
Après une édition 2022 record tant par sa longueur que sa chaleur, la grand-messe française du metal revient avec sur une formule plus classique… mais passant tout de même de trois à quatre jours. Kiss, Iron Maiden, Slipknot, Pantera, Porcupine Tree, Behemoth ou encore Amenra… si vous ne trouvez votre bonheur dans ce nouveau panier garni de l’enfer, c’est qu’il y a un problème !
Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette seizième édition. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est très probable que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. C’est parti donc pour la troisième journée, et vous pouvez trouver le jeudi et le vendredi via les petits liens magiques glissés dans cette introduction. Bonne lecture !

02h18 : MESHUGGAH / Altar
02h14 : CARPENTER BRUT / Mainstage 1
@radiometal #hellfest #hellfest2023 #carpenterbrut #festival #synthwave #darkwave #electro #concert ♬ son original – Radio Metal
Nous n’étions pas prêts. Aussi impatients et salivants que nous puissions l’être, nous n’avions pas imaginé que le concert nocturne de Carpenter Brut puisse être aussi colossal en termes d’énergie, de spectacle visuel et sonore. Véritable « rêve éveillé » avec du guronzan en intra-veineuse non-stop, cette musique fusionne de manière décomplexée le langage le plus kitschissime des années 80, un titanesque mur de son éléctro et une approche metal dans ta face avec des leads dévastateurs et accrocheurs. Si on savait déjà que Franck Hueso avait su élaborer une formule unique de la darksynth depuis ses débuts, on assiste ici à un véritable point d’orgue sur cette performance hallucinante de démesure et de moyens alloués pour définitivement marquer les esprits. Spoiler : ça a marché.
Après un sample festif accompagné de vues dronesques du festival, l’opening title de « Leather Terror » commence à résonner devant la masse étendue de la Mainstage. La tension monte, les énormes morgensterns rouge sang balayent les écrans géants, le trio musical prend sa place sur scène et entame le frénétique « Straight Outta Hell ». L’explosion sensorielle pour le public est immédiate : le son dense percute les poitrines, les visuels lovecraftiens se contorsionnent en arrière-plan et les lumières se déchainent dans un maelstrom absolument délirant. Carpenter Brut frappe très fort in medias res et parviendra à réitérer cet effet plusieurs fois au cours du concert. S’enchaîne ensuite l’excellent « Widow Maker » avec Alex Westaway de Gunship qui vient interpréter le titre à la surprise générale. Pas de hasard : ça sonne. La performance vocale est extrêmement proche de la version studio, avec un chant logiquement surproduit et saisissant. Après les fédérateurs « Roller Mobster » et « Meet Matt Stryker », une pause « chill » s’installe avec le suave « Paradise Warfare » qui nous invite à une promenade sucrée à South Beach. Mat McNerney s’invite alors sur les planches et claque un « Beware The Beast » plus hymnique et festif. A ce stade on finit par se demander si on ne va pas avoir droit à tous les feats de la discographie. Lorsque Greg Puciato s’avance à son tour pour « Imaginary Fire », le doute n’est plus permis. On comprend qu’on va avoir la totale et que ce concert va être unique dans sa profusion. La prestation vocale de l’ex-frontman de Dillinger Escape Plan est viscérale et fidèle à l’album : un mélange abrasif et épique largement acclamé par l’audience qui n’en finit pas de savourer la cascade inarrêtable de tubes tous différemment colorés. Tour à tour assommée, hypnotisée, conquise, convulsée, l’assemblée est totalement transportée par le show colossal de Carpenter Brut et lui rend bien à chaque fin de morceau. Sur scène, Franck Hueso campe logiquement une posture de maître d’œuvre derrière sa tour de contrôle tandis que Adrien Grousset se charge d’incarner avec engagement une partie des riffs et des leads avec sa guitare sulfureuse. Véritable machine stoïque et monolithique, Florent Marcadet tabasse sans retenue ses fûts et ses pads, notamment pendant un court solo particulièrement classe.
Après plusieurs autres morceaux contemporains, c’est au tour de Persha et de Johannes Andersson de prendre part à la fête et de venir respectivement poser leurs voix sur « Lipstick Mascarade » et l’éponyme « Leather Terror ». Franck Hueso a réussi à construire un set équilibré avec des passages plus fleuves comme « Day Stalker » et « Night Prowler » qui viennent cotoyer des punchs comme « Turbo Killer ». Carpenter Brut en live donne l’impression excitante qu’il y a toujours un cran supplémentaire à franchir pour acccéder à une transe plus folle. Ca sera le cas avec le final hystérique de « Maniac » qui verra monter sur scène Yann Lignier de Klone ainsi que Persha qui finissent d’électriser la foule insatiable après une heure et demi de plaisir immodérés. Avec cette prouesse de show spectaculaire, l’un des génies du mal de la darksynth française s’est hissé à un autre niveau, qui lui permettra probablement de servir de vitrine indécente pour de futurs festivals. On lui souhaite. On se le souhaite aussi.
02h04 : MUNICIPAL WASTE / Warzone
00h59 : THE HU / Temple
C’était à craindre, The HU est déjà beaucoup, beaucoup trop gros pour la Temple. Le site était tout simplement impraticable et c’était véritablement « l’enfer du cul » (désolé, on est fatigué) pour accéder à la Temple. Après deux abandons de membres du staff face à l’armée en place devant la scène, nous avons réussi à nous glisser pour apercevoir le petit écran et un bout de scène, plus proche du rond-point avec la guitare géante que des musiciens. Le groupe de folk metal mongol que nous ne présentons plus, tant son succès viral fût impressionnant, était très attendu par des franges très variées de fetivaliers. L’ambiance était telle que des slammeurs se sont aventurés à surfer sur le public avant même l’entrée de la Temple sur la performance énergique des musiciens, irréprochables et bénéficiant qui plus est d’un excellent son. Évidemment des titres comme « Yuve Yuve Yu » feront l’unanimité et nous devinons la bonne humeur du public malgré les conditions très difficiles pour apprécier le concert à sa juste valeur. Les très nombreux fans acclament la formation à base de « HU!HU!HU! » suivant les consignes de The HU, qui reviendra certainement un jour… sur une mainstage. Dans la tête des fans en tout cas, le rendez-vous est déjà pris !
