’en faire des Mona Lisa.
Lorsque vous vous êtes réunis sur place, c’était avant tout de la joie de se retrouver et le plaisir de jouer ?
Ouais, c’est vrai. Avec FFF, il y a un truc. Nous avons toujours gardé – peut-être aussi parce que nous nous sommes arrêtés à temps – cette dimension de plaisir. Nous ne nous sommes pas épuisés à tourner alors que pour FFF, nous aurions pu ne jamais nous arrêter de tourner. Nous avons toujours eu une demande forte sur nos concerts, nous le savons très bien et notre tourneur nous disait tout le temps : « Mais vous vous en foutez, repartez, repartez en concert, vous allez voir, ça va revenir de là. » Ce n’était peut-être pas faux mais pour nous, il n’y avait pas de nécessité de repartir sur la route. Sauf pour défendre un nouveau projet. Evidemment, nous allons rejouer les anciens morceaux que nous avons, que nous prenons d’autant plus de plaisir à redécouvrir et à retransformer. Mais maintenant, nous avons aussi de nouvelles choses à dire et de nouvelles strates de notre création à défendre.
Justement, sur tous les morceaux que vous avez validés pour I Scream, le choix des titres a-t-il été compliqué ? Ou vous étiez tous en phase sur ce qui devait sortir ?
Cela a donné lieu à des discussions intenses. Mais comme toujours dans le cadre d’un bon groupe de gens qui se respectent, qui s’apprécient, mais qui bien sûr ont de fortes convictions intimes. On a donc la possibilité de dialoguer, d’échanger et de convaincre l’autre, tout en pouvant revenir plus tard en disant « vous aviez raison ». C’est un long apprentissage de la démocratie. Je pense qu’il faut comprendre que l’intime conviction n’est pas qu’une question d’égo. Le truc ce n’est pas d’avoir raison, c’est d’avoir le sentiment de nécessité absolue et de le partager. Après attention : on ne fait pas des opérations à cœur ouvert ! On fait de la musique quand même et ça doit rester du kif, du plaisir et tout. Sur un des morceaux, Nicolas (Baby, basse) m’a dit quand nous l’avions terminé qu’un truc ne marchait pas. Moi je ne voyais pas de quoi il s’agissait, mais quand il est revenu avec une nouvelle version sur laquelle j’ai trouvé une nouvelle base de travail, nous nous sommes remis dessus, nous avons retravaillé le morceau et ce dernier est beaucoup mieux maintenant. Il est normal que tout le monde n’ait pas la même vision du morceau. Je pense que quand t’es batteur, tu n’as pas la vision qu’a le guitariste qui, lui, n’a pas la vision qu’a le chanteur. Il y a cette recherche du prisme commun, de regarder, d’essayer et d’être sûr de regarder dans la même direction pour faire le même morceau.
Penses-tu qu’avoir une communication saine a toujours eu un impact positif sur l’histoire de FFF ?
Je pense que parfois nous aurions pu être plus professionnels, plus efficaces, et sans doute moins humains. Mais nous avons choisi d’être plus humains que professionnels et, dans mon expérience de vie d’homme, je ne le regretterai jamais. Je te prends un exemple : quand nous étions plus jeunes, une radio comme NRJ nous avait demandé de pousser un morceau en particulier et nous, nous ne voulions pas, nous préférerions sortir un gros morceau qui envoie. Aujourd’hui, quand nous y repensons, nous nous demandons si ça n’aurait pas été mieux d’accepter le deal en question. Mais bon, nous étions comme ça. Quand tu entends les gamins maintenant dire que tout ce qu’ils veulent c’est de la moula, de la maille, je me dis que nous, nous étions des babas, franchement ! Tout ce que nous voulions, c’était faire exploser notre musique sauvage par monts et par vaux et faire les concerts les plus délirants possible. Nous avons très bien vécu de notre musique quand même, hein, mais je pense que nous aurions pu nous protéger davantage.
« Il y a vraiment quelque chose qui ne naît que sur scène. Ce sixième sens musical devient une machine qui fait que le groupe devient une unité très puissante. Ensuite, il faut laisser de la place à la vie pour pouvoir continuer à écrire et être inspiré. Ne plus pouvoir écrire peut être très dangereux, je pense. »
A l’époque, vous n’étiez pas concernés par la partie business en somme.
