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Hellfest 2024 : fil rouge de la journée du jeudi 27 juin


Hellfest 2024 : nous y voilà ! De Foo Fighters à Fu Manchu en faisant une halte par Brutus ou Brujeria, cette dix-septième édition promet comme ses aïeules son lot de découvertes et de moments mémorables, le tout sous une météo qui s’annonce plutôt clémente ! Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration ces quatre jours de festivités avec, petite nouveauté, quelques reports audio pour varier les plaisirs. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de festivaliers et festivalières arpentant le sol clissonnais, il est très probable que les photos, vidéos et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Bonne lecture !

02h07 : ENTER SHIKARI / Warzone

On peut sans aucun doute considérer Enter Shikari comme le groupe le plus coloré de ce jeudi en Warzone, si ce n’est du week-end. Des couleurs musicales tout d’abord, variées et mélangées parfois même au sein d’un seul titre, allant du rock à l’électro, puis au post-punk, en passant par la drum’n’bass, et incorporant parfois même quelques codes bien reconnaissables de la scène metalcore. On nous a servi de tout. Des couleurs, il y en avait aussi visuellement sur scène, énormément, avec déjà un jeu de lights bien travaillé, mais aussi avec l’intégration de gros blocs LED venant illustrer le propos de leur musique qu’on pourrait dire assez barrée. Pour une fois, l’heure n’est pas vraiment à la bagarre en Warzone, mais plutôt à l’enjaillement et à la danse. Et ça marche. Dans une atmosphère très positive et rafraîchissante, le public se lance, embarqué dans ce spectacle musical et un brin théâtral que propose le quatuor. Le frontman a une énergie folle et n’hésite pas à carrément rejoindre la fosse pour profiter d’un vrai moment de communion avec les festivaliers, notamment lorsqu’il annonce un titre portant sur « the LGBT experience ». Des couleurs, plein de couleurs on vous a dit ! Et le tout dans une qualité sonore impeccable. Après les nombreux concerts baston de la journée, le set d’Enter Shikari fait un bien fou et clôture la journée en beauté, nous laissant sur un simple sample d’oiseaux chantonnant en guise d’outro. Au top !

02h04 : DROPKICK MURPHYS / Mainstage 2

Double hommage à la très regrettée Sinéad O’Connor et au combat des petites nations pour leur indépendance avec la chanson d’introduction au set de Dropkick Murphys, même si on ne peut pas dire que « The Foggy Dew » et son texte tragique annoncent la couleur du concert. Ce classique irlandais à la gloire de l’Easter Rising constitue en effet le seul moment de calme et d’introspection d’un concert survitaminé comme la bande de Boston en a le secret. Sans surprise, « The Boys Are Back » ouvre les hostilités, et on remarque d’emblée le gros trou en forme de Al Barr au milieu de la scène. Toujours en congé sabbatique pour raisons familiales, le chanteur à la casquette laisse son comparse Ken Casey sur le devant de la scène, et même si celui-ci couvre les parties manquantes avec brio, soutenu à l’occasion par les chœurs du reste du groupe, les aigus énervés de Al (sans parler de son charisme scénique) forment une part non négligeable du son de Dropkick Murphys et leur absence se fait sentir.

Mais ce n’est pas une raison pour mettre les deux albums acoustiques sortis pendant le congé de Al au centre de la setlist : DKM, ce sont non seulement des pros, mais aussi des vétérans, qui ont très bien compris que le boulot du deadliner consiste à maintenir le public éveillé avec des titres connus et enjoués. D’où une impressionnante succession de tubes (de « Johnny I Hardly Knew You » à « The Irish Rover », en passant par « The Hardest Mile » ou « Rose Tattoo »), qui transforme rapidement la setlist en best of absolu. Les pyros sont de sortie, Casey descend de scène pour serrer des mains, accordéoniste et sonneur ont droit à leur moment de gloire, bref, tout est réuni pour que le public n’ait pas à regretter d’être resté debout. La fête se conclut avec un petit « Shipping Up To Boston » (tout à la fois prévisible, indispensable et redoutablement efficace) et une pluie de confettis verts et blancs qui rappellent le thème de la soirée à ceux qui n’ont pas suivi. Devant la Mainstage, les écrans géants renvoient un océan de visages réjouis. Dropkick Murphys a la bonne humeur contagieuse, et c’est sans doute l’un des secrets de sa longévité.

