Stéphane Buriez ne veut pas être considéré comme un vétéran de la scène. Pourtant, après bientôt quarante ans de carrière, Loudblast n’est pas seulement un poids lourd du death metal. Il est malgré lui un bâtisseur historique de la scène française. Mais si ce rôle d’ancien ou de vieux sage ne convient pas au musicien, c’est surtout parce que Loudblast est toujours là, prêt au combat. Le neuvième album Altering Fates And Destinies propose ainsi quelques clins d’œil au passé, tout en offrant un peu de fraîcheur avec une liberté de style revendiquée. Composé de manière assez singulière, le disque voit le fondateur du groupe Stéphane Buriez plus que jamais comme le moteur créatif de la musique du combo. Le leitmotiv de Loudblast reste le même : proposer une musique sincère, brutale et qui vient des tripes.
Si le grain organique de la production d’Altering Fates And Destinies prouve que Loudblast n’est pas fatigué, ses projets pour célébrer ses quarante ans en 2025 en sont aussi une belle démonstration. Loudblast voit les choses en grand avec cinq concerts en quatre jours en avril prochain ! Le groupe proposera ainsi une large rétrospective et travaille actuellement sur pas moins de soixante-dix morceaux. Si l’objectif dans cet entretien n’était pas de revenir sur l’ensemble de sa carrière comme nous l’avions fait il y a quelques années, Stéphane Buriez porte à nouveau un regard ému sur ce long parcours au cours de l’interview. Néanmoins, Loudblast n’est pas un groupe nostalgique et, malgré son âge, il regarde toujours droit vers l’horizon. Quoi qu’il se passe pour Loudblast, le combo n’a pas l’intention de se trahir et de faire ce que l’artiste définit comme de la « musique sandwich ».
« Je trouve que cet album est très lisible, mais je n’aime pas que ce soit trop facile non plus. Loudblast, ce n’est pas de la musique sandwich. Ça ne l’a jamais été et ça ne le sera jamais. »
Radio Metal : Altering Fates And Destinies, bien qu’il sorte en 2024, est presque un album de confinement puisque tu as commencé à l’écrire pendant cette période. Le hasard fait bien les choses, ou alors tu as eu le nez fin, mais tu venais justement de quitter Paris pour déménager à la campagne où tu as pu construire ton propre studio. Peut-on dire qu’à part l’angoisse de savoir comment ça allait évoluer pour vous sur scène, les conditions étaient réunies pour que ta créativité artistique soit sans limites ?
Stéphane Buriez (chant & guitare) : Oui. Après, je n’avais pas trop le choix non plus ! [Rires] Parfois les planètes s’alignent – ce n’est pas toujours le cas dans une carrière d’artiste – et je me suis retrouvé à la campagne, avec du temps pour moi, sans autre chose à faire que jardiner ou faire de la musique. Ça ne m’était jamais arrivé de ma vie d’avoir autant de temps pour ça et de juste penser à moi. J’ai très vite recommencé à composer. Manifesto allait sortir, mais nous savions très bien que ça allait être dans un contexte assez particulier, c’est-à-dire sans tournée. Il fallait que nous le sortions au moment où nous l’avions décidé malgré ce qui allait l’impacter. J’ai donc commencé à composer pratiquement avant que Manifesto soit sorti. Ce nouvel album est sorti de ma tête très vite, mais il a aussi pris du temps, parce que je ne n’ai pas eu de contraintes, ni de temps, ni de direction artistique. Tu sais, quand tu construis un album, tu te dis : « Tiens, il faut des morceaux un peu comme ci, un peu comme ça », mais là, non. J’ai juste laissé le temps faire les choses. Ça a donné Altering Fates And Destinies. Quand tu regardes le calendrier de tout ça, ça paraît super long, mais en fait, non, parce que pendant deux ans, nous n’avons rien pu faire, nous n’avons pas pu tourner, nous n’avons pas pu jouer. Forcément, pendant ce temps-là, il n’était pas question que je ne joue pas de guitare et ne compose pas, parce que c’est ce que je suis et j’ai besoin de ça pour être heureux. Faire de la musique est ce qui me motive.
Au moment où tu commences à composer, sais-tu que ce sera destiné à Loudblast ou t’es-tu dit que ça pourrait servir à un autre projet ?
Tu as des informations que je n’ai pas ? [Rires] J’ai un autre album prêt pour autre chose, peut-être que ça sortira un jour ou pas, mais j’avais commencé à composer pour exorciser ce moment complètement fou. Être chez moi tous les jours, ce n’est pas quelque chose d’habituel, je n’avais jamais connu ça de ma vie. J’ai commencé à faire de la musique parce que ça m’a permis de me recentrer sur un truc que je connaissais, qui peut-être me sécurisait aussi. Il y a donc eu d’autres morceaux que, peut-être, personne n’entendra jamais, qui n’étaient pas prévus pour quoi que ce soit. C’était juste pour me faire du bien. Ça m’a vite amené à l’autre entité qui m’anime depuis quarante ans maintenant, c’est-à-dire Loudblast. Je me suis dit que ce serait peut-être bien que je me remette à travailler – dans le bon sens du terme – sur ce qui permettra au groupe de résister après à tout ça. Nous ne savions pas où on en était à cette époque-là : « Est-ce que c’est bon pour moi ? Est-ce que c’est bon pour le groupe ? » A ce moment-là, personne ne savait où on allait. Je me suis dit que j’allais faire ce que je sais faire de mieux.
