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Interview   

Majestica : la locomotive monte en puissance


Majestica, ayant fait ses débuts sous le nom ReinXeed en 2004, a décollé en 2019 avec la sortie de son premier album. Le groupe de power metal symphonique fait son grand retour en 2025 avec son nouvel album intitulé Power Train. A mi-chemin entre éléments traditionnels du genre, touches symphoniques et inspirations issues de bandes originales de films, Power Train se présente tel un voyage, doté d’une technicité plus impressionnante que ses prédécesseurs, signant un nouveau départ pour le groupe.

Nous en avons discuté avec Tommy Johansson, frontman du groupe, depuis peu totalement dévoué à celui-ci. L’occasion pour le chanteur et guitariste de nous parler de la genèse de l’album, de la diversité de ses influences, de sa vision de l’intemporalité du heavy metal mais aussi de ses multiples casquettes. Passage obligé, nous avons également abordé le sujet de son départ récent du groupe à succès qu’est Sabaton, mais aussi la fameuse expérience du Hellfest 2019 où il a dû endosser le rôle de chanteur lead pour seconder un Joakim Brodén souffrant d’une extinction de voix.

« Le problème n’était pas Sabaton, le problème était que je voulais faire beaucoup plus que Sabaton. »

Radio Metal : Power Train est le premier album de Majestica en quatre ans. Bien sûr, il y a eu la pandémie, mais tu étais également très occupé avec Sabaton. Tu as d’ailleurs quitté Sabaton au début de l’année. C’était une décision assez audacieuse, car c’est un groupe qui a beaucoup de succès. Tu as mentionné toutes tes autres activités en tant que musicien et chanteur, mais quel a été le facteur le plus décisif dans ta décision ?

Tommy Johansson (chant & guitare) : Le problème n’était pas Sabaton, le problème était que je voulais faire beaucoup plus que Sabaton. Je suis d’abord un chanteur, puis un guitariste, et même si j’ai aimé jouer avec Sabaton à bien des niveaux, j’ai aussi besoin d’être créatif d’une manière qui me convienne – Majestica, mes reprises sur YouTube, etc. – et de pouvoir faire des concerts solos où je chante et joue, or tout ceci devait être relégué au second plan. Au début, je me disais « c’est comme ça », mais au fil des années je me suis rendu compte que je ne pourrais jamais travailler à plein temps avec Majestica ou faire carrière en tant qu’artiste solo tant que je jouerais dans Sabaton, parce que Sabaton passe en premier et que son emploi du temps est très chargé. Quand j’ai commencé cette chaîne YouTube, c’était juste pour le plaisir. Ensuite, j’ai réalisé que je pouvais gagner de l’argent avec et quand ça a commencé à égaler mes revenus avec Sabaton, je me suis dit : « Ok, voyons si ça tient un an. Si ça ne change pas, je pourrai peut-être en vivre. » C’est ce qui a commencé à se passer et j’ai tout mis de côté, en me disant que si jamais je quittais Sabaton, je pourrais survivre. Puis quand j’ai vu que je pouvais payer mes factures avec YouTube, c’est là que j’ai pris la décision d’en faire mon boulot principal. En fait, j’y ai réellement songé lorsque nous avons fait cette tournée avec Majestica, il y a deux ans. Nous avons dû annuler la tournée parce que Sabaton avait eu une date et pour moi, y participer signifiait que je manquerais trois des dates de la tournée de Majestica qui étaient les plus importantes pour la financer. Sans ces trois dates, la tournée n’était pas possible. C’est à ce moment-là que je me suis dit que tant que je serais dans Sabaton, Majestica ne pourrait jamais rien faire.

En effet, tu es un youtubeur actif, faisant de nombreuses reprises de chansons version metal. Qu’apprends-tu en faisant ces reprises ? Cela t’aide-t-il à devenir un meilleur auteur-compositeur ou musicien ?