00h33 : WITHIN TEMPTATION / Mainstage 2
Il fut un temps où cette rédactrice aurait volontiers payé son billet plein pot pour une heure trente de Within Temptation. En 2023, l’enthousiasme est largement retombé et Within Temptation ne sert plus qu’à combler un trou entre deux formations plus excitantes. Aussi est-ce avec beaucoup de surprise que l’amatrice de sympho pas tout a fait réformée entend résonner les premières notes de « Our Solemn Hour » en ouverture du concert des Néerlandais. Vu le tournant très pop rock pris par le groupe ces dernières années, on n’osait espérer une intro pareille, et encore moins le costume de scène de Sharon den Adel, qui rappelle les plus grandes heures symphoniques de Within Temptation. Il est forcément un peu compliqué de paser après Iron Maiden, mais le groupe affiche tout de même une belle énergie et propose une scénographie élégante et soignée. Même si le reste de la setlist n’est pas dans la lignée de son intro inattendue, le public a tout de même droit à « Bleed Out », une nouvelle chanson 100% exclusive, et à un « What About Us » en version solo, Tarja Turunen ayant d’autres chats à fouetter. Autre madeleine de Proust, « Angels » et cette petite « chorégraphie » manuelle si caractéristique du WT d’il y a 20 ans (mééééeuh…). Nous n’aurons assisté qu’à 40 minutes de concert, mais là où certains membres de l’équipe ont revécu leur adolescence avec Sum 41 vendredi, votre servante aura eu la même expérience ce soir. Une excellente surprise, à dire le moins.

00h04 : VOIVOD / Altar
Si la difficulté pour s’échapper du concert de Maiden est over 9000, celle pour rentrer au concert de Voivod est à l’opposé. Les thrasheux québécois n’attireront pas énormément de monde mais une poignée de passionnés du style, et sans doute des festivaliers qui veulent se positionner pour The HU, assisteront à ce show pour les quatre décennies du groupe ! Alors autant dire que des salles pleines ou des salles vides, ils en ont vu d’autres après quarante ans de carrière et que ce n’est pas ça qui va les stopper dans leur bonne humeur naturelle ! Tant pis pour les absents car le son est bon et Voivod est en forme. D’autant plus qu’assister à un concert de Voivod, c’est un peu comme piocher dans un bol de thrash metal avec beaucoup de drogues hallucinogènes différentes et d’attendre de voir ce qu’il se passe. Même si le thrash expérimental peut rebuter certaines oreilles non initiées, le live a cette faculté de rendre cette musique bien plus accessible grâce à son accroche implacable. Le sympathique frontman demandera avec son accent chantant à l’audience « Alors, on a du bon temps ? On a du plaisir ?! ». Les petits circles pits qui se dessineront seront une bonne réponse, surtout que les musiciens sont venus avec une petite surprise pour nous et ont notamment fait chanter l’ancien membre Eric Forrest sur deux titres pour participer à cette petite fête d’anniversaire en toute intimité. Après avoir amplement fait le job, Voivod s’en va sur sa chanson titre avec un grand sourire aux lèvres. Merci tonton Voivod !
23h54 : BLACK FLAG / Warzone
Quand on y pense, ce serait vraiment navrant qu’un type prenne seul le nom d’un groupe de légende dont il a fait partie pour ensuite ne même pas être capable de sortir un concert décent. C’est pourtant le chemin qu’a emprunté Gregg Ginn qui tourne désormais sous le nom de Black Flag avec trois types visiblement ramassés sur le bord de la route. Que dire ? Le son est mal réglé, le chanteur se démène dans le vide, Greg ginn semble aux fraises. Le bougre gesticule sans but et surtout sans rien sortir d’intéressant, plus capable de sortir un riff correct, c’est gênant. Dans cette bouillie seul le batteur semble s’en sortir, mais rien ne peut sauver cette prestation qui arrive à rendre des morceaux de Black Flag trop longs, un comble. Le public est clairement dubitatif, et au fur et à mesure des morceaux qui oscillent entre l’inepte et tout juste acceptable, il part par grappe de la Warzone. Un vrai naufrage. On ne sait pas ce que Off! aurait donné dans les mêmes conditions mais ça n’aurait pas pu etre pire
23h04 : IRON MAIDEN / Mainstage 1
Ils sont venus ils sont tous là et loin d’être las. Rarement l’espace Hellfest n’aura été aussi rempli de fans enthousiastes à l’idée de retrouver leur groupe fétiche : Iron Maiden bien sûr. L’intro de Blade Runner (signée Vangelis) nous replonge dans un passé lointain et plus précisément, en 1986, lorsque le groupe venait présenter son nouvel album, Somewhere in time, à Bercy. Et c’est d’ailleurs sur « Caught Somewhere In Time » que s’ouvre le show. Un moment étincelant durant lequel la formation semble en communion parfaite avec son public. Mais célébrer le passé aussi glorieux soit-il, ça ne suffit pas. Maiden puise largement dans son dernier album en date, Senjutsu. « The writing On The Wall », « Days Of Future Past », « The Time Machine » et « Death Of The Celts » sont juste entrecoupés par « The Prisoner » issu d’une autre époque. Bruce Dickinson, en voix comme jamais, n’hésite pas à s’adresser aux fans en français. Et même si on ne comprend pas tout, chacun apprécie l’effort. Puis on bascule carrément dans le culte. « Can I Play With Madness », single incontournable et « Heaven Can Wait » sont suivis d’ »Alexander The Great », que les Britanniques jouent pour la première fois en live lors de cette tournée . L’interprétation de cette longue pièce est magistrale . Les quelques sifflements qui s’échappent parfois des amplis et des chœurs pas toujours parfait nous rappellent une chose : le Maiden joue vraiment, Maiden vit sa musique en live. Et ça fait sacrément plaisir ! Les rappels « Hell On Earth » et « The Trooper » annoncent que la fin du show approche. C’est finalement « Wasted Years » et ses accents nostalgiques qui conclue le set en beauté. Oui les années ont passé mais elles sont loin d’avoir été perdues. Entre le groupe et la France c’est toujours une longue et belle histoire d’amour.
