Lord Of The Lost est un nom plutôt courant dans nos colonnes dernièrement. Infatigable, le groupe de Chris Harms ne cesse en effet de repousser ses limites. Entre chaos industriel, glam à paillettes, orchestrations grandioses et noirceur gothique, il a réussi à bâtir son identité sur l’exploration. Mais avec Opvs Noir Vol. 1, les Allemands ne se contentent pas de se renouveler : ils creusent plus profond, dans leurs racines émotionnelles. Premier volet d’un triptyque de trente-trois titres, ce volume sombre s’impose comme une plongée dans l’âme humaine, là où résident les blessures les plus intimes.
Premier titre, première frappe : « Bazaar Bizarre » happe l’auditeur. Riffs massifs, rythmiques black metal lourdes et orchestrations imposantes ouvrent l’album sur un morceau cinématographique et viscéral. « My Sanctuary » calme le jeu et appuie sur la fibre mélodique, afin de mieux replonger dans la mélancolie. On y remarque le duo fraîchement formé de guitaristes Pi Stoffers et Benjamin Mundigler qui se renvoie la balle, chacun son style mais travaillant à l’unisson, et un Gared Dirge prenant toute sa puissance derrière son synthé. La richesse de l’album repose aussi sur ses collaborations : de nombreux invités apportent relief et profondeur à cette œuvre ambitieuse, allant de Sharon Del Adel (Within Temptation) sur la contrastée « Light Can Only Shine In The Darkness », à Whiplasher Bernadotte (Deathstars) sur la bien plus dansante et indus « Damage », ou encore Tina Guo qui vient accompagner Chris Harms avec son violoncelle ensorcelant sur « Ghosts ». Des échos de vieux albums (Thornstar par exemple) subsistent, mais Opvs Noir Vol. 1 est clairement une bête à part. Le dossier presse disait vrai : il ne s’agit pas là d’un retour aux sources, mais d’une redéfinition. Plus raffiné, plus symphonique, plus habité que jamais, le groupe livre un disque dense et cohérent. Les morceaux s’élèvent entre eux, portés par une production qualitative et une intention claire : nous faire accepter notre part d’obscurité en nous enveloppant d’un plaid en velours. Aucune fioriture, seulement onze titres taillés pour les grandes scènes ou les cathédrales silencieuses.
Clip vidéo de la chanson « Light Can Only Shine In The Darkness » :
Clip vidéo de la chanson « Ghosts (ft. Tina Guo) » :
Clip vidéo de la chanson « I Will Die In It » :
Clip vidéo de la chanson « My Sanctuary » :
Album Opvs Noir Vol. 1, sorti le 8 août 2025 via Napalm Records. Disponible à l’achat ici


