Exactement. Nous ne nous posions même pas la question du business, en fait. Après aussi, les temps ont bien changé maintenant. Aujourd’hui, il n’y a plus tellement de business et le changement de game est absolu. Aujourd’hui ce n’est plus vendeur, tu ne vas plus vendre de CD mais tu vas avoir des clics sur internet. Du coup, est-ce qu’il faut faire des morceaux de trente secondes pour avoir le plus de clics sur les plateformes de streaming ? Nous, nous ne pouvons pas rentrer dans un questionnement comme ça. Personnellement, j’ai besoin d’aimer ce que je raconte. J’ai besoin de croire à ce que je dis. J’ai besoin de défendre un projet qui me fait bander, qui me fait lever le poil.
Sur le volet composition, quelle est votre méthode de travail ?
Sur cet album, nous avons mis une méthode au point qui a été un axe fort de notre plaisir à bosser dessus. Avant, à de nombreuses reprises, nous nous retrouvions avec des jams interminables qui sont toujours agréables à faire, mais pas toujours à réécouter, très honnêtement. Parfois pour deux heures de jam, tu vas avoir trois ou cinq petites minutes qui ont un truc. Personnellement, je n’ai pas la patience du spéléologue d’aller fouiller dans les grottes de FFF. J’ai besoin d’avoir un rapport spontané à l’empreinte émotionnelle du son. Donc, sur la première semaine où nous étions dans le mas, nous avons mis en place une méthode qui a été décisive. Car c’est vraiment le travail sur cette première semaine qui nous a donné l’élan pour ensuite avancer. Cette semaine-là, dès qu’il y avait un truc qui nous paraissait bien, nous essayions d’y mettre une structure et, ensuite, nous passions directement à autre chose. En conséquence, il y avait un côté très jouissif à bosser de la sorte. Le plaisir était de mise car nous avions un rapport très premier degré à toutes ces choses qui naissaient. Suite à ces sessions, je me suis retrouvé avec plein de petits bouts de jam et nous avons commencé à repérer les trucs. J’ai repris ces passages en guitare/voix avec mon pote Victor (Mechanick) et nous avons commencé à pousser les portes pour avancer sur la finalisation. Je me mets au piano, nous faisons des essais de tempos. « Ah mais attends sur ce passage on s’embête ! », nous plaquions des accords, et tout ceci était le deuxième stade de la compo.
Ensuite, nous nous retrouvions avec FFF en studio. Mais du coup, ce que j’amenais en piano voix ne ressemblait plus du tout aux trucs que nous avions initialement sur la première jam ! Donc je revenais avec la trame harmonique et mélodique en ayant pour souhait de garder le feu sacré du début de la compo. Et à partir de là, nous retravaillions le truc et on commençait à voir vraiment la gueule des morceaux qui nous plaisaient à tous. Je pense que cette mécanique nous convient bien. Ça nous met dans un acte très jouissif de kiffer dans un premier volet. Et personnellement, dans un second temps, je bosse sur le spectre harmonique en essayant de trouver des ouvertures. J’essaye d’aller chercher des surprises car je m’emmerde assez vite en écoutant de la musique ! Lorsque j’écoute un morceau comme « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin, je peux écouter ça en boucle et parvenir à ne pas m’emmerder. Et il faut savoir que ce single a été numéro un des juke-box en France à sa sortie. Je n’aime pas l’idée de « c’était mieux avant », mais je me dis juste qu’il n’y a aucune raison de bêtifier la proposition musicale. Après, il y a de la musique minimaliste qui me plaît. Aya Nakamura est une artiste qui m’a éclaté par exemple. J’aime qu’elle se soit réapproprié la langue et qu’elle ait osé faire des trucs : cette liberté qu’elle prend de mettre du gitan avec du wolof, pour créer une sorte de nouvelle langue, moi j’apprécie.
Le succès de PNL est lié à cela aussi : la volonté de se réapproprier le langage ?
Bien sûr et d’assumer aussi un spleen. PNL est en écho avec l’époque. Tu ne peux pas être ado et te dire « putain c’est super en ce moment ce qui se passe »… Je comprends tellement le succès de PNL ! Ça me ramène à l’ado que j’étais, je me rappelle mes gros coups de spleen. Et comme il y a encore un ado attardé en moi, je pense que c’est pour ça que ça me plaît encore.
« Entre le petit groupe qui jouait dans la cave et ce qui nous est arrivé, c’était complètement dingue. En vrai, tu ne peux que souhaiter qu’il t’arrive ça. Mais il faut garder une distance humaine et, pour cela, il faut par exemple savoir dire non. Et ce n’est pas si facile de refuser l’élan, la vie, les propositions ou la thune qui va avec. »
PNL pourrait être la bande-son parfaite pour fumer un joint !
