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Live Report   

Judas Priest / Saxon : rendez-vous avec un demi-siècle de metal


Deux ans après la tournée 50 Heavy Metal Years célébrant les cinquante ans du groupe, qui proposait un « meilleur de » Judas Priest, le mythique groupe anglais revient en France pour une tournée mondiale, intitulée Metal Masters 2024, pour défendre son nouvel album, Invincible Shield. Cette date lyonnaise se situant sur la fin de la première partie européenne de la tournée commencée le 11 mars à Glasgow, avant un départ du groupe aux Etats-Unis pendant un mois puis un retour en Europe avant l’été.

« C’est peut-être la dernière fois qu’on les voit… » Cette réflexion entendue dans la longue queue de fans patientant avant d’entrer dans la Halle Tony Garnier de Lyon est forcément partagée par beaucoup de fans ce soir. Logique quand on va voir un groupe fondé en 1969, il y a donc… cinquante-cinq ans ! La moyenne d’âge du public ce soir est donc forcément assez élevée, autour des cinquante ans probablement, même s’il y a aussi pas mal de jeunes, notamment des filles.

Artistes : Judas PriestSaxon
Date : 5 avril 2024
Salle : Halle Tony Garnier
Ville : Lyon [69]

Peut-être pour mieux coller au nom de la tournée – Metal Masters 2024 –, c’est Saxon qui a été choisi pour assurer la première partie de Judas Priest. Une aubaine pour les fans de voir un autre combo légendaire du heavy metal anglais, membre de la célèbre New Wave Of British Heavy Metal au tout début des années 1980 avec notamment Iron Maiden et Def Leppard. Même si une énorme foule est encore dehors à attendre la fouille pour pouvoir rentrer quand Saxon démarre à l’horaire prévu, à 19h30. Malgré tout, la Halle Tony Garnier est déjà bien remplie dans une configuration importante.

Sur les sept premiers morceaux joués, Saxon va en piocher quatre dans son nouvel album Hell, Fire And Damnation. Le son est bon et le groupe en forme, emmené par son chanteur emblématique, Biff Byford, très en voix, à 73 ans. L’évènement, c’est aussi la présence sur scène de Brian Tatler, le leader de Diamond Head, autre combo référentiel de la NWOBHM. Très à l’aise et jovial, Biff demande notamment son âge à un enfant qui suit le concert dans les premiers rangs de la fosse assis sur les épaules d’un adulte avec un casque sur les oreilles. La relève est assurée en tout cas !

A mi-concert, le chanteur va aussi commencer à jouer avec le public en demandant régulièrement quelles chansons il veut entendre avant de proposer lui-même les tubes des premiers albums du groupe, qui vont bien sûr tous suivre ou presque : « Heavy Metal Thunder » (choisi ces dernières années par Metallica comme intro à ses concerts), « Dallas 1 PM », « 747 (Strangers In The Night) », « Wheels Of Steel »… Puis, comme à son habitude sur cette tournée, lors des derniers titres, Biff se saisit de son téléphone pour filmer le public en direct, en lançant à la salle : « Je fais un Facebook Live ! Lyon, le monde entier vous regarde ! » Avant de terminer par « Princess Of The Night ». Un très bon concert pour ce grand nom du metal.

Setlist :

Intro : The Prophecy
Hell, Fire And Damnation
Motorcycle Man
Sacrifice
There’s Something In Roswell
And The Bands Played On
Madame Guillotine
Heavy Metal Thunder
Strong Arm Of The Law
Crusader
Dallas 1 PM
747 (Strangers In The Night)
Denim And Leather
Wheels Of Steel
Princess Of The Night

Après à peine une demi-heure de pause, le célèbre « War Pigs » de Black Sabbath est craché par les enceintes. Après à peine un couplet puis un refrain chantés par Ozzy Osbourne, le titre s’arrête pour laisser place à la musique d’introduction pleine d’emphase de Judas Priest. Puis ce sont les premières mesures de « Panic Attack », morceau d’ouverture d’Invincible Shield, alors que le groupe est encore caché derrière un gigantesque drapeau déroulant un texte guerrier faisant référence au nouvel album. Le drapeau tombe et on découvre le quintette, évidemment tout de cuir vêtu, rassemblé devant la batterie de Scott Travis. Le groupe prend alors tout le monde par surprise en enchaînant « You’ve Got Another Thing Comin’ », « Rapid Fire » et « Breaking The Law » ! Trois de ses plus grands classiques joués donc dès les quatre premiers titres.

Le public est évidemment ravi par cette entrée en matière tonitruante d’un groupe en pleine forme. Ce qui frappe, c’est que, grâce notamment à la présence de deux guitaristes bien plus jeunes – Richie Faulkner, quarante-quatre ans, et Andy Sneap, cinquante-quatre ans – on n’a pas du tout l’impression de voir un groupe créé il y a un demi-siècle.

Le Priest va ensuite enchaîner avec une set-liste variée, y compris deux autres extraits du nouvel album, qui passent aussi parfaitement l’épreuve de la scène : « Crown Of Horns » et « Invincible Shield ». Le groupe a sa disposition habituelle en concert : l’inamovible Ian Hill à la basse reste au fond sur le côté droit de la scène (vu du public) ; devant lui, il y a le « nouveau venu », le guitariste Andy Sneap, également producteur du groupe ; le guitariste soliste Richie Faulkner est à gauche ; tandis que Rob Halford se déplace sur tout le front de scène. Un Metal God qui assure toujours autant vocalement, même si sa voix est parfois un peu perdue dans le mixage. Halford qui, lorsqu’il ne chante pas, aime bien tenir son micro à l’envers dans sa main pour battre la mesure pendant les chansons. Tandis que le fameux symbole du groupe descendra du plafond à plusieurs reprises.

