Hellfest 2024 : nous y voilà ! De Foo Fighters à Fu Manchu en faisant une halte par Brutus ou Brujeria, cette dix-septième édition promet comme ses aïeules son lot de découvertes et de moments mémorables, le tout sous une météo qui s’annonce plutôt clémente ! Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration ces quatre jours de festivités avec, petite nouveauté, quelques reports audio pour varier les plaisirs. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de festivaliers et festivalières arpentant le sol clissonnais, il est très probable que les photos, vidéos et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Retrouvez notre compte rendu de cette troisième journée dans cet article et par ici le jeudi, le vendredi et le samedi. Bonne lecture !

00h41 : FOO FIGHTERS / Mainstage 1

On a beau le savoir depuis octobre dernier, ça fait quand même drôle de voir Foo Fighters clôturer ce Hellfest 2024. C’est même un réel événement, parce que le groupe apparaît assez rarement dans nos contrées, parce qu’il a bien failli se dissoudre suite à la disparition de son batteur emblématique Taylor Hawkins, et parce que c’est un véritable tournant pour le Hellfest qui s’ouvre désormais vers des têtes d’affiche davantage orientées rock que metal. Et commencer cette avancée rock avec les Foo, c’est plutôt malin. C’est le groupe de Dave Grohl, le rockeur le plus cool du monde, le type qui est pote avec le leader de ton groupe de metal préféré, et qui n’a quasi aucune casserole au cul. En termes d’énergie, ça démarre très fort avec un « All My Life » bien énervé. L’apport de Josh Freese se fait sentir, notamment avec son jeu utilisant pleinement la double grosse caisse de sa batterie. Sur tout le concert, le batteur sera très mis en avant, en particulier sur le très Motorheadien « White Limo », le tubesque « Breakout », l’extrait de « March Of The Pigs » de Nine Inch Nails lors des présentations et le punk « Monkey Wrench » qui lui donne l’occasion de flexer comme jamais, devant un Dave Grohl admiratif qui en a pourtant vu d’autres.
Le rythme du concert est parfaitement adapté, les morceaux intenses (on citera un « The Pretender » fort tumultueux) partagent l’affiche avec des moments plus calmes, comme ces deux couplets de « Time Like These » interprétés simplement avec orgue et voix, les couplets bossa nova de « Stacked Actors » (et son intro avec la basse vrombissante de Nate Mendel), la version lo fi au piano de « My Hero » ou les chœurs spontanés de « Best Of You ». De façon étonnante, seul un titre du dernier album But Here We Are a été joué… mais quel titre ! « The Teacher » est un morceau fleuve de dix minutes très inspiré rock progressif, empruntant aux premiers Pink Floyd. Un vrai moment de grâce qui marquera la fin du show, conclu par le tout simplement parfait « Everlong ».
00h35 : DIMMU BORGIR / Temple
On aurait pu croire qu’être programmés en même temps que les Foo Fighters était de mauvaise augure pour les Norvégiens, mais c’était sans compter sur leur renommée qui a su attirer bon nombre de fans et de curieux à 23h sous la Temple. En effet, dès les premières minutes du concert d’I Am Morbid sous l’Altar une heure plus tôt, les premiers mètres collés à la barrière du concert à venir étaient pris d’assaut et cette colonisation n’a pas cessé de toute la soirée. Rapidement, se mouvoir sous la tente a été très compliqué, laissant peu de chances aux retardataires de pouvoir profiter du spectacle offert par ce gros nom du black metal symphonique norvégien qu’est Dimmu Borgir. En écho au merchandising disponible à la vente – et visible sur bon nombre de personnes ce soir-là –, le back drop représentait l’artwork de For All Tid, sorti en 1995, et la setlist promettait de se parer des plus beaux titres de la formation, permettant de célébrer dignement les trente années de carrière de la formation en couvrant l’entièreté de sa discographie. De quoi mettre l’eau à la bouche des plus grands amateurs.
C’est ainsi que « Raabjørn Speiler Draugheimens Skodde » est la première chanson à être jouée, pour le plus grand plaisir de tous. Silenoz et Galder, arborant leurs fameuses lanières Omega et Alpha, ont durant l’heure entière produit un travail millimétré et conséquent, aidés par un Gerlioz dont la maîtrise des claviers est impressionnante. La setlist, composée de titres mélodiques très symphoniques et accessibles, plonge la tente dans une ambiance mystique old school. Ambiance dans laquelle il a pu, malheureusement, être difficile d’entrer pleinement en raison du flot quasi incessant de slammers – fait rare sur un concert de black metal ; peut-être était-ce la pinte de trop pour certains ? Shagrath, dont la voix n’était hélas pas toujours très perceptible mais tout de même plus que correcte, a beaucoup échangé avec le public. Il s’est même mis à jouer en rythme sur un énorme tom afin d’introduire « Council Of Wolves And Snakes », seul titre présentant de la pyrotechnie, qui à la différence du dernier passage du groupe à Clisson en 2018 était plus fourni en la matière. Minuit se rapproche et c’est déjà l’heure de « Mourning Palace » qui met, comme d’habitude, tout le monde d’accord. Après de nombreux remerciements, il aura été agréable de voir les membres du groupe venir un par un de chaque côté de la scène remercier le public. On remarque que, cette fois-ci, le Hellfest semble avoir attendu que les scènes autres que les mainstages terminent leur set avant de lancer le maintenant incontournable feu d’artifice de clôture du festival… Spoiler alert : il n’aura jamais eu lieu. Les retours sur le concert tombent très vite, et qu’il s’agisse de professionnels ou de fans de la formation, beaucoup considèrent qu’il est temps de ressortir Dimmu Borgir des tentes afin de leur offrir une Mainstage plus vaste dans l’espoir de pouvoir accueillir tous les adeptes de metal noir symphonique possibles et imaginables.