Exactement. On teste quelque part le fait de fumer du shit dans un vieux canapé pourri. Et t’es là en train de te demander ce qui va se passer. Tu peux faire ce transfert. C’est ça aussi le truc. Quand tu lis un grand livre, tu vis plein d’aventures, plein de trucs, sans être écrivain. Chez PNL, il y a un truc de musique de mauvais garçon qui a toujours eu lieu dans l’histoire de la musique. Cette dernière a toujours été un activateur de particules. Quand Elvis Presley allait dans les trucs télévisés où on refusait de le filmer en dessous de la ceinture parce que c’était trop sexy, c’était aussi parce que, quelque part, il était pourvoyeur de danger. C’est un truc qui va avec la jeunesse. L’imagerie compte aussi. Ce qui a plu dans le rock ou dans le punk, c’est que l’imagerie était un truc imbitable pour les parents des jeunes, avec un côté hors la loi prononcé. Et quand il y a une bonne osmose entre une proposition musicale vraie et un champ des possibles imagés, ça peut fonctionner. Le truc un peu dangereux fait partie de la fantasmagorie.
Au début des années 2000, lorsque vous avez choisi de mettre le groupe en pause, vous étiez à deux cent trente concerts donnés par an. Concernant le fait d’avoir pris cette décision, y a-t-il une raison plus qu’une autre qui fait que l’on se retrouve « usé », comme vous l’aviez dit à l’époque ?
Dans le fait de faire énormément de concerts, il y a quelque chose qui monte… Prince a écrit une super chanson qui s’appelle « Joy In Repetition ». Il compare un groupe à un couple. En gros, il dit que faire un bon couple, c’est aller bosser, c’est se remettre chaque jour à l’ouvrage. Ce n’est pas juste la meuf est super bonne et toi t’es trop cool, et ça se passe comme ça. Il y a donc un truc de certain avec la répétition de concerts, c’est que ça fait vraiment monter le niveau. Se confronter aux gens, ça fait ressentir un truc évidemment mais, passé un stade, il y a une désillusion. Moi je pense qu’il y a une déshumanisation à cause de la mécanique. Tu dois être inspiré par les choses que tu vis et là, au bout d’un moment, tu ne peux parler que de backstage, de caisse de concert et de pré-amplis… Dans les faits, je pense qu’il faut s’arranger pour être dans la mesure de faire un assez grand nombre de concerts pour pouvoir se développer. Car, oui, il y a vraiment quelque chose qui ne naît que sur scène. Ce sixième sens musical devient une machine qui fait que le groupe devient une unité très puissante. Ensuite, il faut laisser de la place à la vie pour pouvoir continuer à écrire et être inspiré. Ne plus pouvoir écrire peut être très dangereux, je pense.
A la fin de ces concerts, tu t’étais un peu senti en danger sur le volet émotionnel ?
Le problème, c’est que tourner comme nous l’avons fait est appartenir à une machine qui est un cheval fou. Tu es hyper content qu’il aille plus haut, plus vite, plus fort : « Eh vas-y qu’on fait Glastonbury devant trois cent mille personnes ; eh vas-y qu’on ouvre pour les Red Hot Chili Peppers ; eh vas-y qu’on fait la première partie des Rolling Stones, bam ! Eh vas-y qu’on fait un clip avec Spike Lee… » Nous avons fait tout ça et ça a été incroyable. Car entre le petit groupe qui jouait dans la cave et ce qui nous est arrivé, c’était complètement dingue. En vrai, tu ne peux que souhaiter qu’il t’arrive ça. Mais il faut garder une distance humaine et, pour cela, il faut par exemple savoir dire non. Savoir dire aux gars : « Bon, le dixième concert sur cette tournée, on ne le fait pas » pour se poser. Et ce n’est pas si facile de refuser l’élan, la vie, les propositions ou la thune qui va avec. Il y a beaucoup de choses qui viennent en considération.
La cohésion que vous avez toujours eue vous a-t-elle facilité la tâche pour prendre du recul au début des années 2000 ?
Oui je pense. J’avoue que c’est moi qui ai été l’instigateur de l’idée de prendre du recul. C’est moi qui suis le plus exposé, donc c’est normal que je l’aie senti en premier. Mais quand j’ai ouvert les portes, nous ne nous sommes pas remis ensemble aussi facilement parce que la situation allait à tout le monde. Chacun pouvait ainsi aller vivre ses aventures, ses projets personnels. Maintenant, quand nous sommes sur scène, nous sommes quatre, plus les musiciens additionnels. Et en tournée nous sommes une trentaine. Donc nous faisons vivre plein de gens et ça amène des questions, parce que si tu t’arrêtes, les gens qui te suivent ne l’ont pas prévu. En conséquence, quand ça se met à tourner, ça devient une entreprise. Sur notre prochaine date à Paris, le 3 avril à l’Olympia, nous serons trente. Donc question décisions, ce n’est pas juste : « Oh non, je n’ai pas envie de jouer ce soir ! » Tu as avec toi trente personnes qui sont intermittents, qui doivent payer leur loyer avec les concerts que nous allons tous faire.