22h49 : FAUN / Temple
Outre le black metal, la Temple a historiquement rassemblé les fans d’ambiances païennes. C’est avec une impatience palpable que l’auditoire, très nombreux, a attendu l’arrivée des Allemands de Faun. Pendant une heure, le Hellfest a pris des allures de festival médiéval. On aurait pu penser que jouer face à Iron Maiden aurait porté préjudice à ce groupe méconnu par chez nous ; au vu des vivats enthousiastes du public et des sourires chaleureux des musiciens, il n’en était rien. Un véritable moment de magie dont la scène folk a le secret.
21h47 : LORNA SHORE / Altar
Pour leur premier Hellfest, les Américains de Lorna Shore ne doivent pas être déçus de l’accueill qui leur a été réservé. Sous l’Altar remplie à ras bord, c’est un déferlement de violence qui vient réduire en bouillie la moindre particule ambiante. À en constater la vigueur avec laquelle le public s’élance sur des headbangs toujours plus près du sol, et l’extrême lourdeur des breaks qui leur sont projetés en pleine face, nul doute que Lorna Shore était très attendu et a offert à son audience ce qu’elle attendait. Pour cela, le public les remercie en scandant le nom du groupe à plusieurs reprises entre deux morceaux pour évacuer l’excitation née de l’anticipation pour la suite du show. Leur deathcore enragé crée une véritable fureur dans les pogos, en témoignent tous les cadavres de gobelets et autres affaires personnelles qui jonchent le sol à la fin du set. Une chose est sûre, les Américains ont créé un petit séisme au Hellfest !
21H27 : STRAY FROM THE PATH / Warzone
Stray From The Path se revendique comme le successeur de Rage Against The Machine version metalcore : alliance rap / metal semblable à celle des activistes de Los Angeles, flow rap calqué sur celui de Zack de la Rocha… même le guitariste Tom Williams arbore un tshirt RATM au cas où ce ne serait pas évident ! La formule peut sembler opportuniste mais elle s’avère surtout diablement efficace avec des moshparts pami ultra calibrés. Le groupe new-yorkais a su trouver le groove qu’il fallait et surtout l’adapter à ses propres sonorités hardcore. On en a vu un paquet de groupe s’y essayer et ne rien proposer d’autre que du rap asthmatique ou une rythmique proche de l’anémie… Stray From The Path est une véritable boule d’énergie, distribuant de l’adrénaline par vagues. On aurait pas été contre un show un peu moins calibré avec ses passages obligés (faire asseoir le public, comparer la foule aux autres gros festivals metal…) mais vu le visage ravi des spectateurs à la fin des quarante-cinq minutes de show, on ne chipotera pas plus
21h24 : L’un de nos photographes, visiblement en souffrance : « pouah Lorna Shore… j’ai l’impression d’être à la foire à l’équarrissage de Brive-la-Gaillarde ! ». #gruikgruik
20H54 : POWERWOLF / Mainstage 2
Les loups sont dans la prairie! Powerwolf tient le public du Hellfest en haleine avec son power metal à base de refrains qui se tatouent dans le cerveau et de « hohoho » à chanter en chœur du premier rang aux dernières buvettes. Avec eux il y a toujours des chansons à boire et à chanter. Pêle-mêle le public s’égosille sur « Amen & Attack », « Armata Strigoi », ou « Bête Du Gévaudan » chanté dans un français presque parfait. La classe ! Le groupe réchauffe la foule qui n’en a pourtant nul besoin en cette fin d’après-midi quasi-estivale à grand renfort de pyrotechnie. Après avoir crié que les démons sont les meilleurs amis des femmes, Powerwolf achève son set par « We Drink Your Blood » et « Werewolves Of Armenia ». C’est bon, la foule est saignée et chauffée à blanc pour la tête d’affiche.
20h50 : Info brûlante, exclusive et essentielle : ce soir Bruce Dickinson devrait parler ce soir de Fantomas et Louis de Funès… Pourquoi ? Aucune idée.
20h41 : FINNTROLL / Temple
À en juger par le drapeau finlandais et les ballons bleus et blancs fièrement brandis sous la Temple, le public est déjà totalement acquis à la cause de Finntroll et de son black folk sorti tout droit d’un marais de fantasy. Le marais, c’est d’ailleurs sans doute la source d’inspiration de l’ingé son pour le micro du chanteur Mathias Lillmåns, car un tel gargouillis vocal ne peut pas venir d’ailleurs. Malgré ce léger problème de son, la musique de Finntroll reste festive à souhait et apporte une bonne dose de légèreté à une Temple qui n’est pas exactement connue pour ça. Dans la fosse, c’est un florilège de tous ce qu’un concert de metal a à offrir en matière de divertissement : ceux qui ne se dandinent pas sur les rythmes délirants des Finlandais envoient voler leurs pichets, forment de beaux circle pits et slamment allègrement (mention spéciale au fauteuil roulant). Si la moiteur infâme de cet après-midi décolle les oreilles en silicone des musiciens, la chaleur qui émane du public, elle, déclenche de francs sourires chez le guitariste Samuli Ponsimaa, et l’ambiance générale est carrément à la fête. Une telle éclate sous la Temple, ça choquerait presque…
19h58 : Et voici le « Eclate des cordes vocales Challenge ». GG à la dénommée Roxane dont le record tient depuis trois jours.