23h27 : RIVAL SONS / Valley
À l’heure où Dave Grohl et sa bande entrent en scène du côté de la Mainstage, la Valley est plus paisible et accessible qu’à de nombreux autres moments ce week-end. Pour clôturer en beauté les concerts de la scène la plus rock du Hellfest, on peut compter sur les Américains de Rival Sons et leur son bluesy en diable qui donne le sentiment de s’être égaré au meeting d’une congrégation baptiste dans le sud des États-Unis. Pieds nus, vêtu d’un costume en satin rouge, le frontman Jeff Buchanan fait vibrer les âmes et les tympans grâce à sa voix de prédicateur. Pas bavard, le chanteur laisse la musique parler pour lui et se contente d’une ode à la beauté du live comme seule intervention. Les soli inspirés du guitariste Scott Holiday ne font que renforcer notre impression d’avoir été transportés au cœur de Dixieland, tandis que la section rythmique et les claviers assurent une base groovy au possible. L’enchaînement « Electric Man »/« Keep On Swinging » est un régal, et les longues notes aiguës de Buchanan achèvent de donner au concert de Rival Sons des faux airs de célébration spirituelle – une sensation accentuée par l’expression extatique des spectateurs. Entre le blues et le metal, le lien de filiation a toujours été évident, et il ne fait aucun doute que Rival Sons a toute sa place au Hellfest.
Pour qui ne serait pas familier avec le nom de Tiamat, il s’agit tout bonnement d’un groupe de metal gothique en provenance de Suède (encore eux !) des plus reconnus, non seulement pour leur petite contribution apportée au son death metal suédois en début de carrière, mais aussi pour leur longévité, tout en ayant fait évoluer leur style par la suite vers une musique plus mélodique. Trente-cinq années d’activité, ça impose le respect.
Ce créneau en quasi-clôture de festival illustre bien la notoriété de la formation, souvent citée aux côtés d’autres artistes locaux, notamment quand il s’agit de développer un peu le CV des musiciens impliqués dans le line-up. Pourtant, quelques minutes avant le début du set, la Temple est très peu garnie et les premiers rangs sont encore relativement bien accessibles. Difficile de lutter contre Madball et The Offspring, mais ce n’est pas ce qui démotivera le quintet. Car oui, c’est bien cinq musiciens qui montent sur scène, le chanteur Johan Edlund ayant posé sa guitare pour se concentrer sur le chant et laissant cet honneur à Simon Johansson que l’on connaît dorénavant comme guitariste chez Soilwork. Un autre gars talentueux, donc. Oublions les premières heures plus extrêmes de Tiamat, la setlist de ce soir mettra l’accent uniquement sur leur penchant plus atmosphérique et gothique, ce qui n’est pas pour déplaire aux quelques connaisseurs repérés dans la foule. D’autant plus que la qualité du son est remarquable. Sur scène, on sent un Johan sincèrement heureux de jouer. Pas de grosse énergie non plus, mais on n’assiste pas à un concert complètement statique comme le genre pourrait nous y habituer. Au fil du set, le public s’agrandit gentiment, les festivaliers étant finalement attirés par cette douce mélancolie venue de la Temple. Chaque chanson aura d’ailleurs droit à une belle ovation, non sans des remerciements authentiques du frontman. Comme un clin d’œil en ce dimanche d’élections, le groupe jouera le titre « Vote For Love ». On valide. Pour une première venue, certes Tiamat n’aura pas fait bouger les masses, mais le combo s’en tire avec une jolie prestation parée d’un côté légèrement intimiste, lui apportant un certain charme qui collait bien à l’ambiance générale d’une fin de festival.
22h25 : THE OFFSPRING / Mainstage 2
Fin de la journée « punk pour toute la famille » sur la Mainstage 1 avec le représentant du genre le plus populaire – ou en tout cas le plus connu : The Offspring. Le genre de groupe qui a le don de vous coller un vilain coup dans la mortalité en vous obligeant à compter les années qui vous séparent de votre adolescence et de votre skateboard préféré… À en juger par les trois générations de festivaliers qui s’agglutinent devant la Mainstage et reprennent en chœur les paroles, les Californiens n’ont rien perdu de leur popularité et ont encore de beaux jours devant eux, aidés en cela par un Dexter Holland dont la voix ne semble pas avoir bougé d’un millimètre en trente-cinq ans. Comme Dropkick Murphys avant eux, The Offspring a bien compris que le public n’était pas là pour écouter de la nouveauté, et l’essentiel de la setlist se concentre, sans surprise, sur Smash (« Come Out And Play », « Bah Habit », « Gotta Get Away »…) et Americana (« Pretty Fly (For A White Guy) », « The Kids Aren’t Alright », « Why Don’t You Get A Job? »…). Pendant un peu plus d’une heure, les hymnes les plus classiques du groupe et les canons à confetti permettent d’oublier que l’univers se casse la figure et de revivre des années d’adolescence certes tout aussi compliquées, mais pour des raisons infiniment moins sérieuses. Musicalement et en termes de spectacle, les festivaliers en ont donc pour leur argent, mais le concert pèche par l’attitude quelque peu infantile de Noodles (et, dans une moindre mesure, Dexter), dont l’hyperbole atteint d’impressionnants niveaux de cringe. Plutôt que de s’entendre dire que « le Hellfest 2024 est le meilleur festival de toute l’histoire de l’humanité » et que la foule compte « 6 666 665 personnes », on aurait préféré sautiller sur une ou deux chansons supplémentaires. On chipote, mais au fond, l’enchaînement final quasi parfait de « Pretty Fly (For A White Guy) », « The Kids Aren’t Alright » et « Self-Esteem » permet de rester sur une excellente note et de quitter le concert avec des étoiles dans les yeux. Quand la musique va, tout va.