« Comme je fais des musiques de films à côté, quand je suis avec FFF, je n’ai pas envie de refaire des choses identiques. J’ai envie d’aller trouver entre les mots et la musique un truc, un entrelacement qui fait que l’on a un titre, un message et une fulgurance. »
Tu disais que tu es le plus exposé avec FFF. C’est parce que tu penses incarner aux yeux des gens la figure emblématique du groupe ?
Non, je pense juste que quand tu es chanteur, tu es le plus exposé. Basiquement. Et ce parce que tu es le porte-voix du groupe et que chaque mot prononcé, chaque syllabe ânonnée, elle t’est attribuée. C’est un tout à entendre. C’est un peu comme le footballeur en position d’avant-centre. Tu te feras plus souvent couper les jambes parce que tu marques plus de buts. L’idée est que tout le monde bosse ensemble pour amener le ballon de l’autre côté. Tu es buteur mais il n’y a pas de buteur sans bon gardien. J’aime bien cette analogie du football pour FFF, c’est pas mal ! [Rires].
En interview, tu évoquais aussi le fait que le tour bus et son ambiance t’avaient manqué.
Oui, c’est vrai. On oublie à quel point les choses peuvent nous manquer. Par exemple hier, à Taratata, quand Zao de Zagazan est là à kiffer notre musique alors qu’a priori, nous n’appartenons pas au même univers musical et qu’elle vient nous voir, ça fait plaisir. Nous avons une séquence sur un morceau d’onomatopées rapides et elle nous disait : « Purée, c’est l’inverse de ce que je fais mais je kiffe trop ! » Tout ça, c’est ce qui te permet de croiser du monde, c’est marrant. Le tour bus comme le reste, c’est ce qui nous permet de nous sentir à notre place. Pendant l’émission, il y avait aussi Orchestral Manoeuvres In The Dark (OMD) qui nous a dit que ça pétait ce que nous faisions car il ne nous connaissait pas. Et moi quand je le remercie et que je lui dis que moi aussi j’aime bien ce qu’ils font, tu es dans une situation où ce que tu fais te paraît normal alors que c’est dingue. Être à sa place n’a pas de prix.
Quand tu as monté le groupe, c’était avant tout pour jouer en live et tourner ?
C’était aussi bien pour être en studio que pour jouer en live. J’ai toujours vécu le studio comme la partie introspective, cérébrale, dans la vie du musicien. Ce qui est assez marrant, c’est que nous avons passé notre vie à essayer de retrouver en studio la spontanéité que nous arrivions à obtenir en live. Et c’était assez marrant parce qu’aujourd’hui, je sais que l’on n’a pas besoin de ça. Un album doit être un album et ensuite tu as la version que tu fais en live. C’est encore un autre projet. A l’époque, nous voulions absolument que les deux se ressemblent et je pense que ne sommes jamais réellement parvenus à ce rendu. Aujourd’hui, je pense que des mêmes musiques peuvent avancer de manière vraiment séparée. D’autant plus qu’aujourd’hui on peut aller encore plus loin sur le volet de la technologie. On peut vraiment s’amuser avec ça, se permettre des trucs.
Comment l’idée de faire un nouveau disque est-elle venue ?
C’est le label qui nous a proposé et nous, nous ne savions pas si nous en avions sous le pied. Nous avions eu plusieurs expériences par le passé et nous n’avions pas réussi à tirer des choses de tous nos jams. C’est souvent de mon fait d’ailleurs. Parce que je pense que mes potes seraient capables de sortir un album musical sans ma velléité de songwriting. Mais moi j’ai envie et besoin d’écrire des chansons. C’est ça qui m’intéresse et comme je fais des musiques de films à côté, quand je suis avec FFF, je n’ai pas envie de refaire des choses identiques. J’ai envie d’aller trouver entre les mots et la musique un truc, un entrelacement qui fait que l’on a un titre, un message et une fulgurance.