01h04 : AVENGED SEVENFOLD / Mainstage 1

Après s’être placée numéro un du top 50 des sorties de l’année 2023 de Radio Metal, la bande de M. Shadows semblait assez attendue en terre clissonnaise. Une arrivée simple, avec un chanteur méconnaissable car assis et cagoulé mais présentant une voix qui ne trompe pas : certes elle a perdu de sa splendeur mais son propriétaire facilement identifiable dès les premières notes semble en pleine forme. Dès le départ, les écrans géants sont habillés d’animations faites en direct sur les images tournées des artistes et il faut reconnaître le niveau de travail mis en place. Le public, friand d’une setlist alternant titres anciens et nouveaux, certainement agencée ainsi pour faciliter le travail de M. Shadows, n’hésite pas à le seconder pour scander en puissance les refrains les plus connus. Les échanges seront d’ailleurs fréquents entre les deux camps. Juste avant de lancer « Hail To The King », le chanteur annonce qu’il a eu la chance de voir plus tôt dans la journée Megadeth, son groupe préféré, et que cette chanson leur est dédiée. En milieu de set, dans la continuité d’une organisation presque à l’ancienne de la formation expérimentée, le batteur Brooks Wackerman prend le temps d’offrir un petit solo de batterie, qui n’est pas pour déplaire au public. Synyster Gates, lui, en plus de ses solos de guitare techniques, appuie régulièrement son leader au chant, formant ainsi un duo voix claire/voix… éraillée plutôt fonctionnel. C’est sur « Cosmic » que ces quatre-vingt-dix minutes énergiques se terminent en beauté, avec un jeu de lasers impressionnants accompagnant un écran de fond de scène aux allures et motifs psychédéliques. Certes on a pu connaître la Mainstage 1 plus bondée, mais le travail bien mené des Américains aura su raviver de bons souvenirs dans le cœur de certains.

00h02 : SHINING / Temple

23h58 : THURSDAY / Warzone
Ils étaient frais sur Myspace en 2004. Que sont-ils devenus ? Thursday, c’est une ancienne gloire de l’emo punk du début des années 2000, qui a splitté en 2011, ne réapparaissant que durant d’éphémères shows de reformations depuis. 2020, le groupe reprend pour de bon, d’abord en prenant la route – ce qui nous permet de les revoir en France après vingt ans d’absence – et aussi en apportant de nouveaux morceaux. Le groupe arrive et une légère inquiétude traverse le public. Est-ce que la bande de cheveux gris au look de bon père de famille de suburbs irréprochable est vraiment Thursday ? Dès le premier morceau, le doute est levé. Qu’il est bon de retrouver le cocon douillet de l’emo punk, avec ses mélodies emblématiques au rythme syncopé et ses breaks hérités du punk rock californien !

Malgré les années, Geoff Rickly conserve son timbre de voix si particulier en chant clair et arrive encore à surprendre sur les hurlements. C’est un vrai plaisir de retrouver les refrains scandés, en particulier sur des titres comme « Signals Over The Air ». Soyons factuels : le public est un peu clairsemé mais, pour comparer à un groupe du même style, bien plus nombreux que pour Touché Amoré il y a deux ans sur la même scène (c’est con, vous auriez dû venir, c’était trop bien). Mais l’ambiance est très bonne, grâce au sourire communicatif du groupe, qui s’autorise des passages heavy bien sentis. « Application For A Dream », premier morceau composé par Thursday depuis treize ans est bien accueilli malgré son léger manque d’aspérité. Certains vieux titres ont été retravaillés dans un effort introspectif, rappelant les derniers albums d’Envy dans leur intro et leur énergie – on invitera les curieux à écouter le split culte Thursday / Envy de 2008. Le concert se termine sur les deux tubes « Understanding The Car Crash » et « War All The Time », non sans que le groupe ait évoqué son dégoût du génocide en cours en Palestine.