21h15 : SUFFOCATION / Altar
Après Immolation jeudi, c’est un autre gros morceau de la scène death metal new-yorkaise, Suffocation, qui se produit ce soir sous l’Altar. Curieusement, le brutal/technical death metal ne rameute pas les foules et la tente est très peu achalandée. Tant mieux, ça signifie qu’il y a toute la place nécessaire pour headbanguer – et il en faut, car le son de Suffocation exige de sacrées contorsions de la nuque. Excellent frontman, quoiqu’un peu avare de mots, le chanteur Ricky Myers fait avancer le groupe au pas cadencé et il est difficile de se remettre le cerveau à l’endroit entre deux titres. Du côté des musiciens, même combat : les visages sont pratiquement invisibles sous les cheveux tout au long du set tant l’activité cervicale est intense. Menés par le guitariste Terrance Hobbs, les New-Yorkais démolissent patiemment l’Altar à coups de riffs dégoulinant de technicité et de violence. Un set parfaitement résumé par un festivalier à la sortie de la tente : « C’était chan-mé ! » Que voulez-vous ajouter à ça ?
20h49 : QUEENS OF THE STONE AGE / Mainstage 1

C’est sur une musique de péplum et devant un décor comprenant des rails de lumières plantés en diagonale dans le sol qu’arrivent les cinq musiciens de Queens Of The Stone Age, Josh Homme fermant évidemment la marche. Si le Californien a toujours le diabolique visage de l’homme le plus séduisant de monde, on voit davantage sa barbe blanche que ses cheveux roux. Il lance les hostilités avec des gros tubes issus de leur répertoire : « The Lost Art Of Keeping A Secret », « Little Sister » et « God Is The Sun » sont interprétés en respectant le son des albums dont ils sont issus. Le piano frénétique de « Go With The Flow » lance la saison des slams. Le second guitariste, Troy Van Leeuwen, chemise rouge et costard noir évasé, enchaîne les pas de danse à la James Brown et initie un solo psychédélique à deux guitares avec pédale wah-wah et autres effets hallucinogènes. Après un « You Think I Ain’t Worth A Dollar, But I Feel Like a Millionaire » très bon mais qui n’arrive pas à faire oublier l’interprétation originelle de Nick Oliveri, le groupe entame une série de morceaux plus récents où Josh Homme déploie toute sa panoplie de techniques de lover. Il se déhanche à la Elvis, cabotine avec sa voix suave ou perçante selon la situation, jette un regard de braise quand il toise le public en se rapprochant au maximum des barrières… et il est bien sûr aidé par l’irrésistible groove de son bassiste. La session termine sur « Make It Wit Chué » – meilleure chanson pour conclure, essayer c’est l’adopter – et le dernier quart d’heure sera consacré à des versions rallongées et modifiées de « No One Knows », avec son solo simultané de guitare, de basse et de batterie, et « Song For A Dead »s, qui sera l’occasion du seul et significatif wall of death du concert. Vu le nombre de metalleux aperçus faisant du air guitar et la maitrise absolue démontrée ce soir, la pertinence de la présence de la bande à Josh sur l’affiche du Hellfest à une aussi haute place ne fait aucun doute.
20h46 : †††(CROSSES) / Valley
La Valley est gâtée en terme de gros son synthwave en ce dernier jour de Hellfest. Après le massif set de Sierra une heure plus tôt, c’est au tour de Crosses de bousculer les habitants des terres planantes. La musique de ce duo est résolument puissante et évocatrice. Entre les beats denses et indus de Shaun Lopez et le flegme lascif et lancinant de Chino Moreno, leur musique est pulsionnelle. Dérangeante. Mais alors que le show est bien lancé depuis quinze minutes, la façade lâche subitement. Plus aucun son. On entend vainement les affres vocales de Chino. Les artistes terminent leur morceau en cours sans être sonorisés, puis quittent la scène sans autre forme d’explications. Pendant un bon quart d’heure d’impatience, les rumeurs circulent dans le public :
– Chino s’est foulé la cheville.
– Chino a grillé la console en screamant trop fort.
– Chino a vu les résultats des élections législatives.