« Comme nous ne sommes pas de la musique urbaine qui défraie la chronique, c’est assez intense et assez plaisant de voir qu’il y a une attente. Une attente que nous pouvions espérer mais que nous ne pouvions pas imaginer. »
Plus tôt, tu parlais de votre méthode de travail et du fait que, sur le second volet, tu creusais le morceau. Mais n’est-ce pas aussi quelque chose que Yarol (Poupaud, le guitariste du groupe) pourrait également faire du fait de son expérience ?
Nous avons déjà essayé et nous ne sommes pas parvenus à un truc. Il pourrait complètement le faire, c’est vrai. Mais en le faisant, moi, je me crée une colonne vertébrale où je sens que la direction harmonique va m’ouvrir un spectre où je peux raconter une histoire et où j’entends naître une chanson, une équation qui va pouvoir se résoudre. Moi, ce que je veux, c’est mettre plein de portes.
Comment avez-vous fait votre choix parmi tous les titres que vous avez composés pour I Scream ? Et vous avez déjà du matériel de prêt pour son successeur si je ne me trompe pas ?
Nous avons eu quarante-cinq morceaux prêts. Nous les avons classés par catégories et par genres : rock, funk, titres en français, en anglais. Et ce qui est assez drôle, c’est que nous avons gardé des morceaux forts pour le prochain album parce que nous n’allions pas piller le truc. Lorsque nous avions deux morceaux qui se trouvaient dans un univers musical identique, ou sur un texte trop similaire, nous les écartions et nous les dispatchions. Le tout a été une arithmétique pas simple parce que, tu vas voir, il y a des morceaux que nous n’avons pas mis dans l’album et qui sont très, très forts ! Nous avons vraiment des balles qui arrivent derrière et la maison de disque nous a dit : « Mais les gars, il n’y a pas plusieurs occasions de faire une première bonne impression ! » Certes mais c’est notre choix. Nous estimons qu’il y a des morceaux aussi forts dans cet album-là que dans l’album suivant. La majorité des chansons pour le successeur de I Scream sont déjà écrites. Mais l’urgence pour moi était de terminer les textes pour I Scream pour que le disque puisse voir le jour. Pour son successeur, nous avons des morceaux avec les structures harmoniques et musicales, mais il y en a plein qui sont encore yaourt. Ce n’est pas mixé et nous n’avons pas encore fait la dernière part de production.
Quand comptez-vous vous pencher dessus ?
Il faudrait faire ça avant de partir en tournée et nous nous y remettrons après. Il va falloir déblayer le truc en ce qui concerne la création, pour qu’après la tournée nous soyons sur la finalisation, du mix, la réorganisation des morceaux et tout ça. Nous savons que notre mécanique est bonne, donc il nous faut des moments où nous avons une semaine entière pour bosser dessus. Il faut aussi que notre producteur Dimitri Tikovoï soit disponible et il est très pris en ce moment puisque c’est lui qui fait le nouvel album de The Libertines.
Pour terminer, quel est actuellement ton état d’esprit ? Tu es confiant par rapport aux premiers retours que tu as sur le disque ?
Je suis excité et, franchement, j’ai l’impression que ça sent bon. Nous trouvons ça génial que des radios décident de mettre des morceaux en haute rotation. Je trouve ça génial. France Inter nous dit que nous allons pouvoir faire des trucs avec eux. Idem pour Quotidien. Enfin tu vois, tu sens qu’il y a un oui dans l’air qui fait très très plaisir, parce qu’a priori, personne n’attend personne en ce moment. Comme nous ne sommes pas de la musique urbaine qui défraie la chronique, c’est assez intense et assez plaisant de voir qu’il y a une attente. Une attente que nous pouvions espérer mais que nous ne pouvions pas imaginer. Quand ils ont ouvert les places de l’Olympia, c’est parti tout de suite. Je crois que nous sommes plutôt en bonne voie. Moi, ce que je veux, c’est rester serein et garder la tête froide pour pouvoir bien terminer le deuxième album. Comme je te le disais, pour l’album d’après nous avons encore de la balle… et c’est jouissif de se dire ça ! Jouissif aussi de se dire qu’on va pouvoir partir en tournée. C’est assez marrant de remettre la machine en route !
