Avec Gruesome, on sait où on met les pieds : le groupe aime Death et Chuck Schuldiner par-dessus tout et le revendique. Normal pour un projet qui trouve ses origines dans Death To All, un groupe-hommage qui reprend sur scène les morceaux de ces légendes du death metal. Le concept de Gruesome est, sur le papier, simple : line-up de musiciens au pedigree impeccable et albums qui retracent la carrière de Death. En pratique, il s’agit de transcender l’exercice de style pour éviter l’écueil du pastiche, du redondant ; pour faire de ses albums plus qu’une simple excroissance du travail de leurs illustres prédécesseurs. Pas une mince affaire, donc, surtout qu’avec Silent Echoes, c’est à l’épineux Human qu’ils s’attaquent, montée en puissance technique pour Death et album crucial dans l’histoire du genre…
Dès les premières notes de l’album, le voyage dans le temps direction le tournant des années 1990 est immédiat. La production, l’atmosphère, les riffs, tout est là. Mais si les premiers albums de Gruesome étaient du death metal old school brut de décoffrage, cette fois-ci, les compositions gagnent en sophistication – comme celles de Death au même stade de leur carrière. Silent Echoes épouse parfaitement la structure et les thématiques – les complexités de l’identité, problématique qui va bien à ce groupe dont la sienne dépend complètement de celle d’un autre – d’Human, et au fil des huit titres qui le composent, donne aux quatre membres du groupe l’opportunité de faire montre de leurs talents de musicien, certes, mais aussi de métamorphose, voire de nécromancie. Au-delà de l’aspect faille spatio-temporelle de Silent Echoes, qui peut s’apprécier simplement comme un album rétro de très bonne facture, pour les fans de Death, grâce à son aspect à la fois nouveau et déjà familier, similaire mais jamais identique, c’est un vrai plaisir du détail qu’il offre. Les échos de Silent Echoes sont bruyants, on se plaît à les débusquer, tout comme le fourmillement d’anecdotes qui l’accompagne (Gus Ríos à la batterie était non seulement proche mais ancien élève de Sean Reinert, décédé en 2020 et batteur sur Human, par exemple), et font de l’album une sorte de paradis un peu geek aménagé par des passionnés, pour des passionnés.
Clip vidéo de la chanson « Condemned Identity » :
Chanson « Silent Echoes » en écoute :
Clip vidéo de la chanson « A Darkened Window » :
Album Silent Echoes, sorti le 6 juin 2025 via Relapse Records. Disponible à l’achat ici




