Votre guitariste Jérôme Point-Canovas s’est concentré sur sa vie de famille – c’est Nicklaus Bergen qui joue en live –, Frédéric Leclercq était très occupé avec Kreator et Hervé Coquerel souhaitait se concentrer sur le live. Tu as fait la majorité des guitares seul et la batterie a été faite par Nicolas « Ranko » Muller. Cette façon de faire était inédite pour toi ?
En fait, tout est inédit depuis ce putain de Covid-19. On n’en parle peut-être pas assez ou trop, mais c’est vrai que ça a changé beaucoup de paramètres pour notre métier de musicien. Il a fallu adapter nos façons de travailler. Dans un premier temps, Jérôme a fait un choix tout à fait louable de s’occuper de sa famille et de changer sa carrière professionnelle qui n’était pas compatible avec l’emploi du temps d’un groupe pro comme le nôtre. En même temps, comme je le dis souvent, quand tu rentres dans Loudblast, tu rentres dans une famille et tu ne la quittes jamais – à moins que tu aies vraiment envie de la quitter, mais je ne connais personne qui l’ait fait. Fred est rentré dans Loudblast avant de rentrer dans Kreator, mais clairement, quand tu joues avec un des plus grands groupes de la planète, tu ne peux pas lui demander que Loudblast soit la priorité. Sur le nouvel album, Fred a été hyper présent, il a fait toutes les basses et pratiquement tous les solos. Nous avons travaillé dans mon studio, dans son studio et, après, au Vamacara. Ce qui est génial est que cet album n’a pas été conçu dans la douleur, malgré le contexte inédit, parce que jamais vécu auparavant. Des écueils, on en connaît dans nos carrières, mais nous nous sommes dit que là, nous ferions autrement, chacun de son côté, et que nous savions le faire. C’est ainsi qu’on fait un album qui, pour moi, fera date dans l’histoire du groupe. Et il y a Hervé qui me dit : « Je n’ai plus envie de faire de studio. » Nous jouons ensemble depuis 1992, c’est mon frangin. Loudblast, ce n’est pas qu’une marque et un groupe, ce sont aussi des gens, et ce sont ces personnes qui font que le groupe existe.
Sur l’album précédent, c’est Kevin Foley qui avait dû enregistrer la batterie car Hervé s’était cassé le genou. Cette fois, c’est un choix de sa part de laisser sa place en studio. C’est curieux, car généralement, c’est plutôt l’inverse qui se produit : le musicien choisit d’arrêter le live pour privilégier le studio. Pourquoi a-t-il pris cette décision ?
Il faudra lui poser la question ! Encore une fois, Loudblast, c’est Hervé, c’est moi, en tout cas nous sommes les membres historiques. Hervé est un batteur extraordinaire, qui a inspiré toute une génération de batteurs, il ne faut quand même pas l’oublier. Je ne me vois pas faire de live sans lui. Quand il décide de ne pas faire de studio, je respecte son choix. Le choix de Ranko pour cet album est celui de Hervé aussi. Kevin n’était pas disponible. Dans la shortlist, il y avait trois batteurs. Loudblast, c’est une histoire particulière. Ce sont des années de travail ensemble, de composition, de hauts, de bas, et beaucoup plus de hauts que de bas. Je pense que nous avons beaucoup de chance d’être capables d’en parler encore comme ça maintenant et d’avoir encore envie de montrer que nous avons toujours été différents depuis le début.
« Je suis producteur aussi, donc je sais très bien comment faire des albums qui n’ont pas été joués, ou très peu joués, mais qui sonneront super bien et que les gens adoreront, mais ce que je veux entendre de Loudblast en 2024 et 2025, c’est des mecs qui savent jouer ensemble. »
Quand on compose seul la majorité d’un album comme celui-ci, ne doute-t-on pas encore plus ? La solitude n’est-elle pas un peu pesante durant ce processus ?
Je ne sais pas. Je ne me suis vraiment pas posé cette question, parce que je n’ai pas composé cet album comme les autres. Ça fait partie de ces mythes : « Oui, mais cet album, il est différent, il est meilleur, il est plus inspiré… » Je n’en sais rien, en fait. C’est juste que le contexte a fait que cet album a été créé différemment. Je n’ai pas eu d’autres choix que de le faire tout seul. Et quand je dis tout seul, c’est un fait, mais je ne vais pas te dire que Hervé n’est pas dans tout ce que j’ai programmé comme parties de batterie avant que Ranko les joue. Clairement, Fred a amené sa patte aussi. Nicklaus est arrivé après et a amené quelques solos. Je ne veux pas tirer la couverture à moi. D’accord, Loudblast, Stéphane Buriez, c’est mon groupe, mais je ne peux pas le faire tout seul.