« Avec FFF, il y a un truc propre à l’énergie du groupe. Il s’agit d’une entité et non pas de quatre musiciens. Il y a un truc FFF et nous avons la chance de l’avoir. »
Tribune de Yarol Poupaud :
« Dans mon métier, il faut que la musique me plaise et m’intéresse. Surtout, il faut qu’il y ait un feeling avec les gens et que ça m’apporte quelque chose sur le plan humain. Je suis ravi de bosser avec des gens qui viennent d’univers complètement différents. Par exemple, en ce moment je suis en train de travailler sur l’album d’un groupe congolais que j’adore. C’est fantastique. Je suis plus sur les liens, les rencontres et les échanges. C’est ça qui m’intéresse. Pour FFF, j’avais entendu parler du groupe à l’époque via des copains en commun. La formation existait déjà avant que je ne la rejoigne, mais c’était plus un groupe de funk avec moins le côté rock. Et effectivement, tu sais comme moi qu’à la fin des années 90 il y a eu tout un mouvement, qu’on appellera plus tard la fusion, autour des Red Hot Chili Peppers, Urban Dance Squad, etc. Des groupes qui mélangeaient le funk, le hip-hop, le rock et FFF avait envie de faire ça. Marco, en tout cas, avait envie d’aller dans cette direction-là. Nous nous sommes rencontrés et le feeling est tout de suite passé. Nous avons commencé à jouer ensemble et puis voilà… Nous n’avons pas arrêté !
Pour le nouvel album, la réunion s’est effectuée de manière naturelle. Cela faisait un moment que l’on tournait autour du pot. Dans les faits, cela faisait presque une dizaine d’années que nous nous voyions pour faire de la musique ensemble. Mais c’était surtout les anciens morceaux. Puis nous essayions de faire des nouveaux morceaux, mais nous n’étions pas vraiment contents. Et puis sur la question des plannings, c’était compliqué. Et à un moment il y a eu une vraie motivation, un alignement des planètes qui a fait que tout le monde a eu envie de s’y remettre. Les gars étaient hyper motivés et nous avons fait un peu comme nous avons toujours fait avec FFF quand nous avons composé les albums précédents : nous isoler loin de nos vies quotidiennes, familiales et autres. Et pour ça, nous sommes partis dans un studio à la campagne où nous avons fait deux ou trois sessions de deux semaines. Il s’agissait d’être en immersion totale dans la musique, en jouant du matin au soir et en enregistrant tout ce qui se passe. L’objectif était de tout se permettre en voyant ce qui sort. En ce qui concerne la compo, cela peut partir d’une idée, d’un riff, d’un pattern de batterie, d’une phrase de Marco, d’un accord de piano, d’une ligne de basse. Bref, ça peut partir de n’importe où.
Parfois, nous jouons de midi à deux heures du matin et il n’y a rien qui sort. Et parfois, il y a quarante secondes où une magie opère et il y a la naissance d’une chanson, d’un morceau, d’un riff, d’un truc. On prend ce petit bout, on l’isole et puis on essaie de le développer. Et c’est sûr que le fait d’être un peu « coupé du monde » et d’être dans un endroit où on fait de la musique vingt-quatre heures sur vingt-quatre ensemble est propice justement à ça, à la création et à justement la naissance des chansons. Après, il y a évidemment des exceptions avec des morceaux qui sont plus définis dans la tête de l’un ou de l’autre. Et quand on arrive tous dessus, on fait un nouveau morceau, une nouvelle chanson. Mais c’est sûr que, pour une grande partie, c’est un travail de composition de groupe et c’est en jouant ensemble que l’on arrive à proposer quelque chose. A titre personnel, il m’est arrivé parfois d’arriver avec une composition assez précise que j’avais en tête, mais en la travaillant avec le groupe, elle n’avait plus rien à voir avec ce que c’était au début. Et il y a la patte. Ce sont des musiciens qui ont un savoir-faire, qui ont une identité musicale forte. Donc n’importe quelle chanson passée par le filtre FFF devient un morceau de FFF. Avec FFF, chacun met son empreinte et son identité à fond dans le morceau et c’est ça qui fait la couleur et la patte de FFF.
« Avec le nouvel album, nous essayons de faire du FFF d’aujourd’hui avec un son plus actuel, mais sans tomber dans le modernisme. Le but est de s’inclure naturellement dans le paysage musical d’aujourd’hui. »
L’identité d’un groupe n’est pas quelque chose qui va se chercher, c’est là que ça ne l’est pas. Tu vois ce que je veux dire ? Si on commence à aller la chercher, c’est qu’on ne l’a pas. Les grands groupes qui ont fait l’histoire du rock sont des groupes qui ont cette identité. Alors attention, je ne vais pas mettre FFF dans le même bac que ces mecs-là, hein ! Mais si tu prends Keith Richards ou Charlie Watts, la couleur des Rolling Stones est un truc qui leur appartient. Avec FFF, il y a un truc propre à l’énergie du groupe. Il s’agit d’une entité et non pas de quatre musiciens. Il y a un truc FFF et nous avons la chance de l’avoir. Nous l’avons toujours eu et j’espère que nous ne le perdrons jamais. Dès les premières notes d’un titre, tu te dis : « C’est FFF. » Et ça, c’est rare effectivement et c’est aussi pour cela que nous tenons tant à ce groupe.
