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Live Report   

Heavy Week-End – jour 1 : L’amour au premier accord


Nouveau rendez-vous des afficionados du genre : l’édition pilote du Heavy Week-end se tenait les 21, 22 et 23 juin dernier au Zénith de Nancy. Au programme, une affiche résolument prestigieuse, majoritairement trustée par nos dinosaures rockeurs préférés : Scorpions, Deep Purple, Megadeth, Alice Cooper, Judas Priest, Tom Morello, Extreme, ou encore Sortilège. Une proposition parfaitement calibrée, en somme, pour un public globalement senior (dans la large appréciation du terme, disons entre quarante-cinq et soixante-cinq ans) en quête d’une programmation hommage aux années 80 et à la (leur ?) grande époque du hard rock. Une audience nostalgique, certes, mais suffisamment curieuse au demeurant pour pouvoir également apprécier des formations plus jeunes issues du catalogue Drouot, telles que Ayron Jones et The Last Internationale, deux propositions davantage « découverte » pour le grand public.

A une semaine du Hellfest et en plein pendant le Graspop festival, le pari de proposer un troisième gros temps fort metal sur le territoire était risqué, diront certains, savamment étudié, diront d’autres… reste que si l’avenir tranchera la question, l’événement semble s’être déroulé sans encombre et avoir réussi à trouver son public, définitivement friand de ces grandes célébrations rock.

Retour sur la première journée de ce festival en herbe, prélude à un week-end fort en décibels…

Artistes : ScorpionsExtremeThe Last Internationale
Date : 21 juin 2024
Salle : Zénith de Nancy
Ville : Nancy

A l’arrivée sur le site déjà, quasi à l’heure de l’ouverture, premier constat : l’accueil aussi bien automobiliste que piéton est fluide. Les parkings sont en nombre et leur occupation rigoureusement et méthodiquement organisée tandis que la file d’entrée ne s’éternise pas et les contrôles avancent relativement vite. A noter également la proximité directe des stationnements avec le site du festival, ce qui devient une chose suffisamment rare pour être ici mentionnée (adieu les longues walk of shame pour retrouver sa voiture à la fin d’une journée passée debout à piétiner !). L’un des avantages d’organiser un tel événement dans un Zénith reste forcément l’infrastructure du site, habitué à drainer un large public et dont les équipements sont pour la plupart pensés en ce sens. Alors évidemment, le lieu (bien que dans un cadre bucolique et arboré très agréable, malgré sa proximité immédiate avec une zone industrielle) a les défauts de ses qualités, à savoir que, une fois arrivés dans l’enceinte, on peut regretter l’absence d’un décor un peu plus immersif. Le site est pratique, accessible, spacieux, adapté, c’est un fait. Mais manque un peu d’âme. Sans forcément aller taper dans la grosse production à la clissonnaise, au moins quelques installations évocatrices, voire la présence d’un mini metal market, auraient été très appréciées. Espérons qu’en cas de seconde édition, les organisateurs se penchent également sur cette facette désormais incontournable de tout événement un peu « XXL », qui plus est estampillé metal.

Avec trois groupes à l’affiche pour cette première journée, et une plage horaire de concerts d’environ cinq heures (pauses comprises), le programme semble lui aussi parfaitement adapté à une audience un peu hybride faite de festivaliers aguerris et de spectateurs plus occasionnels, évitant ainsi une journée à rallonge avec des groupes à la pelle, qui plus est sur un site sans trop d’autre activité proposée que celle du concert (qui est et reste l’essentiel, on est d’accord). L’enchaînement entre les groupes se fait plutôt bien et malgré des changements de plateau forcément un peu denses, l’attente est tout à fait acceptable. Dernier point fort : la taille finalement assez contenue de la fosse, permettant de facilement en sortir et d’y revenir selon son gré, en gardant la plupart du temps une bonne visibilité sur la scène.

A 18h30 donc, les Américains de The Last Internationale démarrent leur prestation. Ils proposeront un set sympathique, fort d’une énergie indéniable de la part des musiciens, pouvant néanmoins souffrir par moments d’un manque de titres plus fédérateurs, efficaces, accrocheurs. Qu’à cela ne tienne, la détonnante Delila Paz donne de sa personne pour faire décoller l’ambiance devant un parterre aux trois quarts encore vide et par conséquent difficile à agiter et ira jusqu’à venir s’installer et chanter dans les gradins le temps d’un morceau. Un groupe encore jeune, en somme, qui, s’il semble correctement rompu au travail de la scène, doit encore affûter ses compositions.