23h28 : LANDMVRKS / Mainstage 2

Si le Hellfest croit en Landmvrks pour remplacer au pied levé Bad Omens, qui rejoint donc les rares groupes français qui ont pu jouer sur les planches de la Mainstage après 22h avec Carpenter Brut, Mass Hysteria et bien sûr Gojira, c’est sans doute qu’il y a une bonne raison. Si vous êtes passés à côté du phénomène en raison de votre âge avancé, on vous résume l’affaire : le jeune groupe français a explosé les compteurs d’écoutes ces dernières années, cette même formation qui jouait il y a deux ans sur la Warzone bien plus tôt dans la journée. Que l’on soit client ou non de cette nouvelle vague de metalcore, il faut bien reconnaître que Landmvrks le pratique remarquablement bien. Le leader Florent Salfati excelle aussi bien dans le chant clair, pour un titre solennel comme « Suffocate » ou sur les passages plus calmes dans les titres tempétueux du groupe, que lorsqu’il faut chercher un growl du fin fond de l’estomac pour écraser l’audience, sans parler de sa technicité impressionnante quand il s’agit d’accélérer sur le chant façon rapcore. Appuyé par de la pyrotechnie et un show de lumières qui les met en valeur alors que la nuit tombe, la formation déploie son esthétique et son énergie avec une certaine aisance. Le public chante, danse, se lance dans des circle pits et exécute un wall of death (réussi, cette fois-ci) pour répondre massivement au rendez-vous pris en les plaçant si haut sur l’affiche. L’année dernière, Architects et Parkway Drive ont retourné la foule, et ce soir c’est Landmvrks qui prouve qu’il a une stature de nouveau gros nom dans le metalcore. Respect messieurs, et comme le précise l’écriteau d’une spectatrice au premier rang : « c’est Marseille bébé ».

23h02 : Asinhell marque le retour du death metal sur la Mainstage, sobriété et lourdeur pour Morne, la révélation Thrown en Warzone, la danse mélancolique de (dolch), la théâtralité d’Ice Nine Kills et le wall of death le plus long du monde pour Slaughter To Prevail…

22h49 : DARK TRANQUILITY / Altar
Voir le nom de Dark Tranquillity sur l’affiche du Hellfest, non seulement c’est devenu une habitude, mais c’est aussi l’assurance d’un bon voire très bon concert en perspective. Forts d’un line-up remanié, toujours autour des deux piliers historiques Martin Brändström et le frontman Mikael Stanne, les Suédois bénéficient d’un créneau d’une heure pour rappeler à tous leur statut de boss du melodeath made in Göteborg, et cette fois sans problème de logistique (rappelez-vous). On sait que le prochain opus Endtime Signals arrive très prochainement, donc on pouvait facilement imaginer quelques nouveautés se faire entendre sous l’Altar, histoire de prendre la température auprès du public avant une tournée en bonne et due forme. Pas manqué, les trois singles sortis à ce jour seront joués. Évidemment, on aura droit à des classiques, tels que « Therein », « Lost To Apathy » ou « Atoma », mais aussi à des morceaux qui se faisaient plus rares en live comme « Nothing To No One » ou même l’excellent « Hours Passed In Exile » qui a dû en ravir plus d’un. Niveau communication avec le public, c’est toujours aussi magique : Mikael Stanne n’a qu’à se tenir devant la scène et arborer son plus beau sourire en fin de morceau pour que des clameurs franches résonnent de longues secondes sous le chapiteau de l’Altar. On sent un vrai amour durable entre DT et le public français. Et comment clôturer ce set ? Avec un méga hit, évidemment, la cerise sur le gâteau, le célèbre « Misery’s Crown ». Le seul petit bémol à ce concert viendra de la qualité du son, pas forcément au rendez-vous comme souvent en Altar/Temple. Mais peu importe, la prestation est une réussite de plus auprès de l’audience du Hellfest qui l’aura bien fait savoir aux musiciens.

21h58 : MEGADETH / Mainstage 1

21h52 : CRYSTAL LAKE / Warzone
C’est le premier clash de cette édition 2024 sur Hellfest: Il n’y a que deux groupes japonais à l’affiche, mais il a fallu qu’ils passent en même temps. Pendant que Baby Metal formait de nouveaux disciples sur la Mainstage 2, les coreux de Crystal Lake investissent la WarZone. Au vu du monde présent, le groupe nippon est vraiment attendu même si les fans déplorent le départ du chanteur emblématique (mais pas originel) Ryo Kinoshita en 2022 pour maladie, remplacé par l’Américain John Robert Centorrino. D’emblée, le son est massif et d’une netteté impressionnante pour la Warzone ; il est probable que la scène dédiée au hardcore ne verra rien d’aussi maîtrisé de tout le weekend. Tout sonne parfaitement clair, que ce soit sur les grosses montées d’adrénaline à base de metalcore à moshpart bien lourd ou les compos plus techniques mêlant habilement gros blast et beatdown ; même les incursions électro indus se fondent parfaitement au son global du groupe.