La date de l’Olympia fonctionne bien car nous sommes un groupe parisien. Donc sur cette date il y aura beaucoup de gens de Paris et sa région. C’est sûr que l’Olympia avec FFF, nous n’avions pas trop peur. Mais, justement, ce qui m’intéresse en dehors de l’Olympia, c’est d’aller voir combien il va y avoir de gens qui vont venir nous voir à Besançon ou à Limoges. Et quel va être ce public ? Evidemment, je pense qu’une partie du public sera constituée des gens qui nous ont vus à l’époque et qui continuent à suivre ce que nous faisons et qui ont envie de revivre un concert FFF. Mais par rapport à cela, ma plus grande fierté serait justement qu’il y ait un public de gens qui ne connaissent pas et qui « découvrent » un nouveau groupe. Un groupe dont ils n’avaient pas forcément écouté les albums d’avant. C’est ce que nous cherchons, c’est le but du truc. Nous n’avons pas envie de vivre sur nos acquis et sur « notre public ». Même si j’espère qu’ils seront là, évidemment ! Avec le nouvel album, nous essayons de faire du FFF d’aujourd’hui avec un son plus actuel, mais sans tomber dans le modernisme. Le but est de s’inclure naturellement dans le paysage musical d’aujourd’hui.
En ce qui concerne l’enregistrement d’I Scream, j’ai été très surpris et très heureux que ça se passe aussi bien. Que ce soit aussi fluide, que ça aille aussi vite. Je ne m’attendais pas à cela, donc c’est vraiment une très bonne surprise. A titre personnel, j’ai tendance à travailler de la sorte. Moi, je suis « un faiseur ». C’est-à-dire qu’avant de rentrer en studio et de composer un disque, je commence à penser à la date de sortie. Et je me dis « tiens, ce serait bien d’avoir un album qui sorte début 2025 » et du coup, après, je me dis : « Voilà, il faut que ce soit prêt. » Donc je mets en place un rétroplanning et j’étais très content que tout le monde aille dans ce sens-là. La composition n’a pas été laborieuse. Peut-être parce que nous avions emmagasiné toute cette envie de jouer ensemble et que nous avons ouvert les vannes. Du coup, ces vingt ans de retenue de tout ce flot FFF est sorti d’un coup et a jailli comme ça. Je suis ravi que nous ayons été aussi prolifiques.
« La scène c’est un peu comme une drogue. J’ai fumé des clopes pendant trente ans de ma vie. J’ai arrêté de fumer il y a dix ans, mais je continue à être fumeur. Je suis un fumeur. C’est-à-dire que je continue à rêver que je fume et je continue à avoir envie de fumer une clope ! C’était un peu ça l’absence de FFF pour moi. Dans les faits, nous étions une espèce de rêve qui dormait mais qui ne demandait qu’à être réveillé à la moindre petite étincelle. »
Evidemment, tout cela m’avait manqué. Après, nous avons toujours continué à nous voir, à jouer ensemble. Nous avons refait des tournées avec notamment la Cigale à Paris ou le Bataclan. Nous avons aussi été en province et avons joué lors de festivals. Nous nous sommes vus pour refaire de la musique ensemble. Donc cela n’a pas été vingt ans d’absence totale du groupe. Ce dernier a continué à exister et nous sommes toujours restés potes. A titre personnel, FFF me donne des sensations tellement fortes… En plus, la scène c’est un peu comme une drogue. J’ai fumé des clopes pendant trente ans de ma vie. J’ai arrêté de fumer il y a dix ans, mais je continue à être fumeur. Je suis un fumeur. C’est-à-dire que je continue à rêver que je fume et je continue à avoir envie de fumer une clope ! C’était un peu ça l’absence de FFF pour moi. Dans les faits, nous étions une espèce de rêve qui dormait mais qui ne demandait qu’à être réveillé à la moindre petite étincelle. J’ai toujours eu envie de reprendre la route avec les potes et de remonter le groupe.