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19h53 : PORCUPINE TREE / Mainstage 1
Absents de la scène depuis les années 2010, le hiatus de Porcupine Tree a pris fin avec la sortie de leur nouvel album « Closure/Continuation » en 2022. Il faut avouer que malgré leur aura, Porcupine Tree programmé sur la mainstage du Hellfest ne résonnait pas pour autant comme une évidence. Certes, la carrière du groupe de rock progressif contient plusieurs albums aux esthétiques metal et aux morceaux concis et efficaces. Mais elle est également marquée par des titres alambiqués, aux circonvolutions jouissives pour certains publics mais également inintéressantes pour d’autres. Et au fil du concert, on comprendra finalement que Porcupine Tree se produit devant une grande « foule », mais joue finalement pour une petite audience, toutes proportions gardées. Et pour cause : les géants d’Iron Maiden s’empareront de la Mainstage dans quelques heures, mais les irréductibles fans sont déjà massés en très grand nombre pour ne perdre aucune miette du futur spectacle.
Steven Wilson et ses acolytes font leur entrée et brise la glace avec « Blackest Eye », morceau efficace qui a le mérite d’offrir un panorama de tous les influences musicales du groupe. Après une salve d’applaudissements, le frontman noue le dialogue avec le public et s’amuse à le flatter sur son ouverture musicale, non sans une pointe de sarcasme. Démarrent ensuite les récentes compositions de « Harridan », « Of The New Day » et « Rats Return » qui sonnent particulièrement bien en live avec une technicité confondante de propreté. L’alternance des guitares entre accords de balades et riffs massifs demeure une formule convaincante. À cet égard, il faut immédiatement saluer la performance maîtrisée de Randy McStine, tant sur le plan instrumental que vocal, comme John Wesley auparavant d’ailleurs. Nate Navarro s’occupe de charpenter l’épaisseur rythmique, avec un son pourtant difficile à distinguer, qui aurait mérité d’être plus défini. Gavin Harrison, dont le feeling et la technique ont encore une fois été impeccables, s’est appliqué à servir la musique avec sa finesse coutumière. À l’opposé de l’approche théorique de ce dernier, nous trouvons Richard Barbieri et ses nappes minutieuses, enveloppant discrètement les séquences les plus aventureuses de ses partenaires. Si le son d’ensemble est de très bonne qualité, on entend néanmoins un mix fluctuant, avec un équilibre sonore entre les guitares qui n’est pas toujours constant. Si la maîtrise collective est évidente, on peut pourtant déceler un manque de hargne chez Steven Wilson. Les tempos des morceaux sont largement revus à la baisse, le chant est parfois excessivement nonchalant. Concrètement, ça manque parfois d’engagement. La décennie écoulée a-t-elle laissé des marques auprès du musicien ? Ou serait-ce l’accession au sommet qui désamorce une certaine tension ? Chacun se fera son idée. En attendant, le concert souffre d’un problème conséquent : les caméras (et donc les écrans géants) se mettent à fonctionner à dix minutes de la fin du set, balayant l’idée initiale qu’il s’agissait d’un choix du groupe. Dommage pour un festival d’une telle ampleur.
Le concert est alors ponctué par une apostrophe de Steven Wilson qui suscite un frisson dans auprès des fans connaissant bien la discographie étendue des anglais : « would you care for a long piece of music ? ». La réponse est évidemment réthorique, et les applaudissements d’enthousiasme ne tardent pas alors que les premières notes d’ « Anesthetize » se font entendre. Péplum progressif emblématique de Porcupine Tree, on ne peut que saluer le choix d’avoir panaché son set entre morceaux percutants et titres labyrinthiques, comme évoqué à demi-mots en conférence de presse plus tôt. Les 17 minutes du morceau sont intactes, aucune amputation. Ici l’interprétation de Steven Wilson est touchante, teintée de mélancolie et d’élans torturés propre à la thématique. Arrivent ensuite les poignants et beaucoup plus lisibles « Open Car » et « Sound Of Muzak » que le public accueille avec joie. Après un moderne « Chimera’s Wreck » sensible et sinueux, Porcupine Tree entame le cultissime « Trains », tube incontournable pour clore le show. Dommage que la guitare de Randy McStine ait décidé de faire des siennes à ce moment-là. Entre un son d’ensemble cherchant son équilibre, plusieurs problèmes techniques et une interprétation par moment inégale, on est conscient d’avoir vu une prestation perfectible, surtout vus les standards précédents des Anglais. Néanmoins, pour quiconque qui nourrissait une sensibilité pour ce groupe et pestait de ne pas avoir eu la chance de les rencontrer il y a dix ans, il y a de quoi s’éloigner de la Mainstage avec un sourire d’allégresse irrépressible.
19h35 : BORN OF OSIRIS / Altar
Gros riffs bourrins : check. Breaks douloureux : check. Rythmes syncopés dévastateurs : check. Package mosh/slam/jump : check. Pas de doute, c’est encore un groupe de metal moderne venu chasser la vieille génération des fans de death de l’Altar pour y apporter du sang neuf. Décidément, la nouvelle garde a faim et le fait savoir cette année.
18h40 : PRO-PAIN / Warzone
18h38 : C’est un délire quand même de s’asseoir par terre à cinq mètres des barrières la Temple et de regarder des vidéos TikTok, pendant un concert.