Bien sûr, la prestation de Centorrino était scrutée. Pas de doute, c’est un bon frontman, débordant d’énergie, chauffant la foule en permanence, vocalement très sûr, particulièrement sur son growl. Il respecte les figures imposées de la Warzone, demandant agressivement tous les deux morceaux un circle pit ou un wall of death. Il apparaît néanmoins un peu déconnecté du reste du groupe scéniquement parlant, couvrant systématiquement la parole du guitariste entre les morceaux, voire en décalage au niveau de l’esprit ; Il était assez drôle d’entendre le chanteur réclamer « de la violence et du putain de sang dans le pit » juste avant que le guitariste lance un « Respect each other, love music, arrigato ! » Des soucis qui pourront se régler à l’avenir. Il reste à voir quelle impulsion souhaite donner Centorrino à son nouveau groupe. Ce qui est sûr, c’est que l’énergie est présente et c’est là l’essentiel. 

21h45 : SYLVAINE / Temple

Entrée en scène plutôt statique de la formation aux multiples nationalités, sous une instrumentale planante. Le groupe est placé dos au public qui remplit finalement une bonne partie de la Temple. Armée de sa plus belle chevelure blanche ondulée telle une Targaryen norvégienne, Sylvaine semble vite conquérir un public envoûté par la setlist proposée. Les guitaristes et bassistes Florian Ehrenberg et Maxime Mouquet l’accompagnent via des chœurs qui mériteraient peut-être un peu plus d’appui, mais qui restent appréciables et qualitatifs. A propos de basse, le début du concert est marqué par un instrument résonnant fort au sein de la cage thoracique, pour lequel quelques personnes se plaindront, problème qui a été réglé rapidement. Chaque interlude est reçu par des encouragements vifs du public, qui semble un peu plus conquis titre après titre. Aussi à l’aise en voix claire qu’en scream, Sylvaine use de ses multiples facettes, y compris de son talent de guitariste. Après la sortie de scène de ses musiciens, la chanteuse offre au public une dernière surprise en guise d’au revoir via une chanson a capella mystique. L’heure de set ne semble pas avoir rassasié la temple en ce soir d’ouverture, après une journée chaude pour laquelle la fraîcheur de Sylvaine aura su être appréciée à sa juste valeur.

21h16 : BABYMETAL / Mainstage 2

20h48 : BRUJERIA / Altar
Ambiance salsa sous l’Altar lorsque résonne la chanson d’intro de Brujeria. Le public esquisse quelques pas de danse, le drapeau mexicain flotte fièrement sur la fosse et les effluves de, euh… vape saveur chanvre, dirons-nous, achèvent de planter le décor. S’il est difficile de critiquer la performance en termes d’énergie des musiciens, en revanche, le son pèche au point que les trois chanteurs ont du mal à se faire entendre par-dessus une section rythmique qui prend toute la place. Niveau spontanéité, également, on repassera : les interventions en espagnol entre les chansons semblent scriptées même quand on a fait allemand LV2, et les petits bouts de chorégraphie sont aussi naturels aux musiciens que l’honnêteté l’est aux politiciens en cette saison. Personne n’a dit que le death grind devait être plus que mononeuronal, pour reprendre une expression déjà utilisée aujourd’hui, mais c’est toujours mieux quand il ne donne pas l’impression d’être performatif. Notons au passage l’absence de l’emblématique bassiste Shane Embury, qui doit pourtant se produire avec Savage Lands quelques scènes plus loin dès ce vendredi. Un mystère peut-être expliqué pendant le concert, mais encore aurait-il fallu parler espagnol pour le savoir…