Bref, faut juste retenir que c’est de la faute de Chino, c’est plus simple et pratique. Quelques parasites façon Canal Plus en crypté se font bien entendre, mais sans signe d’amélioration apparente. La foule commence à se disperser en criant « remboursez nos invitations » façon La Cité de la Peur alors qu’une annonce de la régie promet que le spectacle va recommencer sous peu. Chacun en profite pour noyer son chagrin dans Magners, Carlsberg et consorts. Au loin, on distingue « Make It With Chu » de QOTSA qui offre un baume au cœur bienvenu. Crosses avait pourtant réussi à construire une ambiance convaincante devant Valley qui commençait à se laisser séduire ou à carrément succomber, selon qui on regarde dans la foule (oui oui, je vous ai vu monsieur). C’est finalement pour trois morceaux que le groupe reviendra en fin de créneau devant un comité réduit mais heureux de ce retour inespéré.
19h46 : BATUSHKA / Temple
Une question existentielle de la scène black metal orthodoxe est sur le point d’être élucidée en cet après-midi : qui est le meilleur des Batushka ? Mieux encore : qui est le VRAI Batushka ? Étant donné que c’est Batushka qui joue aujourd’hui, la réponse est claire… Batushka prouve qu’il est le vrai Batushka, même si la justice avait tranché. Batushka est donc un imposteur.
Bon, plus sérieusement, comme on ne sait plus vraiment quelle formation on a devant les yeux à cause du drama, qu’en plus, la Temple est pleine et que nous sommes par conséquent si éloignés que nous entendons distinctement Corey Taylor reprendre « Before I Forget » de Slipknot sur la Mainstage, difficile de dire et décrire en détail ce qu’il se passe pour la formation polonaise. Pour autant, ceux qui excellent dans le black metal liturgique n’ont pas véritablement changé leur configuration depuis plusieurs années avec le côté messe orthodoxe qui les avait fait connaître. Seuls les titres changent et ils ont bien étoffé leur discographie depuis leurs débuts pourtant assez récents. L’esthétique de Batushka fonde véritablement le projet, peut-être même plus que la musique dont il écume relativement ses propres codes. Au niveau du son, la Temple sera particulièrement généreuse sur les basses durant le show, ce qui a l’avantage de bien porter l’aspect transcendantal de leur musique. Le public, lui, est captivé par les « alléluias » des chœurs sur scène, ce qui ravira le collectif Provocs Hellfest (des nouvelles, d’ailleurs ?). L’aspect spirituel émane clairement de cette performance sur ce black metal « easy listening », rendant justice à leur démarche artistique et c’est sans doute ce qui explique que le public s’est amassé aujourd’hui. Parfois lourd et lent, souvent (faussement) viscéral, Batushka fait le travail et est à la hauteur de sa réputation. Et nous ne pouvons pas terminer ce report autrement que par une autre formulation sans doute bien trop usée par tous les zines qui ont déjà couvert le groupe : « la messe est dite ».
19h22 : COREY TAYLOR / Mainstage 2

C’est vêtu d’un t-shirt rose à l’effigie de David Bowie que le frontman de Slipknot entre sur scène, tenue qui tranche avec ce à quoi il a habitué le public du Hellfest via son groupe principal. Durant tout le set, la formation alternera entre chansons originales, compositions de Stone Sour et titres légendaires de Slipknot. Le public venu en nombre saura s’adapter à ces changements, passant d’un wall of death sur « Before I Forget » à un mosh pit de slows (oui oui) sur « Home », titre qu’il dédiera à sa femme pour tout ce qu’elle lui a apporté. La setlist fera des heureux qui reprendront en chœur « Snuff » et « Through The Glass », et finira en beauté sur « Duality » après qu’il aura reproché à la foule de ne pas lui avoir indiqué la présence de déchets nasaux sur son faciès. Suite à plusieurs annulations ces derniers mois et semaines pour cause de santé, il faut savoir apprécier lorsqu’un artiste réussit à remonter la pente juste assez pour se produire en live. Le tout a donc été un joli condensé des multiples projets du chanteur, même si pour certains le son global aurait pu être mieux amené. Ça apprendra à Manard de dire qu’aucun titre de Slipknot ne sera joué sur scène ce week-end, non mais !
Annoncés au début du mois pour remplacer Heart au pied levé, les Suédois de Blues Pills prennent possession de la Mainstage pour offrir au Hellfest un blues rock psyché qui fait office de trou normand au milieu de tout ce punk « grand public ». Véritable vision sortie tout droit des seventies, Elin Larssen donne une idée de ce à quoi aurait ressemblé Stevie Nicks si celle-ci avait troqué le noir pour le bleu pastel, cymbalettes et micro filaire compris. Si les musiciens qui l’accompagnent sont totalement statiques, la « Proud Woman » bouge pour quatre et enregistre sans trop d’efforts ses dix mille pas quotidiens en l’espace de cinq minutes. Réceptive, la foule répond avec enthousiasme et lui fait bon accueil lorsqu’elle se risque à un petit bain de foule sur « Bye Bye Birdie ». « High-Class Woman », avec son riff d’introduction pesant et répétitif, constitue un autre morceau de bravoure du set et souligne la tessiture délicieusement grave de la blondinette suédoise dont le corps abrite la voix d’Aretha Franklin. La dame sait chanter, en a bien conscience, et en joue sans pour autant sombrer dans la prétention. Si on ne peut que déplorer l’annulation de Heart, on peut en tout cas se réjouir que le Hellfest ait réussi à obtenir un groupe de ce calibre pour les remplacer.