Certainement, ça m’aide à bien des égards. J’en ai appris davantage sur le fonctionnement des réseaux sociaux, car ce n’est pas aussi simple que juste publier une reprise et c’est bon. Il y a beaucoup plus à faire. A quoi ressemblera la vignette ? Qu’est-ce qui va intéresser les gens ? Avec certaines reprises, je peux voir que les gens regardent plus la fin de la chanson. Pourquoi ? Que se passe-t-il à ce moment-là ? Par exemple, prenons « Phantom Of The Opera » : les gens regardent surtout la fin, car on peut voir quand les gens avancent ou reculent. Tu n’as même pas besoin d’être inscrit sur YouTube pour le voir, tu peux t’en rendre compte juste en faisant défiler la vidéo. Et tu te dis : « Qu’est-ce qui se passe à la fin ? D’accord, je chante aigu. Essayons une autre chanson, comme ‘She’s Gone’ parce qu’elle monte très haut. » Bam, ça marche ! Maintenant, je sais que les gens aiment quand mes chansons montent haut vocalement, mais pas seulement. J’ai besoin de faire plus que ça, comme des solos de guitare rapides, et ainsi de suite.

Bien sûr, ça dépend aussi de la chanson. J’ai fait des erreurs… Enfin, je n’appellerais pas ça des erreurs, mais j’ai essayé une chanson de Taylor Swift, parce que c’est celle qui était la plus populaire au monde à ce moment-là. Je l’ai enregistrée et je l’ai publiée quelques jours après elle, mais mes followers m’ont dit : « Bof, fais autre chose. » Ils ne veulent pas m’entendre chanter du Taylor Swift et les fans de Taylor Swift ne veulent pas entendre leur idole transformée en metal. Même chose avec « Texas Hold’Em » de Beyoncé, mes followers ont dit : « Non, je n’ai pas envie d’entendre de chanson de Beyoncé. » Et les fans de Beyoncé ont dit : « Non, je ne veux pas t’entendre détruire ma chanson préférée. » Ça ne marche pas vraiment. Parfois ça marche ; par exemple avec les chansons de Disney. Je me suis dit : « Tout le monde aime Disney et une version metal d’une chanson de Disney pourrait bien marcher. » Il a aussi évidemment fallu que j’apprenne une nouvelle chanson chaque semaine, ce qui me permet d’apprendre : « Oh, cette chanson est construite de telle manière, je dois jouer comme ça… » Et quand j’apprends un solo, j’apprends de nouvelles techniques. Je me suis énormément amélioré ces deux dernières années en travaillant sur des vidéos YouTube, sur la composition, l’arrangement, le mixage, l’édition vidéo, l’enregistrement vidéo… Tout ! J’ai tellement appris et j’en suis très heureux.

« Certaines personnes qui vont chroniquer l’album vont dire : ‘Oh, Tommy ne peut plus atteindre les mêmes notes’ parce que la plupart des chansons sont plus graves. Ce n’est pas pour cette raison, c’est parce que si tu veux toucher plus de monde, tu dois être capable de faire des chansons que les gens peuvent chanter. »

En juillet de cette année, Majestica a sorti un single indépendant – qui ne figure pas dans le nouvel album – intitulé « A New Beginning ». Tu as déclaré que « la chanson reflète (comme le titre l’indique) le fait de recommencer de zéro, mais aussi quelque chose qui prend fin ». En quoi s’agit-il à la fois d’un début et d’une fin pour toi ? S’agit-il seulement de ton départ de Sabaton ou y a-t-il plus que ça ?

C’est drôle parce qu’on me pose souvent cette question en ce moment, mais je n’y avais jamais pensé jusqu’à il y a deux semaines où je me suis dit : « Oh, peut-être que les gens pensent que c’est de ça que parle cette chanson ! » En fait, ce n’est pas le cas. Nous avons eu l’idée d’une chanson qui devait être à la fin de l’album, la dernière piste. « A New Beginning » est en fait une métaphore pour un nouvel album. Tu écoutes l’album, tu le termines, puis tu rembobines, tu reviens en arrière : c’est une incitation à le réécouter. C’est pourquoi dans le clip, comme c’était censé être la dernière chanson de l’album, nous préparons le terrain pour indiquer que quelque chose va se passer. Nous préparons le départ du train qui est la première chanson du nouvel album. En fait, c’est tout le but de ce que je chante dans cette chanson. Tout est une métaphore pour écouter l’album, écouter les pistes ; ce n’est pas la piste du train, mais les pistes de l’album ! [Rires] Maintenant que vous le savez, vous lirez les paroles et vous comprendrez : « Ok, c’est ça qu’il veut dire ! » La chanson parle donc de l’album que nous sommes sur le point de sortir. Elle n’a donc rien à voir avec Sabaton, même si je comprends que les gens le pensent.

L’album s’intitule Power Train et la pochette représente ce train. Je vois deux idées ou symboles derrière ça. La première serait une grande force inarrêtable : est-ce ce que le heavy metal représente pour toi ?