18H37 : MYRATH / Temple
La Temple n’est définitivement pas qu’une histoire de sombre violence. Elle reste pour autant le cadre d’expériences singulières et mystiques. Myrath est assurément de ces expériences. Le groupe, qui a su trouver trouver et développer son créneau stylistique avec son « blazing desert metal », semble en tout cas avoir un public assuré, comme en témoignent la foule qui s’est amassée devant la scène. L’enthousiasme qui se dégage avant même le début du concert est en tout cas totalement récompensé. Le groupe joue à fond la carte de l’univers du Moyen Orient, des déserts du Maghreb aux palais de la Perse antique, et de tout l’imaginaire orientaliste qui l’entoure. C’est baroque et kitsch à en crever, mais ça fonctionne a merveille ! Le public se délecte avec sourire de ces spectacles dans le spectacle. Les compositions sont aussi entraînantes et qu’envoûtantes et entre quelques tours de magie digne des Mille et Une Nuits, la formation franco-tunisienne interprète aussi quelques titres de son futur album qui sont tous reçu avec une ferveur sincère : les ovations soutenues à la fin du show confirme en tout cas pleinement l’enthousiasme autour du groupe

18H32 : ARCH ENEMY / Mainstage 2
Alyssa White-Gluz a-t-elle consulté la météo avant de faire sa valise pour partir écumer les festivals ? C’est ce qu’on est en droit de se demander en voyant la chanteuse d’Arch Enemy débouler sur scène en combinaison bleue intégrale alors que le soleil achève de cuire la foule compacte rassemblée devant la MS2. On aurait pu craindre que cet attirail sans doute à peine moins chaud qu’un sauna ambulant l’empêche d’être aussi active que d’habitude, mais il n’en est rien : la frontwoman saute, bouge, brandit son drapeau et hurle dans son micro avec sa débauche d’énergie habituelle, pendant que le public qui fond se demande de quoi sont donc faits ces Canadiens. Côté setlist, si la part belle est faite au dernier album, avec un petit « Deceiver, Deceiver » qui attaque les cervicales en ouverture, la discographie du groupe est plutôt bien représentée malgré un set assez court, et la pluie d’étincelles sur « Nemesis » fait son petit effet. Porté par un son aux petits oignons, Arch Enemy électrise le public avec une performance irréprochable, qui ne dépasserait pas le simple travail bien fait si Alyssa, encore elle, n’était pas là pour haranguer le public (en français, s’il vous plaît) ou lancer un karaoké géant. Job de pros et public ravi : pas de doute, Arch Enemy a compris l’intitulé de l’exercice.
17H50 : PUSCIFER / Mainstage 1
Pour son deuxième passage à Clisson, Puscifer est invité à s’accaparer la Mainstage avec sa thématique CIA vs aliens issu du dernier album Existential Reckoning. En pleine après-midi, avec une fosse déjà bien remplie par les fans d’Iron Maiden, headliner de cette journée, la venue de MJK et de ses acolytes pouvait susciter une attente mitigée. Surtout quand on garde en mémoire leur première venue sous la Valley le dimanche soir en 2016 (non, je n’y étais pas, qu’est-ce qui vous fait penser ça ? ). L’entame in media res de « Fake Affront » balaye les ombres du doute en quelque secondes. L’accroche vocal de Keenan est ciselée et puissante et donne le ton pour le reste du groupe. On comprend instantanément que la production a été extrêmement soignée et que chaque instrument tiendra une place de choix dans le paysage sonore. On ne va pas tourner autour du pot : Puscifer donne ici une master classe de sonorisation. C’est l’avantage d’avoir une esthétique plus aérée où chaque instrument est roi dans sa catégorie et où les compositions sont pensées par séquences pour les laisser respirer. Les interventions guitaristiques de Mat Mitchell avec sa Kiesel sont incisives et tellement propres que le moindre bend semble vous tordre et vous accrocher la peau, comme sur le très changeant « The Underwhelming ». La basse n’est pas en reste : Greg Edwards envoie du bois avec un son velu et plein d’aspérités, notamment sur les ponts de « The Remedy ». Au centre de la scène, Gunnar Olsen affiche un jeu sobre mais très percutant, à l’image de la caisse claire sur « UPGrade » qui fait office d’une claque millimétrée. Carina Round elle n’en finit pas de noyer la foule avec ses mélopées éthérées et les onomatopées plus primales de « Fake Affront ». Avec MJK comme marionnette principale et chef d’orchestre, le show prend vite une tournure auto-dérisionnelle bien propre au personnage. Les agents de la CIA auscultent le public, les Aliens coursent les musiciens, combat de sabre laser sur « Man Overboard ». Bref, on balance entre la densité émotionnel des compositions et le grotesque des situations. Le groupe affiche une des prestations les plus pro de l’édition jusqu’ici mais ne se prend pas au sérieux pour autant. Concernant le chant du leader, il reste excellent et n’a rien perdu de sa texture oscillant entre berceuse réconfortante et invective granuleuse. On ne niera pas cependant que le vocaliste est un chouïa plus hésitant lorsqu’il aborde en solo les notes les plus aventureuses de Horizons ou sur le remix de « Momma Sed ». Puscifer conclue sa venue sur l’énergique « The Remedy », à l’image de la claque qu’il vient de mettre à la Mainstage.
17H44 : GOROD / Altar
Voilà onze ans que les tontons de Gorod ne sont pas venus mettre une petite branlée au Hellfest ! La sortie récente de The Orb dont ils vont extraire pas mal de pièces pour ce set était donc le bon prétexte pour que le groupe ramène du soleil sous la Altar, avec leur bonne humeur et leur large sourire. Tous les membres sont une attraction en soi, avec leurs jeux très techniques sous couvert de leurs improbables mimiques (même si notre pokémon préféré reste incontestablement le bassiste), ce qui assure que l’on ne s’ennuie pas un instant durant la performance. Julien nous promet de la poésie avec « l’étymologie du mot ‘Holy Shit ! » et son phrasé de forain bien communicatif. Si Gorod met l’ambiance, l’aile Est de la Altar semble un peu plus mollassonne. Peut-être de la fatigue, ou peut être un coin pour les gros poseurs, cette frange un peu plus statique est sans doute aussi dérangée par l’une des deux guitares moins perceptible de ce côté de la scène. Pas de quoi entacher le concert et le groupe fera zouker le public avec un petit « c’eeeeest ça » à la Franky Vincent lancé par le chanteur. Gorod, qui espère ne pas encore attendre dix ans avant de revenir dans la place, va quitter Clisson avec son traditionnel titre épilogue « Disavow Your God » (que le groupe présente comme son « Hammer Smashed Face » de Cannib’ à lui) histoire de défouler une dernière fois les acharnés venus les soutenir !