18h39 : SIERRA
La densité de festivaliers au mètre carré à la Valley pour le show de Sierra montre bien que la synthwave/darkwave fédère un public large, avide de musique épique, torturée et cinématographique, à condition qu’elle soit de qualité. Annelise Morel est Sierra. Elle est seule sur scène. Aucun guest, aucune batterie acoustique pour venir incarner les beats emprunts de noirceur comme sur « Gone ». Elle, seule. L’enjeu récurrent dans ce style de musique réside dans la prestation scénique qui est nécessairement immatérielle puisque tout est numérique. Ici, pas de guitare à filmer en gros plan, pas de bassiste enragé occupé à sculpter des lignes plombées. Tout repose sur la capacité de la musicienne à incarner son propos artistique, à assumer son œuvre et à créer une passerelle pour les non-initiés. La frontwomen s’emploie donc à chanter en live, à marteler son pad aux baguettes, à triturer les potards avec emphase : autant de repères à saisir pour l’audience.
À l’inverse d’autres noms emblématiques de ce mouvement, Sierra structure une musique plus atmosphérique encore. Les arrangements sont subtils, les accroches sont moins tapageuses, les modulations sont très progressives. Quiconque ne dédierait pas son entière écoute à cette artiste pourrait passer à côté des nuances qui en font sa richesse et sa finesse. L’absence d’artifices pour agrémenter le spectacle peut paraître aride et clivante, mais force est de constater que ce choix de sobriété monochrome (tout est noir, pas comme Mike Patton avec ses tresses rouges fluo) renforce la puissance de sa musique. Elle ne laisse pas d’autre choix que de plonger exclusivement dans l’univers qu’elle propose, aidée par ses quelques instruments. L’assemblée n’a pas besoin d’être apostrophée pour adhérer à l’atmosphère sombre et hypnotique. Chacun se fait son film, comme si on passait une bande-son d’une heure où il est aisé de déverser son imaginaire, à l’image d’une œuvre vidéo ludique comme Cyberpunk ou cinématographique comme Blade Runner. Le show est conçu comme un seul et même grand périple : pas de communication superflue ou d’applaudissements. La continuité, le voyage sont les maîtres mots d’une prestation plus que convaincante. En guise d’au revoir, l’artiste remercie l’audience, quitte ses lunettes et offre son regard humain à la foule. Certains médias relèvent par ailleurs la singularité du fait que Sierra puisse plaire au public metal. En écoutant « I’ve Never Been Broken », on se dit que ce morceau seul suscite l’unanimité, aussi bien en termes de puissance sonique que d’ambiance dévorante. Le public se moque bien des étiquettes, tant que des artistes comme Sierra se présentent pour emporter avec elles la Valley et tous les rêveurs et rêveuses qui se sont fanatiquement laissé prendre au piège.
18h15 : ROYAL BLOOD / Mainstage 1

Le duo Royal Blood est une nouvelle démonstration de la volonté d’ouverture de cette programmation 2024, même si l’annonce du groupe a provoqué bien moins de remarques d’esprits chagrins que d’autres. Chez nous à Radio Metal, ce choix ne nous étonne pas vraiment car nous avons déjà proposé des interviews du batteur et du bassiste-chanteur de la formation qui réunit tous les éléments pour parler au public metal, bien que l’on soit davantage sur du rock bien trempé à la sauce parfois stoner. L’ambiance dans le pit et le wall of death dès le premier morceau déclenché par le batteur, descendu de scène pour le réclamer, est un bon indicateur que Royal Blood n’a pas que sa place dans les festivals généralistes ou chez RTL2 et OuiFM. Ils sont de ces groupes qui prouvent que, parfois, il ne faut pas être plus de deux pour occuper la scène et remuer des foules. Ça bouge et ça slame dans tous les sens au milieu de l’après-midi, le duo profitant pleinement d’être dans un festival un peu plus énervé qu’à l’accoutumée pour dégager son énergie caractéristique. Évidemment, le show est un peu plus minimaliste qu’on a pu voir jusqu’à présent sur les mainstages… mais est-ce que les riffs solides associés à des mélodies entraînantes, ce n’est pas ce qui forge avant tout le rock n’roll ? Surtout, la formation semble intéresser aussi les metalleux curieux qui découvrent le projet alors qu’ils se sont éloignés des ondes FM pour se concentrer sur des playlists Spotify, ou pire, sur des webradios obscures avec des sites internet dignes de l’année 2009 (coucou c’est nous !). Bref, Royal Blood annonce bien efficacement la couleur alternative qui va teinter le reste de cette dernière journée qui est déjà un pari gagné pour le Hellfest. Par contre, messieurs, ce n’était pas un peu court ? Il vous restait encore dix minutes de set…
18h04 : Comme chaque année, la conférence de Ben Barbaud (accompagné d’Eric Perrin, chargé de communication) était l’occasion d’obtenir quelques informations / chiffres sur cette dernière édition. Les voici en bref :
– Tous les billets seront mis en vente le mardi 9 juillet, pas de second round. D’après le festival, cette décision permet une alternance du public d’une année sur l’autre, et facilite également le booking des têtes d’affiche.
– Les premiers groupes de l’édition 2025 devraient être annoncés en octobre / novembre.
– Le budget de cette édition 2024 approcherait des quarante millions d’euros.
