Depuis une dizaine d’années, cette entité pour le moins agitée qu’est Mayhem semble s’être stabilisée. Fort d’un line-up solide et de décennies d’expérience, Daemon, sorti en 2019, était l’album d’un groupe en pleine possession de ses moyens, avec l’aplomb nécessaire pour prendre à bras-le-corps son écrasante – et désormais hollywoodienne – histoire. Moins obscur que ses prédécesseurs, lorgnant plus explicitement du côté de ses indépassables classiques, il proposait une version à la fois moderne et patrimoniale de Mayhem, porte d’entrée hiératique et ténébreuse pour toute une nouvelle génération de fans. Sept ans plus tard, Liturgy Of Death enfonce le clou. Intense et peaufiné, il aborde de front la source de l’aura du groupe, et accessoirement de toute vie sur terre : la mort.
De son ouverture ambient inquiétante aux rythmes tribaux qui le referment, ce septième opus prend en effet son titre très au sérieux, et c’est bien une liturgie que l’on entend se dérouler au fil des chansons. Des prières aux derniers sacrements en passant par la célébration des défunts, elle est servie par une production impeccable qui apporte à la cérémonie l’atmosphère et la clarté nécessaires. Et c’est par ce qu’il a d’atmosphérique, justement, que Liturgy Of Death se distingue. Méticuleusement composée, tantôt agressive (« Despair »), tantôt inquiétante (« Weep For Nothing »), relevée de touches thrashisantes (« Funeral Of Existence ») ou opératiques, dense même dans les morceaux les plus courts (« Aeon’s End »), soutenue par la batterie toujours impeccable d’Hellhammer, sa musique est une leçon de black norvégien au classicisme parfois un peu figé. C’est la mort qui lui apporte son supplément d’âme, que l’on entend dans le chant plus habité que jamais d’Attila et dans les échos du Mayhem du début des années 1990 qui résonnent ici et là, dans les motifs des guitares, les paroles, voire la pochette et son animal crucifié. Avec ce Liturgy Of Death hanté, Mayhem se réapproprie sa propre mythologie en offrant son hommage le plus explicite aux figures controversées et tutélaires qu’étaient Dead et Euronymous, et en élargissant leurs obsessions et leurs ambitions aux dimensions qu’elles exigeaient : cosmiques.
Visualizer de la chanson « Realm Of Endless Misery » :
Visualizer de la chanson « Life Is A Corpse You Drag » :
Visualizer de la chanson « Weep For Nothing » :
Visualizer de la chanson « Despair » :
Album Liturgy Of Death, sortie le 6 février 2026 via Century Media Records. Disponible à l’achat ici




