Tu as dit dans le communiqué que ça a été un énorme puzzle au moment d’enregistrer. Quelle était la principale difficulté pour toi ou pour Fred ?
Quand je fais des maquettes, j’en mets beaucoup trop, forcément, donc il s’agissait d’épurer. C’est là que HK du Vamacara Studio, avec lequel je travaille depuis trois albums maintenant, m’a dit : « Steph, oublie ça, ce n’est pas important. » C’était aussi important d’avoir la vision de mes compères et comparses. Pour toutes les maquettes, à la voix, Fred m’a dit qu’il fallait aller vers un truc plus à la Disincarnate, plus brut, plus comme nous le faisions « back in the days ». Ce qui a été compliqué était de faire que les maquettes ne soient pas les références. Les maquettes étaient juste des traces de travail. Encore une fois, j’ai composé cet album tout seul, mais je ne l’ai pas créé tout seul.
Tu as déclaré avoir eu de longues conversations avec Listenable Records concernant Altering Fates And Destinies, car vous aviez pas mal de matière. L’album dure cinquante-trois minutes, pour treize pistes, titres bonus compris. Pourquoi se sont-ils montrés un peu frileux à l’idée de sortir un album de cette durée-là ?
Déjà, je ne voulais pas faire un album long. Nous avons sélectionné treize morceaux, dont une reprise de Necrophagia, parce que je voulais absolument qu’elle soit dessus – je voulais même qu’elle soit dans l’album normal. Comme je le disais auparavant, quand j’ai composé, je ne me suis même pas posé la question de savoir si j’allais faire un album, j’ai juste composé des morceaux. Certains ont été composés en une semaine, d’autres en plusieurs semaines. Quand est arrivé le moment où nous nous sommes dit que nous allions sortir un album, j’ai fait écouter les maquettes au label, nous n’étions pas toujours d’accord sur les morceaux forts de l’album. En même temps, on me dit : « Il faut des singles… » Moi, je suis là : « Who cares ? » Ça reste un groupe de death metal. Nous ne faisons pas une musique commerciale, même s’il faut qu’elle le soit un tant soit peu. Mais c’est toujours facile de travailler avec Listenable, parce que nous parlons le même langage et que nous avons exactement la même vision des choses. Et c’est très bon d’avoir un label qui s’intéresse à ta musique et qui te donne ses pistes, parce que c’est eux aussi qui feront que cet album existe. Leur vision et leur analyse sont toujours très pertinentes. Evidemment, j’ai mes morceaux préférés. Nous avons sorti « From Beyond II (The Return) » en premier, un des morceaux les plus old school de l’album, et c’était un choix pour dire : « Ok, vous croyez que l’album sera comme ça ? En fait, pas du tout ! » C’était aussi un choix de ne pas tout donner d’un coup. Le morceau suivant, je pense, surprendra pas mal de gens. J’espère que Loudblast n’est pas juste un groupe en plus. Je n’ai pas la prétention de dire que nous avons changé la face du monde, mais je ne fais pas de la musique pour que ça n’impacte pas les gens. Donc je ne ferais jamais un truc facile et lisse, quoi qu’on en pense.
Altering Fates And Destinies est incontestablement un album de Loudblast, dans le sens où il est agressif et viscéral, on est sur du death metal assez old school. Pourtant, il se montre plutôt varié en termes d’ambiances et de rythmes – je pense notamment à un morceau comme « Fortress ». Manifesto était déjà un album de synthèse – d’où son nom –, piochant un peu dans tout ce que Loudblast savait faire. Ce nouvel album est-il la continuation de cet esprit, avec peut-être une forme d’ouverture supplémentaire ?
Je ne me pose plus ce genre de question, en fait. Ouverture d’esprit, sans doute. Je suis fan de heavy metal, de hard rock, de blues, de classique… J’aime la musique au sens large et au sens propre du terme. Je suis très honnête quand je dis ça. J’ai vraiment fait cet album sans filtre, avec tout ce que j’avais envie d’y mettre au moment où j’ai composé les morceaux. « Fortress » n’a pas été composé au même moment que « From Beyond II (The Return) ». Ça correspond toujours à mon état d’esprit à ce moment-là. Je crois que c’est aussi ça la force de Loudblast : de ne pas rentrer dans des cases. Je ne me suis pas dit qu’il fallait des morceaux rapides, des morceaux lents, etc. Cet album a été facile à composer, parce que c’est l’excroissance de ce que je suis et de ce que nous sommes. Par exemple, à l’époque de Fragments, les gens disaient : « Putain, c’est trop heavy, trop machin… », mais être trop, est-ce que ce n’est pas assez ? C’est toujours pareil : est-on obligés de toujours ressembler à ce que les gens attendent de nous ? Je ne fais pas de la musique pour ça. Je n’ai plus envie de faire de la musique pour ça. Ça plaît ou ça ne plaît pas. Les gars, il y a assez de propositions maintenant – de toute façon, vous n’écoutez qu’un morceau ou même la moitié, donc je réserve votre jugement pour le moment où vous pourriez peut-être vous arrêter et vraiment écouter la musique pour ce qu’elle est.
