Lacuna Coil doit probablement sa longévité à sa capacité d’adaptation. Les Italiens ont su rester attentifs aux tendances et faire doucement évoluer leur approche musicale, sans trahir le cahier des charges initial. Certains choix ont rebuté les puristes, mais le groupe a toujours réussi à équilibrer sa balance entre envies mainstream et intégrité. Avec ses deux derniers albums – Comalies XX restant une parenthèse –, Lacuna Coil s’est engagé vers des terrains plus sombres. Sleepless Empire se profile à ce titre comme le dernier volet de la trilogie amorcée avec Delirium en 2016.
L’incarnation actuelle de Lacuna Coil est celle de la puissance et de la noirceur, marquée par un Andrea Ferro à la bestialité décomplexée. Longtemps relégué au second plan derrière une Cristina Scabbia plus virtuose, le frontman a fait le choix de laisser de côté son chant clair, d’une justesse parfois contestable, pour se concentrer sur les growls. Une orientation qui a clairement impulsé une dynamique nouvelle. S’il sait pouvoir compter sur une véritable férocité du chant masculin, le compositeur-bassiste Marco Coti Zelati ne pousse pas pour autant l’agressivité aussi loin que sur Black Anima. Les différences sont minimes, mais ses compositions respirent davantage, notamment en intégrant des teintes gothiques plus prégnantes. Le groupe ne revient pas aux claviers mélancoliques des premières heures, mais quelques chœurs incantatoires et samples discrets s’entremêlent sans heurts aux riffs acérés ainsi qu’à une basse toujours très ronde – « Oxygen », « In Nomine Patris ». Les Italiens avancent malgré tout sur un terrain ultra-connu et balisé. Lacuna Coil a su trouver sa place, modulant son registre initial vers des influences alternatives voire pop, Cristina Scabbia atteignant des hauteurs stratosphériques, aussi bien dans le spectre vocal que dans la dimension catchy de ses refrains. Sans révolution, Sleepless Empire prolonge efficacement l’expérience des derniers opus. Dans l’immédiat, c’est suffisant. A l’avenir, il semble indispensable que le groupe amorce une nouvelle mue.
Clip vidéo de la chanson « In The Maintime » :
Clip vidéo de la chanson « Oxygen » :
Clip vidéo de la chanson « Gravity » :
Lyric vidéo de la chanson « Never Dawn » :
Album Sleepless Empire, sortie le 14 février 2025 via Century Media. Disponible à l’achat ici





























Pas entièrement convaincu par les premiers titres dévoilés, j’étais un peu dubitatif, mais les plusieurs écoutes de l’album révèlent une homogénéité bluffante, même si les morceaux sont assez variés (je pompe un peu beaucoup theblaze!). Mention spéciale à Sleep paralysis, et encore une prestation stratosphérique de Cristina Scabbia. Une vraie réussite.
J’ai eu beaucoup de mal avec leur nouvelle direction musicale. L’originalité, et la fraîcheur de leurs débuts m’avait totalement séduit, et la voire disparaître m’a fait prendre une certaine distance.
Néanmoins, je continuais d’écouter les nouveaux albums, qui, pour la plupart ne me faisaient ni chaud ni froid jusqu’à « Black Amina ». Ou avec le temps j’avais fini par me faire à leur nouveau style, ou le groupe avait su « maîtriser » celui-ci.
Hier, lors de la sortie de « Sleepless Empire » avec 2 autres albums que j’attendais, c’était celui sur lequel je misais le moins. A la 1ère écoute, j’ai été agréablement surpris. Et après plusieurs écoutes je suis conquis. Le titre d’ouverture « the siege » était déjà un bon indicateur.
Avec le combo scarecrow, gravity, i wish…, LC m’avait reconquis. Et ce n’est pas avec le déroutant « In Nomine Patris » que le groupe allait me perdre. Les ambiances sont variées, mais LC a su trouver une certaine homogénéité.
J’ai découvert Lacuna Coil en 2002 avec le fantastique Comalies. Un très bon album plein de fraicheur et produit par le très talentueux Waldemar Sorychta (Grip Inc.). Cristina est parfaite sur cet album, une voix exceptionnelle, je découvrirai aussi ce 2e chanteur à la voix quelconque dont je ne voyais pas l’utilité, toujours dans l’ombre de Cristina.
Puis c’est déjà la douche froide avec Karmacode. Enorme déception. J’ai donc lâché l’affaire non sans jeter parfois une oreille sur leurs productions suivantes qui nous imposeront ad nauseam ce chanteur qui se cherche encore – maintenant il fait du growl, no comment – aussi bien sur scène que dans les clips.
Satisfait d’avoir réussi à revendre tous leurs Cds (excepté Comalies) leur matériel passant très mal l’épreuve du temps mais néanmoins content pour eux qu’ils aient trouvés leur public.
Hâte d’écouter l album en entier pour me faire une idée,LC évolue sur sa technique tout en gardant son âme gothique et ses thèmes profonds, n’en déplaise à certains, ils ont grandit eux aussi 😜
Critique agréable à lire et mesurée. Hâte de découvrir cette nouvelle palette. Ce nouveau format court et équilibré fonctionne super bien ici. Merci RM