– Le Hellfest, c’est approximativement soixante-dix mille personnes par jour sur le fest : soixante mille festivaliers plus dix mille bénévoles, staff et invités.
– Vu le succès du Hellfest Kids, une pérennisation de l’évènement est envisagée.
– Le Hellfest reconnaît devoir être au rendez-vous sur plusieurs sujets majeurs de société et déclare vouloir rattraper son retard. Une personne a notamment été embauchée pour travailler spécifiquement sur ces enjeux (écologie, sécurité sur le site du festival, etc.) L’année 2024 servira notamment à collecter un maximum d’informations sur le volet impact environnement de l’évènement. Ben Barbaud et Eric Perrin annoncent vouloir désormais plus et mieux communiquer.
17h52 : FRANK CARTER AND THE RATTLESNAKES/Mainstage

Frank Carter et ses serpents à sonnette peuvent remercier Simple Plan d’avoir permis à la sécurité de s’échauffer un peu, car l’enfant terrible du punk anglais (et il y a de la concurrence) est en grande forme. L’effort consenti par le frontman pour attendre la fin de la première chanson avant d’aller se perdre dans la fosse doit être considérable et mérite d’être souligné. Et si on admire les prouesses vocales en équilibre précaire sur les bras levés des festivaliers, force est de reconnaître que la musique de Frank Carter & The Rattlesnakes est moins mémorable que les facéties permanentes de son chanteur. Le groupe en semble d’ailleurs parfaitement conscient, au point de ne pas hésiter à faire de longues pauses pour lui permettre d’organiser un moshpit « ladies only », de faire asseoir la totalité du public ou de réclamer « le plus gros circle pit du putain de Hellfest » (mais qu’ont-ils tous avec les concours de la plus grosse, cette année ?). « On n’est pas venus au Hellfest pour faire des prisonniers », prévient Frank Carter, et on le croit sur parole ; il est heureux que le groupe se produise en Mainstage et non sur la Warzone, car dans le cas contraire, il y aurait sans doute des morts à déplorer. Au final, la performance des Anglais s’est révélée spectaculaire, au sens premier du terme. Néanmoins, le spectacle ne fait pas tout, et lorsque la musique passe au second plan, on est en droit de se demander combien de temps il pourra continuer avant que le public ne se lasse…
17h20 : Retour sous une Valley folle avec des reports de Chelsea Wolfe, Mr. Bungle, Julie Christmas, Brutus, Përl, Spotlights, Heriot et Dool !
16h45 : SHADOW OF INTENT / Altar
Première venue en terre clissonnaise pour les Américains de Shadow Of Intent. Si le groupe ne bénéficie pas d’une hype aussi grande que Lorna Shore, fer de lance incontesté de cette mouvance deathcore moderne, il en a au moins le même niveau technique. Pourtant il règne une certaine attente sous le chapiteau de l’Altar, et ce n’est pas seulement pour profiter de l’ombre. S’étant déjà fait remarquer en France du côté du Motocultor l’année dernière, le quatuor commence doucement à se faire un nom par chez nous. La preuve en est : la fosse se met à furieusement remuer dès l’entame du set. De nouveau, le son de l’Altar est suffisamment correct pour permettre de se rendre compte de la virtuosité des musiciens, et particulièrement du batteur Bryce Butler qui impressionne par son jeu de double ultra rapide et précis. Il est d’ailleurs équipé d’une caméra fixée sur son torse, signe qu’on pourra très certainement le voir à l’œuvre dans une vidéo drum-cam qui devrait être assez parlante. Parallèlement, le chanteur envoie ses growls et ses screams sans le moindre effort. Côté public, plus le concert avance et plus l’intensité monte. Circle pits d’une part, marée de slammers d’autre part… et souvent les deux en même temps. De leur côté, gratteux et bassiste alternent riffs épiques à vitesse grand V et breakdowns tonitruants très signés deathcore, posant à l’occasion quelques backings vocaux en chant clair qui apportent une petite touche plus metalcore. Il est d’ailleurs étonnant de voir que le groupe tourne avec un seul guitariste, quand on connaît la complexité de leur musique sur album et le travail sur les guitares. Il y a fort à parier que la majorité du public n’y voit que du feu et s’en tient à profiter de la puissance sonore. Ce n’est peut-être pas la sensation Lorna Shore de l’année passée sous ce même chapiteau, mais la prestation est sacrément solide et donnera lieu à un wall of death assez massif. Décidément, au milieu de toute cette scène deathcore trop souvent peu inspirée, Shadow Of Intent parvient à tirer son épingle du jeu, que ce soit en studio ou en live.
16h00 : YOTH IRIA / Temple
15h25 : SIMPLE PLAN / Mainstage 2

C’est quand même fou de se dire qu’un groupe de pop punk adolescent rassemble autant de monde aussi tôt dans la journée ! Et pourtant, dès les premières notes de la bande originale de Star Wars, c’est un public bien rajeuni de plusieurs dizaines d’années qui se réjouit de l’arrivée sur scène de nos « cousins québécois de Montréal » comme aime à l’annoncer un Pierre Bouvier sur qui le temps n’a visiblement pas d’effet. À entendre les titres au sujet de « teenage love » s’enchaîner et à voir à quel point le public réagit bien, on pourrait presque se demander pourquoi la jeunesse actuelle ne s’intéresse pas plus à la formation. S’ensuivent des reprises de Smash Mouth, Avril Lavigne ou encore The Killers connues de tous, et c’est ainsi que Simple Plan a signé l’arrêt de mort de la sécurité qui s’est mangé des slammers en flux continu jusqu’à la fin du set. La tant attendue « What’s New Scooby-Doo? » résonne et le retour en enfance complet de la foule est atteint. À cela s’ajoute le bain de foule de Chuck Comeau bien décidé à sortir un peu de derrière sa batterie et à faire des high five à quiconque croisera sa route. En résumé, bien que peut-être critiquée, la venue des Québécois était grandement rafraîchissante !