« Je n’ai pas envie de parler comme un vétéran. Je n’ai pas du tout l’impression d’en être un. Je ne me dis pas : ‘Putain, je représente quelque chose.’ Je ne serai jamais comme ça – tant mieux, ça m’a sans doute sauvé de devenir un vrai gros con ! »
Tu penses que le fait d’avoir été dans un état d’esprit différent suivant le moment où tu as composé les morceaux est ce qui donne de la force, du cachet à cet album ?
Je ne sais pas, ce n’est pas moi qui en déciderai. Tu peux extraire chaque morceau de l’album, mais un album c’est une cohérence. J’essaye de raconter une histoire. Au bout du compte, quand nous avons réécouté tous les morceaux, nous nous sommes rendu compte que ça racontait effectivement quelque chose. Il fallait juste trouver la façon de présenter l’histoire pour qu’elle soit digeste, que ça ne soit pas que des morceaux tordus à la suite. Il y en a qui sont un peu plus compliqués, mais globalement, je trouve que cet album est très lisible. Il faut s’en imprégner. C’est-à-dire qu’il ne faut pas écouter une minute de chaque morceau, parce que sinon, tu ne vas pas rentrer dedans. Je suis… Non, en fait, je ne suis pas désolé de ne pas avoir envie de faire ça. Ça m’apporte beaucoup, déjà, d’être heureux, satisfait et fier de ce que je fais écouter, avant de le montrer en live. Clairement, je n’aime pas que ce soit trop facile non plus. Loudblast, ce n’est pas de la musique sandwich. Ça ne l’a jamais été et ça ne le sera jamais.
Pour parler de la production de cet album, elle se veut organique, naturelle, avec un minimum de retouche – donc pas de la musique sandwich, justement. Pour toi, cette démarche est-elle essentielle pour faire un death metal qui soit intéressant ? Faut-il que l’album sente un peu la transpiration et sonne « vrai » ?
Oui. Enfin, je suis producteur aussi, donc je sais très bien comment faire des albums qui n’ont pas été joués, ou très peu joués, mais qui sonneront super bien et que les gens adoreront, mais ce que je veux entendre de Loudblast en 2024 et 2025, c’est des mecs qui savent jouer ensemble, qui savaient jouer avec des grattes pourries – ce qui n’est plus notre cas – dans des amplis à lampe, avec une batterie acoustique, et qui savent le faire encore ensemble quarante ans après. Et je dis « quarante ans après », mais en fait, on s’en fout. Le temps importe peu. Nous sommes passés de l’analogique au numérique, pour au bout du compte revenir à nos premiers amours. Nous avons compris comment ça fonctionnait, mais j’ai envie d’entendre une vraie batterie, pas triggée dans tous les sens, chose que nous avons faite sur cette album-là. J’ai envie de jouer sur un Marshall ou un 5150 et pas dans des plugins. Nous venons de là, c’est notre école, donc clairement, si nous ne savons pas le faire, il faut que nous changions de métier.
Trouves-tu parfois qu’aujourd’hui, dans le milieu du metal, c’est devenu un peu trop facile de retoucher, d’ajouter des choses, que ça devient un peu trop lisse ?
Je ne suis personne pour dire ça. C’est comme si tu disais que c’était cool d’avoir le feu avant d’avoir l’électricité. Les choses vont beaucoup plus vite, donc il faut comprendre comment ça fonctionne. Es-tu ok avec ça ? Est-ce que tu comprends ? Oui. Est-ce que tu as envie d’en faire partie ? Oui. Est-ce que tu as envie de le faire différemment ? Sans doute. Mais ça prend un peu plus de temps. J’adore voir l’évolution de la musique. J’en fais partie aussi, je fais de la production, donc forcément, je suis en phase avec tout ça, mais avec mon groupe, Loudblast, j’ai envie de le faire à ma façon. Je suis l’industrie de la musique à la même vitesse qu’elle évolue et je suis, bien sûr, très à l’écoute de tout ce qui se fait autour de moi, mais je n’ai pas envie que ça impacte ma façon de créer de la musique tous les jours, dans ma vie.
Vous avez quelques rappels à votre passé, notamment explicites, avec le titre « From Beyond II (The Return) » qui renvoie à « From Beyond » de l’album Sensorial Treatment de 1989. Comment ce clin d’œil t’est venu ?