20h45 : KERRY KING / Mainstage 1

20h43 : GREEN LUNG / Valley

Green Lung, c’est une histoire épique et déjantée à chaque morceau. C’est un chanteur dont le vibrato n’a d’égal que les envolées lyriques. C’est la Perfide Albion qui cogne sévère avec un son compact mais ciselé et qui fait la part belle aux interventions de guitares et aux arrangements plus progs. Green Lung c’est une cavalcade effrénée qui prend aussi le temps de claquer un morceau intimiste qui surprend, puis des solos sucrés qui vous font demander si vous êtes à la bonne place dans votre vie. Green Lung c’est du gros rock aventureux. Difficile de ne pas adhérer en live tellement c’est accrocheur et ça raconte quelque chose d’authentique. Prenez un morceau comme « Hunters In The Sky ». Que demande le peuple à part du riffing qui dévisse les nuques et des chœurs suraigus à faire péter les cornes à bières des apprentis vikings de la fosse ? Mention spéciale au riff plombé de « One For Sorrow » qui a su fédérer la frontline de la Valley dans un headbang jouissif. Green Lung c’est un groupe qui s’amuse à cavaler dans toutes les directions, comme ça lui chante, et c’est très réussi.

19h34 : (DOLCH) / Temple

19h30 : « J’ai cru que des gens en couverture de survie traversaient la salle de presse. Mais non, il s’agit de Babymetal, arborant déjà une tenue de scène bien goldée. »

19h22 : ICE NINE KILLS / Mainstage 2

18h55 : Entretien avec Inner Landscape en direct du Hellfest 2024 sur Radio Metal !

18h49 : IMMOLATION / Altar

Est-ce la chaleur qui enflamme à ce point le public de l’Altar à tout juste 18h au premier jour du festival, ou simplement le plaisir de se retrouver à nouveau pour notre rendez-vous infernal annuel préféré ? Toujours est-il que les New-Yorkais d’Immolation n’ont rien à dire pour déclencher une honnête série de slams – et pratiquement rien à faire non plus, si ce n’est délivrer un barrage de riffs qui permet de chauffer doucement les cervicales. Entre précision métronomique du jeu et enchaînement quasi militaire des chansons, le quartet de la côte Est n’est pas là pour enfiler des perles et profite même de l’occasion pour annoncer une tournée dans nos contrées à la rentrée. Une affaire rondement menée qui a su remettre le public (et les membres de la sécurité) dans le bain avec brio.

18h47 : SLAUGHTER TO PREVAIL / Mainstage 1

Deux leçons à retenir du show de Slaughter To Prevail. À la question « peut-on se faire saigner la gueule pour prouver qu’on est un vrai Russe qui rigole pas ? » on répond oui, en se frappant le micro sur le front très fort à de multiples reprises. A celle « peut-on organiser le plus gros wall of death du monde en créant un évènement sur les réseaux sociaux plusieurs jours en avance ? », la réponse est assurément non. A moins que vous souhaitiez apporter à votre set près de dix minutes sans musique très gênantes et prouver qu’une foule ivre de bière ne sait pas vraiment s’organiser… Le wall of death sans spontanéité, ça ne marche pas.

18h38 : KHEMMIS / Valley

Il faut être adaptable pour écouter Khemmis. Jongler entre heavy/doom/black metal, c’est la spécificité de ces quatre ricains qui ne sonnent jamais faux dans leurs pérégrinations musicales. Tout y est. Des tierces enflammées, une expressivité vocale qui n’est pas sans rappeler les accents de Mike Patton, des riffs massifs qui assembleraient tout seuls une étagère Ikea : il y a forcément une friandise qui peut accrocher l’oreille. On constate cependant que le public de la Valley opine légèrement du chef, sans enthousiasme débridé, et ce malgré les multiples invectives des gars du Colorado.

18h24 : DYING WISH / Warzone

18h04 : THROWN / Warzone
Même un jeudi en ouverture à 17h15, la Warzone sait faire le plein. Il faut croire que les mecs de Thrown ont fait suffisamment de bruit auprès des aficionados de HxC pour rameuter un joli public prêt à ouvrir les hostilités sur la scène la plus prolifique en termes de mouvements de foule. Entre la batterie et les grattes, on ne sait pas trop qui est le plus lourd. Pas la basse en tout cas, qui est tout bonnement absente, les guitares se suffisant à elles-mêmes. Pas énormément de communication pendant ce concert, l’ambiance étant plus à « tenez, mangez vos dents » qu’à « allez, tous en chœur ! ». Le chanteur prendra quand même une seconde pour remercier le public de s’être déplacé aussi tôt. Ce concert est ce qu’on pourrait appeler « une petite mandale ».