14h37 : NOVA TWINS / Mainstage 1

Scowl succède à leurs camarades de Gel sur la Warzone. Dans une prestation assez complémentaire de leurs compatriotes du New Jersey, Scowl aime mélanger son hardcore 80’s frontal avec aussi bien de l’horror punk que du grunge. Les Californiens n’ayant qu’un seul guitariste, le bassiste a fatalement une grosse influence sur les compos et celui-ci fait forte impression grâce à sa prestance et ses intros pleines de punch. Mais celle qui attire les yeux de tous, c’est bien la frontwoman Kat Moss (oui, oui) qui charme le public avec ses cheveux fluo, ses gants blancs en dentelle et ses chorégraphies improvisées telle une magical girl de la bagarre (merci Adrien pour l’expression). Avec ce look qui aurait fait plaisir à Siouxsie And The Banshees, elle alterne avec facilité accents gutturaux et chant haut perché façon riot grrrl. Il ne fallait pas se laisser berner par l’apparence frivole de la chanteuse : la fin du concert se mue en brutalité sans nom et l’agressivité est montée de cinq crans sans prévenir. Après tout elle l’avait donné en indice en début de concert avec cette sommaire déclaration : « Fuck around and come find out ! »
Après une entrée en matière vaporeuse, les membres de Dool accrochent la Valley avec leur rock teinté de mélancolie et de pugnacité. Leur son ne repose pas sur un torrent de distorsion pour évoquer la noirceur et le tourment, mais plutôt autour d’un crunch parfois opulent (trois guitares quand même, faut pas déconner) qui permet des respirations aériennes portées par le chant souvent parlé de Raven Von Dorst. Ici, des riffs « autoroute » quasi punk sont ponctués par des arpèges alambiqués, des riffs post-metal côtoient des parenthèses intimistes. Dans la fosse on écoute docilement, on ondule parfois sur les appuis massifs basse/batterie, on opine du chef en essayant de mâcher ses frites. Pas de doute, on est bien à la Valley en train de planer. Conscient du peu de temps qu’il leur est alloué, le frontman remercie l’audience et passe l’accord de ne pas abuser de communication pour laisser parler leur musique, ce qui emporte sans attendre l’adhésion de l’assemblée. Une belle synthèse portée par un chanteur charismatique dans sa vulnérabilité n’a pas laissé le Hellfest insensible. Nul doute que Dool vient de convertir bon nombre d’adeptes en matière de musique émotionnelle et hargneuse.
12h50 : GEL / Warzone
Quand le groupe Gel débarque, c’est d’abord une surprise visuelle. Cheveux roux satinés ou blond platine, guitares crème et vert pastel, robe blanche, t-shirt Dropdead rouge… ce n’est pas souvent qu’on voit autant de couleurs qui pètent sur la Warzone. Ce qu’on reconnaît plus par ici, c’est le hardcore. Celui de Gel est primal, hérité des Bad Brains et de Black Flag, sans rajout intempestif de metal ni de moshpart ultra codifié mais avec les influences Bikini Riot remises au goût du jour. Le batteur s’accorde tout juste quelques fantaisies rythmiques mais dans l’ensemble les plans sont un modèle de simplicité et d’efficacité. La voix rauque et l’énergie de la chanteuse font le taf, et d’ailleurs respect à elle pour avoir parcouru la scène de long en large en Crocs talons compensés avec une stabilité irréprochable. Les trente minutes passent en un éclair sous le beau ciel bleu retrouvé de ma belle Warzone et se terminent par une timide demande de circle pit sur le dernier morceau, évidemment le plus rageur.
12h47 : PENSEES NOCTURNES / Temple
Peut-être que certains pourraient penser qu’un trombone, un accordéon, un piano, du black metal et cinq mecs qui vous gueulent dessus, c’est un peu beaucoup à l’heure du déjeuner. Ce n’est pas le cas de Pensées Nocturnes qui a fait son entrée sur un sample de « Douce France » digne d’un disque abîmé par le temps. Loufoque et déjanté, Pensées Nocturnes est sans doute la bande-son idéale de la gueule de bois que se tapent actuellement un bon nombre de soulards de la veille. Comme lors de son dernier passage, la Temple est bien pleine pour accueillir le groupe qui se présente toujours dans le cycle de Douce Fange, pavé burlesque qui parlera aux adeptes d’expérimentation et de dingueries musicales. A l’instar de Mr. Bungle la veille, Pensées Nocturnes s’amusent à vous vomir dans le cerveau, avec une mélancolie et une décadence supplémentaires dans le fond… Le public sera de son côté bien réceptif, en particulier sur les titres de Grand Guignol Orchestra qui les avait révélés au-delà de la scène underground. Le groupe qui lance son grand bordel organisé est aidé par un son particulièrement bon, même si un micro semblera un peu plus faiblard que les autres, le tout sera étrangement équilibré et compréhensible. « Ça va, la piqûre est bonne ? » balancera le frontman aux nombreux déviants venus l’applaudir… Les nombreuses mains levées et les mouvements de foule semblent lui répondre « un peu mon neveu ! ». Encore une prestation franchement réussie pour Pensées Nocturnes et sa musique sûrement imbitable pour le commun des mortels.