Très simplement. J’ai toujours été un grand fan de Lovecraft que j’ai beaucoup lu. Quand j’aime un auteur, je lis tout, que ce soit Zola, Maupassant ou Lovecraft, et d’autres. En fait, les textes, ça me fait toujours chier. J’adore composer, j’aime prendre ma guitare, arranger, etc. mais les textes, ce n’est pas toujours ma came. J’en ai écrit la moitié sur cet album. Quand je vois les ambiances de certains morceaux, je me dis : « Putain, mais qu’est-ce que je vais raconter là-dessus ? » Il se trouve qu’avec James Chancé qui était l’assistant sur cet album, nous parlions de Lovecraft. Je lui ai dit : « Ça ne te dirait pas d’écrire des textes autour de ça ? » Il m’a dit : « Grave ! » Du coup, la moitié de l’album se réfère à la mythologie de Lovecraft, qui était une de nos principales inspirations au début. C’est là que m’est venue l’idée de nommer le morceau « From Beyond II (The Return) ». Ce n’est pas le même morceau et le texte n’est pas un copier-coller, mais on parle de la même chose. Et je trouve qu’à l’aube des quarante ans de Loudblast, c’était légitime de le faire – pour nous, car les autres, je n’en ai rien à branler [rires] –, même si, je vais être très honnête, ce n’était absolument pas prémédité.
« Les débuts de Loudblast, ce sont des potes de lycée qui font leurs tenues de scène tous les weekends avec des clous et des bouts de ficelles pour ressembler à Slayer. […] Je me souviens très bien du Stéphane Buriez de seize ans, il voulait bouffer le monde ! »
Tu as déclaré ne pas oublier d’où vous venez : c’est important pour toi, pour avancer ? Faut-il savoir d’où on vient pour savoir où on va ?
Oui, mais je n’ai pas envie de parler comme un vétéran. Je n’ai pas du tout l’impression d’en être un. Ce sont les gens qui me rappellent : « Tu as fait ci, tu as fait ça. » C’est génial, mais jamais dans ma vie j’ai avancé en ayant ça en tête, et je ne l’ai toujours pas. Ce n’est pas ce qui me fait avancer. Je ne me dis pas : « Putain, je représente quelque chose. » Je ne serai jamais comme ça – tant mieux, ça m’a sans doute sauvé de devenir un vrai gros con ! Il y aura encore plein de choses. Je me rappelle encore de ce que j’ai fait quand j’avais seize ans, mais tu ne peux pas faire avancer un projet ou un groupe si tu te réfères toujours au passé. Les gens s’y réfèrent, mais toi, si tu veux créer, tu ne peux pas toujours te référer à tes succès.
Tu dis qu’il ne faut pas toujours se référer au passé, mais quand tu repenses à 1985, lorsque tu as formé le groupe, qu’est-ce qui te vient en tête ?
Ce qui me vient en tête, ce sont des potes de lycée qui font leurs tenues de scène tous les weekends avec des clous et des bouts de ficelle pour ressembler à Slayer. Je sais d’où nous venons, mais comme tous les groupes qui ont duré. Je pense que nous n’avons jamais oublié d’où nous venions. Le temps fait que tu te fais entraîner dans une spirale qui te grise et tu te dis que c’est mieux maintenant parce que tu as plus de succès, parce que c’est plus facile, mais au bout du compte, ça te ramène toujours là où tu es né, parce que sans ça, tu n’aurais pas été aussi loin. Et à l’époque, je voulais que les gens aiment ma musique, tout simplement, en faisant une démo dans un grenier avec un poste à cassette et en dupliquant des cassettes tout le weekend pour les vendre à nos potes du lycée, puis dans des festivals en Belgique. C’est arrivé chez un promoteur qui faisait tourner tous les groupes à l’époque. Nous nous sommes retrouvés à faire des premières parties de groupes avec lesquels nous n’aurions jamais imaginé partager la scène. Nous avons signé un contrat derrière… Ça a été assez rapide pour nous. Le groupe a été formé en avril 1985, exactement, et en 1987, nous sortions notre premier split LP. Nous nous sommes vraiment fait chier entre 1985 et 1987 : nous sommes allés dans tous les concerts, à distribuer nos démos, à les vendre, à faire du tape trading dans le monde entier. Ce n’est pas comme si ça nous avait été offert, genre « vous êtes les nouveaux élus », non. Mais je me souviens très bien du Stéphane Buriez de seize ans, il voulait bouffer le monde !
On parlait de la démarche « old school », de l’aspect organique et du passé, pour autant ce n’est pas un album qui semble hors de son époque non plus. Dirais-tu que c’est compliqué et que c’est toujours un enjeu de garder ses racines tout en évoluant et de ne pas se trahir artistiquement sans devenir lassant ?