Absolument, oui. Le heavy metal ne mourra jamais. Les fans de heavy metal écoutent toujours les vieux Judas Priest, les vieux Metallica, ces groupes ne mourront jamais, cette musique ne mourra jamais ! La génération qui me suit grandit en écoutant le nouveau Metallica, mais aussi le vieux Metallica, le vieux Judas Priest, le nouveau Judas Priest, et ils adorent ça. Dans la musique pop, je ne veux pas dire du mal de Taylor Swift ou d’autres, mais ils ont une chanson qui est populaire aujourd’hui et le mois prochain ç’en sera une autre ; les gens ne reviennent pas vraiment aux anciennes chansons. Dans le metal, une fois qu’une chanson est sortie, elle est là pour rester. C’est pourquoi je pense que le heavy metal est une force qui ne mourra jamais.

La deuxième symbolique serait l’idée de voyage. Encore une fois, l’écoute d’un album de heavy metal doit-elle être une évasion ou un voyage pour toi ?

Je dirais qu’il s’agit plus d’un voyage que d’une évasion. Enfin, c’est différent pour tout le monde. Beaucoup de gens écoutent du heavy metal et de la musique en général pour s’évader de la réalité et se sentir bien pendant un moment. Pour moi, c’est un voyage. Je joue à des jeux vidéo pour oublier la réalité. Pour être honnête, le but de Power Train est… L’ancienne salle de répétition que nous louions se trouve dans le même bâtiment qu’un garage ferroviaire abandonné. À côté de ce bâtiment, il y a un musée du train qui est encore ouvert. Comme nous connaissons les gérants de ce musée, nous avons pensé que si nous voulions faire quelque chose avec les trains, nous aurions déjà tout ce qu’il faut ici sur place, tout était déjà prêt. Il suffisait de sortir de notre salle de répétition pour nous retrouver devant les voies ferrées, avec tous les trains abandonnés. C’est là que nous avons enregistré le clip de « A New Beginning ». Derrière ce bâtiment, c’est là que nous avons enregistré le clip de « Power Train ». Nous pensions qu’il fallait faire quelque chose avec les trains. Nous nous sommes dit : « Imaginons un train de puissance ! » [Montre son poing serré], mais nous ne voulions pas faire un album conceptuel. Nous avons eu l’idée du clip de « Power Train ». Le train est, encore une fois, une métaphore de l’album. Tu obtiens tes billets pour le train, ce qui signifie que tu as l’album que tu peux écouter. Écouter l’album, c’est comme un voyage en train à travers la ville. C’est pourquoi chaque personne, chaque passager du train symbolise un titre de l’album : il y a un chevalier pour la chanson « My Epic Dragon », un voyageur dans le temps pour la chanson « Go Higher », etc. Nous avons écrit l’idée du clip vidéo, puis nous avons écrit la chanson en nous basant sur l’idée que nous avions. C’est de là que vient « Power Train » !

« Nous nous inspirons aussi d’ABBA, de bandes originales de films, de comédies musicales, de chansons pop, d’éléments que l’on n’entend généralement pas dans les autres groupes de power metal. »

Vous chantez tous sur la chanson titre « Power Train ». Comment tes collègues ont-ils réagi à l’idée de chanter lead sur le premier titre de l’album ?

En fait, Chris [Davidsson] a dit : « Eh, et si je chantais sur le refrain ? » J’ai dit : « Oui, bien sûr, faisons-le ! » Ensuite, j’ai pensé que Petter [Hjerpe] était aussi un fantastique chanteur, donc qu’il devrait aussi chanter un refrain. Puis j’ai pensé à Joel [Kollberg] qui est aussi capable de chanter. Il ne chante jamais tellement parce qu’il joue de la batterie ; on ne peut pas chanter du power metal en jouant de la batterie en même temps, mais pour l’enregistrement, il peut. Donc au lieu d’avoir seulement Chris qui chante, nous avons tout le monde qui chante. Ils ont tous aimé l’idée, surtout Petter et Joel parce qu’ils ont de bonnes voix et qu’il faut montrer qu’ils peuvent chanter !

« No Pain, No Gain » pourrait sortir tout droit d’un album de Sonata Arctica, tandis que la ligne de basse sur l’intro de « Megatrue » rappelle une chanson bien connue de Manowar. Est-il important pour toi d’afficher tes influences ?