Ce que j’aime, c’est la diversité de ce métier. Par exemple, je vais demain chez moi dans mon canapé avec une guitare acoustique. J’ai trouvé une grille d’accords. Je vais me dire : « Tiens, c’est pas mal cette grille d’accords. » Ensuite, je vais faire une petite maquette, puis nous allons aller en studio, nous allons la répéter avec les potes et là c’est encore une autre étape de travail. Ensuite, nous allons l’enregistrer, placer les micros, savoir quel son nous allons trouver, comment nous allons habiller cette chanson pour trouver quel arrangement nous allons faire, quel type de production nous allons mettre autour. Ensuite, nous allons la mixer. J’adore mixer les chansons aussi et ça c’est un autre taf. Ensuite, peut-être qu’il va falloir que nous fassions un clip pour cette chanson, donc nous allons nous amuser à imaginer une vidéo. Ce sont des registres différents et très intéressants. Et puis après, nous allons aller la jouer sur scène. Ce sont toutes ces étapes différentes qui font que c’est une chance énorme d’avoir un métier aussi varié. J’ai des potes qui sont musiciens additionnels et qui sont spécialisés pour certains dans le travail de studio. Eux n’aiment pas aller en tournée et ont envie de rester chez eux, mais ils bossent tout le temps : ils vont à droite ou à gauche dans les studios faire des sessions. Il y en a d’autres qui sont des musiciens additionnels qui sont en tournée tout le temps. Moi, j’aime justement cette alternance du travail : de la création, de la production, de l’écriture et ensuite de la scène. Mais si je ne devais choisir qu’un seul élément, je choisirais la scène. Je choisirais la scène parce qu’il y a l’immédiateté et le sans-filtre. Ce tout de suite de l’échange avec les gens, avec les musiciens avec qui on bosse. L’énergie d’une salle, c’est un truc de fou. Cet équilibre me va très bien. Je suis en studio, je bosse, je produis et je joue en live.
Je pense que la pause que nous avons eue a été salutaire pour le groupe. Après Vierge, si nous nous étions forcés, peut-être que nous aurions fait un album dément. Mais en tout cas, oui : je pense que cette cassure était importante. Ne serait-ce que pour préserver notre amitié. Nous nous sommes éloignés du studio avant de nous embrouiller, avant de tomber dans des histoires. Toutes ces histoires où des groupes se séparent dans des conditions horribles d’avocats. Nous avons été dîner ensemble à la fin du dernier concert de la tournée Vierge. Nous nous sommes dit : « Bon, les gars, qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on retourne en studio ou est-ce qu’on fait un break ? » Nous avons décidé à la fin du dîner de faire un break pour que chacun fasse ses propres projets, en nous disant que peut-être nous referions un truc un jour. »
Interviews réalisées en visio le 19 octobre 2023 par Amaury Blanc.
Retranscription : Amaury Blanc.
Site officiel de FFF : fff-musique.fr








































En tant que fan de musique, il est toujours intéressant de s’ouvrir l’esprit à d’autre genre musicaux éloignés de mes goût personnels. On peut s’exposer alors à de belles découvertes comme c’est mon cas depuis 6 mois avec le Jazz. Je lis donc ce genre d’interview avec curiosité et intérêt, on ne sait jamais sur quoi on peut tomber.
Je connais FFF de très loin pour les avoir vu il y a des années dans taratata , c’était bon, pas ma came mais sympa à regarder.
Et là je lis ce parallèle boiteux entre Led Zeppelin en citant le succès de Whole Lotta Love en France pour ensuite mieux balancer une justification « artistique » d’Aya Nakamura présentée de manière alambiquée comme une forme de musique minimaliste ! ça bloque tout. L’immense Robert Plant vs cette starlette markétée, autotunée à bloc et maquillée à la truelle. Quelle blague. Ne soyons pas dupe, on sait très bien où il veut en venir, c’est la tendance actuelle… Non merci.
De plus, cette formulation bancale « Lorsque j’écoute un morceau comme « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin, je peux écouter ça en boucle et parvenir à ne pas m’emmerder. ». Curieux ! Comme si c’était un exploit d’apprécier ce monument ?!? De 2 choses l’une: soit tu apprécies, soit tu t’emmerdes. Pas pas besoin d’effort surhumain pour planer avec ce Monument. Et le fait de ne pas aimer, n’est pas non plus un crime, c’est comme ça.
Je ressens le même malaise qu’au début des années 90 avec cette manie de tout renverser cul par dessus tête « avant c’était de merde, c’est mieux maintenant, le moche devient beau, la merde devient le talent ». L’évolution des choses ne va pas toujours dans le bon sens.
Sentiment assez désagréable mais ça doit être les premiers signes qui devraient m’alerter comme quoi je deviens un vieux con, ce qui est aussi tout à fait possible.