17H34 : SOUL GLO / Warzone
« I need weeeeed !! » Comme introduction, on a connu plus solennel. Mais le chanteur de Soul Glo a besoin d’un joint, maintenant. Vu l’épaisse odeur de marie-jeanne qui flotte dans l’air en cet après-midi ensoleillé, on comprend que ce soit tentant. Magie de la solidarité, il en obtient un directement depuis la fosse. Le concert commence, et le public s’aperçoit rapidement qu’il a affaire à une relecture moderne de Bad Brains qui aurait embrassé fougueusement le coté bordélique de la force. Du hardcore décomplexé et chaotique qui se fiche pas mal de comment il est reçu. Les nombreuses interludes en forme d’exercice bruitiste avec boites à rythme sont rompus par les riffs tonitruants initiés par le guitariste aux cheveux malabar bi-gout, l’inépuisable logorrhée du frontman faisant office de paroles. Puisqu’on parle de lui, son spliff est consommé et rien ne va plus. Désemparé, il finit son morceau allongé sur le dos à hurler, les pieds sur le retour son. Prenant les membres de Zulu présents au bord de la scène comme témoins, il expose un discours très censé théorisant que les blancs devraient être obligés de donner de la weed à chaque descendant d’esclave qui en demande. Maintenant que les termes ont été dits, Soul Glo peut clôturer son show sur une phase mélo 90s que n’aurait pas renié Turnstile, puis un échange d’instrument menant à un dernier élan destructeur.
17h02 : SAOR / Temple
Communion avec la nature et black metal : voilà ce qui était au programme de la Temple à 16h, et c’est le génie derrière Saor qui nous offre ce moment de pure évasion et d’équilibre avec la qualité de ses compositions. Toute les forces se sont regroupées autour d’Andy Marshall pour offrir une prestation puissante et enivrante, dont les festivaliers n’ont pas pu ressortir indemne. Pour cause, nous avons le plaisir de voir que le très talentueux et toujours particulièrement souriant Andy Watson, membre de Can Bardd, est à la batterie. Cela va sans dire que le reste des musiciens sur scène ajoutent à cette aura de légèreté et de puissance par les mélodies de flûte et de violon qui s’entrelacent et nous font voyager au dessus des forêts, le tout martelé par des blast beat écrasants. A la vue des acclamations finales, le groupe a très largement conquis les esprits !

16h47 : BEAST IN BLACK / Mainstage 2
Beast In Black, ou comment troquer la subtilité pour la grandiloquence absolue. Tout y est : guitares flashies, camaraderie scénique, clins d’œil sucrés du frontman, synthés épiques empruntés à ABBA pour sculpter leurs hymnes indomptables. Dans la foule, on s’enjaille dans la nostalgie de l’esthétique des années ’80 couplée à la production made in 2023. Le chant de Yannis Papadopoulos est fédérateur et chirurgical de propreté tandis que les solos de « From Hell With Love » ne manquent pas de faire leur effet sur les fans plus accros aux instruments à cordes. Le son d’ensemble est équilibré, mis à part quelques notes isolées qui vrombissent particulièrement et noient le reste du spectre sur quelques titres. L’audience ne boude pas son plaisir et danse frénétiquement sur les refrains hymniques des artistes finlandais. Les crowdsurfing battent leur plein et les cornes rageuses accompagnent les accents kitschissimes de l’entame de « One Night In Tokyo » (ces claviers… je vous jure ces claviers. À ce stade les guitares font office de grille pain rachitiques dans le mix global). « End Of The World » annonce également la fin du set pour ce samedi, mais non sans promettre de revenir dans l’hexagone courant janvier. En ultime orgasme, les premiers rangs se voient gratifiés d’un jet d’eau bienvenue pour contrecarrer la température que Beast In Black aura indéniablement fait monter durant ces cinquante minutes

16h45 : GRANDMA’S ASHES / Valley
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16h00 : RIVERSIDE / Mainstage 1
Alors que Riverside s’apprête à fouler la mainstage, la pluie fait sa première véritable apparition au Hellfest 2023. Les grosses gouttes obligent à sortir les ponchos tandis que le groupe investit la scène. Mariusz Duda remarque avec ironie qu’il suffit qu' »un groupe de prog arrive sur scène pour que le ciel se mette à pleurer ». Mais, comme si le ciel l’avait entendu, à peine Mariusz a-t-il égrené quelques lourdes notes de basse et entamé « #Addicted » que la pluie cesse doucement et laisse de nouveau place au soleil. Les Polonais ravissent les fans par un retour dans le passé avec « 02 Panic Room » puis Mariusz annonce qu’il a trois mauvaises nouvelles à annoncer : 1. qu’ils ne sont pas un groupe de metal, mais un groupe de rock et, « même pire », un groupe de rock progressif ; 2. qu’il ne va pas crier, mais utiliser sa « voix normale » ; 3. qu’il ne prononcera pas le mot « fuck ». « Si vous êtes OK avec ça, on peut continuer. » Le public semble en effet être d’accord avec cette option et ne boude pas son plaisir devant les longues compositions complexes mais toujours superbement mélodiques du groupe. La basse de Mariusz, omniprésente, fait des merveilles et s’offre même un solo au milieu du groovy et pourtant sombre « Post-Truth ». Le somptueux et imposant « Big Tech Brother » parvient à mêler avec brio tous les aspects de la musique de Riverside : il est à la fois lourd et atmosphérique, doux et violent, avec ses passages à la rythmique massive et sa guitare floydienne. Michal Lapaj se démène pour sortir de son synthé analogique les sons les plus planants et Maciej Meller démontre qu’il a désormais toute sa place en tant que guitariste officiel. Le set se termine sur un ancien morceau, « Left Out », accompagné des « hohoho » du public, alors que c’est à nouveau un soleil de plomb qui surplombe le Hellfest.