Je pense que oui, absolument. Je pense qu’il est important de montrer d’où l’on vient. Les fans de Sonata Arctica : vous allez adorer cette chanson. Les fans de Manowar : vous allez adorer cette chanson. Mais ce n’est pas comme si nous nous disions : « Faisons une chanson qui sonne comme l’une de Sonata Arctica. » C’est plus que ces influences sont toujours là et elles seront toujours là, car ce sont elles qui ont créé ce que je crée. Même Léonard de Vinci a tiré son inspiration de quelque part ! Ce sera toujours comme ça. Tous ces groupes qui disent – et ça m’arrive de l’entendre – qu’ils sont inspirés par Majestica, je trouve que c’est vraiment très cool ! Il ne faut pas le cacher, mais ce n’est pas comme si nous disions : « On sort ‘No Pain, No Gain’ en single, c’est un hommage à Sonata Arctica. » Absolument pas, mais si les gens disent : « Cette chanson ressemble à Sonata Arctica », je réponds : « Oui, car ça a été une grande source d’inspiration. » En revanche, Manowar, je n’ai rien contre, mais ce n’est pas la musique que j’écoute et qui me donne envie de m’en inspirer. Le premier mixage que nous avons reçu pour cette chanson contenait des basses très distordues et j’ai dit : « Enlevez ça ! Ça ressemble trop à Manowar et je ne veux pas. » Nous avons supprimé la distorsion de la basse et nous l’avons refaite, et elle sonnait mieux ainsi.

Le power metal est un genre surpeuplé de nos jours et il est devenu difficile de se démarquer. Y penses-tu lorsque tu écris un album comme Power Train, ou t’en fiches-tu ?

Les deux. Il y a quelques années, je m’en moquais. Je me contentais d’écrire de la musique qui sonnait bien. Aujourd’hui, lorsque les fans attendent que nous sortions un certain type de musique, nous devons y réfléchir. Nous écrivons des chansons, puis nous les écoutons et nous nous disons : « Non, ça ne marchera pas, les gens n’aimeront pas, il y a trop de solos de guitare, trop d’aigus, la tonalité est trop haute, les gens ne seront pas capables de chanter en chœur sur cette chanson… », toutes ces choses auxquelles il faut penser. C’est pourquoi certaines chansons ne sont pas aussi aiguës. Je peux imaginer qu’à présent, certaines personnes qui vont chroniquer l’album vont dire : « Oh, Tommy ne peut plus atteindre les mêmes notes » parce que la plupart des chansons sont plus graves. Ce n’est pas pour cette raison, c’est parce que si tu veux toucher plus de monde, tu dois être capable de faire des chansons que les gens peuvent chanter. Par exemple, Joakim [Brodén] dans Sabaton ne chante pas du tout haut, il chante très bas. Tout le monde peut chanter en chœur ! En revanche, tout le monde ne peut pas chanter en chœur sur « Eagle Fly Free » d’Helloween ! C’est pourquoi nous avons la chanson « My Epic Dragon » qui est l’une des chansons les plus hautes que j’ai jamais enregistrées, pour montrer que je peux encore chanter très aigu. « Si c’est ce que vous aimez, voici un titre pour vous ! » La première version de « Power Train » était très aiguë, parce que je voulais qu’elle explose, mais ensuite nous nous sommes dit : « Vous savez quoi ? Il faut baisser la tonalité, sinon les gens vont trouver que c’est trop haut, que ce sont juste des cris metal. » Nous l’avons donc pas mal baissée et nous nous sommes dit : « Ok, ce n’est plus aussi amusant, mais c’est une chanson que les gens chanteront plus facilement. »

« Noël est la meilleure période de l’année. Pour moi, c’est une façon de me libérer de l’âge adulte le temps d’une journée et de retrouver ce sentiment magique et glorieux que j’avais quand j’étais enfant. »

Selon toi, qu’est-ce qui différencie Majestica des autres groupes de power metal ?

Je pense que c’est le fait que nous ne nous inspirons pas seulement d’autres groupes du même genre, comme Hammerfall, Stratovarius, Sonata Arctica… Ce sont des groupes géniaux, mes préférés, mais qui sonnent comme du power metal. Nous nous inspirons aussi d’ABBA, de bandes originales de films, de comédies musicales, de chansons pop, d’éléments que l’on n’entend généralement pas dans les autres groupes de power metal. La chanson « Battle Cry » est très inspirée par Running Wild, Rhapsody Of Fire et Pirates Des Caraïbes. Elle s’inspire de beaucoup de choses, alors que la plupart des groupes de power metal se contentent de jouer du power metal pur et dur. Dans « No Pain, No Gain », il y a bien sûr du Sonata Arctica, mais elle a aussi été très inspirée par le concours de l’Eurovision et ses chansons. Les paroles sont également issues de citations et de titres de chansons tirés de Rocky IV, l’un des meilleurs films jamais réalisés !