Oui, et à la fois, comme je le disais auparavant, je n’en ai rien à foutre [rires]. Je n’ai pas composé cet album pour ça. Je ne me suis jamais demandé si j’allais être moderne ou autre. Je ne compose pas, je ne crée pas de musique avec un cadre. Il ne faut pas oublier que nous faisons une musique alternative et extrême. Je n’ai pas envie de faire un truc trendy, commercial, ça ne m’intéresse pas. Je n’ai jamais fait ça pour ça, et ce n’est pas aujourd’hui que je vais le faire. Là, je suis dans la période de promotion où j’enchaîne les interviews et, des retours que j’ai des journalistes et des gens avec qui j’ai parlé en Norvège, en Allemagne, en Suède, en Hollande, aux Etats-Unis ou en Angleterre, c’est qu’ils trouvent que cet album est inattendu, qu’il est à la fois old school et moderne – il y aura peut-être un nouveau terme pour ça –, qu’il englobe tout ce que nous sommes, c’est-à-dire tout ce que nous avons toujours su faire depuis le début de Loudblast. Mais je n’ai pas composé cet album en ayant ces prérogatives. Pour Loudblast, je ne crée pas de la musique avec ces contraintes. Il n’y a pas de contraintes, justement, et c’est peut-être pour ça que c’est vraiment honnête.
Est-ce qu’il y a d’ailleurs eu des moments dans ta carrière où tu juges t’être trop éloigné de tes racines ou, inversement, en être resté trop proche ?
Oui, il y a des moments… Tu sais, Fragments est un album beaucoup plus heavy, c’est un moment où nous étions à l’apogée de notre succès commercial, on te dit : « Faites ci, faites ça… » Quand je réécoute cet album, je me dis que nous avons fait autre chose. Ce que je trouve assez fascinant et que je ne m’explique pas, c’est que les gens qui me parlent de nos albums ont toujours un album de référence – Sensorial Treatment, Disincarnate, Sublime Dementia, Fragments, Burial Ground… – et pour moi, c’est la plus belle réussite que j’aurais pu espérer. C’est-à-dire que j’ai pu faire chaque album avec des choix différents, mais qui restent cohérents, ce n’est pas non plus le grand écart, et je trouve ça génial que ça interpelle et que ça reste dans l’histoire des gens. Jamais le mec de seize ans qui a créé ce groupe n’aurait espéré qu’un jour, des milliers de personnes lui disent ça. C’est pour ça que je continue à faire de la musique !
« 2025 sera un truc de dingue. J’y travaille depuis un an. Nous n’allons pas célébrer nos quarante ans pour que ça ne reste pas dans les annales. »
Tu as déclaré: « On ne peut pas dissocier ma vie en tant qu’être humain et en tant que musicien. Tout cela est lié et définit qui je suis. » Ça renvoie évidemment au titre de l’album, Altering Fates And Destinies. Est-ce dans le sens où c’est ton activité musicale qui régit ta vie personnelle ou est-ce plus pour dire que chez toi, l’homme et l’artiste, c’est la même chose ?
Ça dépend des moments, mais je ne peux pas dissocier ce que je suis de mon groupe, parce que c’est comme ça que je suis identifié pour plein de gens. Pour d’autres, je suis identifié parce que j’ai fait d’autres choses, comme de la production, une émission de télé, etc. C’est important de prendre ça en considération aussi. En fait, je ne peux pas me réveiller tous les matins en me demandant quel masque je vais mettre aujourd’hui. Je n’ai pas de masque puisque c’est juste ma gueule ! Je pense que, de toute façon, ce qui m’a toujours drivé, c’est Loudblast. Sans Loudblast, je n’aurais jamais essayé d’autres choses. Ce qui est devenu ma carrière professionnelle – j’ai du mal à appeler ça comme ça, mais ç’en est une – a changé ma vie. Tu ne peux pas dissocier ce que je suis de ce que je représente dans mon groupe ou pour les gens qui aiment ou détestent mon groupe… D’ailleurs, c’est bien d’être détesté aussi ! Quand tu es détesté, ça veut vraiment dire [que tu ne laisses pas indifférent]. Je vous aime autant que vous me détestez ! L’histoire de ma vie, c’est de faire de la musique et de faire des choses du mieux que je peux jusqu’à ce que j’en aie marre. Malheureusement pour vous tous, je n’en ai pas marre ! [Rires]
Vous allez fêter vos quarante ans de carrière l’année prochaine. Est-ce que c’est un marqueur qui te fait contempler le passé, le chemin parcouru, te rend nostalgique, voire qui pourrait te faire rentrer dans une sorte de crise de la quarantaine en tant qu’artiste ?