20h00. C’est au tour d’Extreme de venir faire le rock et de dérouler sa setlist principalement axée sur les deux premiers albums du groupe, dont le célèbre Pornograffitti, sorti en 1990. Et s’il est une chose à retenir de la bande originaire de Boston, outre la maîtrise impeccable de son répertoire et la fraîcheur intacte de sa performance, cela restera probablement la très belle complicité entre les musiciens, tout au long du spectacle. Une complicité a priori véritable et sincère, si agréable à voir chez un groupe qui fêtera bientôt ses quarante printemps. Le tandem Nuno Bettencourt (quelle classe !) / Gary Cherone offre enfin l’incontournable « More Than Words » devant un public désormais séduit et finit de convaincre tout le monde avec un « Get The Funk Out » jubilatoire et monstrueux en fin de set. Un beau moment de rock’n’roll de la part d’un groupe sur qui le temps ne semble pas encore avoir eu trop d’emprise. Pourvu que ça dure !

Après une pause d’une heure, place à Scorpions, LA grosse tête d’affiche de ce premier jour, alors en pleine tournée anniversaire de son monumental Love At First Sting et la floppée de tubes qui l’accompagnent (« Big City Nights, », « I’m Leaving You », « Bad Boys Running Wild » et bien entendu « Rock You Like A Hurricane » et « Still Loving You »… Quel album !). Au programme, une revisite quasi complète de ce disque phare sorti il y a quarante ans, enrichie des autres standards habituels du groupe (« Wind Of Change », « Blackout », « Coast To Coast », « The Zoo »…), le temps d’un concert comme toujours millimétré mais au demeurant généreux. C’est ça finalement un concert de Scorpions ces dernières années : on sait précisément ce qu’on va voir mais on y va justement parce qu’on sait que le spectacle sera au rendez-vous et qu’il fera du bien. Et c’est là finalement l’essentiel : qu’importe les raisons pour lesquelles les teutons n’ont pas véritablement mis fin à leur carrière il y a dix ans, comme ils l’avaient préalablement annoncé. Le groupe qui compte bien fêter ses soixante ans d’existence l’année prochaine garde fière allure ; on retiendra tout particulièrement un Klaus Meine en pleine forme vocale par rapport à d’autres apparitions ces derniers mois où ses prestations pouvaient parfois inquiéter, ici vraisemblablement reposé et performant, ce qui peut laisser présager un avenir radieux et piquant, à l’image de ces arachnides définitivement immortels.

Show terminé, la soirée s’achève et il est temps d’affronter l’inévitable bouchon de sortie de parking (là c’est mathématique : autant tout le monde n’arrive pas à la même heure, autant en ce qui concerne le départ…) et de souhaiter au Heavy week-end une belle fin de festival et surtout d’espérer le round 2 l’année prochaine !

Photo (@ Vienne) : Nicolas Gricourt.



Laisser un commentaire

  • Vécu du dimanche, retour en navette sur Nancy. Organisation top. 0 attente.

  • On parle de l’obligation de boire 50 cl de biére ou pas ?
    C’est toujours moins que les 60 cl du HF 2024 !!!
    Ok pour une ecoresponsabilité mais soyez basiquement responsable…permettez aux gens de boire un 25 cl tranquille…

  • Ultra Vomito dit :

    On est d’accord, Scorpions en a encore dans le ventre, Dee c’est quand même un sacré monstre aux fûts.
    Le parking c’est vraiment le point noir du site, je suis déjà resté 2 heures entières à attendre que la file se vide, c’était à Rammstein il y a quelque années. Un conseil : garez vous a l’arrache avant l’entrée du parking, sur un terre plein, ça passe et on gagne facilement 1 heure.

    @Enzo : Mein semblait effectivement avoir un du mal physiquement, mais il c’est fait opérer de la colonne vertébral en mai, ceci explique cela.

  • D’accord avec l’ensemble de ta chronique, c’est vrai que la complicité entre les musiciens d’Extreme faisait plaisir a voir, très bon show. Par contre je n’ai pas assisté au même concert de Scorpions que toi, car si le père Schenker est toujours en feu Klaus était vraiment a la peine et m’en a fait par la même occasion, de nombreuses faussetés dans le chant (send me an angel argh…),des difficultés pour ce déplacer, le visage figé, des tremblements bref un homme bien fatigué.

  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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