18h01 : BLEED FROM WITHIN / Mainstage 2

17h57 : MORNE / Temple La dépression. L’introspection. La noirceur. Difficile d’envisager des thèmes plus séduisants pour guider les pèlerins de cette nouvelle édition du Hellfest sous le Temple. Les gars de Boston (non, pas ceux qui se baladent avec un accordéon) installent une ambiance écorchée avec sobriété, cultivant solennellement leur rapport à l’expression de la douleur. Après un premier morceau fleuve dans sa rythmique, Morne assène un riffing frontal qui commence à éveiller les cervicales pour les plus convaincus dans l’audience. La palette sonore n’est pas la plus étendue : on ne retiendra comme seul mode d’expression les guitares saturées, même si certains passages moins frénétiques réussissent à freiner leur cadence monolithique. Il faudra chercher du côté des lignes de basses pour ressentir les modulations et accéder à leur finesse émotionnelle. À ce titre, les solos sont particulièrement bien mixés avec un son imbibé d’effets qui s’impose comme vivant. Il faudra attendre le troisième titre des Américains pour accéder à un registre plus varié, un martellement toujours méthodique mais aéré de notes éparses racontant avec éloquence une détresse palpable. Le chant abrasif du frontman, bien que linéaire, cohabite aisément avec la masse sonore épaisse qui fait apparaître des rictus de satisfaction sur les visages de l’audience. On vous le dit : « La dépression, ça a du bon. »

17h21 : ASINHELL / Mainstage 1

Voilà un créneau qui fait plaisir. Pourquoi ? Eh bien parce que la deuxième bande à Michael Poulsen vient délivrer en Mainstage un genre logiquement réservé à l’Altar, à savoir du gros death old school qui tache. Il n’aura pas fallu longtemps au pit de la MS1 pour se mettre gentiment en action. Entre les passages tantôt thrashisants, parfois lourds, la mayonnaise prend auprès du public. Pas de fantaisie, pas de folie, juste cinq gaillards arborant fièrement les couleurs d’un genre qu’ils respectent – t-shirts Deicide et Bolt Thrower bien en évidence – et qu’ils jouent avec un plaisir visible sur une scène pas forcément habituée à ces sonorités-là. Belle entame de fest !

17h17 : WORMROT / Altar

Après une apparition remarquée au Rock in Bourlon la semaine dernière, le groupe de grindcore singapourien a le redoutable honneur d’ouvrir la scène Altar pour l’édition 2024 du Hellfest. Si on s’attendait à la présence du trio guitare / chant / batterie, classique chez Wormrot, la venue d’une seconde chanteuse a de quoi surprendre. La dénommée Weish, avec ses intonations vocales qui rappellent Björk et son langage corporel évoquant une transe neurasthénique qui explose soudainement dans des instants de lucidité, ajoute une profondeur à l’interprétation très in your face, style de musique oblige.

Cette voix claire a clairement poussé le groupe à adapter sa musique, et on retrouve ainsi des phases hardcore mélodiques au milieu de l’habituel déluge de saturation et de blast – notamment grâce à l’excellente prestation du batteur Vijesh. Après dix minutes de set, Weish et le chanteur Gabriel Dubko se relaient en front en mode tag team. Avec Gabriel, le set change de tonalité pour franchement se durcir, là ou Weish s’exprime entre performance lyrique hautement perchée et logorrhée incontrôlable. Si le public de l’Altar s’attendait à du grindcore mononeuronal (et grand bien lui fasse), Wormrot a livré un show avec une approche expérimentale qui n’aurait pas choqué sur la Valley, à l’image de son final post-hardcore de haute volée.

16h24 : Lancement de l’émission Radio Metal en direct du Hellfest 2024 !



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  • C’est peut-être juste que les festivaliers étaient à d’autres concerts comme moi qui n’aime pas Avenged Sevenfold.

  • Lors du concert d Avenged il n y avait pas bcp de public. Un signe de plus que les festivaliers ne sont plus des fans de metal – la plupart n y connaissent que dalle- et que le Hellfest n est plus LE festival de musiques extrêmes. Jusqu’à quand des chroniques dans radio metal ?

  • Last Train @ Trianon
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