[Rires] Ah non, surtout pas ! Au contraire. D’ailleurs, nous démarrons les quarante ans les 17, 18, 19 et 20 avril 2025 au Black Lab, à côté de Lille. Nous faisons cinq concerts en quatre jours, avec cinq setlists différentes. Nous allons retracer toute notre carrière. Nous bossons sur soixante-dix morceaux. Il y a aussi une expo qui se prépare avec Corentin Charbonnier, qui a monté l’expo de la Philharmonie de Paris. Nous avons passé plusieurs jours à éplucher les archives. Je suis l’archiviste du groupe, j’ai tout depuis le début, les bandes, les photos, des trucs que personne n’a jamais vus. Je me suis dit que, putain, je suis vraiment chanceux d’avoir vécu ça, mais aussi de toujours le vivre et de toujours être là. Je n’ai pas envie de m’arrêter à c’était mieux avant. Je ne suis absolument pas nostalgique. Avant, il n’y avait pas internet, puis avec internet c’est devenu différent, puis maintenant avec les réseaux c’est encore différent. Soyons heureux de faire de la musique et de toujours la partager, même si c’est différent. En tout cas, 2025 sera un truc de dingue. J’y travaille depuis un an. Il va y avoir plein de choses que nous allons annoncer très rapidement. Nous n’allons pas célébrer nos quarante ans pour que ça ne reste pas dans les annales. Et nous avons aussi un nouvel album à célébrer : il ne faut pas que ces quarante ans de Loudblast lui fassent de l’ombre. Tout doit être lié. Nous allons très bientôt l’expliquer.
Puisque tu parles d’archives : quels sont tes souvenirs de ton tout premier enregistrement sur les démos avec Loudblast ?
Le premier morceau que j’ai composé s’appelle « Black Death ». Il est sur notre première démo et aussi sur le split album. J’avais une guitare électrique à l’époque, mais je n’avais pas d’ampli, parce que j’avais quinze ans, et j’avais bricolé un système pour que la sortie de mon jack passe du son dans mon poste à cassette. J’étais déjà assez astucieux à l’époque ! [Rires] Je l’ai composé à Mers-les-Bains, exactement. Je crois que j’ai encore la cassette, d’ailleurs. Ça fait partie des archives que je vais essayer de retrouver.
Si on compare les premiers morceaux que tu as faits sur la démo Behind The Dark Mist et ceux de ce nouvel album, forcément, l’écart est énorme, mais est-ce que tu penses qu’il y a quand même un fil rouge, un terreau commun, une ambition commune ?
C’est juste d’être fan de musique. J’ai toujours mes vinyles ! C’est vraiment une passion que nous partageons, personne n’a perdu ce truc. Encore une fois, je sais d’où je viens – je ne sais pas où je vais, mais au moins je sais d’où je viens. Je reste un fan. Je suis fan de cette musique. C’est ce qui m’anime tous les jours. Ça ne me quittera jamais. C’est une sorte d’addiction et quelque chose qui te fait avancer dans la vie. En tout cas, ça m’a permis d’être heureux et de faire en sorte que mon métier soit passionnant. Ça m’a aussi permis de me rendre compte que je savais faire autre chose que composer des morceaux, que je pouvais me mettre au service d’autres projets, produire des groupes, etc.
« Si j’existe, c’est d’être fan », comme dirait un grand parolier français !
Obispo est loin d’être un con, en plus [rires]. Clairement, oui, si j’existe, c’est d’être fan. Je suis fan et je le resterai.
« C’est compliqué d’être aimé, parce que je n’ai pas fait ça pour ça [rires]. Mais ça fait du bien d’être respecté pour ce que tu es et pas juste pour ce que tu représentes. »
Pas loin de chez toi, il y a les gars de Supuration – un autre groupe majeur de l’histoire du metal français – qui ont commencé presque à la même période que toi – ou un tout petit peu après. Quelle était ta relation avec eux et avec la scène autour de Lille en général ?
Supuration est un groupe majeur dont j’ai produit le premier EP. Je pense que nous avons fait éclore une scène dans le nord de la France, et pas que. Il y a eu de la concurrence, forcément, mais il y a aussi toujours eu une vraie solidarité. Quand The Cube est sorti, je me suis dit : « Putain, la vache ! Qu’est-ce que c’est que ce truc ? » Pour moi, ça reste un album complètement dingue. J’ai un énorme respect pour mes amis de Supuration et S.U.P.
Fabrice Loez nous disait que, quand ils avaient commencé, « il y avait encore des terrils », « c’était vachement sombre, noir, il y avait toujours plein de poussière dans la maison, partout, car [ils] habit[aient] à côté de la mine », et que c’est peut-être ce qui faisait leur côté froid et sombre. Est-ce qu’il y a pu y avoir aussi chez toi un impact de ton environnement, de Lille, du nord de la France ?