Votre précédent album, A Christmas Carol, avait une touche théâtrale et très symphonique. Vous avez conservé une partie de ces caractéristiques sur Power Train : as-tu délibérément essayé d’obtenir un bon mélange entre la vitesse et le côté heavy du premier album et la nature symphonique du second ?

C’était un défi, parce que je voulais que ce soit plus symphonique. J’adore faire de la musique orchestrale symphonique, mais je sais que ça réduit le nombre d’auditeurs. Un album de Noël peut être écouté au moment de Noël, mais d’après les statistiques de Spotify, les gens ne l’écoutent généralement pas quand ce n’est pas cette période de l’année. Ça sonne trop Noël. Je comprends. C’est pourquoi nous pensons que si nous faisons trop de symphonique, nous aurons moins de public, car tout le monde n’apprécie pas le metal symphonique, ce qui est triste. Bien que j’aime créer ce type de musique, nous voulons quand même réussir avec le groupe, ce qui signifie que nous devons retirer des éléments qui tendent à réduire notre public, donc des éléments symphoniques. D’un autre côté, nous savons aussi que beaucoup de monde aime ça, c’est pourquoi nous avons quelques chansons comme « Alliance Anthem », « My Epic Dragon » et « Battle Cry » où ces éléments symphoniques sont plus présents, pour que les gens qui aiment voient que nous avons quelques chansons avec cette touche.

A Christmas Carol de 2020 est donc un album sur le thème de Noël qui raconte l’histoire d’Ebenezer Scrooge, et un an plus tard, vous avez sorti la chanson « Glory Of Christmas ». Quelle est ta relation avec Noël et cette période de l’année ?

Pour moi, c’est la meilleure période de l’année. Je suis un adulte, je paie mes factures et je fais des trucs d’adultes ennuyeux comme tout le monde. Mais à Noël, je peux regarder les films pour enfants que je regardais quand j’étais petit. La veille de Noël est la même chaque année, on fait la même chose tous les ans : regarder la télévision, manger le même type de nourriture, jouer aux mêmes jeux, et ainsi de suite. Pour moi, c’est une façon de me libérer de l’âge adulte le temps d’une journée et de retrouver ce sentiment magique et glorieux que j’avais quand j’étais enfant. Ça signifie beaucoup pour moi. Aller aux concerts de Noël et écouter les gens chanter des chansons de Noël, ça m’apporte un peu de ce sentiment et me rend heureux. Ici, à Stockholm, il n’y a pas tant de neige que ça, mais quand elle arrive et que je marche dehors, je ressens l’atmosphère de Noël et je me sens si bien. Mon âme est en paix, je me sens bien. Certaines personnes se sentent bien lorsque l’été arrive, qu’elles vont à la plage et qu’elles passent une journée allongées au soleil. Pour moi, c’est la même chose pour Noël ; ce qui signifie que je n’aime pas l’été parce qu’il fait trop chaud, qu’il y a trop de soleil, qu’il n’y a pas beaucoup de neige… [rires]. C’est pour ça que j’aime Noël. Ça me permet de me sentir à nouveau comme un enfant.

« Le Hellfest était une expérience amusante, mais j’étais terrifié [rires]. Je chantais devant des milliers de personnes des choses que je n’avais jamais répétées, c’était un peu compliqué. »

Vous avez enregistré la plupart des morceaux dans votre nouveau Majestic Studios. Qu’est-ce qui vous a poussés à créer votre propre studio ?