12h43 : HIGH ON FIRE / Mainstage 1

12h10 : DESTINITY / Altar
Nous connaissons bien les Lyonnais de Destinity et nous savons que leur passion pour le death metal est sans faille… Se produire sur la prestigieuse scène qui a accueilli tant de groupes est un honneur et une chance qu’ils ont bien saisie pour foutre le dawa. Ce concert est également pour eux l’occasion de présenter leur nouveau claviériste, qui apporte une vraie plus-value à la performance en affirmant encore plus le virage plus mélodique entrepris il y a de nombreuses lunes maintenant. « Bon, ça va, il y en a qui aiment le death mélo alors ? On avait un peu peur, car aujourd’hui ça tartine quand même… », lancera le chanteur Mick au public qui a déjà exécuté quelques circle pits pour lui prouver son affection. Destinity n’aura pas besoin de beaucoup d’artifices pour rendre sa prestation convaincante, même s’il s’équipe tout de même de quelques petits lanceurs de fumées, réussissant visiblement à capter de nouveaux adeptes. Pour les connaisseurs, ils ont aussi de la matière avec la chanson « Black Sun Rising » qui avait eu son petit succès en son temps. Le groupe a prouvé avec son énergie communicative que les festivaliers du Hellfest « en avaient encore sous le pied » pour reprendre l’expression du frontman. Destinity ça requinque pour la journée. Un peu comme le café-calva au petit déjeuner.
12h11 : Et voici notre entretien avec Tsar !
12h09 : HERIOT / Valley
Second groupe de la matinée pour la Valley et ses aficionados matinaux, Heriot s’aventure violemment dans un mélange hardcore/death qui a le mérite d’être agile et captivant. Résolument agressif, le groupe invoque un circle pit dès le second morceau, ce qui n’est pas sans provoquer surprise et amusement dans la masse. Mais qu’à cela ne tienne : un joyeux tourniquet très cordial se forme pendant quelques minutes avant de s’évanouir paisiblement. Voix écorchée flirtant avec le black metal, guitares hyper âcres : du décapage auditif manu militari. Côté son, disons qu’il faut aimer ne pas tout discerner et se laisser malmener par cette déferlante abrasive. Certaines incursions plus « sludge » font cependant la part belle à un duo basse batterie très savoureux et quelques lignes de chant plus éthérées qui amènent un contrepoint pertinent. Pour sa première venue en France, on sent que le groupe anglais met le paquet pour défendre son identité violente et invective probablement trop tôt le public, semblant parfois en décalage avec l’ambiance encore cotonneuse de la Valley. Il faudra attendre les dix dernières minutes du set pour observer un réel apprivoisement de leur musique par l’audience qui finit par manifester beaucoup d’enthousiasme sur les riffs les plus puissants et les plus lourds. Une première rencontre chahutée donc, mais qui a le mérite d’avoir présenté des musiciens incarnés, à l’image de la frontwomen qui porte avec férocité ses parties guitares, son chant clair, son scream, et la communication avec les festivaliers.
11h38 : SANG FROID / Temple
C’est l’heure de l’after party sous la Temple… Oui, même à 11h du matin. Sang Froid parle aux nighters, ceux qui dansent nonchalamment en regardant le sol et qui portent des lunettes de soleil au milieu de la nuit. On savait que la coldwave et les dérivés goth et post-punk avaient leur place sur cette scène au vu des succès des concerts des éditions précédentes. Les Nantais ne font pas exception en amassant pas mal de monde aussi tôt pour provoquer les premières danses mélancoliques tout en douceur. Le son est impeccable et on s’amuse avec T. et JJ sur scène dans cette posture et ce style en repensant évidemment à leur autre groupe, Regarde Les Hommes Tomber, dans un tout autre style… Sang Froid n’a que des hits nostalgiques à proposer et la sauce prend très bien, le public répondant de sa présence en clappant frénétiquement. Évidemment qu’on en voudrait plus, mais on attendra de les voir en salles obscures pour une nouvelle promenade nocturne en leur compagnie.
Notre entretien avec Sang Froid :
11h02 : BAD SITUATION / Mainstage 2
Nous n’aurons eu le temps d’assister qu’au dernier quart d’heure de Bad Situation, mais le duo semble l’avoir eu sous contrôle. Malgré la taille de la Mainstage, Aziz Bentot et Lucas Pelletier occupent la scène avec aplomb et complicité. On regrettera que le son soit un peu déséquilibré, mettant très en avant la basse samplée et les cymbales, laissant la guitare en second plan. Qu’importe, on imagine que pour les bad boys, ouvrir ce dimanche quand leur principale influence (Foo Fighters) la conclut doit être un sacré marqueur de vie.

































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