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Live Report   

Manowar : le pouvoir unificateur du metal


Ce lundi 17 février, la Rockhal d’Esch-sur-Alzette se transformait en véritable temple de la culture metal en accueillant le légendaire Manowar pour sa toute première date luxembourgeoise. Les fans ont bien sûr répondu présent. Ouverture des portes à 18h, début du concert à 20h. Voilà que l’heure du spectacle sonne mais les minutes passent et toujours aucun signe de la bande à Joey DeMaio. Face au retard du groupe, l’inquiétude commence à se faire ressentir dans le public, certains se demandant si le show sera maintenu. Il faut dire que les pionniers du true metal ont la solide réputation d’annuler leurs prestations à la dernière minute (oui, le souvenir du Hellfest est encore bien tenace…). Au fond de la salle, certains commencent à scander « Manowar, Manowar ! »

Sur les coups de 20h30, un technicien fait une annonce toute particulière. Interdiction de filmer ou de prendre des photos, interdiction de mosh ou de « crowd-surfer ». Le ton est donné. La tension est à son comble quand l’introduction qui présente nos quatre warriors se fait entendre. Soudain, dans une explosion de feu et de lumière, ils apparaissent sur la scène. En les voyant drapés de leurs tenues un brin kitsch de guerriers, on se croirait brusquement transporté dans l’univers de Conan le Barbare. Le groupe démarre avec son titre emblématique « Manowar ». Pas besoin de pogoter pour ressentir toute l’énergie du public, les mains qui se lèvent en signe de ralliement en font très bien l’effet.

Artiste : Manowar
Date : 17 février 2025
Salle : Rockhal
Ville : Esch-sur-Alzette (Luxembourg)

Le concert se découpe comme suit : la première partie consacrée à leurs plus grands tubes, la deuxième à l’album Hail To England et la troisième de nouveau à leurs succès. S’enchaînent donc d’emblée « Kings Of Metal », « Fighting The World » et « Brothers Of Metal Pt.1 ». Cette triplette de chansons résume tout ce qu’est Manowar, et témoigne du lien qui les unit à leurs fans.

Le stoïque DeMaio joue de sa basse avec virtuosité, en phase avec les solos de guitare de Michael Angelo Batio. Ce dernier et Dave Chedrick étaient si à l’aise qu’il est difficile de croire qu’ils ne font du combo que depuis deux ans et demi. Quant à Eric Adams, il a su garder son charisme, tant vocalement que physiquement. D’ailleurs, Manowar a la réputation d’être bâti pour le live avant tout et ce soir-là, ça a été confirmé : la puissance a débordé des amplis, avec une intensité décuplée sous l’effet du public en transe. Aller voir Manowar, ce n’est pas simplement aller voir un concert : c’est assister à une véritable célébration du heavy metal dans sa forme la plus pure. Chaque riff de guitare résonne comme un cri de guerre et chaque coup porté sur la batterie ferait presque trembler la terre. C’est cette énergie explosive et ce lien fort avec le public qui font que Manowar dompte la scène comme nul autre groupe.

Les titres se sont succédé sans pause, passant de l’album Hail To England à « Sons Of Odin », « House Of Death », « King Of Kings », « Fight Until We Die ». Sorti en 1984, Hail To England reste une pépite dans la discographie de Manowar et se prête parfaitement à l’exercice du live en 2025. Chaque titre, du majestueux « Blood Of My Enemies » à l’hymne éponyme, a trouvé sa place dans l’arène avec une force qui a dépassé toutes les attentes. Ces classiques sonnent comme s’ils avaient été conçus spécifiquement pour résonner sous les projecteurs, en communion avec une foule prête à rendre hommage à la grandeur de Manowar.