Je vais être très honnête avec toi, non. Je n’ai pas grandi dans la mine ou dans un univers impitoyable. Enfin, il était impitoyable pour autre chose et c’était justement de cet univers que je voulais m’extraire, pour ne pas être ce qu’on m’avait demandé d’être, c’est-à-dire quelqu’un de formaté. Je savais tout petit que je voulais faire de la musique. C’est un truc qui m’a tout de suite fasciné, quand j’ai vu Kiss, etc. Je me suis dit : « Je veux avoir une guitare et essayer de faire un truc comme ça », même si je n’avais aucune formation musicale. Il ne fallait surtout pas que je fasse ça et, en fait, je l’ai fait [rires]. Je ne savais pas faire et je l’ai fait très maladroitement. Loudblast s’est formé parce que Nicolas Leclercq et moi étions voisins. Nous avions tous les deux des guitares électriques, parce que nous étions fans d’AC/DC, d’Iron Maiden, de Saxon. Nous jouions chacun de notre côté et nous ne savions pas jouer. Le jour où nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes dit : « Ah putain, on habite à côté ! » Nous avons passé deux ans à apprendre à jouer de la guitare tous les deux, à déchiffrer des morceaux et à faire ce que Loudblast est devenu. C’était un groupe de potes lycéens. Ce qui est génial, c’est que nous ne nous sommes jamais perdus de vue. C’est beau ! Nous nous sommes sans doute un peu perdus de vue à un moment, mais jamais vraiment, parce que c’est dans notre ADN. On va te dire : « Il te raconte des conneries, c’est romancé, etc. » Oui, parce que tu n’as pas envie de voir l’autre côté du roman… C’est un peu plus sombre et dégueulasse. Par contre, la vraie amitié, les liens que nous avons depuis que nous avons commencé ça, c’est toujours là. Personne ne pourra jamais nous l’enlever.
Sans ça, Loudblast n’en serait peut-être pas là aujourd’hui…
Sans doute, je n’en sais rien. Qui a un couple qui dure quarante ans ? Ça n’existe plus maintenant. Loudblast, c’est une entité vivante et c’est quelque chose de vrai. Je suis extrêmement fier de pouvoir l’affirmer. C’est compliqué de continuer à être un groupe, de toujours être fier de ce que tu fais… Parfois tu te plantes, tu n’es pas content de ce que tu fais, mais on voit bien depuis ces dernières années que Loudblast n’est pas juste un nom.
Qu’est-ce qui t’en a fait prendre conscience ?
Ce que les gens m’en disent, ce qu’ils me rapportent. C’est compliqué d’être aimé, parce que je n’ai pas fait ça pour ça [rires]. Mais ça fait du bien d’être respecté pour ce que tu es et pas juste pour ce que tu représentes.
L’année dernière, tu as lancé un groupe de reprises : T.T.T. (Tribute To Thrash). Peux-tu nous en dire un peu plus sur l’intention derrière ce groupe hommage ?
Le groupe de notre batteur, Thrashback, qui fait du thrash, m’a invité à venir chanter, uniquement des reprises. Nous avons fait du Tankard, du Sodom, des groupes que je n’avais pas l’habitude de chanter, et nous avons passé un super moment. Le public était fou. Nous nous sommes rappelés quelques jours après et nous nous sommes dit : « Putain, c’était cool. Pourquoi on ne ferait pas un groupe de reprises de groupes de thrash des années 80 ? » C’est-à-dire les Nuclear Assault, Whiplash, Razor, etc., uniquement des groupes que tout le monde connaît de cette époque-là. Nous nous sommes dit que nous allions essayer de monter un line-up autour de ça. Nous avons donc appelé Alex [Colin-Tocquaine] d’Agressor, qui avait dit qu’il ne ferait jamais un groupe de reprises, mais là, il a dit : « Ah bah ça, ça a l’air cool ! » Nous avons commencé à monter un répertoire. Vite fait, on nous a proposé de faire le concert hommage à Metallica au Bataclan. C’était notre premier concert. Nous avons joué devant mille sept cents personnes. C’était un gros carton et nous avons continué. Avec ce groupe de reprises, il s’agit juste de se faire plaisir à jouer bien des morceaux, mais sans être un groupe de reprises ultime, c’est-à-dire avec seulement des morceaux de Metallica ou des morceaux de Slayer. Nous voulons faire tous les morceaux que nous adorons de cette époque-là. C’est un vrai challenge. A la fois, nous sommes quatre chanteurs – c’est génial, parce que, moi, je ne sais pas faire [fait un cri aigu], mais il y en a trois dans le groupe qui savent le faire. C’est le truc improbable que nous nous sommes rajouté en plus – ce n’est pas comme si nous n’avions pas un emploi du temps surchargé – mais c’est kiffant à faire, et nous le faisons bien. Tu te dis que tu te fais du bien et tu fais du bien à tous les gens qui nous voient et se disent : « Ouah, quel groupe a fait ça avant ? » Nous ratissons très large, de Venom à Anthrax, S.O.D., Sodom, Destruction, Razor, Metallica, Slayer, etc. Ça va des classiques jusqu’aux groupes, disons, plus obscurs pour ceux qui ne connaissent pas. A nous de rappeler que Celtic Frost ou Exciter sont des groupes importants. Bref, Tribute To Thrash, ou T.T.T., est une récréation pour nous tous, mais pas un groupe de la fête à la saucisse !
Qu’en est-il de Sinsaenum aujourd’hui ?
Nous venons de terminer le nouvel album ! Donc Sinsaenum continue, c’était la volonté de Joey [Jordison], mais je n’en dirai pas plus.
Interview réalisée en visio le 23 septembre 2024 par Jean-Florian Garel.
Retranscription : Nicolas Gricourt.
Photos : Anthony Dubois.
Site officiel de Loudblast : loudblast-music.com
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