En cette chaude soirée estivale, Jerry Cantrell a enflammé La Machine du Moulin Rouge à Paris, deux jours seulement après avoir secoué les foules du Hellfest. Porté par l’intensité de son passage à Clisson, entouré d’un groupe de haute facture avec Greg Puciato (chant, guitare), Roy Mayorga (batterie), Eliot Lorango (basse) et Zach Throne (guitare), le légendaire guitariste et cofondateur d’Alice In Chains a offert au public parisien un concert intime et puissant, mêlant morceaux de ses albums solos, dont son dernier en date I Want Blood, à des clins d’œil à son héritage grunge.
Dans une Machine du Moulin Rouge comble et surchauffée et une ambiance électrique, Cantrell a démontré une fois de plus l’étendue de son talent, entre riffs abrasifs, mélodies sombres et complicité sincère avec ses fans. Une soirée mémorable, chargée d’émotions et de distorsions.
Artiste : Jerry Cantrell
Date : 24 juin 2025
Salle : La Machine Du Moulin Rouge
Ville : Paris [75]
Les Parisiens ont clairement répondu présent à la venue de l’artiste américain. Dans cette salle à taille humaine, la légende vivante du grunge a livré bien plus qu’un concert : un moment suspendu. Cependant, petit bémol d’entrée de jeu : les voix sont sous-mixées et la batterie très présente. L’anomalie sera corrigée en cours de route. Cantrell, lunettes noires vissées sur son visage qu’il lâchera trois morceaux plus tard, a ouvert les hostilités avec « Psychotic Break », installant d’emblée une atmosphère lourde et hypnotique. Puis, sans prévenir, les premiers accords de « Them Bones » ont déchaîné le public, cri d’une époque gravée dans les chairs de tous les fans de feu Layne Stayley et d’Alice In Chains. Le groupe enchaîne sur des titres de l’artiste solo, comme « Vilified », « Afterglow » et « Atone » qui se sont succédé avec une puissance émotionnelle saisissante, entre introspection et déflagration sonore.
Chaque chanson est une confession, portée par le duo de voix Cantrell / Puciato appuyé par Throne, son guitariste. L’audience, possédée par la setlist, s’abreuve de chaque note. Avec « Sea Of Sorrow », le fantôme d’Alice In Chains planait, et les visages s’illuminaient de souvenirs. Cantrell prend le temps d’échanger avec son public et le remercie. Vient le tour de deux extraits de l’album Boggy Depot avec « Cut You In » et « My Song », deux perles électriques ravivant l’énergie du rock des années 90 en plein cœur du XXIe siècle.
« Off The Rails » a marqué un tournant dans la soirée. Nerveux, tendu, presque urgent, ce dernier a plongé la salle dans une transe électrique, entre chaos contenu et mélodie entêtante. Juste après, « I Want Blood » est envoyé comme un coup de poing. Porté par la batterie implacable de Mayorga, ce titre a libéré une rage sourde, presque cathartique. Quelle puissance scénique ! Cadeau de la soirée : le « No Excuses » d’Alice est joué pour la première fois de la tournée. Un véritable frisson parcourt les spectateurs. Le guitariste blond et sa bande sont généreux avec différents autres extraits de ses albums solos. Fin du set, avec le classique « Would? » qui baigne La Machine du Moulin Rouge dans une émotion brute. L’ombre de Staley n’était jamais loin.
Jets de médiators, le groupe sort de scène. Ambiance stade de football hurlant « Jerry, Jerry ». Les musiciens reviennent avec le furieux « It Ain’t Like That », l’apaisant « Brighten » avant qu’un autre classique, le planant « Rooster », dans une version bouleversante et déchaînée, ne vienne clore cette belle soirée. Jerry Cantrell ne se contente pas de jouer : il raconte, se livre, invite à la résonance. Ce soir, à Paris, il a prouvé que, bien plus qu’un pilier du grunge, il était un artiste accompli qui sait hypnotiser son public.
Setlist (source setlist.fm) :
Psychotic Break
Them Bones (Alice In Chains)
Vilified
Afterglow
Atone
Sea Of Sorrow (Alice In Chains)
Cut You In
My Song
Off The Rails
I Want Blood
No Excuses (Alice In Chains)
Between
Angel Eyes
Had To Know
Would? (Alice In Chains)
Rappels :
It Ain’t Like That (Alice In Chains)
Brighten
Rooster (Alice In Chains)






























Très belle chronique.
Elle me donne des frissons tellement l’émotion est fort bien retranscrite.
Jerry Cantrell est l’un des très grands musiciens qui ont porté le rock à son apogée.