Avant le traditionnel rappel, Joey DeMaio a pris le temps de faire un speech dans lequel il a salué la qualité d’accueil et sonore de la Rockhal (il a même parlé d’une future captation live dans cette salle, affaire à suivre…), ainsi que la propreté des rues du Luxembourg (eh oui, le pays aussi a sa réputation à tenir). Bien évidemment, ils ne pouvaient quitter la scène sans lancer un « Warriors Of The World United » plus fédérateur que jamais. Dans une explosion de confettis bleus, blancs et rouges, le public ne faisait plus qu’un avec le groupe ; une seule et même voix s’est fait entendre. Pour conclure la soirée en beauté, Manowar a terminé avec « Hail And Kill » et « Black Wind, Fire And Steel ». Un final se faisant dans une véritable théâtralité avec DeMaio se mettant à arracher une à une les cordes de sa basse, la rupture de chacune d’entre elles créant une déflagration de basses fréquences, pour les tendre aux petits chanceux du premier rang.

Il va sans dire que la toute première date luxembourgeoise de Manowar aura été épique et historique, tant pour le groupe que pour les fans. Elle aura montré, s’il en était encore besoin, à quel point le pouvoir unificateur du metal est indéniable.

Photos : Manuel Schütz / Magic Circle Entertainment



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  • @cheminal10, tu as raison sur ce point, Rush dépassait allègement les 3 heures avec un petit entracte lors de leurs dernières tournées (qui bien sur ignoraient royalement la France), mais il faut se dire qu’il y a pire pour se consoler!!! (1H pour Falling in reverse à Bercy? la nouvelle mode des tournées à double têtes d’affiche et multiples premières parties pour remplir des salles à double tarif?).
    Je vais certainement passer pour le radin de service, mais pas merci à toutes les organisations françaises qui bloquent maintenant Ticketswap pour la revente des billets.

  • cheminal10 dit :

    @Pingujp Setlist très bonne en effet, mais trop courte. Et 2 morceaux tronqués en plus. Alors tu parles de leur âge, mais je vais voir des artistes du même âge et qui font au moins 2 heures à chaque fois (iron maiden, judas priest, uriah heep…). Et comme tu dis, 120€ pour 1h30, ça fait mal je trouve.
    Mais je t’assure, le son sans bouchons n’était pas bon.

  • Pour ma part j’ai trouvé ce concert bien mailleur que celui de Rotterdam il y a 2 ans, setlist parfaite (Hail to England est mon album préféré), et M Angelo Batio ne donnait plus cette impression désagréable de ne pas avoir appris les morceaux. Alors oui c’est court (l’age?), mais moins de bla bla démago et de solos inutiles, le son était bon, pas trop fort même si j’ai gardé mes bouchons (peut-être aussi pour ça que je ne suis pas d’accord avec toi sur ce point cheminal10).
    Dernier bémol, le prix, entre 105 et 120 euros, on se rapproche des prix exorbitants pratiqués à Paris, heureusement qu’on peut faire le plein d’essence au Lux pour amortir!

  • cheminal10 dit :

    Je ne suis pas vraiment d’accord avec cette chronique.
    Plus les jours passent, plus je ressens de la déception pour ce concert !

    -Plus de 30 minutes de retard
    -Titres qui s’enchaînent rapidement et également raccourcis !! (king of kings sans le passage calme au milieu, hail and kill sans son intro)
    -Son très puissant mais du coup assez mauvais, car on sent bien que la basse de De Maio est mise en avant mais après les autres musiciens, démerdez-vous pour qu’on vous entende (chant et solos de guitare quasiment inaudibles !!)
    -Et surtout un concert qui n’a duré qu’1h30 !! Pour du Manowar, je m’attendais à plus long, et surtout plus épique (à part le final).

    La même semaine, je suis allé à l’Olympia voir Opeth + Grand Magus et ce concert a été mieux en tout point (son, ambiance, durée).

    Donc, pour ma part, j’ai l’impression que Manowar a fait le TRES strict minimum.

  • J’ai rien vu passer à ce sujet depuis, mais est-ce qu’elle a été le retour du jugement entre manowar, et ce fameux festival français ?

    Vu que le leader de mano se vantait de révéler des choses via ce milieu.

  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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