15h09 : SVALBARD / Temple
Pour ce samedi, les adeptes de post-hardcore devaient se rendre cette fois-ci sous la Temple pour prendre leur dose quotidienne avec les Britanniques de Svalbard ! Difficile de cacher son émotion lorsqu’on joue pour la première fois au Hellfest, et ça tombe bien car l’émotion c’est un peu le rayon de nos jeunes amis. Passées les quelques minutes avec un son médiocre, la Temple trahit sa réputation et Svalbard peut jouer dans d’excellentes conditions. Le combo faire partie de ces formations où l’on entend que les musiciens (arborant des tee-shirts Harakiri For The Sky et Morbid Angel) ont brassé beaucoup d’inspirations variées pour faire leur propre mixture. En résulte un mélange de Birds In Row, Envy, Sylvaine ou Brutus, pour ne citer qu’eux. Le groupe a quatre membres et deux chants menés par la charismatique Serena Cherry, qui n’a besoin que de ses amplis Marshall et Orange en guise de décoration pour conquérir le cœur des festivaliers venus les voir, car ce qui marche chez Svalbard c’est son authenticité perceptible. Les musiciens ne surjouent pas et se dévoilent ouvertement, Serena présente notamment un morceau traitant de sa dépression qu’elle a réussi à vaincre. Le temps de se régler à la guitare, elle annonce également qu’aujourd’hui marque de l’anniversaire de son bassiste Mark (?) qui engendrera quelques chants approximatifs en anglais et en français. Comme le Hellfest est un moment unique pour eux, le groupe révèle un morceau pour la première fois intitulé « Faking It » qui passe un cap en terme d’intensité. Avant de jouer son dernier titre, Serena nous tire presque les larmes quand elle déclare tout sourire et gorge serrée qu’il s’agit du plus beau jour de sa vie, ce qui provoquera de vives réactions de l’audience. Nous ne doutons pas que cette date sera marquée sur le calendrier et que c’est le premier jour du reste de la vie de Svalbard !
15h06 : CROWBAR / Valley

Nous n’avons pu assister qu’à vingt minutes du show de Windstein et sa bande, mais cela suffit à confirmer que le groupe reste toujours aussi solide sur ses appuis. En maître du riff, Kirk n’en fait pas des caisses et caresse sa guitare en se laissant porter par le groove lancinant dont il a le secret. S’il n’est pas très expansif, le chanteur lâche quelques petites remarques malicieuses entre les morceaux, comme lorsqu’il évoque ce foutu ventilo qui lui rabat la beubar dans les yeux. Dans la fosse, entre la digestion et le soleil insistant, la tendance est au headbang mesuré et, à l’image des morceaux, bien en fond de temps. Rien ne sert de courir, Crowbar est là.
14h30 : TEN56. / Altar

Le groupe mené par l’ancien de Betraying The Martyrs Aaron Matts traîne déjà une solide réputation avant son premier passage sur l’Altar ! Il ne faut pas attendre longtemps avant de voir la fosse se ruer dans un enchaînement massif de moshing et de circle pit. À croire que la Warzone s’est trouvée une deuxième maison… !
14H23 : EVERGREY / Mainstage 1
Ce n’est pas à la Warzone que l’on verrait quelqu’un proposer des « free hugs » comme le jeune homme qui passe parmi les premiers rangs juste avant qu’Evergrey entre sur scène… En effet, quoi de mieux que le timbre de velours de Tom S. England pour inciter à un moment de tendresse ? Il fallait être courageux pour affronter l’agression solaire devant la Mainstage et malheureusement, beaucoup ont préféré rester à l’ombre. Le beau « Save Us » du dernier album des Suédois ouvre un set placé sous le signe de l’émotion et puisé dans les trois derniers albums du groupe. Les récents « Call Out The Dark », avec ses mélodies vocales tire-larme, son synthé à foison et son refrain fédérateur, et le plus lourd et agressif « Midwinter Calls » démontrent toute leur puissance hymnique. Le pic émotionnel est atteint avec le long « Where August Mourn » et son superbe solo de guitare. Avec cette prestation aussi impeccable sur le plan technique que chargée de sensibilité, Evergrey prouve encore une fois qu’il est un des grands du heavy progressif.

13h41 : KALANDRA / Temple
Un souffle d’air pur tout droit venu de Norvège a rafraîchi la Temple en ce samedi. Il n’a pas fallu longtemps pour que la douceur féérique de la voix de Katrine vienne enchanter les âmes qui se sont réunies en face du groupe. A peine retentissent les quelques notes de guitare – jouées à l’archet – qu’une vague d’émotion emporte tout sur son passage, et ce flux n’ira que crescendo. Pour ravir le public davantage, en plus de leur titres les plus puissants, Kalandra reprend du Wardruna, et tous se mettent à chanter. Toutes les mains se lève après la prestation impeccable du groupe, ce qui leur vaudra une forte acclamation bien méritée.
13h20 : ZULU / Warzone
Avec deux EP distillés comme autant de pamphlets en faveur des droits civiques et Black Lives Matters, et désormais un premier album à défendre, Zulu est devenu en peu de temps la sensation que la scène hardcore a bien du mal à cacher. Après un léger retard dû à une balance qui s’est étalée, le groupe de Los Angeles a montré ce pourquoi il est aussi attendu. Aussi agressifs dans leur interprétation que relaxés entre les morceaux, le quatuor propose un hardcore très dynamique et changeant, passant de rythmiques old school à du beatdown en moins de trois mesures, toujours prêt à des passages blast du plus bel effet, portés par un chant growl revendicatif. Ne vous fiez pas à leurs airs d’ados impressionnables: en dix morceaux (et pas beaucoup plus de minutes), ils ont ont largement consolidé ce statut de groupe à suivre.