Comme d’habitude, avant de lancer son intro de batterie mythique sur « Painkiller », Scott Travis prend la parole pour annoncer d’abord que le public lyonnais est l’un des meilleurs qu’il a vus sur cette tournée (sincérité ou démagogie ? Impossible à savoir, il faudrait déjà voir si Travis répète cette phrase chaque soir !), puis annonce un invité surprise pour les rappels. On pense alors forcément à une jam avec Biff Byford. On fait fausse route… Avant ça, Rob Halford parvient à atteindre les notes suraiguës de « Painkiller », et pour ce faire, il s’oblige à rester immobile durant la totalité de son chant sur ce morceau, tout en étant… plié en deux ! Une image impressionnante.


C’est ensuite déjà l’heure des rappels avec d’abord « Electric Eye » puis « Hell Bent For Leather » sur lequel Halford rentre bien sûr en scène sur sa célèbre moto. Tandis que des images de motard filant à toute vitesse sur la route défilent sur l’écran géant en fond de scène. Finalement, l’invité surprise n’est autre que… Glenn Tipton qui monte sur scène pour jouer « Metal Gods » et « Living After Midnight » ! Une super nouvelle pour les fans qui peuvent ainsi voir jouer pendant quelques minutes le guitariste emblématique du groupe, soixante-seize ans, qui a participé à toute la discographie de Judas Priest depuis son premier album Rocka Rolla, paru en 1974, mais malheureusement diminué depuis plusieurs années par la maladie de Parkinson. Une conversation entendue dans la fosse à ce moment-là fait tout de même un peu froid dans le dos : « Mais c’est qui lui ? » demande une personne. « Ah bah, je sais pas du tout », lui répond son collègue…

Tipton ayant le visage dissimulé sous une casquette, on ne parvient pas vraiment à voir ses expressions. On se doute que, physiquement, l’exercice n’est pas évident pour lui ; il se déplace d’ailleurs très lentement. On imagine également que le choix de terminer par ces deux titres mid-tempo a été fait en fonction des capacités actuelles du guitariste ; des morceaux ultra-rapides comme « Freewheel Burning » auraient sûrement été plus difficiles à assurer pour lui. Une fois Glen Tipton sur scène, Andy Sneap se met en retrait, au fond à gauche. Pour rappel, ce dernier est considéré comme simple musicien de concert, pas comme un membre officiel.

Durant ces rappels, Halford revêt non pas une veste en jean à patchs mais carrément… un manteau en jean à patchs ! On est le Metal God ou on ne l’est pas ! L’image centrale dans son dos étant bien sûr réservée à Judas Priest au milieu d’autres patchs. Le frontman prendra aussi la parole pour remercier les fans sans qui le groupe ne serait rien et promet que Judas Priest reviendra. Bref, ce n’est pas encore la tournée d’adieu. Au bout d’une heure quarante de spectacle, après un salut collectif, les autres membres s’éclipsent et Rob Halford reste de longues secondes seul au centre de la scène à profiter du moment présent et à communier avec son public. Une preuve de plus, si besoin, que son statut dépasse largement sa fonction de chanteur de Judas Priest pour celui d’icône absolue de son genre musical, le heavy metal.

Setlist :

War Pigs (Intro – Black Sabbath, extrait)
Invincible Shield Tour Anthem
Panic Attack
You’ve Got Another Thing Comin’
Rapid Fire
Breaking The Law
Lightning Strike
Love Bites
Saints In Hell
Crown Of Horns
Turbo Lover
Invincible Shield
Victim Of Changes
The Green Manalishi (With The Two Prong Crown) (reprise de Fleetwood Mac)
Painkiller

Rappels :
The Hellion – Electric Eye
Hell Bent For Leather
Metal Gods (avec Glenn Tipton)
Living After Midnight (avec Glenn Tipton)
Musique De Fin : We Are The Champions (Queen)

Photos : Nicolas Gricourt.



Laisser un commentaire

  • au poil pres le meme que paris , monstrueux aussi (( oui oui je confirme , paris aussi etait le meilleur public de la tournée ) sacré scott va

  • Une conversation entendue dans la fosse à ce moment-là fait tout de même un peu froid dans le dos : « Mais c’est qui lui ? » demande une personne. « Ah bah, je sais pas du tout », lui répond son collègue…

    Oui et non. Même si je comprends, faudrait-il être fan hardcore pour assister à un concert ? Heureusement non.
    J’avais eu le même genre de réflexion quand Biff était monté sur scène à Paris lors d’un concert de Metallica. Choqué. Mais pourquoi ? Chacun a le droit de connaître…ou pas ;-)

  • « le public lyonnais est l’un des meilleurs qu’il a vus sur cette tournée (sincérité ou démagogie ? Impossible à savoir, il faudrait déjà voir si Travis répète cette phrase chaque soir !) »

    J’ai cru hier soir que c’était Paris ah ah ah

  • Concert pleinement réussi qui laissera un top souvenir gravé . Belle ambiance bon enfant à Lyon avec ce brin de nostalgie pour ces 2 groupes de heavy metal mythiques qui semblent arrêter le temps depuis 1 demi siecle.
    Le commentaire est juste et précis

  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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