C’est comme une salle de répétition dans laquelle nous avons différentes pièces. Nous avons mis la batterie dans l’une d’entre elles, où nous répétions, et nous avons un ordinateur à deux pièces de là. C’était comme si nous enregistrions pendant les répétitions. Ce n’est pas vraiment comme si nous avions construit un studio. Nous avons également enregistré des chœurs là-bas. Nous ne l’avons pas vraiment écrit dans la presse, mais nous avons enregistré la batterie et les chœurs là-bas. Mes guitares et mes voix, je les ai enregistrées ici, dans cette même pièce, chez moi, où je suis en train de te parler, parce que j’ai mon studio ici. C’est pareil pour la basse de Chris et les guitares de Petter, elles ont été enregistrées chez eux. C’était plus confortable de le faire dans un environnement où nous pouvions travailler plus facilement. En ce qui concerne le chant, tu peux enregistrer deux chansons par jour, car après ta voix s’éteint. Si je devais enregistrer dix chansons au chant dans notre nouveau studio, ça prendrait beaucoup de temps. Alors qu’ici, je peux faire une chanson aujourd’hui, deux demain, deux de plus le jour suivant, et ainsi de suite. Nous avons pensé qu’il valait mieux procéder ainsi et ça a bien fonctionné. J’ai fait toutes les voix lead en une semaine et j’en suis très satisfait !

En France, on se souvient tous du deuxième concert de Sabaton au Hellfest en 2019 pour remplacer Manowar, où Joakim a perdu sa voix : tu as repris certaines chansons, que tu n’avais pas chantées en live auparavant, ce qui a permis à une bonne partie du public de découvrir ton chant. Comment as-tu vécu ça ?

C’était horrible [rires]. Bien sûr, j’ai apprécié certaines parties où je pouvais faire des cris aigus et me montrer en tant que chanteur, mais le fait est que Sabaton est dans une tonalité plus basse, alors que je chante mieux dans une tonalité plus haute parce que c’est comme ça que ma voix fonctionne. J’ai répété les parties de chœurs de ces chansons. Il se passe quelque chose dans le cerveau, si je chante le chœur de « Primo Victoria » [chantonne d’une voix grave] : « Through the gates of hell, as we make our way to heaven, through the Nazi lines, primo victoria », c’est ainsi que je suis programmé pour chanter cette partie. Puis tout d’un coup, quand je suis censé chanter [chante le même couplet mais aigu, avec sa voix de tête], peu importe si ce sont les mêmes mots, je n’ai aucune idée de ce que je fais ! Je dois donc tout réapprendre ; c’est comme si je n’avais jamais chanté ces chansons auparavant. C’était difficile parce que je devais lire les paroles et chanter en même temps. Parfois, j’étais là : « Ok, voici le refrain de ‘Primo Victoria’, je le connais », puis je commençais à chanter la mélodie et je me disais : « Je ne connais pas les paroles de cette chanson, je ne sais pas comment chanter ! » J’essayais donc de jouer et de chanter le lead. Si tu te plantes avec les chœurs, personne ne l’entendra vraiment ; personne ne viendra dire après le concert que Sabaton est nul parce que les chœurs n’étaient pas très bons à un moment donné, absolument pas, personne ne s’en souciera. En revanche, si tu chantes en lead et que tu te plantes, c’est différent.

C’était très spontané. Nous nous sommes mis en tenue de scène environ vingt minutes avant le concert et c’est là que Joakim est arrivé et a dit : « Je ne peux pas chanter. Les gars, vous devez chanter ! » Ils étaient donc en train d’écrire et d’imprimer les paroles sur scène pendant le concert ! Ils sont venus mettre les paroles sur des écrans pour nous, chanson par chanson, parce qu’ils les imprimaient au fur et à mesure. C’était très stressant. Ce n’était pas aussi amusant que je l’aurais cru parce que je n’avais pas eu le temps de répéter. C’était : « Monte sur scène, fais ce que tu fais toujours, mais chante lead en plus. » C’était un défi. C’est comme cette fois où nous étions en train de répéter et où Chris [Rörland] devait partir, alors j’ai joué ses solos de guitare. Je ne connais pas ses solos de guitare ! Je me sentais vraiment mal à l’aise de jouer ses parties parce que je ne les connaissais pas ! J’ai donc dû jouer autre chose. C’était pareil. Le Hellfest était donc une expérience amusante, surtout lorsqu’on faisait notre fête païenne suédoise et quand j’ai pu chanter un peu plus haut, mais sinon, j’étais terrifié [rires]. Je chantais devant des milliers de personnes des choses que je n’avais jamais répétées, c’était un peu compliqué. Mais je crois que, comme tu l’as dit, c’est à ce moment-là que les gens ont remarqué que je savais chanter.

Interview réalisée en visio le 28 novembre 2024 par Mathilde Beylacq.
Retranscription & traduction : Mathilde Beylacq.
Photos : .

Site officiel de Majestica : majesticametal.com

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