13h05 : FEVER 333 / Mainstage 2
On poursuit sur la MS2 avec @fever333 !#Hellfest pic.twitter.com/pdgdiTKxVe
— Radio Metal (@RadioMetal) June 17, 2023
13h00 : SPIRIT ADRIFT / Valley
La nouvelle configuration de la Valley a beau avoir de quoi contrarier les amoureux de l’ombre et de la fraîcheur, il en faut plus pour effrayer le metalleux matinal en quête de bon gros heavy. À la grande surprise du frontman Nate Garrett, le public a répondu présent en masse pour le concert de Spirit Adrift, malgré l’heure matinale et un soleil qui donnerait plus envie d’un grand verre d’eau que d’une pinte de bière. La bonne humeur et les riffs péchus du combo américain réveillent les oreilles et les nuques de façon plus que qualitative, et à en juger par les réactions glanées dans la fosse, un créneau plus tardif et par conséquent plus long n’aurait pas été pour déplaire. Le son est tout à fait correct, les titres font mouche, les musiciens sont carrés, les guitares de Garrett et Tom Draper sont délicieusement assorties… Une excellente façon de se mettre en jambes et en cervicales pour la journée.
12h51 : BLOODYWOOD / Mainstage 2
Quand le public se rassemble aussi nombreux pour scander votre nom avant midi, vous avez la certitude de passer un bon moment sur scène. C’est en tout cas ce que les membres de Bloodywood ont dû penser en constatant l’accueil très chaleureux du public français. Loin de n’être qu’une curiosité exotique, les Indiens ont su s’approprier la Mainstage et diffuser tant leur musique, entraînante à souhait, que les valeurs positives qu’ils portent. S’ils reviennent dans quelques années, il faudra incontestablement leur réserver un créneau plus long !
C'est parti pour la mise en jambe matinale avec @Bloodywood2 en MS2 !#Hellfest pic.twitter.com/Tc5E0lFbBY
— Radio Metal (@RadioMetal) June 17, 2023
12h44 : HIEROPHANT / Temple
Nous arrivons un peu tardivement sur le parking de la Temple (oui, nous n’avons pas encore évoqué les nouvelles lignes blanches sur le goudron qui donnent cette curieuse impression d’assister à un concert totalement illégal), juste à temps pour assister aux deux derniers titres des Italiens de Hierophant. Le groupe de black/sludge vient défendre Death Siege paru en 2022 et c’est justement la chanson titre de cet opus joué en avant-dernière position qui titillera le petit public de curieux devant la scène. Côté show, nous sommes sur du très traditionnel mais le son est plus que correct pour ce groupe qui veut semer « le chaos » et qui veut « fuck the world ». Classique, on a dit, mais efficace !
11h39 : SCARLEAN – Mainstage
Rêve devenu réalité pour les français de Scarlean : jouer sur la Mainstage du Hellfest. Accueillis par une foule encore en train de se former, les français saisissent leur chance avec beaucoup de concentration et de sérieux. Il faudra attendre un petit quart d’heure pour voir les musiciens entièrement rentrer dans la matière et incarner leurs compos avec allégresse. Alexandre Soles s’acquitte du rôle de frontman jovial et fédérateur tout en aisance, jouant délicatement avec ses registres tantôt abrasifs tantôt mélancoliques. Dommage que son chant soit parfois excessivement mis en avant comme sur « Wake Up Right Now » et déséquilibre l’ensemble. On sent l’envie de bien faire et de solliciter l’audience sur des chœurs, même si ces initiatives ne sont pas toujours fructueuses. Côté instrumental, les 7 cordes forment une belle déflagration sur les refrains ouverts tandis que la section rythmique bastonne sévère sur les ponts anguleux. On apprécie notamment le slapping bien mis en valeur et la caisse claire dessinée dans le spectre sonore. Après des remerciements humbles, Scarlean quitte une Mainstage à présent bien remplie et déjà prête à cuire un peu plus devant Bloodywood.
11h24 : Pratique au moment du déménagement.
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11h12 : NATURE MORTE / Temple
La journée s’annonce chaude et lourde, alors quoi de mieux que Nature Morte pour relancer tranquillement les machines en ce samedi ? Le trio français de post-black tire le meilleur de la demi-heure qui lui est allouée. Pas besoin de grand discours pour remercier le public, quelques gestes simples suffisent. On en aurait bien pris dix ou quinze minutes de plus, pour ce tarif-là. Peut-être à l’occasion d’une tournée pour leur troisième album qui sortira cet automne ?
11h01 : DECASIA / Valley
Decasia a les mêmes bienfaits qu’un café après une nuit pénible : ça décrasse et ça nettoie les péchés de la veille. Naviguant habilement entre « stoner autoroute » qui tâche et segments sinueux sous psychotropes, on est que trop content d’être cueillis aux premières lueurs de la journée par un groupe qui a tout à gagner et qui se donne avec une hargne communicative. Mention spéciale à Fabien Proust dont le son de basse est d’un grain savoureux as fuck. Maxime Richard se charge avec aisance de nous déraper sur le front avec ses riffs qui sentent bon le sable chaud et la sueur. Geoffrey Riberry quant à lui s’applique avec densité à guider nos mouvements de nuque qui se déclenchent inévitablement quand on entend leur avant dernier morceau frénétique à la manière d’un Queens Of The Stone Age des premières heures. Le groove comme boussole, les compositions de cette matinée sont toutes très lisibles et manquent peut être un poil de surprise après quelques morceaux. Les Nantais remercient chaleureusement la foule, l’organisation et l’ingénieur son (Adrien) qui avait justement dû descendre un bon litre de kawa pour faire un son aux petits oignons comme ça.
10h30 : Annulation de dernière minute sur la Warzone. Le groupe de hardcore américain MIDNFORCE laisse sa place aux Danois de EYES qui joueront à 15h10.































Apparemment, on n’a pas vu le même concert de Black Flag. Un naufrage ? TEN56 oui ! Cela fait des années que je ne me suis autant emmerdé devant un groupe !
Pardon mais légère erreur concernant Powerwolf…ils n’ont pas chanté « resurrection by erection »…
En effet, au temps pour nous, c’est corrigé !
Le teaser devient insoutenable! Bruce a parlé de De Funès ? Pourquoi? Les gens veulent savoir